Awaken (2015)

Résumé : Une jeune femme est enlevée et amenée dans une île déserte utilisée par des trafiquants d’organes pour «mettre en inventaire» des êtres humains, en attendant l’utilisation des organes de ces derniers.

Critique : 

Il y a de ces jours où nous ne savons pas ce que nous regardons. Parfois, nous regardons un film anodin et ennuyeux et quelques années plus tard, nous découvrons que le film merdique de notre passé est devenu un film culte vénéré par des milliers de fanatiques dispersés aux quatre coins de la Terre. Dans le monde de l’action, nous avons quelques exemples de ces longs-métrages, comme Samurai Cop, Deadly Prey ou Turkish Star Wars. Après avoir visionné Awaken, nous pouvons définitivement vous dire que ce long-métrage lorgne, malgré sa bonne volonté, vers ce genre de nanar…

Billie Kope, une jeune femme en recherche de sa sœur, débarque bien malgré elle sur une île paradisiaque qui est peuplée par des gens dans la même situation qu’elle. Tous sont arrivés sur cette île après avoir été drogués par des personnes mystérieuses. Avec l’aide de quelques survivants, Billie tentera de découvrir le mystère d’Îlot et des mercenaires qui kidnappent aléatoirement les personnes de ce coin de paradis…

Ce long-métrage produit, co-écrit, chanté et mettant en vedette Natalie Burn (The Expendables 3) tente de rejouer la carte des touristes kidnappés lors d’une escapade dans le sud de la planète en y ajoutant un revirement supplémentaire alors que ces gens sont kidnappés afin de les cultiver (En les forçant à boire de l’eau de source et à manger des fruits et les légumes…) et de prélever leurs organes. Alors que cela aurait pu nous donner un divertissement compétant (À défaut d’être logique…), tout part en vrille assez rapidement avec une histoire tirée par les cheveux où chaque revirement est attendu de pied ferme. Le scénario du long-métrage n’est aucunement subtil, ce qui fait que chaque élément nouveau de l’histoire est visible des minutes à l’avance.

Et pourtant, ce «léger» problème n’est que le cadet des soucis d’Awaken. En effet, le bébé de Natalie Burn a des ennuis bien plus graves, comme des personnages qui disparaissent soudainement, des dialogues assez nanardesques, une construction inconstante et j’en passe. Mais pour autant, la pire erreur commise par Awaken, c’est lorsque le film croit être horrifique, même s’il ne l’est aucunement. Et à chaque fois qu’Awaken tente de jouer cette carte, cela devient involontairement drôle, un peu comme lorsqu’on rit d’un homme soul qui tente de chanter sur la scène d’un karaoké.

Au moins, tant que le long-métrage reste dans le monde de l’action, il parvient à rester divertissant, grâce à un nombre assez important de scènes de combat, qui permettent d’insinuer un certain rythme au film et de nous faire rire. Dans ce domaine, il faut dire que les vingt dernières minutes sont pleinement jouissives avec une sorte de «fusillade mexicaine» entre les hommes derrières cette machination, quelques survivants de l’île et un gang de «yakuzas» non-asiatiques en quête de vengeance. C’est même là que nous trouverons l’un des moments forts d’Awaken alors qu’un duel entre deux personnages se termine lorsque le premier poignarde l’autre au cœur et que ce dernier, dans un ultime effort, retire le couteau de son corps pour poignarder son adversaire au cœur, avant de rester en vie assez longtemps pour recevoir un salut militaire. Un vrai moment de génie…

Dernière la caméra, Mark Atkins (Android Cop) semble conscient de la médiocrité de ce projet et apporte son expérience derrière les productions du studio Asylum à ce projet. Atkins amène la touche de médiocrité nécessaire à rendre ce film divertissant grâce à son expérience dans des projets plus miteux et grâce aux moments involontairement drôles qu’il parvient à créer. Par-contre, il commet deux erreurs assez pénibles en cadrant sa caméra n’utilisant que des plans rapprochés sur les visages des acteurs et en montant son propre film de façon assez saccadée, ce qui nous donne l’impression que la production est plus fauchée qu’elle ne semble (Car oui, c’est une production fauchée!!) et qu’elle tente par tous les moyens de camoufler l’étroitesse de son existence.

Heureusement, les scènes de combat apportent une valeur ajoutée à cette pellicule. Natalie Burn et la majorité des acteurs présents dans les séquences d’action sortent leur grand jeu et offrent des affrontements assez sympathiques, surtout Burn qui démontre des capacités physiques assez sympathiques. Et ses capacités ne se limitent pas à ses cascades et à sa maîtrise des arts martiaux, car elle participe également à l’infecte trame sonore d’Awaken. En effet, Burn participe à cet aspect du film en offrant une chanson pour le générique de fin et puisqu’elle est assez talentueuse dans ce domaine, nous aurions espéré qu’elle contribue plus amplement à égailler la musique générique et ennuyeuse d’Awaken

Malheureusement, et malgré toute la volonté et de nombreux efforts de cette dernière, Natalie Burn n’a pas le talent nécessaire pour représenter le centre d’attention des scènes dramatiques d’Awaken. Tel une jeune version féminine d’Arnold Schwarzenegger, la prestation de Burn est assez robotique et monotone. Heureusement, Burn est entourée d’un casting assez impressionnant sur papier. Ce beau petit groupe est constitué de : Michael Copon (The Scorpion King: Rise of a Warrior), Daz Crawford (Balde II)Jason London (Jason and the Argonauts), Vinnie Jones (Snatch.), Daryl Hannah (Blade Runner)Christa Campbell (Drive Angry)David Keith (Behind Enemy Lines), Robert Davi (The Goonies)Michael Paré (Streets of Fire)Edward Furlong (Terminator 2: Judgment Day) et Philip Tan (Lethal Weapon 4). Tout ce beau petit groupe offre des performances diverses, qui sont parfois géniales (Jason London) et parfois exécrables (Edward Furlong). Et même s’ils doivent tous lutter pour du temps à l’écran, la vaste majorité d’entre-eux ont des rôles relativement importants dans l’intrigue du film et ne font pas que traverser l’écran pour obtenir leur chèque en échange d’un caméo…

Même si j’ai tenté d’être poli et bon joueur durant cette critique, soyez sûrs d’une chose : Awaken est un mauvais film. Son scénario semble avoir été écrit par des gens qui n’ont jamais entré dans une salle de cinéma, la réalisation est assez chaotique, la direction photo n’est pas constante, la musique est horrible, les effets spéciaux sont à peine dignes d’un mauvais téléfilm américain… Néanmoins, cette médiocrité constante apporte un certain coté nanardesque à cette production, ce qui nous aide à être diverti, surtout que la majorité du casting semble avoir compris ce détail et offrent des performances supportant avec brio l’aspect nanar d’Awaken. Ce qui nous force à recommander Awaken à ceux qui aiment ce genre de longs-métrages, surtout que le film a définitivement le potentiel de devenir un film culte d’ici quelques années…


Réalisation : Mark Atkins

Scénario : Mark Atkins, Natalie Burn, Scott Martin, Ryan Priest, Michael Thomas Slifkin

Avec : Natalie Burn, Michael Copon, Daz Crawford, Edward Furlong, Daryl Hannah, Vinnie Jones, Jason London, Robert Davi, Michael Paré, Christa Campbell, David Keith

Extraction (2015)

Résumé : Un ancien agent de la CIA est kidnappé par un groupe de terroriste. Lorsque son fils découvre qu’aucun plan de sauvetage n’est prévu, il lance sa propre opération de sauvetage.

Critique : 

Depuis Live Free or Die Hard, en 2007, la carrière de Bruce Willis a enjambé une pente descendante assez abrupte. Pendant presque dix ans, la filmographie de Willis s’est composée de navets ou de longs-métrages où l’acteur n’était même pas capable de faire le minimum syndical. Et finalement, après plusieurs années d’attente, nous avons en main un projet pas trop médiocre que Willis semble apprécier…

Dix ans après avoir assisté à la mort de sa mère par un tueur à gages, Harry Turner tente désespérément de pratiquer le même métier que son père, en devenant un agent de terrain pour la CIA. Lorsque ce dernier se fait kidnapper alors qu’il transportait une arme révolutionnaire, Harry aura finalement la chance de prouver ses talents d’espion et d’acquérir d’approbation de son père en tentant de sauver son paternel.

Même si cette critique risque d’être grandement sévère, il me faut vous dire qu’Extraction fonctionne pour une seule et unique raison, sa durée. Car oui, le long-métrage est terriblement mauvais et la seule raison qui fait d’Extraction un bon divertissement, c’est sa courte durée de 75 minutes, en excluant le générique de fin. Le long-métrage utilise cette durée à son avantage en nous lançant un déluge de moments «forts et divertissants», ce qui évite que le spectateur s’ennuie  terriblement.

Et pourtant, la plus grande faiblesse d’Extraction réside dans ce scénario qui semble avoir été écrit par un gamin de cinq ans. Un gamin qui a été ébloui par les grosses productions hollywoodiennes et qui tente de reproduire tous les moments forts de ces productions pour tenter de créer un tout cohérent. Malheureusement, dès que l’on commence à réfléchir au scénario du film, on constate rapidement qu’il est exécrable.

Les dialogues d’Extraction sont si mauvais qu’ils semblent être écrits par le traducteur de Google. Et les situations que vivent nos personnages n’ont même pas de sens. Par-exemple, une scène d’action clé se termine par le personnage de Kellan Lutz qui menace un bar de motards avec une grenade fumigène. Même pour le plus crétin des spectateurs, il est évident que c’est une grenade fumigène, sauf que le scénario en n’a rien à foutre. Pour lui une grenade fumigène et une grenade explosive sont identiques et ont les mêmes effets. Et ce n’est que le plus ridicule et le plus inoffensif des exemples qui nous passent par la tête. Néanmoins, la plus grosse insulte provient de l’intrigue principale où des terroristes ont capturé le «Condor», une arme extrêmement puissante pouvant pirater toute la technologie terrestre, une arme qu’il est impossible de détruire sauf avec «The Patriarch Key», une clé USB capable de pirater et de détruire cette arme. Parce que sinon il est impossible s’accéder à cette arme et d’empêcher son fonctionnement. Un fait que le scénario du film nous répète pendant une bonne heure avant de décider cette clé est inutile et que de bonnes vieilles balles de fusil peuvent faire l’affaire, ce qui rend tout l’arc scénaristique des personnages principaux totalement inutile.

Même le jeu des acteurs est incohérent et supporte la médiocrité du scénario. Kellan Lutz (Twilight) et Gina Carano (Haywire) sont le duo de protagonistes au centre de l’intrigue et leurs performances sont complètement décalées. Il sont si mauvais que cela en devient presque ridicule. Par-exemple, à un moment d’Extraction, un des personnages secondaires importants du film meurt et le scénario ne sait pas comment gérer ce fait, donc il force les deux tourtereaux à être heureux et souriants à cause de cette mort. Et ils le sont. Et leurs performances sont si mauvaises qu’ils aident cette faiblesse du scénario. Cette spirale infernale se reproduit à chacune des scènes. Les deux acteurs ont été choisis pour leurs capacités physiques et ils sont incapables d’offrir une scène crédible.

Heureusement et étonnamment, Bruce Willis (Die hard) offre la seule performance acceptable d’Extraction. Pour une raison inconnue, il semble s’amuser dans ce projet et semble réellement se forcer à rendre son personnage intéressant et crédible, malgré son importance relative. Pour sa part, D.B. Sweeney (Taken 2), le dernier acteur notoire de cette production, n’est pas fichu de sortir du pilotage automatique. Et le reste du casting est assez médiocre… Joshua Mikel (Terminator Genisys) a une présence assez oubliable et inutile, Steve Coulter (The Conjuring) surjoue tellement que cela devient involontairement étrange, Rob Steinberg (12 Years a Slave) parle comme un robot ce qui fait que nous comprenons pas la moitié de ses lignes sans être obligés de monter le volume de notre télévision à fond et Dan Bilzerian (Le «Miley Cyrus» du poker…) doit sa présence à son physique et à sa barbe qui rendent sa prestation légèrement crédible.

Heureusement pour nous, Steven C. Miller (Silent Night) et Simon Rhee (Inception) forment un duo assez impressionnant. Le premier réalise avec un certain dynamisme Extraction, lui apportant la valeur ajourée qui rend ce divertissement intéressant et le second est parvenu à créer des scènes d’action magnifiques. Également nous pourrions dire que ces dernières sont vachement impressionnantes. C’est grâce à Rhee, qui est un des meilleurs cascadeurs / coordinateurs de combat d’Hollywood, et qui sait utiliser de façon adéquate les aptitudes physiques de Lutz et de Carano. Même Willis se met de la partie et a son petit moment d’action.

Par-contre, le manque de budget de cette production est assez ridicule, ce qui rend la réalisation de Miller encore plus admirable. Le film abuse des images de banques de vidéos pour situer son intrigue, parce qu’il est trop fauché pour se permettre quelques jours de tournage supplémentaires, les rares effets par ordinateur sont ridicules et la production ne peut même pas se permettre d’endommager des voitures de filmer des accidents lors d’une course poursuite. Et il y a la trame sonore de Ryan Dodson (Under the Bed) qui semble étrangement s’inspirer de la trame sonore des jeux vidéos Splinter Cell

Extraction est peut-être un mauvais film, mais c’est le meilleur «mauvais film» de la carrière récente de Bruce Willis. Grâce à sa faible durée et à ses scènes d’action franchement géniales, Extraction se paie le luxe d’être divertissant, un fait que même Willis semble avoir compris, lui qui donne sa meilleure performance depuis des lustres. Qui sait, peut-être que ce long marquera le début d’une époque nouvelle pour l’acteur. Une époque où il semble enfin se soucier de l’effort qu’il met dans ses caméos de luxe dans des projets médiocres…


Réalisation : Steven C. Miller

Scénario : Max Adams, Umair Aleem

Avec : Kellan Lutz, Bruce Willis, Gina Carano, D.B. Sweeney, Joshua Mikel, Steve Coulter, Dan Bilzerian, Heather Johansen, Rob Steinberg

In the Heart of the Sea (2015)

Résumé : Un équipage de bateau, voguant à des milliers de kilomètres de leur foyer, doit affronter et repousser une baleine qui ne cesse de tenter de les tuer.

Critique : 

Hollywood a perdu la tête et elle a décidé d’adapter les histoires véridiques qui ont inspiré certains de leurs classiques littéraires. Aujourd’hui, c’est Moby Dick qui goûte à cette médecine alors que nous découvrons enfin le fait historique dernière l’histoire de cette célèbre chasse à la baleine. Mais est-ce que ce fait vécu allait la peine de se déplacer dans une obscure salle de cinéma?

Matthew Joy, écrivain en manque d’inspiration, retrouve Tom Nickerson, le dernier survivant d’une expédition marine mythique, et lui propose de raconter son histoire en échange de quelques billets. Le vieil homme accepte et replonge dans son enfance, à l’époque où il a navigué sur le navire Essex, un baleinier piloté par un duo de commandants aux pedigrees radialement opposés. Malheureusement, ces différences pourraient causer la mort de plusieurs hommes lorsque l’équipage, dont fait partie Tom Nickerson, est traqué par une baleine assez protectrice…

In the Heart of the Sea tente de s’intéresser à la réalité d’un fait extraordinaire plutôt que de s’intéresser à une version édulcorée de ce fait, à une version transformée pour un passage au septième art. Il nous faut avouer que c’était un acte assez honorable. Nous pourrions même dire que cette démarche scénaristique frôle le domaine expérimental. Malheureusement, il arrive que des expériences ne donnent pas le résultat espéré.

C’est le cas avec In the Heart in the Sea, qui se plante dans de nombreux domaines. Le principal problème de ce long-métrage repose sur la construction de ses personnages qui est inexistante. Les membres de l’équipages du Essex n’ont aucune personnalité, nous obligeant à rester de marbre lorsque l’un d’entre-eux meurt. C’est pénible à supporter, surtout lorsqu’on réalise que la bête ayant inspiré Moby Dick a plus de personnalité que les personnages principaux de cette oeuvre. La seule émotion que l’on ressent provient des nombreuses scènes de dialogues entre Matthew Joy et le vieil Tom Nickerson.

Néanmoins, ces scènes finissent par poser un problème à la longue. Le récit se sépare en deux parties. La première, plus mouvementée, montre nos marins partir à l’aventure et combattre quelques baleines. Lorsqu’In the Heart of the Sea arrive à la première rencontre entre ces hommes et «Moby Dick», le rythme change radicalement, transformant le long-métrage en un drame profondément humain. Mais puisque nous sommes aucunement attachés aux personnages de ce récit, cette heure est terriblement pénible à visionner. Surtout que les allers-retours entre le passé et le «présent» ne font que ralentir le périple de nos marins qui ne font que dériver sur un océan sans fin. Cette partie est d’autant plus pénible que certains personnages semblent mourir, disparaissent du film sans aucunes explications et réapparaissent soudainement quelques minutes plus tard. Cela apporte une confusion non nécessaire à cette section de In the Heart of the Sea.

Au-moins, il y a une chose que le film réussit à merveille, ce sont les attaques de la baleine monstrueuse. Chaque de ses apparitions sont épiques et nous offrent des scènes d’action et des moments de tension qui sont dignes de mention. La puissance de destruction de cet animal est sans limite et cela nous force à lui accorder notre respect même si une partie de notre esprit a peur de cette créature. Avant de vous réjouir, sachez que ces dites scènes d’action sont peu nombreuses, même que nous pourrions comparer, jusqu’à un certain point, In the Heart of the Sea à la dernière version américaine de Godzilla.

Techniquement parlant, Ron Howard (Apollo 13) nous livre un travail assez exemplaire. Comme mentionné ci-haut, les scènes d’action de ce spectacle sont géniales et sont parmi les scènes de bataille nautique les plus terrifiantes de l’histoire du cinéma hollywoodien. On notera également le souci des détails du réalisateur qui nous offre une expérience authentique et crédible, dépassant même en quelque sorte le génie de la «dernière adaptation» crédible de ce récit, le Moby Dick de 1956. Il est juste dommage que certains plans du réalisateur soient illisibles et que ce dernier semble jouir d’émerveillement devant quelques-unes de ses scènes, les étirant sans aucune raison valable.

Il nous faut également accorder du crédit au département des effets spéciaux. Les maquillages utilisés pour montrer la destruction corporelle de ces marins affamés et torturés par la démence sont assez impressionnants, surtout que les acteurs ont perdu plusieurs dizaines de kilos durant le tournage d’In the Heart of the Sea. Même chose pour les effets numériques qui nous offrent des baleines d’un réalisme terrifiant. Il est juste dommage que la direction photographique trop prononcée et qu’un léger manque de finition vis-à-vis les écrans verts nous obligent à constater que ces derniers sont grandement présents. De plus, accordons une mention honorable à la trame musicale de Roque Baños (Evil Dead) dont les partitions soutenues supportent grandement les propos du long-métrage en leur donnant une couche d’intensité supplémentaire.

Dans les rôles titres, Chris Hemsworth (Thor) et Benjamin Walker (Abraham Lincoln: Vampire Hunter) font un travail honnête sans plus mais peinent à rendre leurs personnages charismatiques. Même chose pour le reste de l’équipage du Essex qui ne font rien pour se démarquer et rendre leurs apparitions mémorables. De ce groupe, il n’y a seulement Cillian Murphy (Batman Begins) qui offre un jeu d’acteur exemplaire et qui se démarque de cet ensemble de prestations assez oubliables. Brendan Gleeson (Troy) et Ben Whishaw (Cloud Atlas) sont les deux seuls acteurs qui offrent des performances inspirées grâce à leurs scènes de dialogues assez longues, où le premier raconte au second le récit de l’Essex.

Malgré un visuel impressionnant, In the Heart of the Sea ne passera aucunement à l’histoire. Le fait de raconter le «fait réel» derrière un classique de la littérature américaine semble avoir privé l’équipe de scénaristes d’inspiration, alors que la dernière partie du long-métrage manque cruellement d’imagination et de dynamisme. C’est un peu comme si la réalité d’un fait réel ne peut être véritablement adapté au cinéma, alors que la fiction semble plus intéressante que la réalité. Néanmoins, In the Heart of the Sea demeure un spectacle à grand déploiement qui se doit d’être vu sur un grand écran, en 3D, pour ses scènes d’action grandement mémorables.


Réalisateur : Ron Howard

Scénario : Marshall Herskovitz, Rick Jaffa, Charles Leavitt, Peter Morgan, Amanda Silver, Edward Zwick

Avec : Chris Hemsworth, Benjamin Walker, Cillian Murphy, Brendan Gleeson, Ben Whishaw, Michelle Fairley, Tom Holland, Paul Anderson, Frank Dillane, Joseph Mawle, Jordi Mollà

Spectre (2015)

Résumé : Un message provenant du passé de Bond envoie ce dernier dans sur le chemin de la découverte d’une organisation mystérieuse. Tandis que M se bat afin de garder les services secrets en vie, Bond se bat afin de révéler la terrible vérité derrière cette organisation, nommée SPECTRE.

Critique : 

C’est avec beaucoup d’attentes que débute Spectre, alors que ce dernier a la lourde tâche de faire mieux que Skyfall, le précédant volet de la saga qui a atteint des records au box-office mondial et qui nous a offert le meilleur volet de la saga depuis l’époque de Sean Connery. Malheureusement, même en n’étant pas un mauvais film, Spectre ne parvient pas à faire mieux que son aîné, ou même à l’égaler…

Après un attentat avorté au Mexique, James Bond, célèbre agent secret de sa majesté, tente désespérément de d’accomplir les derniers vœux d’un être cher en traquant une organisation terroriste nommée SPECTRE. Néanmoins, il devra agir dans la clandestinité lorsque le MI6 est sur le point d’être fusionné avec une agence de renseignements privée. Sur la route, il devra faire face à ses démons et à des ombres du passé…

Spectre commence en lion avec une magnifique séquence au Mexique. Malheureusement, on ressent très rapidement les limites d’un scénario écrit sous l’agression du studio Sony par une attaque informatique, sous une limite budgétaire forçant quelques réécritures et sous l’ego de ses nombreux participants. Pour offrir une histoire convenable, on sort le grand jeu, en étirant la sauce et en tirant de tous les côtés. Cela devient grandement pénible alors que l’on tente quelques gags (En faisant tomber Bond du haut d’un immeuble pour le faire atterrir sur un canapé.) et que l’on donne du temps d’écran à des personnages inutiles.

Comme si ce n’était pas suffisant, il a fallu que l’intrigue soit hautement prévisible. Dès que nous découvrons les documents restants du manoir de Bond (Celui qui fut détruit dans Skyfall…) et que nous rencontrons C, nous savons précisément dans quelle direction les moments finaux de Spectre vont nous amener. En fait, le seul élément de suspense que propose le scénario ce long-métrage, c’est lorsque l’on se demande si le film aura l’audace de tuer un des personnages emblématiques de la franchise et qu’il nous agace excessivement avec cette idée folle.

Mais ce qui frappe de plus avec le scénario écrit par un quatuor normalement talentueux, c’est qu’ils ont oublié qui était James Bond. Au lieu de continuer sur la lancée du Bond sous l’ère de Daniel Craig, nous avons l’impression que les scénaristes étaient nostalgiques de l’époque de Sean Connery et de Roger Moore. Même impression avec Oberhauser, l’antagoniste principal, qui débarque comme un chat dans la gorge (Petite blague destinée à ceux qui ont vu Spectre…) et qui nous donne l’impression que Bond doit affronter un personnage de cartoon. Et que dire de Hinx dont nous ne comprenons pas son importance; est-il l’homme de main d’Oberhauser, est-il le remplaçant de Marco Sciarra, le méchant de la séquence pré-générique ou est-il juste un assassin lambda?

Derrière la caméra, Sam Mendes (Road to Perdition) offre la meilleure réalisation de sa carrière. Il crée des images puissantes, des images offrant plusieurs degrés de lecture et d’interprétation. Même au niveau de l’action il est impossible d’être déçu, puisque Mendes offre des séquences qui ont le mérite d’être des prétendants au prix de la meilleure séquence d’action de 2015. Saluons également le travail du directeur de la photographie (Hoyte Van Hoytema), qui même en n’arrivant pas à la cheville de Roger Dickens (Skyfall), se permet de «peinturer» remarquablement les séquences se déroulant à Rome et en montagne.

Musicalement parlant, Spectre jouissait d’une certaine controverse avec la présence de Sam Smith qui a créé la chanson thème Writing’s on the Wall pour le film. Malgré l’accueil mitigé de cette pièce, il faut admettre qu’elle s’intègre habilement dans l’intrigue de Spectre, reprenant subtilement certains thèmes de l’intrigue. Néanmoins, la majeure partie de la trame musicale est composée pour la deuxième fois par Thomas Newman (Wall-E). Ce dernier s’est grandement inspiré des années 90, offrant une musicalité qui peut ennuyer à certaines occasions.

Dans le rôle titre Daniel Craig (The Girl with the Dragon Tatoo) semble s’ennuyer énormément. Le fait que l’acteur souhaite quitter cette franchise paraît à l’écran, ce qui n’empêche pas Craig de rester professionnel et d’offrir une performance convenable dans le rôle du célèbre agent secret. Au niveau des «Bond Girls», Léa Seydoux (La vie d’Adèle) est adorable et offre la réplique à Bond comme peu de femmes avant elle, par-contre la présence de Monica Bellucci (The Matrix Revolutions) est assez étrange dans un sorte de caméo inutile et ridicule. Cette fois-ci Bond doit affronter deux adversaires. L’antagoniste principal du récit est joué par Christoph Waltz (Django Unchained) qui offre une bonne présence à l’écran malgré l’étroitesse et la mauvaise écriture de son rôle. Dave Bautista (Guardians of the Galaxy) joue le principal adversaire physique de Bond et il interprète son personnage adéquatement, même si nous aurions aimé voir un peu plus de dialogues de sa part. Et il ne faudrait pas oublier la présence d‘Andrew Scott (Sherlock) au générique, lui qui joue le mystérieux C, un personnage qui ne réserve aucunes surprises…

En tentant de combler les fans de la dernière heure et ceux qui suivent la franchise depuis l’époque de Sean Connery, Spectre se tire royalement dans le pied. Le long-métrage tente d’être drôle et léger tout en adoptant un ton sérieux et pessimiste causant par la même occasion une empilade de séquences inutiles et peu palpitantes. Le fait que Spectre est le volet le plus long de la franchise n’est aucunement surprenant. Au-moins, Sam Mendes sauve la mise avec une mise en scène parfaite et réglée au quart de tour. Le meilleur héritage que l’on peut tirer de Spectre c’est que ses derniers instants proposent les fondations d’un vingt-cinquième volet qui aurait le potentiel d’être le meilleur chapitre d’une franchise vieillissante. Enfin, c’est en espérant que les scénaristes ne ruinent pas tout cette fois-ci…


Réalisation : Sam Mendes

Scénario : John Logan, Neal Purvis, Robert Wade, Jez Butterworth

Avec : Daniel Craig, Monica Bellucci, Ralph Fiennes, Léa Seydoux, Dave Bautista, Christoph Waltz, Ben Whishaw, Naomie Harris, Stephanie Sigman, Andrew Scott, Rory Kinnear, Jesper Christensen

Beasts of No Nation (2015)

Résumé : Lorsque la guerre civile déchire sa famille, un jeune garçon d’Afrique de l’Ouest est forcé de rejoindre une unité de combattants mercenaires et de se transformer en un enfant soldat.

Critique : 

Les longs-métrages centrés sur la guerre en Afrique offrent une perspective sur un des grands drames de la Terre, un drame que les terriens tentent désespérément d’oublier. Black November, Blood DiamondMachine Gun PreacherShake Hands with the Devil et Tears of the Sun sont tous des bons exemples de ce sous-genre qui nous apporte un ou deux bons films chaque année au paysage cinématographique québécois. En cette période où sortent les longs-métrages pressentis aux OscarsBeasts of No Nation débarque sur Netflix et offre une alternative supplémentaire à un automne fort chargé en sorties cinématographiques.

Agu, un gamin vivant paisiblement au milieu d’un village entouré par la Guerre Civile. Lorsque des soldats du gouvernement tuent sa famille, Agu s’enfuit dans la jungle où il sera récupéré par un homme mystérieux, qui le force à rejoindre son armée de combattants rebelles. Plongé au centre de cette guerre, Agu deviendra peu à peu un soldat impitoyable…

Parler de la guerre représente un défit assez dur, spécialement dans le cinéma contemporain où les nombreuses tentatives d’y parvenir sont parfois marquées par la diabolisation inutile de l’un des nombreux clans ou par un certain excès de patriotisme. Dans Beasts of No Nation, Cary Joji Fukunaga évite habilement ces pièges en offrant une épopée épique où la morale principale que le réalisateur / scénariste tente de divulguer va comme suit : Peu importe l’angle avec lequel nous regardons la guerre, il n’y aura jamais de fin heureuse.

C’est avec cette réalité que Beasts of No Nation débute en racontant le périple d’Agu et en centrant la narration exclusivement sur ce personnage, des raisons qui le poussent à se battre (Le souvenir d’une famille en partie morte, en partie dispersée à l’autre bout d’un pays dont le nom n’est jamais mentionné durant le long-métrage.) jusqu’à la fin de sa guerre. Dans ce parcours, nous suivrons également les destinées de Strika, un jeune soldat muet, et du Commandant, qui transforme les enfants de cette unité en machines à tuer. Ce qui est d’ailleurs surprenant avec le texte de Fukunaga (Inspiré d’un roman d’Uzodinma Iweala), c’est qu’il est parvenu à rendre le personnage du Commandant crédible, avec une folie qui a un certain sens, nous donnant presque l’envie de l’encourager dans sa folie guerrière.

Cette proximité avec ce trio de personnages parvient à accentuer l’immersion dans le récit, alors que certains thèmes comme la corruption des forces en présence ou la possible implication d’un pays asiatique se sont que frôlés en vitesse. Cette immersion alimente même le sentiment de réalisme profond qu’adopte le récit de Fukunaga ce qui nous force à prendre conscience des nombreuses différences entre notre monde (Où nous sommes constamment assis devant nos écrans plats.) et le monde d’Agu (Qui tente de vendre une télévision imaginaire pour quelques dollars.). Néanmoins, le scénario de Beasts of No Nation souffre de la longueur de son récit, créant quelque temps morts lors du premier et du dernier acte qui peuvent paraître plus ennuyeux pour les spectateurs du dimanche.

Derrière la caméra, Fukunaga fait un travail remarquable, n’ayant aucunement peur du sujet qu’il aborde ou de la censure que pourrait subir sa pellicule. Le réalisateur démontre notamment l’étendue de son talent lors de quelques scènes clés comme lors d’un petit plan séquence montrant les hommes du Commandant prendre d’assaut une maison, une scène qui se termine par un meurtre et un viol, ou lors de la dernière scène entre Agu et le Commandant, qui comporte une certaine puissance émotive.

Par un concours de circonstances assez étrange, Fukunaga signe également la direction de la photographique (Pour l’anecdote, l’homme engagé pour ce poste se blessa, ce qui obligea Fukunaga à le remplacer en vitesse.). Et il faut dire que ce n’est aucunement un problème, puisque Fukunaga effectue un boulot remarque dans ce domaine, offrant même quelques moments de génie, comme lors de la séquence où l’univers entourant les personnages devient magiquement rouge ou lors d’une attaque aux missiles la nuit où le seul éclairage ambiant de cette scène provient des éclats de ces munitions. Notons également la trame sonore de Dan Romer (Beasts of the Southern Wild) qui accompagne parfaitement les chants «tribaux» des enfants soldats avec des notes subtiles, mais chargées en émotions.

Abraham Attah supporte littéralement le film sur ses épaules, en offrant une performance magnifique. Il est impressionnant pour son jeune âge et nous espérons sincèrement qu’il continue à jouer dans d’autres longs-métrages importants dans les années à venir. Même chose pour Emmanuel Nii Adom Quaye, qui a en plus la difficulté de jouer Strika, un personnage assez muet. Seul acteur connu de cette production, Idris Elba (Pacific Rim) joue avec brio le Commandant, un personnage qui pourrait bien lui mériter un Oscar. Le reste de la distribution est composé principalement d’anciens enfants soldats et d’habitants locaux qui font tous du bon travail dans leurs rôles respectifs.

Beasts of No Nation est un long-métrage assez difficile à visionner. Il montre avec violence le quotidien de certains enfants africains et il n’a pas peur d’exploiter son sujet à fond. Même si visionner Beasts of No Nation risque de vous déprimer pour le reste de la journée, c’est un long-métrage que nous recommandons grandement et se place au même niveau que les classiques de ce sous-genre cinématographique. Il nous reste tout simplement à voir, dans les mois qui suivent, si sa distribution via la plateforme Netflix minera ses chances de remporter un trophée dans la mythique cérémonie des Oscars


Réalisation : Cary Joji Fukunaga

Scénario : Cary Joji Fukunaga

Avec : Abraham Attah, Idris Elba, Ama K. Abebrese, Kobina Amissa-Sam, Emmanuel Nii Adom Quaye, Grace Nortey, David Dontoh, Opeyemi Fagbohungbe

The Last Witch Hunter (2015)

Résumé : Le dernier chasseur de sorcières doit faire face à l’invasion de New York par des sorcières.

Critique : 

Halloween est souvent un moment propice pour sortir des films d’horreur aux sujets farfelus et insolites. Pour l’année 2015, les cinéphiles de ce genre étaient comblés avec des sorties comme le dernier chapitre de la saga Paranormal Activity, Goosebumps, Tremors 5: Bloodlines et The Last Witch Hunter. Ce dernier sortait cette fin de semaine au Québec et offrait à Vin Diesel l’opportunité de prouver au public québécois, et au public mondial qu’il n’est pas juste l’acteur de la franchise Fast & Furious, mais également un acteur prolifique capable d’une diversité de rôles. Malheureusement, il a largement échoué ce test…

Kaulder, un chasseur de sorcières viking (?), parvient à venger la mort de sa famille des mains d’une sorcière maléfique, sauf que cette dernière le condamne à l’immortalité en guise de représailles. Continuant à chasser ces êtres maléfiques à notre époque, Kaulder voit son acolyte se faire assassiner par l’une d’entre-elles lorsque ce dernier s’approche d’une conspiration visant à détruire la Terre, entraînant Kaulder sur le chemin de la vengeance…

Avec sa prémisse insolite, The Last Witch Hunter avait le choix d’emprunter deux chemins. Soit il allait dans le sentier de l’humour et du divertissement digne d’une série B (Comme Snakes on a Plane ou Lake Placid…), soit il tentait d’être un divertissement de nerd pur et dur (Après-tout, Vin Diesel est un geek fanatique de Donjons & Dragons…). Malheureusement, The Last Witch Hunter décide de jouer le tout de façon très sérieuse, tel un Dark Knight du pauvre, alors que les scénaristes du long-métrage ne sont même pas capables de corriger les nombreuses incohérences et la maigreur des situations que vivent les personnages.

Le tout débute tel un remake d’Highlander, mais très rapidement l’intrigue lorgne du côté de Constantine, un long-métrage de 2005 que les scénaristes semblent aimer grandement, tout comme Inception, Starship Troopers, Blade, etc. The Last Witch Hunter est un gros ramassis vos longs-métrages préférés où le but de l’intrigue pendant près d’une bonne heure consiste à faire voyager Vin Diesel dans ses souvenirs et ses rêves, une action simple que les scénaristes ne parviennent à faire qu’après de nombreux détours inutiles. Et lorsque l’histoire débloque enfin, c’est pour le grand combat final entre la méchante sorcière et Vin Diesel. Certes il y a quelques revirements de situations pour dynamiser l’intrigue, mais l’histoire est tellement ennuyeuse et peu originale que ces derniers paraissent assez bénins et inutiles. Étrangement, en se fiant aux personnes présentes aux personnes lors de mon visionnement de The Last Witch Hunter, il n’y avait que les jeunes adolescents qui semblaient s’intéresser aux événements qui se déroulaient sur le grand écran. Les spectateurs plus vieux, comme moi qui sonne aux portes du quart de siècle, mourraient d’ennui et combattaient une certaine somnolence devant la petitesse de ce scénario.

Même les dialogues sont miteux alors que les phrases dites par les acteurs ne font pas beaucoup de sens tandis que les personnages s’étonnent de découvrir que les sorcières les plus dangereuses de la planète sont emprisonnées dans une prison, que les sorcières ont des forums de sorcellerie, que Michael Caine tente de faire de la publicité pour Apple en tuant une mouche ou que l’un des personnages s’arrache la peau de son visage en poussant un juron, dans l’une des tentatives d’humour peu adéquates que ce permet le scénario. Et le pire du comble provient des derniers instants qui forcent la note pour nous signaler que The Last Witch Hunter est le premier volet d’une franchise.

Techniquement, The Last Witch Hunter ne parvient à faire mieux alors que la réalisation de Breck Eisner (Sahara) est pénible à regarder. Ses scènes d’action suivent de trop près Vin Diesel, et si l’on ajoute le montage qui ne nous laisse pas suffisamment de temps pour assimiler ce que l’on voit, nous avons comme résultat des scènes d’action qui sont totalement indigestes. En fait, les seuls plans où les scènes d’action ne nous donnent pas le goût de vomir, c’est les quelques plans présents dans les bandes-annonces du long-métrage. Comme si ce n’était pas assez, la direction photographique de Dean Semler (Dances with Wolves) est trop sombre, ajoutant ainsi une couche de difficulté visuelle supplémentaire lors des quelques séquences intérieures.

Même la trame musicale de Steve Jablonsky (Desperate Housewives) peine à dynamiser les quelques scènes potables du film, en offrant une bande sonore assez quelconque et générique. Au moins, nous pouvons nous consoler avec les effets spéciaux du film qui sont assez jolis. Avec un budget confortable dépassant les 90 millions, The Last Witch Hunter se permet d’être inventif avec des créatures aux designs inventifs, comme le gardien de la prison des sorcières qui est tout simplement magnifique. Néanmoins, pour une raison inconnue, les quelques écrans verts utilisés par la production sont affreusement visibles…

Par sa part, Vin Diesel (Fast & Furious) semble distant, alors qu’il n’est visiblement pas inspiré pour ce rôle. Il tente de jouer un guerrier de 800 ans comme il joue un criminel / coureur de rue, et cela ne fonctionne tout simplement pas. Même constat pour Elijah Wood (The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring), dont la performance ne fait que nous rappeler l’époque où l’acteur combattait les orcs dans la Terre du Milieu et pour Michael Caine (The Dark Knight) dont le rôle nous rappelle grandement le personnage d’Alfred dans la saga Batman. Au moins, nous pouvons nous consoler avec la présence de Rose Leslie (Game of Thrones), jouant une gentille sorcière de façon assez rafraîchissante et humaine, et avec la présence de Ólafur Darri Ólafsson (Contraband) qui joue un formidable antagoniste, même si son rôle tient plus du caméo allongé.

Par son ton, son scénario sans queue ni tête et sa réalisation empotée, The Last Witch Hunter offre quelque chose de pire qu’un mauvais film, en offrant un long-métrage ennuyeux qui ne divertit pas, prouvant que Vin Diesel est condamné à jouer les bad boys dans les franchises Fast & Furious et XXX. Avec une suite qui est d’ores et déjà en production, nous espérons sincèrement que The Last Witch Hunter se plante au box-office mondial afin que nous puissions retourner s’amuser avec des méchants garçons et leurs voitures de compétition…


Réalisation : Breck Eisner

Scénario : Cory Goodman, Matt Sazama, Burk Sharpless

Avec : Vin Diesel, Rose Leslie, Elijah Wood, Ólafur Darri Ólafsson, Rena Owen, Julie Engelbrecht, Joseph Gilgun, Isaach De Bankolé, Michael Halsey, Michael Caine

Momentum (2015)

Résumé : Une voleuse mystérieuse est amenée à faire un dernier cambriolage par son ancien partenaire. Elle découvrira rapidement que le but de ce vol n’était pas de voler quelques diamants, mais quelque chose d’autre. Il s’en suit alors un jeu du chat et de la souris entre elle et un assassin, un jeu compromettant ses recherches afin de découvrir le mystère derrière ce vol et les secrets derrière les hommes qui ont fait d’elle une cible.

Critique : 

Hollywood a beaucoup de difficulté à accepter une femme en tant qu’actrice du cinéma d’action. Mis à part quelques exceptions comme Angelina Jolie (Salt) ou Michelle Rodriguez (Fast & Furious), les actrices voulant faire des films d’action doivent souvent se réfugier dans le monde des films sortant directement en DVD ou en Vidéo-sur-demande, comme Gina Carano, Kate Beckinsale, Kelly Hu, ou Olga Kurylenko, qui souffre également de ce mauvais sort, même lorsqu’elle joue dans une grosse production africaine…

Alex, une ancienne espionne, vit dans la clandestinité, cachée du reste du monde. Mais lorsqu’elle participe dans un vol de diamants, les choses tournent mal alors qu’elle se fait identifier sur les lieux du crime et que les braqueurs récupèrent une mystérieuse clé USB gardée en compagnie de ces diamants. Alors qu’elle se prépare à jouir des profits de ce crime, des mystérieux tueurs débarquent afin de récupérer cette clé, créant ainsi une folle course poursuite jusqu’aux quatre coins de Cape Town, en Afrique…

Le cinéma d’action au féminin reprend en général le même concept d’origine : Un femme, qui a peut-être perdu sa mémoire, doit se défendre à une forme d’autorité supérieure (mari ou patron) après qu’elle a suivi sa conscience lors d’une mission, ou après que cette autorité veut sa mort en l’accusant d’un crime qu’elle n’a pas commis. Les exemples sont légions. Nous pouvons penser à Kill Bill, Salt, Haywire, ElectraThe Long Kiss Goodnight, Kite, Everly, Hanna

Momentum n’échappe pas à cette règle et suit la même formule, mais en plus pathétique. Après-tout, le long-métrage est scénarisé par le duo Adam Marcus et Debra Sullivan, responsables du pitoyable Conspiracy et de Texas Chainsaw 3D. Malgré tout le respect que nous avons envers ces personnes, en visionnant Momentum, il ne fallait espérer tomber sur le film de l’année… Globalement, Momentum consiste à un énorme jeu du chat et de la souris sur une période de 48 heures, avec plusieurs excellentes scènes d’action ou de tension (Grâce au travail de Campanelli…) et avec beaucoup de remplissage au contenu parfois douteux. Comme le fait que les méchants n’ont aucune idée de l’identité d’Alex, le personnage d’Olga Kurylenko, jusqu’au dernier tiers où tous les méchants se souviennent soudainement qu’ils connaissent ce personnage. Bref, l’histoire est prévisible, les dialogues sont parfois miteux et n’ont peu de sens et il y a de nombreuses incohérences qui minent le peu d’originalité que ce scénario a…

C’est clairement Stephen S. Campanelli (Opérateur de caméra fidèle à Clint Eastwood depuis les années 2000.), un cinéaste montréalais, qui supporte Momentum sur ses épaules, ce qui est assez remarquable si l’on prend pour acquis que ce film est la première réalisation de Campanelli. Cet homme a travaillé pour l’un des plus grands noms d’Hollywood et cela se ressent grandement alors qu’il offre une réalisation supérieure à ce que l’on voit généralement dans ce genre de film. En effet, Campanelli est parvenu à créer des séquences remarquables, en se focalisant sur les meilleurs moments du scénario, comme avec la première rencontre entre Alex (Kurylenko) et Mr. Washington (Purefoy)Campanelli crée l’un des grands moments de tension de 2015 en décidant de filmer le tout hors du champ de la caméra, ou avec la séquence d’ouverture, qui offre un hommage simili-futuriste à Heat.

Néanmoins Campanelli a une énorme faiblesse, il semble avoir beaucoup de difficultés à filmer de façon adéquate une course poursuite, un domaine du cinéma d’action qu’il est incapable d’illustrer de façon fluide et avec un niveau de richesse visuelle équivalant au reste des scènes du film. À sa décharge, il nous faut avouer que le montage saccadé de Doobie White (Ghost Rider: Spirit of Vengeance) n’aide aucunement la cause du réalisateur. Également, il faudrait se questionner sur la gestion des ressources financières (En passant, Momentum a un budget de 20 millions…) qui permet à Momentum de se payer un aéroport bondé de gens et une banque digne d’un film de science-fiction, mais qui ne permet au long-métrage de faire son unique course poursuite de façon adéquate. Soulignons également la direction de la photographie du montréalais Glen MacPherson (Rambo) qui parvient à mettre adéquatement en valeur l’aspect sablonneux et moderne de l’Afrique du Sud et la trame sonore de Laurent Eyquem (Enragés) qui comporte quelques notes chargées en émotions.

Au niveau des acteurs, Momentum se veut être un duel entre deux acteurs, Olga Kurylenko (Quantum of Solace) et James Purefoy (The Following). Même si Kurylenko est formidable dans ce rôle, il nous faut donner l’avantage à Purefoy, qui s’éclate et offre l’une des meilleures performances de sa carrière, malgré des dialogues assez miteux. Morgan Freeman (Million Dollar Baby), qui s’était lié d’amitié avec Campanelli lors de ses collaborations avec Clint Eastwood, vient faire un caméo de service en jouant le grand méchant de l’intrigue. Le reste du casting est composé principalement d’acteurs sud-africains, ce qui fut une bonne idée puisque ces derniers offrent dans l’ensemble de bonnes performances.

Momentum est le genre de film qu’il est préférable d’écouter sous l’effet d’alcool avec des amis, afin que personne ne se concentre réellement sur le scénario du long-métrage même si tout le monde se tournera la tête pour se concentrer sur les magnifiques séquences parcourant Momentum. Surtout que cela vous permettra peut-être de ne pas apprendre, après 90 minutes de visionnement, que Momentum n’est qu’une longue séquence d’introduction pour une éventuelle suite qui n’arrivera possiblement jamais…


Réalisation : Stephen S. Campanelli

Scénario : Adam Marcus, Debra Sullivan

Avec : Olga Kurylenko, James Purefoy, Jenna Saras, Greg Kriek, Hlomla Dandala, Shelley Nicole, Richard Lothian, Karl Thaning, Morgan Freeman

Zombie Ninjas vs Black Ops (2015)

Résumé : Un ancien soldat se retrouve coincé au beau milieu d’un édifice pris d’assaut par des zombies créés par une expérience scientifique ratée.

Critique : 

Les petites heures du cinéma d’exploitation sont passées depuis des décennies. Les cinéastes australiens, italiens et thaïlandais ont dû s’adapter et offrir quelque chose de plus moderne. L’époque où foisonnaient les copies de Mad Max, les westerns spaghettis et les films de Weng Weng et de Franco Nero est révolue. Maintenant, le cinéma de ces pays se tourne vers l’avenir et tente de proposer des divertissements de qualité, des divertissements parfois surprenants, avec des films comme La vie est Belle, The Raid, ou Zombie Ninjas vs Black Ops

Les scientifiques d’une agence de sécurité et d’armement japonaise parvient à ressusciter des mercenaires tués au combat, créant ainsi des zombies qu’ils ne peuvent contrôler. Pris dans le chaos qui en résulte, Dillon, un ancien membre des forces spéciales, assiste malgré-lui à la prise de force du bâtiment de cette agence par ces zombies. Lorsqu’une équipe de Black Ops débarque sur les lieux, Dillon et quelques compagnons d’infortune feront tout pour survivre en étant coincés au milieu de ce combat.

Avant de débuter cette critique, il nous faut s’entendre sur le fait que nous ne sommes pas en présence de zombies, ni même de ninjas. En fait, si le long-métrage utilise le titre «Zombie Ninjas vs Black Ops» c’est qu’il n’existe pas de définition pour ce type de morts-vivants. Les créatures de ce long-métrage sont une sorte de mélange entre un ninja, un chien et un Xénomorphe (Alien), et même cette définition personnelle ne parvient pas à les décrire avec justesse.. Ce mélange aide à créer une atmosphère unique alors que nous avons exceptionnellement une race de zombies dont les actions sont totalement imprévisibles.

Le tout nous est servi dans un huis clos centré sur Dillon, un personnage au mauvais endroit, au mauvais moment, dans une situation qui fait grandement écho à Die Hard. L’objectif des personnages est bien attendu de survivre à ce qui leur tombe sur la tête, un peu comme John McClane dans Die Hard. Sauf qu’au lieu de se concentrer sur le verbal, le scénario de Zombie Ninjas vs Black Ops se focalise sur les scènes d’action et parvient à atteindre le juste milieu entre les scènes verbales et les scènes non-verbales, nous donnant suffisamment de contenu pour se sentir investi par notre trio de protagonistes. Malheureusement, lorsque les personnages parlent trop, notamment lors d’une scène explicative qui cherchait désespérément à dire les termes suivants : Zombies, Ninjas et Walking Dead, le scénario démontre quelques faiblesses pouvant jouer sur notre attention. Également, le scénario contient quelques incohérences comiques comme le fait que le héros principal semble avoir, par moments, une réserve de munitions illimitée dans son pistolet…

Néanmoins, la grande force de Zombie Ninjas vs Black Ops se trouve derrière la caméra. Rody Claude, un réalisateur australien qui trouve ici sa deuxième réalisation en carrière, parvient à faire beaucoup avec peu de moyens. Le long-métrage a même des allures de blockbuster alors que Claude explore en long et en large le gratte-ciel servant de terrain de jeu à son intrigue. Ce décor contribue grandement à la tension que le réalisateur installe dès les premiers instants du film, une tension décuplée par les agissements des «zombies», dont les comportements imprévisibles ajoutent un effet de surprise supplémentaire. Ce même décor aide grandement la photographie de Zombie Ninjas vs Black Ops avec un éclairage lumineux, haut en couleurs, mais pas dénudé de noirceur, un style contribuant à l’atmosphère unique du film. Malheureusement, Claude ne parvient pas à camoufler l’étroitesse de son budget dans certains éléments pouvant déranger, comme les maquillages des zombies ou dans les effets spéciaux utilisés pour simuler une explosion.

Mais soyons francs et parlons des scènes d’action. Grâce à la magie du montage et aux talents des acteurs et des cascadeurs du film, nous avons le droit à de magnifiques scènes d’action. Ces dernières impressionnent alors que le comportement erratique des zombies offre des combats énergétiques, dynamiques, avec une rapidité d’exécution et une précision rappelant le cinéma asiatique. Même qu’à certains moments, Zombie Ninjas vs Black Ops parvient tellement à exceller dans ce domaine, il parvient à égaler des classiques du genre comme John Wick ou The Raid

D’ailleurs, Zombie Ninjas vs Black Ops parvient à agencer son action parfaitement avec la trame musicale. Cette dernière, bien qu’elle soit trop forte (Il faut parfois mettre les sous-titres pour comprendre certains dialogues…) et qu’elle est ennuyeuse à l’occasion, réussit à insinuer un léger climat de peur dans des moments plus tendus, comme lorsque des personnages se cachent des affreux zombies, et à apporter de l’émotion lors des scènes plus tragiques, notamment lors de la scène d’action finale, alors que les bruits, les cris de douleur et le son des armes à feu parviennent à disparaître presque complètement pour laisser place à la musique d’un certain Rory Chenoweth, un choix audacieux qui rapporte grandement au final.

Dans le rôle de Dillon, nous avons un certain Adam T. Perkins, un acteur du monde du théâtre reconverti dans le monde du cinéma, qui offre une superbe performance, et il nous faudra définitivement garder un œil sur lui dans l’avenir, surtout s’il participe dans d’éventuels films d’action. Malheureusement, les acteurs qui l’accompagnent sont, dans l’ensemble, légèrement mauvais à cause du manque d’expérience relatif de ce casting. L’athlète de l’UFC Soa ‘The Hulk’ Palelei fait également parti de ce long-métrage et il a une bonne présence à l’écran, lui qui joue le chef des «Zombie Ninjas».

Malgré une prémisse digne d’un Call of DutyZombie Ninjas vs Black Ops étonne et surprend par l’efficacité de l’équipe de production (Que nous pouvons compter sur le bout de nos doigts…) qui parvient à offrir un long-métrage de grande qualité. Zombie Ninjas vs Black Ops n’est pas le film de l’année, mais il offre un divertissement décomplexé, avec une prémisse relativement unique, et ce pendant 90 minutes remplies de scènes d’action dignes d’un jeu vidéo, ce qui nous satisfait amplement…


Réalisation : Rody Claude

Scénario : Kylie Claude

Avec : Adam T Perkins, Korum Ellis, Neil MacKinnon, Kira Caine, Tegan M. Gregory, Paul Boucher, Tony Spencer, Soa ‘The Hulk’ Palelei

The Chase (1994)

Résumé : Jack Hammond, un détenu en cavale, prend une femme en otage et s’enfuie vers le Mexique avec la police à leur poursuite.

Critique : 

Il y a de ces films qui ont marqué l’enfance du gamin né au début des années 90 que j’étais. Nous parlons ici de Die Hard : With a Veangeance, de Terminator 2: Judgment Day, d’Operation Condor, de Speed et d’une liste de films si longue qu’elle ne pourrait rentrer dans cet article. Un de ces longs-métrages était The Chase, un petit film d’action mettant en vedette Charlie Sheen. Des années après mon dernier visionnement, il est maintenant le temps de donner une nouvelle chance à The Chase

Jack Hammond, un clown en fuite, est pris de panique dans une station service et kidnappe Nathalie Voss, une jeune inconnue qui se révéla être Nathalie Voss, la fille d’un riche homme d’affaires. Poursuis par la police et victimes de la folie générée par les médias tentant de couvrir cet événement,  le duo tentera par tous les moyens d’atteindre la frontière mexicaine…

Sorti en 1994, The Chase a connu une sortie en salles plutôt désastreuse, se faisant couper l’herbe sous le pied par Speed, sorti quelques semaines plus tard en Amérique du Nord. Malgré un échec au box-office (Un peu plus de 8 millions) et un échec vis-à-vis la critique américaine, nul ne se doutait de l’impact qu’aurait ce film en 1994. Telle une prémonition, The Chase a décrit, dans sa globalité, l’immense course-poursuite entre le joueur de football américain et acteur O.J. Simpson et la police de Los Angeles qui se produisit quelques mois après la sortie en salles de The Chase. Depuis cet événement, le long-métrage est rapidement sombré dans les oubliettes de la culture cinématographique occidentale (Après-tout, quel genre de cinéphile serait à la recherche d’un obscur film d’action mettant en vedette Charlie Sheen…), mais pourtant, il a beaucoup à vous offrir.

Conçu autour d’une idée simple vue des milliers de fois, une course-poursuite entre un protagoniste et la police, The Chase parvient à révolutionner le tout en étirant cette poursuite sur la durée entière de son scénario. Adam Rifkin (Chillerama) débute en effet son projet par la prise d’otage en elle-même, qui dégénère très rapidement dans ce qui constituera le nœud de l’intrigue, la course-poursuite. Et même si peu de choses s’y déroule de façon concrète, après-tout le tout se passe sur une autoroute, Rifkin est parvenu à introduire une certaine critique des médias (Qui tient toujours en 2015.) et plusieurs moments comiques comme un déversement de cadavres sur l’autoroute (Une séquence qui fut d’ailleurs reprise dans Bad Boys II.) ou la scène où Charlie Sheen se met à chanter du Village People. Néanmoins, le dernier tiers de ce projet souffre terriblement de l’essoufflement du scénariste qui ne sachant pas comment terminer son histoire, nous offre une fin en queue de poisson à la frontière du Mexique.

Étant également le réalisateur, Rifkin est parvenu, sans passer à l’histoire, à créer les techniques de réalisations préférées des réalisateurs actuels (Montage agressif, plusieurs prises de vues, caméras branlantes, etc.). Même que techniquement parlant, The Chase n’a rien à envier aux productions contemporaines, puisque son Rifkin a réalisé son long-métrage comme un film de 2015. Cela implique également que The Chase souffre des mêmes défauts que les longs-métrages de 2015 puisque son montage est trop agressif, la caméra peut être nauséeuse et que les plans de caméra sont parfois confus.

Un autre signe de confusion réside dans sa gestion de son propre final qui inclut une scène romantique. Cette dernière pose d’entrée de jeu un certain problème dans le fait que les voitures de police disparaissent subitement du décor ou que la voiture conduite par Charlie Sheen change subtilement de modèle (Un changement assez difficile à observer, il me faut l’admettre…). Néanmoins, la seule justification de sa présence réside dans le fait qu’elle n’est en fait qu’un prétexte pour transporter l’intrigue du jour (Début de l’après-midi.) vers le milieu de la nuit grâce à quelques écrans verts maladroitement camouflés. De plus, Rifkin a eu quelques difficultés à trouver une doublure ressemblant à Charlie Sheen et à camoufler cette dernière, nous offrant ainsi quelques moments involontairement comiques. Musicalement parlant, Richard Gibbs (Battlestar Galactica) parvient à nous une palette de sons assez intéressante, optant pour un style musical proche du ton des événements décrits par le scénario et en y ajoutant quelques chansons populaires de l’époque.

Dans le rôle titre, Charlie Sheen (Two and a Half Men) fait de l’excellent travail. En toute honnêteté, peu d’acteurs auraient été capable d’offrir une bonne performance avec le rôle de Jack Hammond et le fait que Sheen ait réussi cet exploit est un miracle en soi. Également, il a une bonne chimie avec Kristy Swanson (Buffy the Vampire Slayer), fantasme de plusieurs adolescents de ma génération. Sans égaler Sheen, cette dernière offre aussi une bonne présence en jouant avec une certaine puissance la naïveté et le manque d’expérience de son personnage. Henry Rollins (Heat) et Josh Mostel (Bag Daddy) sont les seuls membres du casting restant de The Chase qui ont une bonne présence à l’écran et ils font de l’excellent boulot. Le reste du casting valse entre le très bon et le très mauvais (Notamment les policiers présents lors de la prise d’otages qui sont assez insupportables.). Mais, nous pouvons nous réjouir puisque ce casting secondaire comprend plusieurs caméos (Ou petits rôles.) de célébrités diverses comme Ray Wise (RoboCop), deux membres du groupe Red Hot Chili Peppers, l’acteur porno Ron Jeremy ou Cary Elwes (The Princess Bride).

The Chase est un pur produit des années 90 et le nostalgique que j’étais a retrouvé son cœur d’enfant le temps de ce visionnement. Sans être parfait, ce long-métrage tient toujours la route en 2015 et offre un divertissement convenable que l’on pourrait qualifier comme étant le «Big Mac» du cinéma américain. Donc, si vous êtes en manque de malbouffe, The Chase est définitivement à recommander…


Réalisation : Adam Rifkin

Scénario : Adam Rifkin

Avec : Charlie Sheen, Kristy Swanson, Henry Rollins, Josh Mostel, Wayne Grace, Rocky Carroll, Miles Dougal, Ray Wise

Thor : The Dark World (2013)

Résumé : Lorsqu’un ennemi vaincu, il y a des milliers d’années, profite de l’alignement des neuf royaumes pour refaire surface, Thor doit faire équipe avec son frère pour empêcher l’univers d’être détruit…

Critique : 

Deuxième opus d’une saga comprise dans l’univers cinématographique Marvel, ce Thor révèle être une surprise et un échec sur de nombreux points. Réalisé par Alan Taylor, ici effacé au-travers de la bureaucratique Disney/Marvel malgré quelques éclats de génie, Thor 2 rehausse la qualité de la saga, après un premier opus plus proche de Hancock ou de Les Visiteurs que de la BD, Taylor corrige le tout en nous offrant un univers digne du comics.

Un univers que Taylor a réussi habillement à condenser en deux heures, car la majorité du long-métrage se dérouille à Asgard (ou sur les autres planètes de l’univers). Mais ne vous inquiétez pas, la partie terrestre du long-métrage n’est pas en reste avec les péripéties de Kat Dennings partant à la recherche de Skarsgård courant nu dans un lieu public d’Angleterre. La seule innovation terrestre, l’aspect gravitationnel, se voit réduit à l’état de gag… Bref la partie terrestre est encore le maillon faible du scénario.

Scénario qui en plus de réussir à gérer tout les personnages du premier opus, décide d’en ajouter 3 : un inutile, un servant qu’à gérer des situations comiques et un servant de bouche-trou asgardien. Même si la relation Thor/Loki est plus palpitante, si Portman fait du Portman, si nous avons quelques moments émotifs, lorsque survient le générique de fin, nous n’en avons rien à foutre des péripéties des protagonistes.

C’est dû à un vilain quelconque, tout droit sorti d’un épisode de Star Trek/Stargate. (Déjà qu’une des actrices jouant une vilaine de Star Trek a un petit rôle dans le film.) Sans mentir, j’ai trouvé son homme de main plus captivant. Malekith est un elf méchant, on ne sait pas trop pourquoi, il est juste là pour être méchant. Oui, on comprend une partie de ses motivations dans l’introduction du film, mais il était déjà un Bad Guy avant de voir de son peuple massacré par sa faute, donc cela s’annule. À force de lire tant de méchanceté à propos de ce film, on pourrait dire que j’ai détesté ce film. Non, ce n’est pas vrai. Si je puis le comparer à Iron Man 3, autre film Post-AvengersThor 2 est plus réussi, mais moins divertissant, c’est tout. D’autant plus que le cliffhanger final et une des deux scènes post-générique laissent présager de bonnes choses…


Directeur : Alan Taylor

Scénariste : Christopher Yost, Christopher Markus, Stephen McFeely, Don Payne, Robert Rodat

Acteur : Chris Hemsworth, Natalie Portman, Tom Hiddleston, Christopher Eccleston, Anthony Hopkins, Stellan Skarsgård, Idris Elba

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