Snow White and the Huntsman (2012)

Résumé : Dans relecture du conte de fée, un chasseur doit retrouver Blanche Neige pour la ramener à son exécution mais il décide de devenir son protecteur et son mentor dans sa victoire contre une méchante reine.

Critique : 

Il faut une certaine audace pour faire du conte Blanche-Neige et les Sept Nains un film d’action compétent. Et c’est pourtant ce que le réalisateur Rupert Sanders a tenté de faire en 2012 avec Snow White and the Huntsman, un long-métrage qui a connu à l’époque un accueil assez froid de la part du public et de la critique en général…

Peu de temps après la mort de son épouse, un roi trouve une femme sur un champ de bataille et décide de la marier immédiatement, sans se douter que cette dernière a l’intention de tuer le roi dès leur nuit de noces. Des années plus tard, alors que le peuple se meurt face à la tyrannie de la reine, la fille du roi, enfermée dans une tour du château, parvient enfin à s’évader et à disparaître dans la forêt maléfique entourant le château. Ayant besoin du cœur de la belle pour ne plus vieillir et pour acquérir une jeunesse éternelle, la reine engage un chasseur pour retrouver la princesse en fuite…

Snow White and the Huntsman nous offre une relecture moderne d’un classique de Disney. Par le passé, ce genre d’adaptation rate souvent la cible; il ne suffit qu’à penser à Sydney White ou à Snow White: A Tale of Terror. Heureusement Snow White and the Huntsman n’est pas un navet, loin de là, mais ce n’est pas grâce à son scénario que le film parvient à attendre ce titre, puisque même avec de nombreux efforts, le texte du long-métrage ne fait que le minimum syndical pour générer une histoire crédible et logique.

En se basant sur l’univers graphique que son réalisateur lui apporte, le long-métrage parvient à créer un monde immersif qui propose quelque chose d’unique et de différent. Dans cette différence se trouve la principalement force du long-métrage, puisqu’après-tout, Snow White and the Huntsman propose une histoire que l’on connait par-cœur, avec une structure scénaristique qui rappelle étrangement Star Wars: Episode IV – A New Hope. Et c’est lorsque le long-métrage reste dans cet univers, comme lors de la séquence mettant en vedette un troll ou lorsque nos personnages rencontrent des fées, que le film fonctionne.

Mais puisque nous sommes en face d’une histoire cousue de fils blancs, le scénario comporte suffisamment d’incohérences et d’illogismes pour nous distraire à de multiples reprises. Cela est causé par un texte qui brise à de multiples reprises ses propres lois comme en faisant de son héroïne principale, une gamine qui a passé la majorité de sa vie dans une cellule, une féroce guerrière capable de diriger une armée. De plus, Snow White and the Huntsman se plante à de multiples reprises dans la gestion de ses personnages, notamment avec le triangle amoureux entre Blanche-Neige, le chasseur et William, qui semble totalement artificiel, dans une tentative désespérée de toucher les fans de la saga Twilight. Aussi, le film tente à de multiples reprises d’accorder de l’importance à des personnages ou à des événements anodins, comme le frère de la reine qui devient subitement le meurtrier de la femme du chasseur, sans que cela ne soit nécessaire ou approprié.

Mais si le scénario du long-métrage n’aide pas la cause du film, c’est surtout grâce à Rupert Sanders que Snow White and the Huntsman mérite son succès relatif. L’homme, qui obtenait ici sa première réalisation hollywoodienne, est parvenu sous la supervision du producteur Joe Roth (Alice in Wonderland, Oz the Great and PowerfulMaleficent, Peter Pan) à créer un univers exclusif qui offre quelque chose d’original à l’ensemble de l’oeuvre. Sanders fait avec le célèbre conte quelque chose d’unique et de majestueux, quelque chose qui est pratiquement parfait, alors que chaque plan du long-métrage est un pur délice à nos yeux. Et même des éléments qui semblent anodins, comme le fameux miroir de la reine maléfique, deviennent magiques sous les mains du réalisateur.

Il faut dire que le réalisateur est grandement aidé dans sa démarche par les effets spéciaux de Cedric Nicolas-Troyan, qui est également le second réalisateur de cette production, et par les costumes de Colleen Atwood (Arrow), qui supportent parfaitement le réalisateur dans sa démarche visuelle. Malheureusement, il reste que le film aurait pu avoir un montage plus serré, ce qui aurait grandement diminué les faiblesses scénaristiques du long-métrage… Pour sa part, la trame sonore de James Newton Howard (The Dark Knight) propose quelque chose de majestueux et d’unique qui capture à la perfection l’univers du long-métrage et qui parvient même à nous faire verser quelques larmes et à nous apporter quelques frissons lorsque cela est nécessaire.

Dans le rôle titre, Kristen Stewart (La saga Twilight) offre une performance honnête avec un jeu d’actrice qui s’accorde assez bien avec le ton du film. Ses prétendants amoureux demeurent la grande faiblesse du casting puisque Chris Hemsworth (Thor) ne parvient pas à générer l’intensité nécessaire pour rendre sa présence remarquable et que Sam Claflin (La franchise Hunger Games) est assez oubliable et mauvais dans le rôle de William. Dans le rôle de la méchante reine, Charlize Theron (Prometheus) offre une performance assez intéressante qui cadre parfaitement avec le délire visuel du long-métrage, tout comme Sam Spruell dans le rôle de son frère.

À cause d’une scénario assez lamentable, Snow White and the Huntsman ne parvient pas à atteindre son objectif et à être une adaptation spectaculaire du conte de Blanche-Neige. Cela n’empêche pas au film d’offrir un bon divertissement à son spectateur, tant que ce dernier ne recherche pas un film intellectuel ou logique à se mettre sous la dent. Mais avec la fin plutôt conclusive du long-métrage, nous avons déjà envie de voir ce que The Huntsman: Winter’s War dans sa tentative possiblement vaine d’offrir une suite compétente à Snow White and the Huntsman


Réalisation : Rupert Sanders

Scénario : Evan Daugherty, John Lee Hancock, Hossein Amini

Avec : Kristen Stewart, Chris Hemsworth, Charlize Theron, Sam Claflin, Sam Spruell, Ian McShane, Bob Hoskins, Ray Winstone, Nick Frost, Eddie Marsan, Toby Jones, Johnny Harris, Brian Gleeson, Vincent Regan

The Assignment (2016)

Résumé : Un tueur à gages est trahi par des gangsters et il se retrouve sous la table d’opération de The Doctor, qui change ses attributs sexuels sans le prévenir. Assoiffée de vengeance et assistée d’une infirmière, cette nouvelle femme devra s’adapter à sa nouvelle vie…

Critique :

Walter Hill (The Warriors) fut jadis un grand réalisateur et un grand producteur de cinéma. Malheureusement, avec les années, le parcours de l’homme fut constitué de hauts et de bas, avec plusieurs échecs dont Bullet to the Head et le premier Undisputed. Aujourd’hui, il ressort de son placard sa caméra et ses talents de scénariste pour nous offrir The Assignment, un film d’action à la prémisse assez originale. Malheureusement, certains réalisateurs devrait rester à la retraite…

Un psychologue nommé Ralph Galen mène une entrevue avec la Dr. Rachel Kay, récemment internée dans un hôpital psychiatrique. Au fil de l’entrevue, cette dernière racontera les événements qui ont mené à la mort de son frère, un criminel de seconde zone ayant un penchant pour les jouets et pour les prostituées. De fil en aiguille, Kay lui confiera ses talents d’artiste et les résultats de sa dernière expérimentation, qui consistait à transformer le sexe du l’assassin de son frère; à faire de cet homme une femme…

D’abord et avant tout, il faut émettre quelques corrections puisque The Assignment n’est pas le thriller d’action qu’il prétend être. Au mieux, il est une version tordue de Silence of the LambsSigourney Weaver nous livre une version féminine d’Hannibal Lecter. Dans le pire des cas, The Assignment se voudra être une façon tordue de Walter Hill pour exprimer une sorte de fantasme sexuel refoulé envers les personnes du troisième sexe. Il faut dire que le réalisateur n’aide pas à camoufler cette impression avec un bon tiers du récit où Michelle Rodriguez est nue, en tant qu’homme et en tant que femme, et où elle a de nombreux actes sexuels parfois malaisants.

En dehors de ce problème, The Assignment posera quelques soucis puisque son histoire, peu conventionnelle, risque de ne pas plaire à beaucoup de gens. Car, même en excluant sa construction narrative décousue (Nous sautons vers de longues périodes en voguant entre le passé et le présent.) et assez ennuyeuse, The Assignment ne sait pas sur quel pied danser. Il alterne constamment entre son désir d’être un drame mielleux, son côté cinéma de revanche et son aspect « transsexuel » qui fait écho au cinéma d’exploitation des années 70 et 80. Cela cause plusieurs problèmes de rythme, surtout dans le premier tiers qui est extrêmement long et pénible en se résumant grossièrement à un long rendez-vous chez le docteur. Et, le fait que les dialogues de Walter Hill et de Denis Hamill (Turk 182!) sont brouillons n’aide aucunement la pellicule, donnant l’impression qu’Hill faut tout pour cette section.

La seconde moitié de l’œuvre est un poil supérieur alors que The Assignment décide enfin d’être ce qu’il aurait dû être depuis le départ, c’est à dire un film d’action pur et dur. À partir de cet instant, le film gagne en intérêt et cesse de trébucher dans ses artifices. pour offrir ce que le spectateur souhaite visionner. Malheureusement, tandis que Rodriguez empile les cadavres, cette section du long-métrage décide de se transformer en Max Payne du pauvre, avec son personnage qui narre chaque scène avec des réflexions et des dialogues peu inspirés. Bien qu’elles n’étaient pas géniales, les portions de l’entrevues entre Kay et son psychologue étaient essentielles à la structure du récit et leur disparition pose un autre problème. À cause de cela, nous oublions presque le personnage de Sigourney Weaver et lorsqu’arrive l’affrontement final entre celle-ci et Rodriguez, nous restons sur notre faim puisque The Assignment a failli à sa tâche. Après avoir passé 45 minutes à faire du méchant docteur un antagoniste crédible, le long-métrage laisse cette dernière de côté pour nous la ramener dans un court duel où elle vante les mérites de son humidificateur centenaire; dans une conclusion presque parodique. Il est inutile de dire que nous avons rarement vu une conclusion aussi décevante…

Sur le plan technique, The Assignment comporte également quelques interrogations. Contrairement aux longs-métrages de Marvel et de DC, The Assignment est un film ayant inspiré une bande-dessinée du même nom. Et pourtant, durant tout le film, nous avons l’impression que Walter Hill fait tout pour imiter ces grosses productions et tente désespérément de raconter son histoire comme une bande-dessinée de Marvel et de DC. Les transitions sont constituées de dessins faits à la main et au lieu de nous montrer les différentes villes de l’intrigue, Hill préfère nous balancer des rapides croquis devant représenter, en théorie, lesdites villes. Même quelques moments de violence utilisent cette imagerie, qui n’a pas sa place avec les propos relativement sérieux que le réalisateur tente de mettre en scène.

Parlant de l’imagerie du film, il nous faut noter les maquillages utilisés pour faire de Michelle Rodriguez un homme. Peu importe comment Hill tente de s’y prendre, il est impossible de ne pas noter que Michelle Rodriguez est une femme. Durant les séquences où Franck est toujours un homme, la poitrine de l’actrice est bien visible (Peu importe l’angle de vue…), sa fausse barbe de Père Noël est hilarante et son faux pénis en caoutchouc l’est tout autant. Heureusement, le réalisateur se rattrape un peu durant les scènes d’action, avec une bonne gestion de ses scènes et des effets sanglants convaincants. Notons également que la narration présente dans la deuxième moitié de The Assignment fait extrêmement pauvre. L’actrice principale y narre ses scènes, dans sa chambre d’hôtel, en noir et blanc. Ces scènes sont placées n’importe comment dans le montage de cette partie et le fait que le tout semble être une vidéo YouTube n’aide pas la cause… The Assignment a également une trame sonore énervante. Elle n’est pas mauvaise en soi, mais son aspect rock-métal ne plaira pas à tous les spectateurs…

Dans le rôle titre, Michelle Rodriguez (Fast & Furious) n’offre pas une mauvaise interprétation en soi. Il est juste dommage que les maquillages et les dialogues médiocres du long-métrage ne permettent pas à Rodriguez d’être crédible en tant que Frank, dans ses versions masculines et féminines. Même chose pour Sigourney Weaver (Alien) qui offre une performance exemplaire, mais qui est également trahie par les textes du long-métrage. Néanmoins, Tony Shalhoub (Monk) jouit d’un second rôle assez inutile en étant un psychologue durant la première moitié de The Assignment et l’acteur n’aide pas à compenser le fait avec son jeu assez fade et médiocre. Anthony LaPaglia (Without a Trace) et Adrian Hough (X-Men: The Last Stand) sont également de la partie dans des rôles mineurs.

Malgré une prémisse originale et intéressante, The Assignment n’a pas les reins assez solides pour rendre son histoire divertissante. Handicapé par les déviances scénaristiques et visuelles de Walter Hill, The Assignment se tire continuellement dans le pied et ne parvient pas à utiliser correctement le fait que son personnage principal est une transsexuelle en quête de vengeance pour son changement de sexe. Il en découle un film trop sérieux pour que l’on puisse réellement avoir du plaisir à le visionner, mais trop stupide pour l’on puisse trouver le long-métrage crédible…


Réalisation : Walter Hill

Scénario : Denis Hamill, Walter Hill

Avec : Michelle Rodriguez, Sigourney Weaver, Tony Shalhoub, Anthony LaPaglia, Caitlin Gerard, Terry Chen, Adrian Hough

Attention les dégâts (1984)

Résumé : Un musicien et un cascadeur sont les doublures de deux milliardaires. Ils acceptent de les remplacer à leur villa de Rio de Janeiro leur qu’un inconnu planifie d’assassiner ces riches.

Critique : 

Considéré par certains comme étant leur dernier grand long-métrage, Attention les dégâts fut l’une des dernières rencontres entre deux légendes du cinéma italien, Bud Spencer et Terence Hill. Ensemble, les deux hommes ont collaborés dans plus d’une quinzaine de projets et ont connu du succès partout dans le monde grâce à leur style d’humour physique, violent et bon enfant bien particulier, un style que l’on pourrait vaguement comparer au cinéma de Jackie Chan. Pour explorer l’étendue de ces légendes, il nous fallait les découvrir avec ce long-métrage débarqué en DVD au Québec…

Eliot Vance et Greg Wonder vivent leur vie, aux extrémités des États-Unis. Un jour, les deux inconnus sont contactés par une agence mystérieuse afin de remplacer deux hommes riches, dont ils sont les sosies, pour une semaine en échange d’un million de dollars. Alors que les deux milliardaires sont sur le point de conclure une grosse transaction financière et qu’ils sont la cible d’un mystérieux némésis, Eliot et Greg vivront la semaine la plus trépidante de leurs vies en se faisant passer pour ces deux hommes…

Attention les dégâts est un exemple parfait des grandes heures du cinéma italien, un cinéma qui s’est essentiellement développé sur un modèle de copiage, en créant des vagues de péplum, de westerns spaghettis et des giallos, des vagues de films assez similaires et uniques en de nombreux points. Nous pouvons résumer le style de Bud Spencer et de Terence Hill en des comédies au ton léger et quasi-enfantin avec de longues scènes d’action axées sur l’humour et les baffes. S’il n’est pas le meilleur long-métrage de leurs carrières respectives, Attention les dégâts est une copie conforme du moule cinématographique des deux hommes.

Le scénario n’a peu d’importance alors que les deux acteurs semblent s’éclater dans ce voyage organisé au Brésil. Dès les premières minutes, nous savons que le scénario n’a aucun  sens, l’histoire du film n’est à la base qu’une vaste blague que l’on étire durant une bonne centaine de minutes. En acceptant les largesses du texte de Marco Barboni (You Call Me Trinity, They Call Me Renegade), comme le fait que des fesses de danseuses exotiques peuvent communiquer grâce à un langage secret, nous pouvons pleinement apprécier le spectacle, alors que deux hommes «pauvres» débarquent dans un monde d’abondance et de richesse et se mettent à enfreindre chacune des règles établies par l’élite qu’ils sont censés représenter.

Et lorsque le scénario rattrape finalement les deux hommes, c’est pour une bonne vieille bagarre ou pour un moment exotique digne d’un film d’espionnage. Malheureusement, comme c’est le cas dans une certaine partie des films mettant en vedette les deux hommes, les personnages secondaires servant à avancer l’intrigue sont assez stupides et ont presque un rôle de figuration. Les méchants du film sont habillés en noir et sont maladroits, nous rappelant en quelque sorte les bandes-dessinées de Tintin, et ont la fonction de chair à canon, rendant leurs menaces peu terrifiantes. Et lorsque dans le dernier tiers nous voyons débarquer un commando d’élite tout droit sorti d’une obscure copie de Rambo, nous serions en droit de nous réjouir, jusqu’au moment où ils décident de jeter leurs armes afin de mieux recevoir des baffes.

Derrière la caméra nous avons un certain Enzo Barboni, un cinéaste italien omniprésent dans la filmographie des deux hommes. Malgré des moyens limités (Il ne suffit qu’à penser à la course poursuite impliquant une Mustang qu’il ne fallait visiblement pas abîmer…), Barboni s’en tire haut la main. Avec une réalisation classique, Barboni parvient à instaurer un certain rythme au long-métrage et à compenser les faiblesses du scénario que Hill et Spencer ne peuvent corriger. Et lorsque les deux hommes se retrouvent en double exemplaire à l’écran, la maîtrise technique de l’homme nous permet d’y voir que du feu, même si nous savons pertinemment qu’il s’agit d’un simple trucage.

Néanmoins, il aurait fallu repenser l’approche du scénario en ce qui concerne les scènes d’action qui privilégie les longues scènes d’action, un élément peu dérangeant dans la plupart dans productions lorsque c’est bien exécuté (Comme dans Attention les dégâts.) qui semble ici interminable à cause des largesses du monteur, un certain Philip Edwards dont c’est la seule production. Musicalement parlant, Attention les dégâts se démarque par l’utilisation d’une chanson originale, un détail mineur qui est grandement appréciable dans une production légèrement fauchée. Après-tout il faut mieux avoir un single digue d’un artiste de centre commercial qui supporte adéquatement une trame sonore effacée qu’une trame sonore bâclée et énervante.

Néanmoins, il ne faudrait pas oublier Terence Hill (My Name is Nobody) et Bud Spencer (Banana Joe) qui sont les véritables vedettes de cette production. Les deux hommes s’éclatent réellement et s’amuse à jouer deux personnages différents, aux caractères aux antipodes de l’humanité. Ils sont la principale raison qui fait d’Attention les dégâts un long-métrage exemplaire et divertissants. Les deux hommes ont une chimie d’enter et savent vous faire rire, même dans les situations les plus ridicules. Sans nous faire crier à cause de leur incompétence, le reste du casting est relativement médiocre. Malgré tout, quelques acteurs tirent leur épingle du jeu comme Nello Pazzafini (Ator: The Blade Master)  qui interprète un méchant gangster nommé Tango (Un nom qui donnera lieu à une des meilleures blagues du film.) et un certain Dennis Bourke qui joue un psychologue et «ami» de l’un des deux milliardaires.

Sans être le meilleur long-métrage des deux acteurs, Attention aux dégâts est une porte d’entrée parfaite pour explorer la filmographie des deux hommes. L’humour et les scènes d’action seront plaire aux petits et aux grands, grâce à des drôleries qui traverseront les époques, comme celles de Louis de Funes, de Jerry Lewis et de Jackie Chan. Attention aux dégâts est définitivement un joyau méconnu du cinéma italien, un véritable plaisir coupable, que tout le monde se doit de visionner au moins une fois dans leur vie.


Réalisation : Enzo Barboni

Scénario : Marco Barboni

Avec : Terence Hill, Bud Spencer, April Clough, Harold Bergman, C.V. Wood Jr., Dary Reis, Nello Pazzafini, José Van de Kamp, Fernando Amaral, Roberto Roney, Athayde Arcoverde, Dennis Bourke

Precious Cargo (2016)

Résumé : Après un cambriolage raté, Eddie, un puissant criminel, traque Karen, une voleuse séduisante qui est responsable de cet échec. Afin de regagner la confiance d’Eddie, Karen recrute son ancien amoureux, Jack, pour voler une cargaison remplie de pierres précieuses. Mais lorsque ce travail n’est pas une réussite, les allégeances sont brisées et des lignes sont franchies alors que Jack, Karen et Eddie s’affronteront dans un combat final.

Critique : 

Aujourd’hui, nous devons souhaiter nos condoléances à tous les fans de Bruce Willis (Die Hard). Tous ceux qui comme moi avaient encore de l’espoir envers l’acteur réputé pour ses films d’action et pour quelques comédies, recevront une douche bien froide en visionnant Precious Cargo. L’acteur, qui était l’idole de plusieurs fans, est aujourd’hui enfermé dans le monde des films d’action miteux. Et pour la première fois, depuis de nombreuses années, il n’y a rien de bon à tirer de son dernier projet cinématographique. Pour la première fois de l’histoire du site, nous regrettons notre visionnement d’un film «mettant en vedette» Bruce Willis

Après un coup réussi, Jack profite d’un temps libre pour se payer du bon temps avec une vétérinaire (Ou employée dans un établissement animalier…). Malheureusement, il aura la surprise de sa vie lorsque Karen, son ex-copine, débarque chez lui avec un bébé dans son ventre et un puissant criminel aux trousses. En effet, car Karen a tenté, en vain, de voler les diamants que ce criminel planifiait de voler, ce qui force Karen à demander l’aide de Jack pour voler d’autres diamants afin de payer le criminel qui demande un remboursement pour le vol perpétré par Karen, bien que cette dernière n’ait pas ces diamants entre les mains…

Dans toute l’histoire d’Avis Mortel, il nous est arrivé de critiquer des mauvais films. Et bien, Precious Cargo nous a apporté l’expérience cinématographique la plus pénible de notre courte histoire, à cause d’un scénario qui nous donne l’impression d’entrer dans un sable mouvant et d’y mourir. Nous nous sentons oppressés et étouffés par une histoire qui ne fait que creuser le trou de la médiocrité avec des dialogues si mauvais que nous avons l’impression que les personnages parlent dans une autre langue. Et le plus décevant dans cette histoire, c’est que sur le plan théorique, les situations du long-métrage pouvaient offrir une histoire cohérente et un divertissement convenable.

Et pourtant, Precious Cargo nous force à constater que ses scénaristes ont tenté l’impossible : créer le pire scénario du siècle. Et merde, ils y arrivent presque!! Nous avons même déjà vu des nanars vietnamiens avec des dialogues mille fois supérieurs à Precious Cargo. Tous les personnages, sans exceptions, ne font que jurer et dire des dialogues sans queue ni tête (Du genre «Tu veux jouer à des jeux? Je joue à des jeux, mais je dois te dire, je déteste les jeux. En fait, j’ai quitté l’école primaire à cause des putains de récréations.» ou «Maintenant, si j’avais un vagin, tes fesses, tes putains de tétons, je serais une putain de millionnaire. À la place, Dieu n’a béni avec un gros pénis et une flexibilité morale.»). Pour sa part, la construction des personnages n’est pas plus reluisante puisqu’ils ne méritent aucunement notre attention ou le temps d’écran qui leurs sont consacrés.

Et le pire dans tout cela, c’est que Precious Cargo se croit «cool» en adoptant un ton décontracté à la Mr. & Mme Smith et tente d’être drôle, comme une comédie, avec des phrases d’attardés qui ne font qu’insulter ses auditeurs, pour la simple et bonne raison que nous avons l’impression d’assister aux mauvaises blagues racontées par un oncle intoxiqué lors du réveillon de Noël… Aussi, en plus de rater totalement ses dialogues, Precious Cargo s’enfonce encore plus profondément dans sa tombe avec une intrigue qui me fait que compliquer la prémisse de base à un point tel que cela en devient presque ridicule. Comme si nous étions devant un mauvais roman savon américain, le film nous force à assister à des multiples cambriolages où chacun souhaite voler l’autre, mais dans un ordre tellement chaotique, qu’à la longue, nous devenons confus dans l’exécution des cambriolages ou du «Qui vole quoi et pour qui volent-ils?». Et lorsqu’arrive le moment où un homme partiellement nu chantant «Old MacDonald Had A Farm» attaque la CIA avec un camion de crème glacée, nous voulons tout simplement arrêter de visionner Precious Cargo pour mettre fin à ce calvaire scénaristique…

Heureusement, Max Adams est là, qui vit ici la première réalisation d’un long-métrage. Adams réussit contre toutes attentes à offrir une réalisation compétente avec quelques moments bien sentis, surtout lors du cambriolage impliquant un camion blindé. Malheureusement, puisque les personnages sont détestables, les scènes d’action de Precious Cargo manque cruellement de punch, surtout que le réalisateur n’est pas aidé par les faibles moyens de la pellicule qui ne permettent pas à l’homme de créer des moments géniaux. Il faut dire que le monteur du film n’aide pas la cause d’Adams avec un montage assez paresseux qui retire toute l’énergie créée par Adams, rendant ainsi toute l’expérience du film insoutenable.

Mais étrangement, en dehors de la sur-utilisation de drones pour filmer ses scènes, Max Adams se plante royalement dans un domaine seulement. Toutes les scènes mettant en vedette Bruce Willis sont horribles, tant au niveau du rythme que des plans de caméras, un peu comme si ces scènes étaient réalisées par un pur amateur. Il faut dire que le personnage de Bruce Willis n’est à l’écran que pour une bonne dizaine de minutes. Willis, pour sa part, passe moins de temps dans Precious Cargo, avec une doublure lors des moments où nous ne voyons pas le visage de l’acteur. Et le long-métrage ne tente même pas de gâcher ce fait. Si l’acteur faisait le moindre effort pour donner une performance honnête, cela serait un moindre problème, mais ici Willis réussit l’exploit à être plus mauvais que dans Vice, la pire performance de sa carrière où il ne faisait que lire ses répliques sur un carton…

Pourtant, Bruce Willis est l’un des meilleurs acteurs du casting de Precious Cargo. D’un côté, nous avons Mark-Paul Gosselaar (Saved by the Bell) qui est assez compétent dans le rôle tire et nous avons Daniel Bernhardt (La franchise Bloodsport) qui est tout simplement génial dans le rôle du bras droit de Bruce Willis. En fait, si l’entièreté du film reposait sur ces deux hommes, nous serions aux anges, puisque le reste des acteurs sont tout simplement nuls. À la tête de lot de pommes pourries, nous avons Claire Forlani (Hooligans) qui effectue ici un retour dans ce métier après un congé maternité de quelques années  Pour rester poli, nous dirons simplement qu’elle est horrible avec un jeu d’actrice qui semble forcé et aucunement naturel. Le reste de la distribution est composé d’amateurs et de mannequins qui ne font qu’abrutir le scénario déjà stupide de Precious Cargo avec des performances horribles et médiocres…

Malgré une certaine compétence sur le plan technique, Precious Cargo ennuie dès les premières minutes grâce au pire scénario que l’on ai vu depuis des années. Le scénario du film est si médiocre, que nous aurions aimé une note négative, bien que techniquement, cela soit impossible. Peu importe, car nous avons entre les mains un produit indigeste qui n »est aucunement divertissant, malgré un ou deux scènes d’action sympathiques et un générique d’ouverture qui tente d’imiter ceux présents dans la franchise James Bond (Il y a aussi des gaffes / bloopers durant le générique de fin, mais je doute que vous restez éveillés jusqu’à ce moment-là…)


Réalisation : Max Adams

Scénario : Max Adams, Paul V. Seetachitt

Avec : Mark-Paul Gosselaar, Claire Forlani, Bruce Willis, John Brotherton, Lydia Hull, Daniel Bernhardt, Ashley Kirk, Nick Loeb, Tyler Jon Olson, Jean Claude Leuyer

Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows (2016)

Résumé : Leonardo, Raphael, Michalengelo et Donatello doivent affronter une panoplie d’ennemis composée par des extraterrestres cybernétiques, un scientifique fou connu sous le nom de Baxter Stockman, leur némésis Shredder et son armée comprenant des ninjas et deux criminels mutants, Bebop et Rocksteady.

Critique : 

Après le succès de Teenage Mutant Ninja Turtles, il était évident qu’une suite allait voir le jour. Les fans de la première heure avaient décrit ce long-métrage produit par Michael Bay comme étant une adaptation peu fidèle se focalisant essentiellement sur le personnage de Megan Fox. Pour Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows, il semblerait que Michael Bay ait écouté les fans de TMNT et qu’il a profité de cette suite pour faire une légère remise à niveau, afin de créer un long-métrage plus fidèle à la bande-dessinée, mais surtout à la série animée des années 80. Mais es-ce que Michael Bay est véritablement capable d’accomplir un tel exploit…

Tandis que les tortues sont occupées à assister à une partie de basketball et à embêter leur bon ami Vernon Ferwick, April O’neil enquête sur Baxter Stockman, un mystérieux scientifique travaillant sur des projets plus que douteux pouvant impliquer Shredder, l’ennemi juré des tortues. Elle découvrira assez rapidement que Stockman est mêlé dans la future évasion de Shredder, une évasion que les tortues tentent d’éviter en vain. Tandis que Shredder utilise sa nouvelle liberté pour concevoir une machine permettant de faire le pont entre deux dimensions et qu’il transforme deux compagnons de cellule en monstres mutants, les tortues devront faire équipe avec Casey Jones, un agent de pénitencier ayant assisté à l’évasion de Shredder, pour sauver la planète, tout en se demandant quelle est leur place dans notre monde.

C’est un fait incontestable : Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows est de loin supérieur à son aîné. Certes, il acquiert des problèmes majeurs au passage, mais au moins nous avons entre les mains une expérience cinématographique plus complète. Cela se ressent dès le départ par une meilleure gestion des personnages. D’un côté, nous avons les tortues qui sont toujours aussi géniales et volent la vedette grâce à un humour bien plus présent, tous personnages confondus. Même que nous pouvons dire que Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows est jusqu’à un certain point, l’une des meilleures comédies de l’année… Et de l’autre côté, les personnages humains ont enfin une place secondaire et ils sont aussi utiles à l’intrigue, notamment April O’Neil qui a un peu plus de crédibilité dans son rôle de journaliste.

Néanmoins, il nous faut admettre que ce sont Bebop et Rocksteady qui volent la vedette. Ces deux méchants, que le spectateur lambda pourrait confondre aux deux monstres de TMNT II: The Secret of the Ooze, jouissent d’une combinaison parfaite de force, de stupidité et de ténacité qui font de ces personnages des ennemis parfaits pour les tortues. Sérieusement, à chaque fois que ces personnages sont à l’écran, le long-métrage est mille fois plus intéressant. Malheureusement, Shredder n’a pas le même développement et il est aussi nul que lors du premier volet. C’est en partie causé par le fait qu’un autre antagoniste principal est mis de l’avant. En effet, le véritable méchant de l’histoire est Krang, un célèbre antagoniste des tortues qui est apparu initialement dans la série animée de 1987; et puisque sa présence fut peu médiatisée par les nombreuses publicités, nous allons simplement dire à son sujet qu’il est assez sympathique, même si nous aurions préféré que son utilisation ne se limite pas aux quinze dernières minutes du film.

Néanmoins, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows a un énorme problème de scénario. Josh Appelbaum et André Nemec, qui ont écrit le premier volet de cette saga, ont tout simplement repris une large portion de l’intrigue des derniers Avengers tout en proposant beaucoup de fan-service, d’incohérences et en y insérant le plus de blagues possibles. Certes cela peut fonctionner pour un temps, mais à la longue, le long-métrage y gagne une lourdeur assez nocive. Si dans la plupart des cas, les gags touchent la cible, à quelques occasions nous avons simplement envie de froncer les sourcils en guise de désespoir, comme lorsque Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows nous offre la grosse séquence d’action de Casey Jones, en nous présentant pour la deuxième fois en une trentaine de minutes les tortues avec une brève description et une musique rythmée, comme si nous étions dans une vulgaire parodie de The Price is Right. Parlant de Casey Jones, le long-métrage rate un peu la cible en définissant ce personnage comme un gardien de prison ayant un masque de hockey dans le coffre de sa voiture, sans plus.

Sur le plan technique, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows est tout aussi supérieur à son aîné, notamment grâce aux effets spéciaux qui sont plutôt géniaux. Même si les bandes-annonces du film nous laissaient sous-entendre le contraire, les tortues n’auront jamais eu l’air aussi jolies, tout comme Bebop et Rocksteady qui n’ont rien à envier à leurs compagnons verts. Les scènes d’action jouissent également de cette mise à niveau des effets spéciaux tandis que le tout est visuellement plus compréhensible et plus dynamique; même que la séquence aérienne risque d’être l’un de nos moments d’action favoris de l’année. Ceci étant dit, il est un peu dommage que le long-métrage est réellement axé vers un public enfantin, car au niveau de leurs scènes d’action, les tortues n’utilisent jamais leurs armes, sauf lors de l’affrontement final, puisque c’est le seul moment que ce «léger» détail compte réellement.

Même si l’esthétisme du long-métrage pue le Michael Bay (Transformers) à plein nez, il faut dire que Dave Green (Earth to Echo) semble plus focalisé que Jonathan Liebesman (The Texas Chainsaw Massacre: The Beginning) à la réalisation et qu’il se concentre essentiellement à nous offrir un produit final divertissant et jouissif, tant pour les petits que les grands, qui sauront même apprécier la 3D utile et visuellement perceptible du film. Cependant, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows dérange légèrement au niveau de sa trame sonore qui est assez bordélique dans la mesure où Steve Jablonsky (La saga Transformers) nous livre une musique peu inspirée qui peut nous rappeler par moments celle de Mad Max: Fury Road dans un revirement de situation assez étrange, surtout que le long-métrage utilise également à outrance des succès musicaux populaires, qui sont horriblement découpés par le montage musical agressif de cette pellicule.

Au niveau du casting, il nous faut accueillir à bras ouverts l’arrivée de Stephen Amell (Arrow) qui livre une performance efficace dans le rôle de Casey Jones, malgré le rôle plutôt léger qu’il avait entre les mains. Même chose pour Brian Tee (The Fast and the Furious: Tokyo Drift), qui est assez terrifiant dans le rôle de Shedder dans la mesure où le long-métrage fait de son personnage, le véritable antagoniste jusqu’à la première apparition de Krang. Gary Anthony Williams (The Boondocks) et la vedette de la WWE Stephen Farrelly sont également de bonnes additions à la franchise. Et puis, nous avons Megan Fox (Transformers) et Will Arnett (The Lego Movie) dont les personnages sont bien mieux utilisés, ce qui rend les performances de ces acteurs bien plus crédibles et efficaces.

Non, Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows ne gagnera aucun prix et il est évident que les cinéphiles intellectuels en quête d’une histoire cohérente et réaliste seront déçus par ce film. Tandis que les enfants seront comblés, les spectateurs normaux y gagneront un divertissement certain avec de nombreux moments de nostalgie et d’action assez jouissifs. Et c’est avec une certaine surprise que nous avons déjà hâte de voir ce que Michael Bay aurait à nous offrir dans l’éventualité d’un troisième volet…


Réalisation : Dave Green

Scénario : Josh Appelbaum, André Nemec

Avec : Megan Fox, Will Arnett, Laura Linney, Stephen Amell, Noel Fisher, Jeremy Howard, Pete Ploszek, Alan Ritchson, Tyler Perry, Brian Tee, Stephen Farrelly, Gary Anthony Williams, Peter Donald Badalamenti II, Tony Shalhoub, Brad Garrett

Teenage Mutant Ninja Turtles (2014)

Résumé : Un groupe de tortues mutantes doivent sortir des égouts pour défendre la ville de New York qu’une puissante organisation criminelle asiatique tente de détruire…

Critique : 

Étant un fan du premier film live (Mon amour pour les tortues se limitent à ce film seulement.), je dois admettre que je suis allé voir ce film avec une certaine appréhension. Après-tout, le film a été descendu par la critique nord-américaine. Il me faut admettre qu’ils ont raison, sans avoir raison. Cette déclaration de ma part est étrange, je le concède, mais voici mon explication.

D’abord, il faut admettre que nous avons ici la meilleure représentation des tortues au cinéma, si l’on accepte l’utilisation des effets par ordinateur. Leur nouveau design est bien fait, sans parler qu’il est logique que les tortues soient laides, après-tout elles vivent dans les égouts. Elles ont une personnalité, elles sont amusantes, elles sont divertissantes, leurs scènes de combats sont bien foutues, spécialement la course-poursuite en montagne qui est un de mes scènes d’action favorites de l’année, à ce-jour.

Par-contre, le reste est relativement mauvais. Lorsque les tortues et Shredder sont à l’écran, Teenage Mutant Ninja Turtles est un divertissement de première qualité, mais lorsque les personnages humains et Splinter entre en jeu (Sauf lorsque ce dernier se bat.), TMNT devient mauvais, très mauvais. C’est un peu la faute du scénario qui est une copie, subtile à l’exception du final, de The Amazing Spider-Man. Les personnages sont crétins, les situations le sont aussi et le plan de Shreddler est mauvais. Quoiqu’en comparaison au film de 1990 où Shredder se contentait de voler des télévisions et sa suite où Shredder voulait simplement tuer quatre tortues, cela fait du bien de voir qu’il a acquis un peu plus d’envergure et de sérieux dans sa démarche.

Néanmoins, Shredder n’est présent que pour les scènes d’action  et Eric Sacks (William Fichtner, The Lone Ranger) est un piètre méchant qui spoile toute l’intrigue (déjà trop prévisible) du film avec une peinture murale. À la réalisation, Jonathan Liebesman (Wrath of the Titans) est aussi bipolaire que le scénario. Lorsque les tortues se battent ou sont à l’écran, il fait un bon travail, mais lorsque l’on suit O’neil (Megan Fox, Transformers) ou les autres protagonistes humains, il se métamorphose en un Michael Bay qui tente de faire du J.J. Abrams. C’est un peu difficile à regarder parfois, mais bon, on aura vu pire cet été… Sinon, je dois faire une mention honorable à Splinter qui est horriblement laid et pas très aimable et à Whoopi Goldberg qui fait un caméo de 2 minutes et demie.

Ayant visionné Teenage Mutant Ninja Turtles dans une salle remplie de spectateurs de tout les âges, je dois noter que la majorité des personnes dans la pièce étaient diverties, ont rit, ont pleuré, ont poussé des jurons (Parfois sans aucune raison, certes…). Malgré qu’il soit à 50% génial et à 50% mauvais, il parvient à divertir son public et c’est la mission qu’un blockbuster estival se doit s’avoir et c’est pour cette raison que je lui attribue la note suivante…


Réalisateur : Jonathan Liebesman

Scénario : Josh Appelbaum, André Nemec

Avec : Megan Fox, Pete Ploszek, Noel Fisher, Jeremy Howard, Alan Ritchson, Danny Woodburn, Whoopi Goldberg, William Fichtner, Will Arnett, Abby Elliott

Contract to Kill (2016)

Résumé : Harmon est un agent de la CIA et de la DEA qui, avec l’aide de son équipe, tentera de dissoudre une éventuelle alliance entre un mouvement terroriste et un puissant cartel de la drogue.

Critique :

Depuis des lustres, la filmographie de Steven Seagal (Under Siege) se dirige vers une pente descendante. C’est un fait que nous répétons au début de chacune de nos critiques de ses longs-métrages, histoire que les admirateurs du populaire acteur n’aient pas des attentes élevées en lisant l’un de nos textes. Puisque nous voulons éviter une certaine forme de redondance, il est grand temps que l’acteur se mette à faire des divertissements de bonne facture. Mais en attendant, nous avons un Contact to Kill à critiquer…

John Harmon est un ancien agent de la DEA et de la CIA. Lorsqu’une organisation terroriste tente de conclure une entente avec un cartel de la drogue pour que ces derniers fassent entrer des terroristes aux USA, Harmon est contacté par une vieille connaissance qui lui demande de sortir de sa retraite pour une dernière mission. Harmon accepte et monte une équipe afin d’assister à une rencontre entre les deux groupes à Istanbul, sans se douter du guêpier qu’il l’attend.

De façon assez générale, nous ressortons de Contract to Kill relativement satisfaits. Évidemment, le long-métrage a plusieurs défauts, mais il parvient à élever la filmographie récente de Seagal d’un cran. C’est une surprise énorme, surtout que Contract to Kill réunit pour une nouvelle fois le duo Seagal / Waxman, un duo capable du meilleur comme du pire. Il suffit de se rappeler de la sortie récente au Québec d’End of a Gun, qui fut probablement la pire collaboration entre les deux hommes. La surprise est d’autant plus énorme que le scénario du film n’est pas si bon que cela.

Contract to Kill débute avec une prémisse assez inédite dans le sens où, pour l’une des rares fois dans l’histoire récente du cinéma, nous avons un long-métrage qui s’attaque à la complexité du climat politique des États-Unis en se focalisant sur les relations entre les barons de la drogue et les organisations terroristes. Bien qu’il est impossible de prouver ou de noter des liens véridiques entre ces deux mouvements, le fait que Keoni Waxman (Hunt to Kill) ait pensé à exploiter cette possibilité demeure du génie, car nous avons ici une « composition maléfique » pleinement originale dans le monde du cinéma d’action. Néanmoins, cela n’empêche pas le réalisateur et scénariste d’offrir deux antagonistes assez caricaturaux alors que l’un débute littéralement en tuant des gens, sans aucune raison, durant le générique d’ouverture, et que l’autre se tient bien campé dans ses mentalités terroristes. Contract to Kill essaie bien de jouer avec cette idée en introduisant un aspect politique un peu plus tard dans son récit, mais il reste que l’on ne peut qu’éclater de rire face à ces deux criminels.

Malheureusement, le reste du scénario n’est guère supérieur. Dans sa structure globale, nous pouvons résumer Contract to Kill à un long épisode d’une copie médiocre de Mission: Impossible mettant en vedette le héros indestructible patriotique, l’asiatique expert en technologies et la belle femme inutile. Et lorsque ces personnages parlent, cela devient presque insupportable, à un point tel que les conversations entre les personnages n’ont que peu de sens, nous forçant à éteindre notre cerveau et à suivre le fil de l’intrigue sans trop nous poser de questions, pour ne pas remarquer les incohérences. Notons néanmoins que ces incohérences sont parfois assez comiques si l’on prend le temps de les noter, comme une longue scène d’interrogatoire où le personnage de Seagal questionne un terroriste et que ce dernier est capable de poser les questions et de répondre auxdites questions, sans laisser l’opportunité au terroriste de s’expliquer. Il y a bien quelques revirements de situation durant la seconde moitié qui viennent pimenter le tout, histoire d’insinuer un peu d’énergie au long-métrage de Waxman.

Oui, car s’il y a une chose que le cinéaste est incapable de faire c’est d’instaurer une énergie dans son propre long-métrage. La première moitié de Contract to Kill souffre grandement de ce laxisme alors qu’il est presque impossible de ne pas s’endormir devant la lenteur ce qu’est finalement un petit thriller d’action qui tente jouer dans la cour des grands. Une ambition qui est assez louable même si elle apporte son lot de problèmes hilarants comme une séquence où Waxman tente de copier Sicario de Denis Villeneuve en plaçant Seagal devant un écran vert, forçant l’acteur à tirer dans le noir vers des lumières émises par les armes de ses ennemis, un moment qui se révèle être digne des pires nanars turcs.

Heureusement par la suite, Contract to Kill se calme et nous offre d’excellents moments d’action. Malgré des moyens limités, Waxman offre quelques scènes de combats divertissants, à défaut d’être pleinement réussis (à cause du montage parfois juste de ces séquences) et parvient même à offrir les meilleurs duels de Steven Seagal depuis des années. L’acteur est pleinement investi durant ces moments, détruisant tout sur son passage, sans abuser de la magie du cinéma ou de sa doublure. Contract to Kill nous offre même une bonne leçon, histoire nous rappeler à tous que l’acteur est possiblement l’un des meilleurs combattants d’aïkido au monde. Pour le reste, Keoni Waxman effectue une performance assez moyenne à la réalisation. Comme mentionné ci-haut, le réalisateur est incapable d’instaurer un véritable rythme à sa pellicule, et, aucunement aidé par les faibles moyens du film, toute tentative d’utiliser des effets spéciaux devient risible voire même inutile, spécialement lors des nombreuses scènes horribles centrées sur un drone commercial.

La distribution de Contract to Kill parvient néanmoins à sauver la mise jusqu’à un certain point. En plus d’exceller durant les scènes de combat, Steven Seagal offre une bonne performance, à un point tel que nous pourrions dire que Contract to Kill est le meilleur Seagal depuis des années, si l’on exclut ses murmures qui rendent ses dialogues parfois inaudibles, bien sûr… Russell Wong (Romeo Must Die) a également une bonne présence à l’écran, en plus de participer à quelques bonnes scènes de combat. Jemma Dallender(I Spit on Your Grave 2) est définitivement la meilleure du trio, alors que l’actrice est assez lumineuse à l’écran. C’est d’autant plus dommage qu’elle fut choisie pour interpréter un personnage dans la trentaine, une erreur puisque l’actrice est clairement plus jeune, dans une vingtaine clairement visible. Mais ce qui rend furax, c’est que l’actrice, qui a presque l’âge de l’auteur de ces lignes, a une scène « érotique explicite » avec Seagal où ce dernier ne fait que pétrir et malaxer les seins de l’actrice sans aucune pudeur, une longue scène de nudité que Waxman aurait pu couper durant le montage, une scène de nudité qui va, sans le moindre doute, provoquer un profond malaise et dégoût chez le spectateur qui visionne Contract to Kill, une scène qui défit toutes les normes instaurées par ce cliché qui ponctue la filmographie de l’acteur. Notons brièvement pour conclure que Mircea Drambareanu et que Sergiu Costache remplissent adéquatement les rôles des méchants de service.

Même si nous avons centré notre critique sur les défauts de Contract to Kill, il ne faut pas vous méprendre. Ce film est assez divertissant, dans la mesure où vous êtes capable de surmonter les énormes défauts de cette production et où vous êtes capables de survivre à la première moitié soporifique de l’oeuvre. Contract to Kill n’est pas un grand film, mais les performances soutenues de ses interprètes et les bonnes scènes d’action permettent de nous garder investis dans l’intrigue et de sortir divertis et heureux de cette production. Espérons juste que Steven Seagal puisse continuer sur sa lancée afin de réconcilier l’acteur avec ces admirateurs.


Réalisation : Keoni Waxman

Scénario : Keoni Waxman

Avec : Steven Seagal, Russell Wong, Jemma Dallender, Mircea Drambareanu, Sergiu Costache, Ghassan Bouz

Avengers : Age of Ultron (2015)

Résumé : Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine. Afin d’empêcher celui-ci d’accomplir ses sombres desseins, des alliances inattendues se scellent, les entraînant dans une incroyable aventure et une haletante course contre le temps…

Critique : 

Chaque film de l’univers cinématographique de Marvel représente un événement cinématographique en soi. Mais lorsque les héros de cet univers se réunissent afin de créer la plus grande aventure que le cinéma américain de 2015 aura à nous offrir, nous étions en droit d’avoir des attentes élevées. Es-ce que ces attentes ont été satisfaites?? Non, pas du tout et voici pourquoi…

Avengers : Age of Ultron raconte le combat de sept super-héros qui doivent s’associer afin de combattre un adversaire surpuissant qui tentera d’envahir la Terre et de la détruire avec son armée tout aussi puissante, tout en affrontant une corporation mondiale qui tente de s’assouvir le public mondial à sa gouverne en «concluant» les événements de The Avengers, d’Iron Man 3, de Captain America : The Winter Soldier, en «respectant» la série Agents of S.H.I.E.L.D., en faisant d’horribles placements de produits et en introduisant les événements de Captain America : Civil War, de Guardians of the Galaxy 2, de Thor : Ragnarok, d’Avengers : Infinity War Part 1, de Black Panther, d’Avengers: Infinity War Part 2 et d’Inhumans (Même si la série Agents of S.H.I.E.L.D. fait déjà ce boulot…).

Et pour lier ce beau bordel cinématographique, nous avons un Joss Whedon (Firefly) qui se résigne à reprendre le même scénario que The Avengers en y ajoutant quelques variations pour camoufler son manque d’originalité liée aux obligations contractuelles de cet univers. Le scénario de ce long-métrage ajoute même à l’insulte à reprenant les mêmes gags pour tenter, en vain, de nous faire rire. En 2012, lorsque Hulk frappa Thor dans l’affrontement final du premier volet de cette «trilogie composée de quatre films», les salles de cinéma de ce monde s’exclamèrent de rire. En 2015, lorsque Hulk refait le même gag, plus personne n’a envie de rire…

Avengers : Age of Ultron est tellement chargé en contenu que des moments cruciaux de l’intrigue, comme la création d’Ultron (Ou sa destruction…), sont éclipsés en quelques secondes. En échange, les quelques moments d’originalités servent à introduire des moments «inutiles» (Des moments appréciables certes, mais qu’il aurait fallu mettre de côté afin de rendre l’intrigue globale moins décousue.), afin de permettre à Jeremy Renner d’avoir plus de temps à l’écran (Condition imposée par l’acteur.) et afin de se permettre une facilité scénaristique dans l’affrontement final et afin de justifier le monde «post-Avengers 2».

À la réalisation, Joss Whedon parvient à offrir une caméra plus réussite et plus adéquate pour ce genre de divertissement. La technologie l’aidant, nous ne sommes plus dans le festival du faux-raccord technique et dans le festival de l’écran vert visible. De plus, il faut admettre que le montage de cette pellicule aide grandement à faire passer la pilule en étant agressif, ce qui a pour effet d’injecter une surdose d’énergie, cette énergie «camouflant» les faiblesses du scénario.

Avengers : Age of Ultron c’est également des scènes d’action époustouflantes. Le montage agressif ruine peut-être l’une d’entre-elles (Le premier affrontement contre Ultron.), mais Avengers : Age of Ultron se rachète grandement avec des moments épiques, comme la scène d’introduction, comme le combat entre Hulk et Iron Man ou comme toutes les scènes mettant en vedette le personnage de Vision. La trame sonore de ce long-métrage est assez oubliable mais elle sert bien les propos d’Avengers : Age of Ultron. Et que dire de la 3D inutile et invisible…

Avengers : Age of Ultron c’est également une surdose de talents Hollywoodiens. Les Avengers vétérans (Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, et Jeremy Renner) font tous de l’excellent travail. Samuel L. Jackson, Don Cheadle, Anthony Mackie et Cobie Smulders ont des caméos assez sympathiques. Les autres vétérans de cet univers, Stellan Skarsgård, Idris Elba et Hayley Atwell ont des présences si courtes qu’il serait presque possible de les manquer en regardant sa montre ou en sortant de la salle de cinéma pour lâcher un gaz…

Parlons maintenant des nouveaux venus… James Spader (Stargate) a une présence assez intéressante, en ayant les deuxièmes meilleures répliques de ce long-métrage (Vision lui volant outrageusement la vedette…) mais le scénario d’Avengers : Age of Ultron ne permet pas à ce personnage d’offrir une menace réelle aux Avengers. Elizabeth Olsen est une addition fort délicieuse à cet univers, contrairement à Aaron Taylor-Johnson, qui est lui aussi abandonné par le scénario. Le personnage de Quicksilver n’est là que pour supporter sa sœur jumelle et pour courir, dans des effets spéciaux rappelant grandement ceux de la série télévisée The Flash. Pour sa courte présence, Paul Bettany vole la vedette dans le rôle de Vision, son personnage étant probablement l’une des plus grandes réussites de l’univers cinématographique Marvel. Il faut également noter qu’Andy Serkis a un petit caméo, ce qui est toujours agréable.

Avengers : Age of Ultron n’est pas un échec total, il est juste victime des limites du genre qui ne permettent pas à un long-métrage de supporter un casting gigantesque, de supporter le poids des prologues de sept long-métrages, de supporter le poids d’une série télévisée, et de faire le tout en deux heures et demies. Mais attention, le spectateur moyen sera diverti par Avengers : Age of Ultron, même moi j’ai été diverti par ce long-métrage. Sauf que dans quelques années, nous nous souviendrons d’Avengers : Age of Ultron comme étant un passage obligatoire dans un marathon de films Marvel, mais pas comme étant l’un des meilleurs films de l’univers cinématographique Marvel


Réalisation : Joss Whedon

Scénario : Joss Whedon

Avec : Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Paul Bettany, James Spader, Don Cheadle, Anthony Mackie, Samuel L. Jackson, Cobie Smulders, Thomas Kretschmann, Hayley Atwell, Stellan Skarsgård, Andy Serkis

Mythica: The Necromancer (2016)

Résumé : Lorsque son ami le plus loyal est retenu en otage par Peregus Malister, le maître cruel de la guilde des voleurs, Marek doit s’embarquer dans une mission corrompue avec ses compagnons de voyage. Mais lorsque la mission même ce groupe dans les griffes de Szorlok, Marek doit sacrifier ses ambitions et possiblement son âme pour sauver ses amis et pour empêcher Szorlok d’obtenir un autre morceau du Darkspore.

Critique : 

En général, plus une série cinématographique s’étire, plus elle devient médiocre. Malgré quelques exceptions, cela est une loi de la nature hollywoodienne qui démontre qu’à la longue, mêmes les meilleurs scénaristes ont tendance à manquer d’originalité et de créativité. Mythica: The Necromancer, long-métrage médian de la franchise Mythica, tente de faire obstacle à ce vice cinématographique en tentant de jouer la carte de l’audace et en nous entraînant sur le sentier d’un divertissement qui pourrait bien être le «Empire Strikes Back» de cette saga…

Alors qu’elle tente de compléter son entraînement avec le sage Gojun Pye, Peregus Mallister a soif de vengeance et kidnappe le valeureux Thane. N’écoutant pas les conseils de Pye qui lui dit qu’elle doit rester avec lui et qu’elle n’est pas prête à affronter Szorlok, Marek décide de sauver Thane en effectuant une mission pour Mallister; en récupérant une cargaison de drogue mystérieusement disparue. Mais cette mission pourrait diriger involontaire Marek et ses compagnons dans les griffes ténébreuses de Szorlok…

D’entrée de jeu, il faut dire que Mythica: The Necromancer avait l’audace d’exclure du scénario son personnage le plus prolifique en le faisant kidnapper dès les premières minutes du long-métrage. Une action que les fans de jeux vidéos peuvent comparer de façon assez boiteuse avec Halo 5: Guardians (Avec la «disparition» de Master Chief…). Heureusement, le long-métrage avait une carte cachée avec l’arrivée d’un autre personnage mystérieux Betylla, un guerrier pouvant murmurer aux insectes, ce qui permet de dynamiser un peu la dynamique du groupe, temporairement devenu un trio, même si cela nous rappelle étrangement le scénario du précédant qui usait de la même astuce.

C’est même le plus grand défaut de ce nouvel opus qui reprend subtilement des éléments du restant de la franchise. Mythica: The Necromancer a même l’audace de conclure, en quelque sorte, avec une séquence se situant dans une grotte, pour la troisième fois d’affilée. Il faut croire que les scénaristes de la franchise aient une fascination pour les orifices rocheux. Mais blague à part, nous pouvons noter une certaine paresse de la part des scénaristes dans la réutilisation de nombreux thèmes déjà abordés dans les deux précédents opus et dans l’utilisation de dialogues assez douteux lors de quelques séquences, des dialogues qui pourraient être tirés d’un mauvais téléfilm pour les personnes âgées. Heureusement, le long-métrage réussit malgré tout à nous transmettre des émotions, des émotions qui sont assez tristes et qui vont vous faire pleurer même si Mythica: The Necromancer ne cache aucunement son jeu sur cet aspect. Un peu comme si le long-métrage nous donnait des petits clins-d’œil, afin de nous spoiler subtilement cette partie du dénuement de l’intrigue.

En plus de l’arrivée d’un certain Betylla, le long-métrage permet également de laisser plus de place pour des personnages qui avaient jusqu’ici des présences figuratives. Nous parlons évidement de Gojun Pye, qui gagne enfin de l’importance, même si la majorité de son arc scénaristique n’est que sous-entendue, et de Szorlok, qui même s’il n’est que l’antagoniste secondaire de l’intrigue, parvient à représenter une véritable menace en chair et en os pour Marek et ses compagnons, dans une première rencontre psychédélique qui ne décevra aucunement les fans de la franchise.

À la réalisation, nous avons A. Todd Smith, directeur de la photographique des précédents volets de la franchise qui obtient son premier véritable exploit en tant que réalisateur. Et dans l’ensemble, nous pouvons dire qu’il livre un long-métrage assez intéressant, plus ambitieux que ce que nous serions en droit d’espérer de la part d’une production en partie financée sur Kickstarter. Certes, en tant que réalisateur débutant, A. Todd Smith n’est pas exempte de défauts, des défauts qui proviendront principalement des aspirations du réalisateur. En effet, il a une certaine tendance à privilégier le contenant au lieu du contenu, comme s’il voulait créer à tout prix un «money shot» à chaque séquence. Le «money shot» étant ce type de plan qui montre quelque chose d’épique, un plan que les distributeurs hollywoodiens raffolent (Par-exemple, nous pouvons citer la destruction de la Maison Blanche dans Independance Day.). Même si cela fonctionne la majorité du temps, cette façon de voir le cinéma ne fait qu’alourdir Mythica: The Necromancer, visuellement parlant.

Et au poste de la direction de la photographie, c’est un certain Casey Wilson (Casey of Heart) qui remplace A. Tood Smith haut la main, offrant même une exécution supérieure dans ce domaine, parvenant à capturer avec plus d’efficacité les beautés et les couleurs vibrantes des lieux de tournage. Au niveau des scènes d’action et des effets spéciaux, le long-métrage se surpasse (Si on le compare avec d’autres productions indépendantes qui ont des moyens financiers et techniques équivalents.) avec quelques bonnes trouvailles, comme avec une séquence assez remarquable où Marek et le mystérieux Betylla traversent un champ de bataille d’une extrémité à l’autre afin d’y retrouver un homme ayant des connaissances vitales pour leur quête.

Le seul élément technique vraiment dérangeant du long-métrage se trouve dans la composition sonore de Nathaniel Drew, le compositeur attitré de la saga Mythica. Nous pouvons affirmer que Drew a composé, sans le moindre doute, la meilleure trame sonore de la franchise à ce jour. Sauf qu’étrangement, sa musique est souvent en décalage avec les propos de Mythica: The Necromancer, ce qui fait qu’elle nous énerve à la longue, malgré que nous aurions très certainement énormément de plaisir à écouter cette musique dans notre voiture ou notre salon. Il y a juste quelque chose qui ne fonctionne pas lorsque nous fusionnons cette musique avec Mythica: The Necromancer

Notre quatuor de héros, Melaine Stone (Riot)Adam Johnson (Veronica Mars)Jake Stormoen (War Pigs) et Nicola Posener (Axed), se surpasse, offrant tous des performances riches en émotions, avec chacun des acteurs ont tous leur moment de gloire, même si Adam Johnson est absent pour la majorité des scènes de cette production. Néanmoins, cette fois-ci c’est Jake Stormoen qui se débarque de ce quatuor, lui dont le personnage regagne quelques lettres de noblesse après un deuxième volet où il était plus effacé et plus énervant. Philip Brodie (World of the Dead: The Zombie Diaries) est la seule addition notable du long-métrage, lui qui joue avec une certaine efficacité le fameux Betylla. Et il nous faut noter que Kevin Sorbo (Hercules: The Legendary Journeys), Robert Jayne (La franchise Tremors) et Matthew Mercer (Resident Evil 6) cessent de traverser l’écran pour quelques minutes, alors que ces hommes voient leurs rôles respectifs prendre de l’expansion.

Malgré un manque d’originalité assez flagrant d’un scénario qui tente d’être vainement audacieux, Mythica: The Necromancer ne déçoit pas le spectateur qui suit cette franchise depuis l’année dernière. Mythica: The Necromancer réussit au moins d’exploit de ne pas tirer la franchise vers le bas, alors qu’il reste encore deux longs-métrages à visionner pour conclure cette saga cinématographique indépendante.


Réalisation : A. Todd Smith

Scénario : Jason Falle, Liska Ostojic, Justin Partridge

Avec : Melanie Stone, Adam Johnson, Jake Stormoen, Nicola Posener, Philip Brodie, Kevin Sorbo, Matthew Mercer, Davey Morrison, Robert Jayne, Christopher Robin Miller, Geoff Hansen

Mythica: The Darkspore (2015)

Résumé : Poursuivi par l’armée de Szorlok, Marek et ses compagnons de route font une course contre la montre les menant à une cité perdue pouvant contenir un immense trésor…

Critique : 

Après un premier volet assez moyen, le studio Arrowstorm Entertainement est revenu à la charge ce printemps avec une nouvelle compagne Kickstarter servant, cette fois-ci, à financer Mythica : The Darkspore, deuxième volet de cette trilogie à en devenir. Puisque vous avions supporté cette campagne à l’époque, il est maintenant le temps de critiquer ce long-métrage, fraîchement débarqué dans notre boite aux lettres.

Mythica : The Darkspore démarre immédiatement (approximativement…) après les événements de Mythica : A Quest for Heroes, avec notre quatuor de protagonistes célébrant l’évasion réussie de Caeryn, des mains d’un ogre. Mais lorsque cette dernière se fait tuer, nos héros visiblement en peine et marqués par ce meurtre sont obligés de partir à la recherche d’une cité mythique pouvant contenir la source d’un pouvoir infini, un pouvoir que Kishkumen, homme de main de Szorlok et meurtrier de Caeryn, tente activement d’acquérir…

Visiblement, l’écriture de ce long-métrage fut marquée par Star Wars : Episode V – The Empire Strikes Back. Es-ce une bonne chose ou une mauvaise chose? En toute franchise, c’est à vous de décider, néanmoins, en tant que cinéphile accompli, il m’était impossible de ne pas noter l’influence du classique du cinéma américain sur Mythica : The Darkspore. D’entrée de jeu, les enjeux sont plus élevés cette fois-ci, alors que nos héros doivent empêcher Szorlok, que nous voyons enfin brièvement, d’acquérir le Darkspore, un artefact pouvant apporter d’immenses pouvoirs maléfiques à son possesseur. D’ailleurs, la dualité entre le bien et de mal est grandement étudiée en long et en large alors que Marek, protagoniste de la franchise Mythica, aura des difficultés à gérer sa noirceur et à «l’exploiter» pour en faire le bien.

Le tout se traduit par une histoire assez simpliste lors des deux premiers tiers où nos héros font la quête de se rendre dans cette cité, une quête qui connaîtra notamment l’arrivée de Qole, un elfe sombre dans le groupe, et un combat contre des zombies (Merci The Walking Dead pour avoir ramené ces créatures à la mode…). Mais, ce n’est que dans le dernier tiers que Mythica : The Darkspore déploie l’immensité de son scénario alors qu’il se permet quelques revirements scénaristiques bien placés mais d’un évidence assez perceptive lorsque l’on connaît la première trilogie Star Wars.

Néanmoins, le récit connait quelques longueurs, notamment lorsque ce long-métrage doit gérer les conséquences de l’évasion de Marek (Qui débuta son aventure comme esclave.) dans le deuxième tiers du film ou lorsque Mythica : The Darkspore tente de résoudre le «cliffhanger» de son aîné à travers un montage d’ouverture assez confus. Également, il est dommage de constater la faible présence des antagonistes, un défaut qui était également présent dans le premier volet. Alors que nous découvrons enfin l’identité du méchant de cette trilogie, ce dernier ne se permet qu’un caméo glorifié et son bras droit quitte l’enfer du caméo pour obtenir une présence courte mais impressionnante dans le dernier droit du scénario.

À la réalisation, Anne K. Black (Dawn of the Dragonslayer) continue dans l’ensemble, à faire un bon travail. Nous avons ici une réalisatrice qui est capable d’utiliser à fond les moyens mis à sa disposition afin d’en obtenir le meilleur résultat possible, même s’il faut dire que les beaux décors de l’Utah ont certainement aidés cette réalisatrice. On pourra même noter que cette fois-ci, nous avons le droit à des scènes d’action plus abouties, tant que ces dernières d’incluent pas des effets par-ordinateur. Lorsque nos héros combattent dans un univers réel, notamment lors de la grande bataille finale, Mythica : The Darkspore n’a rien à envier, mais lorsque nos héros doivent affronter des fées ou un dragon géant, les scènes d’action peuvent sombrer dans l’embarras.

Mythica : The Darkspore ayant un budget limité pour ces effets, il fait l’erreur de diluer cet argent à travers un nombre trop grand de scènes, qui peuvent même sombrer dans le nanardesque, notamment lorsque le personnage de Kevin Sorbo (Andromeda) passe la majorité de ses scènes à «galoper» devant un affreux écran vert. Au-moins, pour aider à faire passer la pilule, nous avons A. Todd Smith (Mythica : A Quest for Heroes) qui fait un excellent travail de cinématographie apportant une palette de couleur assez intéressante aux beautés naturelles que Black capture avec sa caméra. Même chose pour Nathaniel Drew (Legends from the Sky) dont la trame sonore aux influences européennes aide à supporter le long-métrage.

En ce qui concerne notre quatuor d’acteurs principaux, ils parviennent à élever leurs jeux d’acteurs respectifs pour ce deuxième volet de la trilogie Mythica. Melanie Stone (Survivor) parvient à offrir une performance assez convaincante tout comme Nicola Posener (Axed) dans le rôle de la prêtresse Teela. Néanmoins, Adam Johnson (Vamp U) continue à être le meilleur de la troupe en ayant une présence imposante. Malheureusement, Jake Stormoen (War Pigs), la dernière partie de ce quatuor, voit son rôle perdre en importance, devenant l’élément de trop du groupe, mais le jeu d’acteur de Stormoen aide à camoufler cet aspect.

Ce fait est notamment dû à Rocky Myers (The Saratov Approach) devenant la cinquième partie de ce groupe, jouant un elfe sombre et mannequin de service pour les dames. Myers offre une présence assez honnête, lui dont le personnage aidera à approfondir la psyché de certains membres de l’expédition. Ryan Palmer offre un antagoniste assez intéressant, même s’il n’est surtout présent que pour l’acte final, tandis que Matthew Mercer (Resident Evil 6), grand méchant de cette trilogie, n’est présent que sous la forme d’un caméo spirituel… Et que dire de Kevin Sorbo qui reste dans la case du caméo pour ce second volet, tout comme Robert Jayne (La franchise Tremors), même si ce dernier voit son rôle gagner en importance.

Mythica : The Darkspore représente avec fierté l’univers du cinéma indépendant en présentant au spectateur un divertissement de qualité, avec des défauts assez visibles. Néanmoins, on retiendra de cette aventure le fait qu’elle soit plus équilibrée (Le ratio l’action, l’aventure, le drame et le fantastique…), plus palpitante et plus épique. Sans l’ombre d’un doute, nous attendrons avec impatience l’arrivée du troisième volet de cette franchise assez méconnue du public…


Réalisation : Anne K. Black

Scénario : Anne K. Black, Jason Faller, Kynan Griffin

Avec : Melanie Stone, Adam Johnson, Jake Stormoen, Nicola Posener, Rocky Myers, Ryan Palmer, Robert Jayne, Kevin Sorbo, Matthew Marcer

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