Mythica: A Quest for Heroes (2015)

Résumé : Sous les conseils de Gojun Pye, un ami et magicien, une jeune esclave décide de s’affranchir de force et s’embarque dans une aventure épique en aidant une jeune prêtresse…

Critique : 

Il y a toujours un risque à parler d’un long-métrage ayant fait l’objet d’une compagnie sur Kickstarter, Indiegogo, et toute autre plateforme de socio-financement. Si, après réception du produit, on découvre que ce film est mauvais, on éprouve une certaine honte, puisque l’on a surévalué le potentiel du produit final, on éprouve de la compassion envers les artisans qui ont travaillé si fort sur ce film et notre orgueil en prend un coup puisque l’on avoue «publiquement» que l’on vient de payer 25 dollars (ou plus) un navet… Heureusement, ce n’est pas le cas avec Mythica: A Quest for Heroes, un long-métrage qui a connu une campagne Kickstarter et qui est fort sympathique.

Premier volet d’une trilogie,  Mythica: A Quest for Heroes, suit le périple de trois aventuriers, un guerrier, un voleur et une apprentie magicienne, qui aident une jeune prêtresse à sauver sa sœur, kidnappée par un ogre. Sur cette prémisse un peu simple, le scénario offre une histoire très agréable, avec plusieurs pointes d’humour et de subtilités touchant surtout les personnages, qui malgré quelques clichés,  parviennent à rendre ce monde encore plus crédible. C’est d’autant plus remarquable, puisqu’avec ce long-métrage, nous sommes dans un monde médiéval, 100% original, vivant avec ses propres codes et sa propre mythologie.

Cependant, le scénario de Mythica: A Quest for Heroes a deux énormes problèmes. D’abord, il n’y a aucun antagoniste, aucune menace. Certes, il y a un ogre, mais il ne représente en aucun moment une menace réelle. Le seul antagoniste apparaît un court instant dans la première scène du film et il a un caméo de deux secondes plus tard dans le récit. Pendant plus de 75 minutes, nos héros combattent des soldats, des orcs et même un «pimp» (Oui, je sais…), mais aucun méchant, puisque même l’ogre doit travailler pour quelqu’un, ce qui m’amène à mon second point négatif, le scénario divertit pour 90 minutes et 90 minutes seulement.

Puisque dès que l’on commence à réfléchir sur les événements qui se produisent dans ce film, on remarque rapidement les limitations du scénario qui aurait nécessité plus de temps et de révision pour maintenir une cohérence durable pendant l’heure et demie du long-métrage. Par-exemple, le plan du méchant, celui dont la présence à l’écran ne dépasse pas la minute, est ridiculement ridicule. Le méchant veut un objet magique bien précis. Pour y arriver, il laisse un ogre kidnapper la demoiselle, ce qui est d’autant plus stupide puisque cela signifie que l’ogre est «l’homme de main» du méchant,  et que ce méchant a jugé bon d’utiliser les compétences d’un être peu intelligent et cannibale pour interroger une demoiselle à coups de grognements. Quel plan de génie…

À la réalisation, Anne K. Black (Dawn of the Dragonslayer) fait un excellent travail en tenant compte du budget qui était à sa disposition. Malgré un travail assez conventionnel, elle parvient à nous offrir une caméra qui est plus jolie et généreuse que la réalité. À aucun moment le film semble avoir un faible budget, la caméra est jolie, tout comme les costumes, les décors, [etc], rendant ainsi le long-métrage plus épique, plus véridique. Aussi, il me faut admettre qu’au niveau de l’action, nous sommes plutôt gâtés par le talent de Black qui offre quelques scènes de combat plus excitantes, bien que courtes.

Néanmoins, on peut sentir une certaine gêne de la part de la réalisatrice lorsque nos héros combattent le fameux ogre. Même en ayant des effets spéciaux assez jolis pour un film sortant directement en DVD/VOD (Ils manquent certes de finition, mais ils sont supérieurs à ceux présents dans certaines des grosses sorties DVD critiquées dernièrement sur Actionerd…), à aucun moment nous avons l’impression que l’ogre se bat «réellement» contre les acteurs. De plus, pour continuer à parler de la réalisation, il y a quelques scènes avec des divinités (Un hibou…), qui malgré leur puissance symbolique réelle envers les personnages féminins du récit, sont affreuses et, parfois pénibles à visionner.

Et puis il y a la trame sonore… D’entrée de jeu, il me faut admettre que la composition musicale de Nathaniel Drew est parfaite pour un film fantastique, me rappelant même quelques jeux-vidéos grâce à quelques tonalités ici et là. Et il me faut admettre aussi que dans la majorité du temps, les musiques donnent le ton et l’ambiance des scènes avec une certaine grâce. Sauf qu’il y a un certain pépin lorsque cette trame sonore enterre les dialogues empêchant ainsi notre pleine compréhension de ces dernières.

Au niveau du casting, nous sommes capable de séparer les acteurs en deux grandes catégories. Il y a les acteurs masculins qui sont fort sympathiques, avec un Adam Johnson (Vamp U) jouant le guerrier et Jake Stormoen (The Christmas Dragon) jouant un voleur. Johnson apporte un «je ne sais quoi» à son personnage, ce qui nous donne envie de passer une soirée avec son personnage, pour boire une bière, ou tout autre alcool, et pour l’entendre nous raconter des histoires de guerre et autres légendes locales. Pour sa part, Stormoen est assez intéressant et offre une performance plutôt crédible, malgré que son personnage disparaisse au beau milieu du long-métrage, pour revenir à temps pour le final…

Et il y a les actrices féminines Melanie Stone (Survivor) et Nicola Posener (Axed) qui offrent elles aussi des bonnes performances, sauf qu’à quelques moments nous pouvions sentir un certain manque d’expérience pour tenir des rôles principaux dans un long-métrage, engendrant ainsi un léger manque de confiance qui les forçaient à surjouer durant quelques scènes. Également, nous pouvons noter la présence fort agréable de Christopher Robin Miller (Return to Halloweentown) dans un rôle secondaire qui m’a grandement rappelé, de par le costume et l’interprétation de l’acteur, le personnage de Gimli dans la trilogie Lord of the Rings et le caméo de Kevin Sorbo (Hercules) pour une scène, même si le personnage est appelé à revenir dans les prochains volets de la trilogie.

Avant de conclure cette critique, il me faut revenir rapidement sur un point qui m’a grandement perturbé, ce film est le premier volet d’une trilogie. Et lorsque je dis cela, je le dis négativement puisque les 90 minutes de Mythica: A Quest for Heroes se dégustent comme une sorte de mise en contexte pour une possible histoire qui va possiblement venir dans un autre volet de la saga. Si Mythica: A Quest for Heroes était un roman, il serait le prologue précédant le premier chapitre du livre, ce qui est finalement un peu décevant.

En conclusion, Mythica: A Quest for Heroes est le premier volet d’une aventure épiquement fantastique. Ce long-métrage divertit, malgré son lot de défauts, grâce à de nombreuses qualités grandement supérieures et à ses artisans qui ont travaillé avec leur cœur, une chose de plus en plus rare dans le cinéma américain. N’hésitez pas et laissez-vous charmer par le monde de Mythica: A Quest for Heroes!!!


Réalisation : Anne K. Black

Scénario : Anne K. Black, Jason Faller, Kynan Griffin

Avec : Melanie Stone, Adam Johnson, Jake Stormoen, Nicola Posener, Christopher Robin Miller, Kevin Sorbo, Natalie Devine, Robert Jayne, Michael Flynn, Kee Chan

Iron Fist – Saison 1 (2017)

Résumé : Le milliardaire disparu, Danny Rand, est de retour à New York, après quinze ans d’absence, pour reprendre l’entreprise familiale. Mais pour y parvenir, il devra affronter la corruption et le crime qui gangrène ses proches, avec sa connaissance des arts martiaux et sa capacité à utiliser le Iron Fist, une technique étudiée auprès des moines de K’un L’un.

Critique : 

Depuis sa sortie, la nouvelle série de Netflix ne parvient pas à gagner les faveurs du public et de la critique qui la juge comme étant une série inférieure à ce que cette plateforme nous a habitué jusqu’à présent. À la défense de Netflix, Iron Fist était un projet que la plateforme était forcée de réaliser, un projet qui était dans la mire de Marvel depuis le début des années 2000 et qui accompagnait les autres séries de Marvel. Il est donc normal de constater que la série est de loin le projet le moins abouti de Marvel sur Netflix

Danny Rand revient à New York après des années passées dans un mystérieux monastère à devenir le parfait guerrier pour y découvrir que plus rien n’est plus pareil. À la suite de la mort de ses parents et sa disparition dans un tragique accident d’avion, la compagnie familiale est passée aux mains de la famille Meachum; des amis d’enfance qui ne semblent plus le reconnaître. Aidé par une entraîneuse en arts martiaux, Danny tentera de récupérer l’entreprise familiale sans se douter des terribles secrets entourant la mort de ses parents et de la gangrène qui ronge Rand Corporation…

Peu importe l’angle que nous prenons pour analyser cette série, nous venons à la même conclusion : Iron Fist offre un divertissement médiocre. Netflix ne voulait pas de cette série et cela parait à l’écran puisque nous avons devant les yeux un produit bâclé et incomplet. D’entrée de jeu, il nous faut vous parler de l’histoire de la série qui réussit l’exploit à créer une adaptation de superhéros où le personnage principal empire les choses.

Oui oui, vous avez bien lu. Si nous prenons les premiers instants de la série et les derniers instants de la série, nous pouvons constater qu’en treize épisodes, Danny Rand n’est parvenu qu’à faire une chose : à détruire les vies de ceux qui l’entourent. Nous n’allons pas entrer dans les détails, mais il était clair que le statu quo présent dans l’introduction du premier épisode aurait facilement pu se prolonger pour l’éternité. Certes, il aurait eu un peu plus de drogue dans les rues de New York, mais ce n’est rien que Daredevil ne pourrait gérer, surtout que les méchants d’Iron Fist sont recyclés de cette autre série de Netflix. The Hand (ou La Main en VF) est le principal ennemi de Danny, avec Madame Gao, également vue dans Daredevil, à la tête de l’une des branches contre qui le personnage principal se bat. D’ailleurs la relation qu’a le personnage principal avec ses ennemis est assez fascinante.

Désolé de continuer à faire une comparaison avec Daredevil, mais ce dernier pouvait affronter les hommes de main de La Main (jeu de mots involontaire…) avec un minimum de difficulté, en excluant ses combats avec Nobu bien sur. Ici, nous avons un héros qui fut entraîné spécifiquement pour combattre cette organisation, un héros qui est surpris de l’existence de cette organisation, un héros qui est incapable de reconnaître les membres et l’idéologie de cette organisation, un héros qui a des difficultés à rivaliser sur le plan physique avec les membres de cette organisation. Et pourtant, Rand ne cesse de répéter qu’il est l’Iron Fist, le guerrier légendaire destiné à combattre La Main et à tuer ses membres; chose qu’il est incapable de faire… Cela devient encore plus flagrant lorsque dans la seconde moitié de la saison lorsque un personnage X, avec une connaissance des arts martiaux comparable celle du spectateur moyen, est capable de rivaliser avec les hommes de la sinistre organisation, au corps-à-corps…

Désolé si nous nous sommes égarés, revenons à l’histoire d’Iron Fist. En effet, car chaque avenue prise par le divertissement de Netflix ne fait que plonger Iron Fist dans la médiocrité. Pourtant, le problème ne se situe pas dans ces choix, mais dans l’exécution de ces derniers. Netflix a tenté de faire une série de 13 épisodes avec du contenu suffisant pour tenir dans une minisérie de quelques épisodes, ou mieux encore dans un téléfilm. Et cela est d’autant plus flagrant que les épisodes 2, 3, 9, 10, 11 et 13 sont des épisodes servant à faire du remplissage pour arriver à une saison complète, en partie ou en totalité. Pour compenser son manque de contenu, la série nous balance à la figure un éventail de sous-intrigues peu intéressantes, des sous-intrigues qu’elle oublie même de conclure. Du contenu, comme l’usine de la compagnie qui tue littéralement des gens avec des gaz toxiques, qui cesse d’exister pour laisser de la place d’autres intrigues peu intéressantes dans une roue sans fin qui enchaîne les péripéties comme des mets dans un buffet. Des personnages secondaires ont le même traitement lorsqu’ils disparaissent également de la série sans donner de préavis.

Cela ne serait pas un énorme problème si l’intrigue principale de la série avait assez de constance pour avoir un fil narratif le moindrement passionnant. Comme mentionné ci-haut, Iron Fist débute par le retour de Danny Rand à New York qui, avec ses habits de SDF et un lecteur MP3 ne manquant jamais de batterie (même après plusieurs années dans un monastère…), tente de convaincre ses anciens amis qu’il est Danny Rand. Après une demi-douzaine d’épisodes (ou presque) consacrés à ce débat inutile, la série semble prendre son envol avec l’arrivée officielle de The Hand. Mais à ce moment, nous avons complètement décroché de la série puisque son histoire n’a pas de sens et ne tente pas d’en avoir. Et il ne faut pas compter sur les scènes d’action pour compenser sur ce manque d’intérêt de la part de Netflix…

À une ou deux exceptions, toutes les scènes d’action mettant en vedette le héros principal sont mauvaises. Le problème est facile à expliquer : la plateforme a choisi un acteur n’ayant aucune connaissance dans les arts martiaux, pour interpréter un homme qui doit être, en théorie, le meilleur combattant de la planète. Pire encore, Netflix n’a donné qu’une vingtaine de jours pour permettre à Finn Jones à apprendre les bases des arts martiaux, pour ensuite lui demander d’apprendre par cœur les chorégraphies de ses combats quelques minutes avant de tourner lesdits combats. Cela aurait pu marcher avec un acteur de la trempe de Jackie Chan, mais avec un Finn Jones, il en découle des scènes d’action dignes de Supergirl ou de Superboy. Mais, ce qui était bien pour ces séries, ne l’est pas pour une série sur un champion des arts martiaux. Le seul épisode qui parvient à faire quelque chose de bien avec l’acteur, c’est le neuvième épisode, et c’est parce qu’il est réalisé par Kevin Tancharoen, qui est parvenu par le passé à faire des miracles avec des conditions similaires sur des épisodes d’Agents of S.H.I.E.L.D. et d’Arrow.

Il faut dire que Netflix n’a pas gâté la série avec sur le plan technique. La trame sonore est générique et affreuse, ce que la série compense avec quelques chansons populaires assez « obscures ». Les décors sont assez pauvres et semblent être constitués des restes des décors des précédentes séries de la plateforme. La mythique ville de K’un-Lun n’est représentée que par d’horribles flashbacks composés de fausse neige et d’une grotte au milieu de nulle part. Il serait intéressant que la série montre réellement cette cité si Iron Fist avait la chance d’obtenir une deuxième saison. Iron Fist se paie même le luxe de faire voyager les personnages en Chine, même s’il est clair que Netflix a tenté en vain de faire passer New York pour cette contrée asiatique en « camouflant » le tout avec une direction photographique temporairement jaunâtre. Pourtant, Netflix avait les moyens de donner à la série le support financier, car en plus d’un budget de base probablement comparable à Daredevil, à Jessica Jones et à Luke Cage, nous avons plusieurs placements de produits maladroits, comme une friandise chocolatée qui devient un élément de l’intrigue du second épisode.

Loin de moi l’idée de continuer à couler sur le cercueil de la série, mais il faut parler de la distribution d’Iron Fist. Aucunement aidés par de mauvais dialogues et par des personnages qui sautent du coq à l’âne en termes d’émotions et d’idéologies, la majorité des acteurs de cette production sont incapables d’offrir de bonnes performances. Cela inclut évidemment Finn Jones dans le rôle-titre… Jessica Henwick (Game of Thrones) est la seule à sortir du lot. D’abord parce qu’elle est l’actrice la plus convaincante de la série, et ensuite parce qu’elle est la seule qui semble avoir un réel talent en arts martiaux. Notons que Wai Ching Ho (Tracers), Rosario Dawson (Sin City) et Carrie-Anne Moss (The Matrix) sont de retour dans cette série de Netflix dans leurs rôles respectifs.

Iron Fist est une mauvaise série. Il est inutile de le nier. Même pour un fanboy de Marvel, la série sombre rapidement dans méandres du désespoir alors que nous voyons un personnage bien aimé de Marvel être traîné dans la boue par une plateforme qui commet sa première erreur avec l’univers Marvel. La série trébuche sur tous les aspects possibles avec une douzaine d’épisodes assez dispensables. Certes, la série a quelques bons moments, mais ils ne sont pas suffisants pour compenser l’échec qui se trouve devant nos yeux. En espérant que Netflix corrige le tir pour une éventuelle deuxième saison…


Créée par : Scott Buck

Diffusée sur : Netflix

Avec : Finn Jones, Jessica Henwick, Jessica Stroup, Tom Pelphrey, David Wenham, Wai Ching Ho, Barrett Doss, Rosario Dawson, Ramon Rodriguez, Sacha Dhawan, Carrie-Anne Moss

Heist (2015)

Résumé : Deux apprentis voleurs décident de cambrioler un criminel nommé Pope, mais rapidement ils perdent le contrôle de leur opération et sont coincés dans une fusillade. En fuite les deux criminels n’auront d’autre choix que d’occuper par la force un bus municipal afin de gagner un peu de temps, avec quelques otages, tout en tentant d’échapper à la police locale et au bras droit de Pope.

Critique : 

Même si je doute que l’on se souviendra de Heist dans quelques années, il y a une chose que ce long-métrage réussit à merveille : nous donner le goût de (re)visionner Speed, le meilleur film d’action se déroulant sur dans un autobus. Comme vous vous en doutez, Heist n’avait pas l’ombre d’une chance de prétendre à ce titre, mais cela ne veut pas dire qu’il ne parvient à faire de grandes choses…

Vaughn est un croupier travaillant dans un casino géré par un criminel nommé Pope. Lorsque ce dernier refuse d’aider Vaughn en lui prêtant la somme nécessaire pour couvrir les soins médicaux de sa fille, Vaughn se voit obligé d’accepter l’offre d’un collègue et de braquer le casino. Malheureusement pour Vaughn, le vol ne se déroule pas comme prévu forçant ces hommes à prendre d’assaut un bus municipal.

Heist se glisse dans une catégorie assez étrange puisque son casting et son budget sont trop volumineux pour être associés aux films qui sortent directement en DVD ou en VOD, mais ils sont trop petits pour concurrencer les blockbusters hollywoodiens (C’est peut-être pour cela que le long-métrage connaît une sortie simultanée en VOD et dans une seule salle de cinéma au Québec…). Même la date de sortie du long-métrage n’aide pas sa distribution alors que l’automne est la période préférée des distributeurs pour pousser des longs-métrages à la cérémonie des Oscars.

Et pourtant, Heist a quelques atouts dans sa manche. Le long-métrage débute comme une imitation d’Ocean’s Eleven à la sauce Tarantino, alors que l’intrigue se met en place, que nos héros planifient leur coup et que les personnages jurent comme des marins d’eau douce. Ensuite, comme vous l’avez probablement deviné, Heist prend un autobus et devient peu à peu un «remake» honorable de Speed, transportant l’action jusqu’à l’autre bout des États-Unis.

Cependant, Heist parvient à étonner malgré des dialogues peu subtils et des personnages mal-construits. Ce film a un sens du timing (Pensons à la séquence où nos criminels planifient leur coup.) et propose des revirements de situation assez audacieux pour un divertissement du vendredi soir, dont quelques revirements que nous ne verrez jamais venir. Parmi ces derniers, nous pouvons vous dévoiler le moment où une chaîne de télévision locale montre, par accident, le meurtre d’un otage en direct, offrant un moment satirique involontairement drôle. Néanmoins, la plus grande force du scénario réside dans le parallèle subtile qu’il parvient à faire entre le personnage de Vaughn et de Pope, montrant même que ces deux hommes vivent des cheminements semblables tout au long du long-métrage, même si l’un vole l’autre. Cela permet à ces deux personnages de connaître une évolution assez sympathique qui se finira dans un final poignant.

Derrière la caméra, nous avons Scott Mann, un réalisateur britannique s’étant démarqué avec le sympathique The Tournament. Ici Mann effectue un travail assez remarquable et parvient à créer des scènes d’action dignes d’un petit film hollywoodien, avec un budget qui peine à dépasser les 20 millions de dollars. Soulignons même le travail des cascadeurs qui parviennent à faire quelques prouesses techniques lors d’une séquence où la police attaque et entrent dans l’autobus roulant à pleine vitesse sur l’autoroute. De plus, Mann parvient à être un grand communicateur d’émotions avec quelques scènes qui sauront vous émouvoir.

Notons également le travail de Brandon Cox (The Collector) au poste du directeur de la photographique qui colore habilement la pellicule de Mann, apportant des teintes supportant le fait que le long-métrage se déroule au sud des États-Unis. La trame sonore est composée par James Edward Barker et Tim Despic, deux hommes qui ont déjà travaillé ensemble par le passé dans le film britannique Extraordinary Rendition. À ce niveau, les deux hommes offre une musique splendide avec des morceaux époustouflants, par-contre, il est assez difficile de concevoir que ces morceaux s’agençaient parfaitement avec le style de divertissement que propose Heist, alors que les deux hommes croient qu’ils composent la musique d’un film épique.

Mais, une chose est sure, c’est que Heist repose avant-tout sur le jeu de ses acteurs. Dans le rôle titre, Jeffrey Dean Morgan (The Possession) offre l’une des meilleures performances de sa carrière avec une prestation magnifique et réaliste. Étonnamment Robert De Niro (Goodfellas) n’a pas qu’un seul caméo, mais un des rôles importants de l’intrigue en jouant Pope, un rôle de criminel avec quelques nuances d’humanité, un rôle que De Niro peut jouer subliment les yeux fermés. Pour leurs parts, Dave Bautista (Guardians of the Galaxy), D.B. Sweeney (Fire in the Sky) et Morris Chestnut (The Call) offrent des performances honnêtes, avec leurs rôles de soutien respectifs.

Cependant il y a un acteur qui se démarque dans un rôle de soutien et c’est Mark-Paul Gosselaar (Saved by the Bell). Il joue un policier aux trousses de l’autobus, un rôle que l’on a vu mille fois à Hollywood, mais l’acteur parvient à y insérer sa touche personnelle, illuminant l’écran de sa présence. Finalement, nous avons Kate Bosworth (Superman Returns) présente pour un caméo d’une seule scène, un caméo étrange pour une actrice de sa notoriété, un caméo où elle offre une présence assez fade à l’écran devant un De Niro en grande forme et nous avons Gina Carano (Haywire) dont la présence n’est requise pour une seule et unique raison : avoir un personnage féminin «important».

Non, Heist n’est pas le film de 2015, mais dans une période de l’année où tous les divertissements ont pour objectif de gagner la course des Oscars, Heist arrive comme une bouffée d’air frais avec un divertissement sans prise de tête. Malgré les quelques problèmes d’un scénario qui aurait bénéficié d’une relecture, le long-métrage vous permet de passer un bon moment et sera capable de maintenir constamment sur le bout de votre siège, tout en vous faisant verser quelques larmes à l’occasion.


Réalisation : Scott Mann

Scénario : Stephen Cyrus Sepher, Max Adams

Avec : Jeffrey Dean Morgan, Robert De Niro, Dave Bautista, Gina Carano, Morris Chestnut, Mark-Paul Gosselaar, D.B. Sweeney, Summer Altice, Alyssa Julya Smith, Kate Bosworth

Zoombies (2016)

Résumé : Quand un étrange virus se propage dans un parc safari et transforme tous les animaux en morts-vivants, ceux qui se trouvent dans le parc doivent arrêter les créatures avant qu’elle s’évadent et qu’elles propagent leur maladie.

Critique : 

Chaque production du studio Asylum est un véritable délice de médiocrité, dans le bon sens et dans le mauvais sens du terme. Parfois, le studio parvient à créer quelque chose de potable qui dépasse nos attentes, comme avec Avengers Grimm. À d’autres occasions, le studio assume pleinement son côté nanardesque en ratant tous les aspects de la production et parvient à donner un divertissement jouissif par la même occasion. Malheureusement, avec Zoombies, le studio tente de faire les deux, ce qui n’est franchement pas un gage de réussite…

Alors que elle est sur le point de réaliser le rêve de son grand-père en ouvrant un zoo où les animaux peuvent vivre en liberté, Ellen engage quelques stagiaires pour aider aux préparatifs de son parc animalier et pour récolter une subvention du gouvernement. Pendant qu’elle fait la visite des lieux à ces nouvelles recrues, un médecin de l’établissement découvre que l’un des singes est atteint d’un virus qui le transforme en zombie. Ne pouvant contenir l’épidémie, le médecin meurt en regardant la maladie se propager, forçant Ellen et les autres employés à se battre pour sauver leurs vies.

Comme vous l’avez probablement deviné, Zoombies s’inspire allègrement de Jurassic World, que ce soit en utilisant la même police d’écriture lors du générique d’ouverture, en utilisant les mêmes thèmes que la célèbre saga créée par Steven Spielberg ou en parlant carrément de la franchise avec le meilleur dialogue de Zoombies. Mais au delà de ces artifices, nous sommes devant un long-métrage qui vit un léger conflit intérieur. Cela ne fait pas de Zoombies un mauvais film ou un bon film, cela en fait un film frustrant.

Le scénario de Scotty Mullen (The Coeg and the Zombie Stoner) tente de rester les codes mis en place par le studio Asylum avec des situations et des dialogues assez mauvais, tout cela pour nous offrir un divertissement assez drôle et nanardesque. Par-contre, le long-métrage ne parvient pas à s’abandonner à cette folie, typique de ce genre de production fauchée (Sharknado, LavalantulaMega Shark vs. Mecha Shark). Même que Zoombies tente sérieusement d’offrir une histoire de qualité et de s’élever plus haut que son simple statut de «Production Asylum» à de nombreuses occasions. Malheureusement chaque tentative tombe en ruines face à des scènes plus légères (Comme lorsqu’un personnage mort revient à la vie pour mieux mourir…), nous donnant l’impression que ces deux aspects du scénario n’ont pas assez de place pour co-exister ensemble.

Cela ne rend pas Zoombies ennuyeux, car le scénario de Scotty Mullen est digne d’un sprint olympique, avec un rythme élevé et beaucoup de scènes jouissives. Et les spectateurs émotifs auront également leur moment de gloire grâce à la relation entre la jeune Ellen et sa fille Thea et entre cette dernière et Keko, un singe. En réalité, le seul grand défaut de l’histoire de Zoombies, c’est son manque de surprises, car à de nombreuses occasions, nous espérons un revirement surprise. Nous voulons découvrir que la propagation du virus est causée par un scientifique fou, nous voulons assister à un combat entre des animaux (À la Jurassic World), mais cela n’arrive jamais ou presque, nous laissant sur notre faim à de nombreuses occasions…

Derrière la caméra, Glenn Miller (Santa Paws) parvient à faire un travail honorable, en ayant des bons et des moins bons moments. Par-contre, pour une raison inconnue, Miller semble avoir donné, volontairement ou pas, une réalisation de type «Survivor» à son long-métrage qui donne une enveloppe digne d’un télé-réalité à son oeuvre. Une de ses réussies demeure une scène d’anthologie où la jeune Thea s’amuse avec son ensemble de thé, en étant une véritable hôtesse pour ses peluches, sans se douter qu’au milieu de ses jouets, se trouve un animal zombifié. Sans spoiler, il est un peu dommage que cette scène se conclut hors-champ. Aussi notons les efforts de Miller qui s’est forcé à utiliser de véritables animaux lors de nombreuses scènes et qui s’est laissé conquérir par un costume de singe. C’est toujours sympathique de constater que les acteurs pouvaient interagir avec quelque chose de tangible qui n’est pas imaginaire.

Parlant d’imaginaire, comme nous pouvions nous en douter, les effets spéciaux sont globalement mauvais, Leur diversité aide à faire passer la pilule, tout comme leur design qui peut surprendre à quelques occasions, comme avec Keko ou avec un koala en particulier. Sur le plan musical, Zoombies jouit de la bande sonore de Christopher Cano (Mega Shark vs. Crocosaurus). Parfois nous pouvons sentir que Cano lorgne du côté de Jurassic Park avec sa musique peu inspirée, ce qui l’empêche pas d’avoir quelques moments intéressants et assez émotifs.

Comme nous pouvions nous en douter, le jeu des acteurs est aussi amateur et inexpérimenté que l’on pourrait espérer. Quelques acteurs parviennent à se démarquer comme Marcus Anderson et Ione Butler qui sont assez sympathiques en tant que gardes de l’établissement. Également la jeune La La Nestor connait ses moments de gloire, tout comme l’acteur qui interprète Keko, le singe, même si la production utilise plus souvent qu’autrement des effets spéciaux. Et le reste des acteurs interprètent leurs personnages de façon assez mauvaise (En étant bruyants et médiocres.), comme nous l’avons mentionné ci-haut.

Zoombies n’est pas assez mauvais pour être un long-métrage jouissif mais il n’est pas assez bon pour être un divertissement satisfaisant. Coincé entre les deux, il fait de son mieux pour ne pas sombrer. Au final, Zoombies n’est qu’un mauvais film, rien de plus, rien de moins. Il ne reste qu’à espérer un peu plus de plaisir lors de notre prochain avis d’un long-métrage d’Asylum.


Réalisation : Glenn Miller

Scénario : Scotty Mullen

Avec : Kim Nielsen, Ione Butler, Aaron Groben, Marcus Anderson, La La Nestor, Brianna Joy Chomer, Jennifer Titus, Noa Pharaoh

Crouching Tiger, Hidden Dragon: Sword of Destiny (2016)

Résumé : L’histoire d’un amour perdu, d’un jeune amour, d’une épée légendaire et d’une dernière opportunité de rédemption.

Critique : 

Il est très difficile de concevoir une suite à un long-métrage quasiment parfait. Malgré quelques défauts, Crouching Tiger, Hidden Dragon a définitivement marqué plusieurs cinéphiles en offrant un divertissement de qualité qui fut reconnu aux Oscars. Il était évident que Crouching Tiger, Hidden Dragon: Sword of Destiny (Qui nous nommerons simplement Sword of Destiny pour le reste de cette critique.) allait offrir un divertissement inférieur à son aîné. En fait, il ne restait qu’à déterminer l’écart de qualité qui allait séparer ces deux longs-métrages.

Des années après la mort de son compagnon d’armes / grand amour, Yu Shu Lien continue à errer sur les routes de la Chine jusqu’au jour où elle doit assister aux funérailles d’un ami proche, responsable de la garde d’une épée légendaire ayant appartenu à l’homme de sa vie. Alors que le monde des arts martiaux tombe en ruine, un tyran sanguinaire, Hades Dai, est prêt à tout pour récupérer l’épée la plus puissante de la Terre. Pour protéger cette arme mythique, Yu Shu Lien lancera un vibrant appel à l’aide, tout en enseignant à une mystérieuse femme qui pourrait être d’une importance capitale à cette aventure…

Sword of Deatiny est évidemment un film réalisé pour un profit financier. Crouching Tiger, Hidden Dragon n’avait pas besoin d’une suite, puisqu’il concluait parfaitement son scénario et fermait la porte à toute suite. Cela ne veut pas nécessairement dire que Sword of Destiny est une mauvaise suite. Plusieurs suites conçues par un appétit monétaire peuvent être divertissantes et géniales; il ne suffit à penser qu’au dernier Star Wars. Néanmoins, même en visionnant Sword of Destiny sans préjugés, nous sommes forcés de constater que le film est relativement mauvais.

Dès les premières minutes, nous pouvons sentir que Sword of Destiny n’aura pas la même amplitude que le premier volet. Le long-métrage se contente à nous raconter une histoire simple, qui reprend plusieurs éléments du premier chapitre, afin de radoter sensiblement la même chose. Avec ce manque d’originalité, John Fusco (The Forbidden Kingdom) se contente de faire le minimum syndical, comme s’il avait abandonné toute possibilité d’offrir quelque chose de supérieur. Même que l’on pourrait dire que Fusco a abandonné toute tentative de créer du suspense ou des émotions avec ce long-métrage.

L’histoire se concentre ultimement sur un jeune couple d’âmes perdues, coincées au milieu de Sword of Destiny. Le premier est un guerrier capturé en tentant de voler la fameuse épée et l’autre est une jeune demoiselle en quête de vengeance. Et puisque leur histoire n’est pas aussi trépidante que celle de Yu Shu Lien (Yeoh) et Silent Wolf (Yen), nous avons l’étrange impression d’assister à une version Netflix de «The Expendables 3» (Ceux qui ont vu le long-métrage comprendront la référence…). À chaque fois que Sword of Destiny lorgne jeter un coup d’œil vers leur histoire d’amour et de haine, nous voulons simplement piquer une sieste jusqu’à la prochaine scène d’action.

Et pourtant, lorsque Sword of Destiny se concentre sur Yh Shu Lien et Silent Wolf, nous n’éprouvons pas de plaisir supplémentaire. La faible durée du long-métrage et les mauvais dialogues de Fusco ne permettent pas à rendre cette histoire romantique crédible. Même chose pour les compagnons de Silent Wolf qui sont de la chair à canon et qui amputent les personnages utiles à l’histoire, de temps à l’écran et d’exposition supplémentaire avec des sous-intrigues qui seront assez inutiles. Et que dire du méchant de l’histoire, Hades Dai, qui n’a que quatre ou cinq courtes scènes dans le film, peine à être une menace crédible. Nous pourrions presque dire qu’Hades Dai représente une tâche dans la saga de Crouching Tiger, Hidden Dragon, puisque sa présence serait plus justifiée, et plus logique surtout, dans un film d’action des années 80 ou 90.

À la réalisation, Woo-Ping Yuen était possiblement l’un des meilleurs choix pour remplacer Ang Lee à la réalisation; après-tout, Yuen est un réalisateur et un chorégraphe de combat légendaire (Drunken Master, Iron Monkeyet The Matrix, pour ne nommer que quelques exemples.). Étrangement, Yuen n’offre qu’une réalisation honnête sans plus. Lui, qui est pourtant une référence dans le Wire-Fu, ne parvient pas à rendre le mouvement des acteurs, supportés par des câbles, crédibles et il réalise la majorité des scènes sans grande émotion. Et le réalisateur n’est pas aidé par l’utilisation excessive d’effets numériques, qui ne sont pas toujours jolis, et par la direction photographique chaotique Newton Thomas Sigel (X-Men: Days of Future Past) qui peine à camoufler le fait que le long-métrage fut tourné en Nouvelle-Zélande. Les couleurs et les filtres utilisés par ce dernier ne fait qu’accentuer le fait que Sword of Destiny ne fut pas tourné en Chine, comme le premier volet, mais dans la même région de The Hobbit et Lord of the Rings

Heureusement, les scènes d’action ne sont pas si horribles (En excluant, l’affrontement final qui semble sortir de l’adaptation cinématographique de Mortal Kombat…). La séquence de combat sur un lac gelé avec Donnie Yen est plutôt sympathique. Une séquence dans une sortie de restaurant offrant une sorte de bagarre générale l’est également, malgré un humour à la Jackie ChanYen s’amuse à marcher sur les pieds de ses adversaires. Cet humour ressort à quelques reprises durant Sword of Destiny et rate la cible plus souvent qu’autrement. Pour sa part, la trame sonore de Shigeru Umebayashi sert son but sans plus, en supportant de son mieux Sword of Destiny tout en étant facilement oubliable et ennuyeuse malgré quelques bons moments.

Dans le rôle titre, Michelle Yeoh (Tomorrow Never Dies) offre une solide performance malgré la faiblesse du script entre ses mains, même si elle ne peut rivaliser avec son jeu d’actrice du précédant volet de la saga. Donnie Yen (Ip Man ) se révèle être une solide addition, en étant crédible dans une langue qui lui est que secondaire. De plus, il faut admettre que l’acteur jouissait des meilleurs dialogues et des meilleures scènes du long-métrage. Malgré sa faible présence à l’écran, Jason Scott Lee (Dragon: The Bruce Lee Story) fait de son mieux pour rendre Hades Hai convainquant et menaçant. Le reste du casting est assez sympathique. Néanmoins, la décision discutable de filmer le long-métrage en anglais semble apporter de la confusion pour les acteurs d’origine asiatique qui ne sont pas chinois (Comme Harry Shum Jr. qui vient du Costa Rica.). Pour ces derniers, parler en anglais avec un accent chinois ressemble étrangement à parler anglais avec un accent britannique, mais à ce stade-ci, c’est surtout le spectateur difficile qui parle et non le rédacteur de ces lignes qui tente d’offrir une évaluation honnête du long-métrage.

Même s’il était évident que Sword of Destiny n’allait arriver à la cheville de Crouching Tiger, Hidden Dragon, il est dommage de constater que Sword of Destiny soit un échec quasi-total. Certains longs-métrages ne devraient jamais connaître de suite et Sword of Destiny est l’exemple parfait de ce fait prouvé depuis longtemps par Hollywood. Au final nous ne voulons qu’une seule chose : que Netflix (Et Hollywood) laisse tranquille Crouching Tiger, Hidden Dragon pour l’éternité…


Réalisation : Woo-Ping Yuen

Scénario : John Fusco

Avec : Michelle Yeoh, Donnie Yen, Natasha Liu Bordizzo, Harry Shum Jr., Jason Scott Lee, Shuya Chang, Eugenia Yuan, Juju Chan, Chris Pang, Darryl Quon, Roger Yuan

Crouching Tiger, Hidden Dragon (2000)

Résumé : Deux guerriers poursuivant une épée volée et une fugitive notoire sont menés à une adolescente de la noblesse fougueuse et physiquement douée, qui est à la croisée des chemins dans sa vie.

Critique : 

Il est relativement rare qu’un long-métrage non-américain puisse avoir la chance d’être nominé pour plusieurs Oscars. Le long-métrage chinois Crouching Tiger, Hidden Dragon fut l’un des rares films à avoir ce privilège en 2000, avec dix nominations. Même s’il n’a pas gagné l’Oscar du Meilleur Film, il reste que ce film a marqué l’histoire du cinéma asiatique moderne en démontrant que la Chine pouvait faire des meilleurs blockbusters qu’Hollywood. Avec la sortie prochaine de Crouching Tiger, Hidden Dragon: Sword of Destiny sur Netflix, il était temps de revisionner ce classique et de voir si ce dernier avait bien vieilli.

Li Mu Bai et Yu Shu Lien (Shu Lien en VF) sont deux guerriers en quête de paix intérieure qui éprouvent des sentiments pour l’autre. Lorsque cette dernière doit voyager à Bejing pour remettre une épée légendaire à un ami commun. Néanmoins, Yu Shu Lien était loin de se douter que cette épée attirerait l’une célèbre criminelle et de sa mystérieuse apprentie.

Crouching Tiger, Hidden Dragon a mérité toutes ces nominations aux Oscars. Le long-métrage d’Ang Lee offre un véritable moment de cinéma poétique et est une formidable porte d’entrée au cinéma asiatique et au Wire-Fu. Même moi, qui n’est pas un vibrant amateur de ce style de film d’action parvient à être émerveillé par Crouching Tiger, Hidden Dragon. Néanmoins, il est dommage que la magie d’Ang Lee soit gâchée par une énorme largesse du scénario.

Le scénario se déroulant à une époque lointaine en Chine décide de créer une histoire épique centrée sur un trio de personnages en quête de paix ou d’action. Les dialogues sont géniaux et les scènes laissent suffisamment de temps aux personnages de se développer et d’explorer leur environnement. Néanmoins le contexte de leur périple est assez ridicule. Car, il ne faudrait pas oublier que toutes les aventures de ce trio de personnages sont causées par une épée légendaire indestructible. Même si le cinéma hollywoodien offre aussi des histoires épiques centrées autour d’un objet symbolique, il me semble que tant de violence pour une simple épée, c’est un peu ridicule.

Mais qu’importe car le scénario de Crouching Tiger, Hidden Dragon reste magnifique et spectaculaire. Sauf que… Le long-métrage se repose un trio de personnage : Li Mu Bai, Yu Shu Lien et  Jiao Long, fille de gouverneur ayant des envies d’aventures épiques. Une fois arrivé du milieu du long-métrage, un homme du passé de cette dernière surgit dans l’intrigue. Afin que nous comprenons tous les liens qui unissent ces deux êtres, le scénario du long-métrage a eu la mauvaise «bonne idée» d’explorer leur passé commun avec un long flashback d’une durée avoisinant la vingtaine de minutes. Ce flashback était nécessaire à l’intrigue, nous n’allons pas contredire ce fait. Par-contre, sa longue durée et sa lenteur relativement coupe le momentum du film et ruine en quelque sorte les fondations de son excellence. Et tant qu’à aller dans cette direction, Crouching Tiger, Hidden Dragon aurait pu explorer plus en détail la vie actuelle de cette fille de noblesse et sa relation avec sa servante, qui est d’une importance cruciale pour le dénouement de l’intrigue. Surtout que par la suite, l’homme introduit par ce flashback disparaît presque totalement du film, ce qui nous prouve son importance relativement à l’intrigue…

Comme mentionné plus haut, Ang Lee fait un travail terrifiant à la réalisation. Le célèbre cinéaste trouve ici le meilleur long-métrage de sa carrière et parvient à créer un divertissement plus qu’épique. Les scènes d’action sont tournées de façon magistrale et livrent un classe de maître à tous les cinéphiles amateurs de Wire-Fu. À aucuns moments nous avons l’impression que nous assistons à des acteurs combattant avec l’aide de fils et de grues qui les propulsent dans les airs. Crouching Tiger, Hidden Dragon repousse même les limites de cette technique et parvient à donner l’illusion à que les acteurs flottent dans les airs. Et les plus traditionalistes seront également satisfaits par la séquence de combat opposant Michelle Yeoh et Ziyi Zhang

Notons également qu’Ang Lee est grandement aimé dans sa démarche par la direction de la photographie et par tous les artisans derrière les costumes et décors, des éléments qu’on oublie parfois d’apprécier lorsqu’on visionne un long-métrage. Ici, tous ces détails que l’on pourrait facilement oublier apportent une valeur ajoutée au long-métrage, créant un univers unique et fascinant, digne de la Chine du dix-huitième siècle. Au niveau de la musique, nous assistons aux compositions de Dun Tan (Hero) qui nous livre une composition assez extraordinaire qui est aussi poétique que le reste du long-métrage grâce à de jolis passages de flûte et d’instruments à corde.

Pour ce qui est des acteurs, nous avons la crème de la crème. Yun-Fat Chow (The Killer) offre une performance exemplaire en jouant un guerrier rongé par la violence de son passé. Chow a également une bonne chimie avec ses compagnons de jeu. Michelle Yeoh (Tomorrow Never Dies) offre également une bonne prestation; même chose pour Ziyi Zhang (Hero) qui interprète le dernier membre de ce trio de personnages principaux. Pour sa part, Chen Chang a une bonne présence à l’écran en jouant l’homme mystérieux du passé de Jiao Long. Et finalement, notons que Pei-Pei Cheng, dont le personnage est rempli de secrets, est assez terrifiante dans le rôle de la servante de Jiao Long.

Crouching Tiger, Hidden Dragon est un sacré long-métrage. Trépidant et majestueux du début jusqu’à la fin, il ne saura vous décevoir. Malgré un scénario qui comporte quelques défauts, le long-métrage d’Ang Lee parvient à être un véritable classique du cinéma asiatique, un classique que tout amateur de cinéma se doit de visionner au moins une fois dans leur vie. Une chose est sûre, c’est que la suite produite Netflix aura fort à faire pour égaler Crouching Tiger, Hidden Dragon


Réalisation : Ang Lee

Scénario : Hui-Ling Wang, James Schamus, Kuo Jung Tsai

Avec : Yun-Fat Chow, Michelle Yeoh, Ziyi Zhang, Chen Chang, Sihung Lung, Pei-Pei Cheng, Fa Zeng Li, Xian Gao, Yan Hai

Checkmate (2015)

Résumé : Six personnes sont au beau milieu d’un braquage de banque et chacun de leurs gestes peuvent avoir un effet sur le résultat du cambriolage. Es-ce une coïncidence ou sont-ils les pions d’un jeu sadique?

Critique : 

La dernière fois que nous avons visionné un long-métrage de Timothy Woodward Jr., nous avons vaguement mentionné dans notre critique que son cinéma pouvait correspondre à celui de Tarantino, dans un certain sens. Nous l’avons être comparé à Usain Bolt, même si le long-métrage que nous avions entre les mains était médiocre. Aujourd’hui, nous replongeons dans la filmographie de l’homme avec Checkmate, un de ses derniers projets sortis à l’automne dernier au Québec.

Dans une ville inconnue, deux frères planifient un braquage de banque, un homme demande à un prêtre / tueur à gages de l’assassiner, un jeune couple attend un premier enfant et un policier fait son travail. Dans cette même ville, deux hommes jouent aux échecs, ce qui pourrait avoir un effet sur le destin des hommes et femmes mentionnés ci-dessus, qui se dirigent tous inconsciemment au même endroit.

Nous critiquons Checkmate pour trois raisons seulement. D’abord, Timothy Woodward Jr. est en train de devenir une pierre angulaire du cinéma d’action indépendant avec plusieurs productions en cours et critiquer ses longs-métrages devient inévitable, surtout lorsque l’on tient un site internet sur le cinéma d’action et que nous avions fondé un peu d’espoir en son cinéma. Ensuite, puisque 4got10 nous avait lamentablement déçu (Critique ici), nous devions donner une deuxième chance au cinéaste par souci d’équité. Et puis, le film est distribué «gratuitement» sur Netflix. Et c’est la seule raison qui nous a fait visionner Checkmate, puisque ce long-métrage est merdique.

Certes, il y a deux types de cinéma merdique; celui dont nous récompensons l’effort ou le divertissement en n’étant pas sévère lorsqu’on le critique, et le cinéma merdique qui devrait être éradiqué de la planète. Checkmate tombe dans la seconde catégorie, malgré une bonne prémisse de départ de la part des scénaristes qui ont eu l’idée d’offrir un braquage de banque mystique à la sauce From Dusk Till Dawn. Cela nous prouve à nouveau l’influence relative de Quentin Tarantino sur Timothy Woodward Jr., une influence qui se fait également sentir sur le nombre de jurons présents dans le scénario du film.

Il y a tellement de jurons dans ce film, que cela nous empêche quasiment de suivre les conversations des personnages qui semblent suivre ce modèle pour construire leurs dialogues : Juron, sujet, verbe, juron, adjectif, juron. Il y a tellement de jurons qu’une religieuse pourrait perdre sa foi en Dieu en visionnant Checkmate. Et lorsque Checkmate cesse de blasphémer, le scénario qui en découle comporte beaucoup de dialogues nanardesques et est trop brouillon pour être une source de divertissement. Et sur ce point, le seul intérêt de Checkmate réside dans la fameuse partie d’échec, non pas parce qu’elle est plus intéressante que les aventures de notre groupe d’inconnus, mais parce que nous voulons savoir comment es-ce que le scénario jouera avec les vraies identités des personnages de Vinnie Jones et de Danny Glover. Sauf qu’au final nous serons terriblement déçus par la résolution du seul élément important du scénario, qui évite cette révélation en nous lançant un combat de ninjas en pleine figure dans les dernières minutes du long-métrage.

Derrière la caméra, Timothy Woodward Jr. continue à dépenser le budget de ses longs-métrages aux mauvais endroits avec un générique d’ouverture très stylisé, un générique qui ne laisse pas d’argent pour les besoins réels de Checkmate, qui n’a même pas les moyens de filmer en hélicoptère en plein vol. Il a tout juste les moyens pour filmer les scènes d’action du film convenablement ou pour faire des effets spéciaux crédibles. Les voitures sont déjà endommagées avant que les fusillades éclatent, nous pouvons parfois voir les explosifs servant lors des impacts de balles, sous les gilets des acteurs, même chose pour ce qui semble être des micros, mais, l’élément le plus pathétique de cet aspect technique réside dans une vulgaire feuille de papier que Woodward Jr. aime filmer en gros plan et que l’équipe n’a même pas été foutue de rédiger entièrement. Il vous suffit de visionner la bande-annonce si vous ne nous croyez pas.

Sinon, Woodward Jr. continue à offrir une réalisation convenable sans plus sauf que cette fois-ci il semble avoir beaucoup de difficulté à instaurer un rythme à son long-métrage. En termes simples, il ne parvient pas à faire en sortie que nous daignons nous intéresser à Checkmate. Même chose pour la trame musicale de Sid De La Cruz qui est tout simplement pathétique et ennuyeuse.

Notre seul réconfort se trouve au niveau du casting. Danny Glover (Lethal Weapon), Vinnie Jones (Snatch.) sont les seuls acteurs qui simplement s’amuser. Cela transparaît à l’écran alors que les deux hommes offrent les meilleures performances du film. Un peu comme Mischa Barton (The O.C.) qui semble vraiment se forcer à rendre son rôle crédible, en jouant une femme asthmatique qui ne sait pas comment utiliser de façon efficace son inhalateur… (Parole d’un ancien asthmatique!!)

Michael Paré (Streets of Fire) et Katrina Law (Arrow) sont également de la partie, mais le scénario laisse peu de place à ces acteurs. Et puis, il y a Sean Astin (Lord of the Rings)Antwon Tanner (One Tree Hill) et Willa Ford (Friday the 13TH) qui sont en roue libre totale, jouant de façon outrageuse leurs personnages respectifs. Néanmoins, le véritable problème du casting de Checkmate, c’est Johnny Messner (Tears of the Sun) qui interprète l’un des braqueurs en tentant d’imiter l’interprétation du Joker de Heath Ledger, mais qui ne parvient qu’à se donner des airs de drogué schizophrène qui ne fait qu’hurler à la Lune…

La motivation derrière la critique de Checkmate est assez simple; nous voulions vous recommander de ne pas visionner ce long-métrage, en restant et en ne se focalisant que sur les aspects positifs de l’oeuvre. Oui, ce fut très difficile, mais nous avons réussi. Et nous ne risquons pas de retomber dans le piège que propose le cinéma de ce réalisateur…


Réalisation : Timothy Woodward Jr.

Scénario : Calvin Cox Jr., Jennifer Lynch, Henry Mitchell

Avec : Vinnie Jones, Danny Glover, Sean Astin, Michael Paré, Mischa Barton, Johnny Messner, Katrina Law, Willa Ford, Antwon Tanner, David Chisum

The Finest Hours (2016)

Résumé : Février 1952, une des pires tempêtes à avoir frappé la Côte Est des États-Unis endommage un pétrolier sur les côtes de Cape Cod et le coupe littéralement en deux. Sur un petit bateau de sauvetage, quatre membres de la garde côtière doivent combattre des températures glaciales et des vagues de 70 pieds afin de sauver la trentaine de marins coincés sur cette épave qui sombre rapidement dans l’eau.

Critique : 

The Finest Hours est un long-métrage dont la sortie fut décalée pour faire place à Star Wars: The Force Awakens. La sortie de ce blockbuster a forcé le long-métrage à tomber légèrement dans l’oubli du mois de janvier, un mois poubelle pour les distributeurs américains. Et puisque petit bateau va loin (Sans faire de mauvais jeu de mots…), The Finest Hours est sorti cette fin de semaine au Québec et nous avons saisi cette chance de voir ce long-métrage et de le critiquer…

Bernie Webber, un garde côtier en quête de rédemption depuis l’échec d’une opération de sauvetage en mer, planifie de se marier avec une belle répartitrice téléphonique. Alors qu’il tente de demander à son supérieur la permission de se marier, Webber apprend qu’un bateau, coincé dans une tempête, vient de se séparer en deux. Dernier capitaine encore à quai, il part à la rencontre du paquebot avec un petit bateau de sauvetage tandis que les hommes coincés sur l’épave désespérément d’empêcher cette dernière de couler au fond de l’océan.

The Finest Hours a tout du film catastrophe parfait. À un point tel que nous pourrions presque dire que le long-métrage est un vulgaire téléfilm de la chaîne Syfy. Attention, nous disons cela de façon positive, même si dans le cas de The Finest Hours c’est assez négatif, puisque le scénario du long-métrage est construit comme une véritable peinture à numéros. À aucun moment le film nous surprend ou nous étonne, scénaristiquement parlant.

Vous avez probablement déjà vu ce film une bonne centaine de fois; vous connaissez déjà la fin, les principaux moments de tensions et les clichés utilisés. Et puisque c’est une histoire vraie, il est difficile de juger le manque d’originalité du scénario sans se demander si la véritable histoire vraie était aussi pathétique avec des êtres humains aussi stéréotypés. D’un côté nous avons l’homme qui trouve un certain réconfort à suivre les règles à la lettre et qui devra apprendre à utiliser son libre-arbitre pour réussir son objectif et de l’autre nous avons une femme rebelle qui refuse d’être soumise comme toutes les femmes de la société. Entre les deux, nous avons tous les clichés présents dans les productions cinématographiques douteuses, en passant du supérieur grincheux et incompétent à la personne étrangère qui parle avec un accent incompréhensible. Si The Finest Hours était une production indépendante sortant directement en DVD nous ne serions pas aussi sévère, sauf que le long-métrage est une grosse production hollywoodienne de plusieurs dizaines de millions de dollars, qui devrait être scénarisé, en théorie, par des personnes compétentes.

Heureusement pour nous, Craig Gillespie (Fright Night) est là pour compenser. Le réalisateur parvient à élever le scénario assez mauvais de cette production et à l’élever suffisamment pour nous offrir un divertissement de qualité. En deux heures, nous n’avons jamais envie de regarder notre montre ou de sortir pour uriner. Gillespie est parvenu à nous faire oublier le temps qui passe durant les deux heures que durent le film. De plus, le réalisateur ne se gêne pas à nous montrer les moments épiques de ce sauvetage dans leur peine grandeur, nous montrant qu’il est la seule personne à avoir compris la grandeur de l’exploit réalisé par ces hommes en 1952. D’ailleurs, nous pouvons remercier que le long-métrage ne s’attardent pas trop aux personnages et à leur vie terrestre, afin de laisser le champ libre aux scènes se déroulant en mer ou dans la moitié restante du SS Pendleton avec les 33 membres toujours vivants de l’équipage qui tentent tout simplement de survivre.

Malheureusement, Gillespie sera gêné dans sa démarche par les effets spéciaux du film (Malgré un certain esthétisme, ils donnent un aspect «plastifié» à de nombreuses scènes…) et par la 3D inutile qui assombrit une direction photographique déjà sombre et monotone. Néanmoins, le principal défaut de la réalisation de Gillespie se situe dans un manque notoire dans la gestion de ses acteurs. The Finest Hours se déroule au beau milieu d’une tempête hivernale sur une mer glaciale. Étrangement, il semblerait que le réalisateur n’ait jamais mentionné ce fait aux acteurs du film, n’ait pas songé à réaliser The Finest Hours dans un environnement froid ou n’ait pensé à mettre numériquement de la buée qui sort de la bouche des acteurs lorsqu’ils parlent, créant par la même occasion u une grosse incohérence involontairement comique. Musicalement parlant, notons la composition sympathique de Carter Burwell (Fargo) qui supporte adéquatement le long-métrage avec plusieurs notes mélancoliques qui parviendront à vous faire verser quelques larmes en fin de parcours.

Dans l’un des rôles principaux, Chris Pine offre une formidable prestation avec un personnage qui est aux antipodes du capitaine Kirk, même si nous pouvons sourire du fait qu’il semble se spécialiser à jouer des capitaines, tant sur l’eau que dans l’espace. Notons également qu’il est parvenu à quelques scènes à créer une véritable chimie avec Holliday Grainger (Qui est excellente dans le rôle de la fiancée du personnage de Pine.). Dans la moitié du long-métrage consacrée à leurs personnages, nous pouvons également apercevoir Ben Foster (3:10 to Yuma)Kyle Gallner (American Sniper)John Magaro (My Soul to Take) et Eric Bana (Star Trek). Si les trois premiers interprètent de façon convaincante l’équipage de Bernie Webber, nous pouvons sentir un certain malaise dans la performance de Bana. Pour ce qui est de l’équipage du pétrolier tombant en ruines, nous avons un sans fautes avec une panoplie d’acteurs connus qui ont tous leur moment de gloire et qui livrent tous de formidables performances, malgré un scénario qui ne laisse pas assez de temps à l’écran pour tous ces hommes.

Malgré un scénario nullement intéressant, extrêmement paresseux et aucunement original, The Finest Hours réussit un exploit grandiose et mémorable en étant divertissement et émotionnellement prenant. Un peu comme ces hommes qui ont dû affronter une mer déchaînée, Craig Gillespie a dû affronter les déboires d »un scénario plus que douteux pour parvenu à nous offrir ce divertissement plus que convenable. Au final, nous ne pouvons que saluer que l’exploit de ces véritables héros en nous disant que les faits réels sont, sans le moindre doute, plus intéressants que ce que le long-métrage laisse sous-entendre…


Réalisation : Craig Gillespie

Scénario : Scott Silver, Paul Tamasy, Eric Johnson

Avec : Chris Pine, Casey Affleck, Ben Foster, Eric Bana, Holliday Grainger, John Ortiz, Kyle Gallner, John Magaro, Graham McTavish, Michael Raymond-James, Beau Knapp, Josh Stewart, Abraham Benrubi, Keiynan Lonsdale

The Revenant (2015)

Résumé : Hugh Glass, pionner des années 1820, s’embarque dans sur la route de la vengeance contre ceux qui l’ont abandonné après une attaque d’ours.

Critique : 

Il y a de ces films dont nous attendons la venue avec impatience. Dans certaines occasions, cette impatience est notamment due au talent artistique devant et derrière la caméra. C’est le cas avec The Revenant qui réunissait deux poids lourds d’Hollywood, Alejandro González Iñárritu (Birdman or (The Unexpected Virtue of Ignorance)) et Leonardo DiCaprio (Inception) et qui se mettait en images une période peu exploitée par les westerns américains, une période où l’Amérique du Nord était encore sauvage et vierge…

Tandis que l’expédition dont il fait partie doit quitter en urgence le poste de traite où ils chassent des animaux pour leurs peaux, Hugh Glass, un guide ayant une expérience de ces territoires viverges, est sauvagement attaqué par un ours. Gravement blessé, ses coéquipiers abandonneront assez rapidement Glass, qui, mené par un désir de vengeance envers un homme en particulier et par l’amour de sa famille, fera tout pour retrouver la civilisation…

Nous ressortons de The Revenant avec beaucoup de frustration. D’un côté nous voulons déclarer que ce long-métrage est possiblement l’un des plus grands films de tous les temps, mais de l’autre côté nous voulons détester avec une certaine intensité The Revenant. Ce n’est pas de notre faute, le long-métrage est tout simplement trop long. Il est tellement long qu’il serait possible de retirer une bonne trentaine de minutes, voire même une quarantaine de minutes, sans même affecter le dénouement d’une histoire trop simple pour offrir adéquatement 150 minutes de divertissement.

Nous pouvons grossièrement résumer The Revenant en cette courte phrase : DiCaprio se fait attaquer par un ours, DiCaprio se repose, DiCaprio part à la recherche de l’homme qui l’a trahi, etc, etc. C’est triste mais c’est de cette matière que se déroule l’entièreté des péripéties du personnage principal. Si le long-métrage aurait une durée plus minime, cela ne poserait pas problème, mais avec une durée dépassant les deux heures, visionner The Revenant devient presque une expérience pénible, où nous avons l’impression de revoir sans cesse les mêmes événements.

Et c’est d’autant plus dommage que tous les personnages secondaires du film sont sous-développés, comme ces trappeurs français qui ne font que traverser l’écran ou ces «méchants» indiens qui représentent une menace assez futile avec une sous-intrigue concernant une femme violée et kidnappée que The Revenant jette tout simplement à la poubelle. À la place, il s’obstine à se concentrer sur le personnage principal et sur de nombreuses visions le mettant de l’avant avec sa famille. Ce sont certes des éléments assez importants, mais en comparaison, il y a tellement moments cruciaux de l’intrigue qui auraient mérité une plus grande attention…

Évidemment, Alejandro González Iñárritu est l’une des deux grandes vedettes du long-métrage. Le réalisateur parvient ici à réussir un travail de maître, un travail exemplaire qu’aucun réalisateur n’est parvenu à accomplir. Chaque plan de caméra est sublime, créant ainsi les morceaux d’un moment cinématographique exemplaire. Le réalisateur est parvenu à capter à la perfection les plaines désertiques de l’Ouest canadien (Lieu de tournage) avec des plans de caméra magnifiques et un montage parfait. Et que dire de la direction photo qui utilise la lumière naturelle du Soleil, ce qui a forcé l’équipe de production à limiter le tournage à quelques heures seulement à chaque jour…

Également, The Revenant parvient à être extrêmement réaliste au niveau de sa violence graphique, accompagnant ainsi la démarche du réalisateur, ce qui peut déranger certains spectateurs, notamment à quelques scènes d’anthologie comme le célèbre combat entre Leonardo DiCaprio et un ours ou comme une course poursuite qui se conclut par la décapitation et l’éventrement d’un cheval. La trame musicale de Ryuichi Sakamoto (Appleseed) et de Carsten Nicolai aide aussi l’ambiance du long-métrage, alors que les deux hommes signent une musicalité intéressante. Surtout que l’on pourrait dire que, dans un certain sens, la musique des deux hommes vient apporter du rythme à The Revenant lorsque ce dernier est abandonné par le scénario assez pitoyable du film.

Comme vous vous en doutez probablement, l’autre grande vedette du long-métrage, Leonardo DiCaprio, offre la meilleure performance de sa carrière. Il est pleinement investi dans un rôle qui pourrait bien lui permettre d’obtenir un Oscar. Il se donne corps et âme dans le personnage d’Hugh Glass, un personnage qui n’a pourtant pas beaucoup de dialogues ou de rencontres avec les autres personnages du film. Lui donnant la réplique, Tom Hardy (The Dark Knight Rises) offre également une performance remarquable, voire même supérieure à celle de DiCaprio. Néanmoins comme la quasi-totalité des personnages de The Revenant qui sont sous-développés, l’antagoniste interprété par Hardy peine à être une menace crédible, surtout à cause de la seconde moitié du récit qui abandonne l’acteur et son personnage.

Domhnall Gleeson (Star Wars: The Force Awakens) et Will Poulter (The Chronicles of Narnia: The Voyage of the Dawn Treader) interprètent les deux principaux compagnons de voyages de Dicaprio et de Hardy, tout comme Forrest Goodluck qui joue le fils d’Hugh Glass, accompagnant ce dernier dans cette expédition dans l’Ouest américain. De plus, si vous ne clignez pas les yeux, vous aurez la chance de voir les acteurs québécois Vincent Leclerc (Les Pays d’en haut) et Emmanuel Bilodeau (René Levesque – Le destin d’un chef) qui ont des petits rôles dans cette production.

The Revenant n’est pas un mauvais long-métrage, mais la maigreur et l’insignifiance de son scénario axé sur un survivalisme redondant et peu généreux en intrigue sont que le visionnement du film devient assez rapidement pénible. Certes, The Revenant va probablement remporter quelques Oscars, mais c’est grâce au travail exemplaire du réalisateur et des acteurs qui nous offrent leurs meilleures performances en carrière. Même que c’est grâce à eux, et grâce à eux seulement, que le film se mérite d’être vu, idéalement sur le grand écran de votre salle de cinéma favorite.


Réalisation : Alejandro González Iñárritu

Scénario : Alejandro González Iñárritu, Mark L. Smith

Avec : Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson, Will Poulter, Paul Anderson, Lukas Haas, Brendan Fletcher, Brad Carter, Javier Botet

He Never Died (2015)

Résumé : Jack est un cannibale immortel sombre dans l’ennui jusqu’au jour où il découvre qu’il a une fille. Alors qu’il se lie d’amitié avec cette dernière, celle-ci se fera kidnapper par des connaissances de l’immortel, le forçant à poursuivre une vengeance sanguinaire…

Critique : 

He Never Died 2Après une campagne peu fructueuse cet automne sur Indiegogo, He Never Died est sorti de façon assez discrète sur VOD pendant Noël au Canada. Et puisque la bande-annonce nous avait grandement impressionné, nous étions volontairement obligés de vous faire une critique…

Jack est un homme mystérieux dont les hobbys sont peu diversifiés. Il reste enfermé dans son appartement, sauf pour manger dans son restaurant préféré, pour jouer au bingo à l’église de son quartier et pour acheter clandestinement des litres de sang dans un stationnement miteux. Mais cela va vite changer lorsqu’il découvre qu’il est le père d’une jeune femme de 19 ans et que sa vie monotone mettra en danger sa nouvelle dynamique familiale…

Des fois, nous sommes forcés d’assister aux tentatives ratées des nombreux réalisateurs qui tentent de «révolutionner le septième art». De façon consciente ou non, c’est ce que Jason Krawczyk (The Briefcase) a tenté de faire avec He Never Died. Le long-métrage tente d’amalgamer plusieurs genres cinématographiques (action, comédie, drame, horreur, romantique…), mais sans pour autant entrer dans aucun de ces genres, afin de créer une sorte d’OVNI cinématographique. Pendant une heure trente, nous attendons la grosse scène d’action, la bonne blague, un grand moment macabre et lugubre… Et, un peu comme ce passe-temps favori du personnage principal, tout ce que nous faisons c’est attendre.

Et cela nous fait vivre une relation d’amour et de haine envers He Never Died, un long-métrage que nous pouvons qualifier «d’agace-pissette». Et pourtant, le scénario nous réserve quelques bonnes trouvailles et quelques bonnes surprises. Certes, la bande-annonce du film nous montre de façon grossière l’entièreté du scénario du film, mais cela m’empêche pas He Never Died ne nous surprendre, notamment avec la scène d’interrogatoire la plus étrange depuis une bonne décennie au cinéma américain… Car oui, le meilleur conseil que peut vous donner cette critique, c’est de regarder la bande-annonce du film. Si vous voulez en savoir plus, louez ou achetez le film, sinon soyez rassurés car vous venez de regarder un résumé assez complet de la totalité du long-métrage…

Néanmoins, là où ce scénario anormal pose réellement problème, c’est avec le personnage principal que le long-métrage semble avoir beaucoup de difficulté à gérer. Même si nous sommes en présence d’un cannibale immortel dépressif et socialement non-adapté à la société contemporaine, He Never Died semble avoir beaucoup de plaisir à considérer ce personnage comme étant plus stupide qu’il ne l’est réellement. Ceux qui ont vu le long-métrage comprendront ce que je veux dire. Il ne faut que penser à une scène en particulière où nous comprenons où le personnage d’Andrea se trouve, après son kidnapping. Dans cette scène, il est clair que Jack entend Andrea qui appelle à l’aide sauf que ce moment se termine avec Jack quittant la pièce, comme s’il était trop bête pour faire le lien entre : sa fille kidnappée, un suspect, et des bruits de lamentation d’une jeune femme retenue contre son gré. Une situation semblable se produit lorsque Jack reçoit un coup de fil disant que sa fille est kidnappée et qu’il ne réagit même pas à cet appel. Et pourtant, He Never Died ne semble pas avoir de difficultés à respecter son personnage principal et à être plus cohérent avec ce dernier, notamment avec les moments où Jack s’ouvre plus à la société…

Techniquement parlant, He Never Died n’est pas en reste. Jason Krawczyk est un réalisateur assez talentueux qui sait comment créer des images et des séquences puissantes; il ne suffit qu’à penser aux rages de sang du personnage d’Henry Rollins qui sont assez mémorables. Également Krawczyk est l’un des rares réalisateurs qui est capable d’utiliser abondamment la «célèbre méthode de réalisation» consistant à filmer les scènes en oblique. C’est-à-dire qu’il fait cela pour exprimer les états d’âme du personnage principal, et non parce qu’il se pense cool (Comme Uwe Boll ou la majorité des réalisateurs de téléfilms miteux peu expérimentés.).

Au niveau des scènes d’action, c’est là que le travail de Krawczyk se voit grandement diminué. Comme mentionné plus haut, pour des raisons artistiques, ou par manque de moyens, la vaste majorité des scènes d’action sont filmées hors champ. Cela fruste à la longue même si le réalisateur tente de nous réconcilier avec son oeuvre dans les dernières minutes du long-métrage. Au-moins, cela n’empêche pas le film d’être sanglant, afin de bien satisfaire les amateurs de gore. Musicalement parlant, He Never Died déçoit par la sur-utilisation de lamentations démoniaques en bruits de fond, mais il se rattrape avec la trame sonore sympathique de James Mark Stewart (Dolan’s Cadillac) et par quelques musiques originales.

De plus, il nous faut noter que Henry Rollins (Feast) a possiblement trouvé dans ce long-métrage le rôle de sa vie. Il est remarquable, il est magnifique, il est splendide. Rollins était né pour jouer un cannibale immortel et cela se sent à chaque minute. Également, il a une bonne chimie avec les actrices principales de ce projet, Kate Greenhouse (The Dark Hours) et Jordan Todosey (Degrassi: The Next Generation), et les interattractions entre ce trio de personnages sont assez plaisantes. Notons également que Booboo Stewart (X-Men: Days of Future Past) a un rôle secondaire en jouant un interne en infirmerie qui fournit du sang humain à Jack et que Steven Ogg (Grand Theft Auto V) a également une présence courte mais mémorable dans ce film.

En jouant contre les codes pré-établis du cinéma et des genres qu’il emprunte, He Never Died se tire royalement dans le pied. Avouons également que le fait d’avoir une bande-annonce qui divulgue presque toute l’intrigue, en faisant littéralement office de récapitulatif, n’aide pas à apprécier ce film à sa juste valeur. Néanmoins, le jeu des acteurs et la richesse du scénario aide à faire passer la pilule, surtout lorsque l’ennui commence à arriver. Et croyez-moi, vous allez surement vous ennuyer à force de voir des scènes d’action se dérouler hors-champ ou un personnage jouer au bingo…


Réalisation : Jason Krawczyk

Scénario : Jason Krawczyk

Avec : Henry Rollins, Booboo Stewart, Steven Ogg, Jordan Todosey, Kate Greenhouse, James Cade, Michael Cram, Dan Petronijevic, Chantal Craig

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