Pandemic (2016)

Résumé : Dans un futur proche, la planète est décimée par un virus infectant la population et la transformant en zombies. Dans l’espoir de trouver une cure et de repousser les hordes d’infectés, Lauren, une docteure, arrive à Los Angeles, après la chute de New York, afin de prendre en charge une équipe tactique chargée de retrouver des survivants. L’objectif de l’équipe de Lauren est simple : Trouver des survivants et les ramener en lieu sur, tout en étant équipé de caméras afin de documenter leurs expériences sur le terrain, ce qui pourrait être utile dans la recherche d’un remède. Néanmoins, rien ne pourrait préparer Lauren au cauchemar peuplant la ville de Los Angeles…

Critique : 

Il faut croire qu’Hardcore Henry a déjà eu des clones puisque Pandemic est sorti de façon assez discrète la semaine dernière en VOD au Québec (Afin d’accompagner sa sortie dans les salles américaines le 1er avril 2016…). Pandemic est sorti de façon si discrète, qu’il n’est même pas encore listé (Au moment d’écrire ces lignes…) sur le site internet de son distributeur canadien, Mongrel Media, sur IMDB ou même sur les sites de cinéma québécois. En fait, si ce n’était pas d’une visite anodine sur Google Play, nous ne saurions même pas que Pendemic est sorti au Canada. Était-ce un coup de marketing ou était-ce pour cacher la médiocrité du long-métrage??

Lauren, une scientifique médicale de New York, débarque à Los Angeles au beau milieu d’une pandémie mondiale qui transforme lentement la population en êtres sauvages et agressifs, pour ensuite les tuer et les faire évoluer en zombies. Spécialiste de cette maladie, elle sera affectée à direction d’une équipe composée de Wheeler, un ex-détenu aujourd’hui devenu un conducteur d’autobus, de Gunner, un ancien policier responsable des seules armes de l’expédition, et de Denise, une femme en deuil de son fils chargée de guider le groupe. Ensemble, ils devront d’aventurer dans Los Angeles afin d’y retrouver une poignée de survivants dans une école abandonnée.

Je ne vais pas emprunter plusieurs détours pour vous dire ceci : Ne visionnez pas Pandemic. Ce long-métrage est nul et il sera très certainement l’un des pires films de l’année 2016. La seule chose pouvant justifier le visionnement de Pandemic, c’est sa façon de nous présenter l’intrigue de selon le point de vue des acteurs, un peu comme Hardcore Henry, mais en plus confus et en plus complexe. Oui, car nous avons quatre personnages principaux qui sont tous équipés d’une caméra sur le dessus de leur casque et que la réalisation trop nerveuse de l’oeuvre ne nous permet pas d’identifier.

Et pour nous rendre notre visionnement plus simple, un personnage secondaire nous livre une introduction explicative où il nous résume tous les différents stades de la maladie et les différents habits des personnages principaux du long-métrage, nous donnant même l’impression que Pandemic est sur le point de nous faire passer un examen important sur la survie face à des zombies. Malheureusement, nous échouons ce test puisque ces informations ne nous servent à rien. Nous n’avons rien à foutre si les personnages de Pandemic tombent qui quelqu’un de malade, quelqu’un de fou, quelqu’un de cannibale ou sur un zombie cannibale et les personnages eux aussi ne tiennent compte de ce fait en fuyant / tuant tout ce qui bouge, peu importe leur état corporel ou mental. Même chose sur les informations sur les habits vestimentaires de nos héros qui nous servent à rien.

Les quatre personnages ont des gants identiques qui se rendent jusqu’aux coudes des acteurs, et lorsqu’une scène d’action survient, nous ne voyons que ces gants. Nous n’avons aucune idée de l’identité du personnage que nous suivons durant ces scènes à cause de ces fameux gants portés par tous les personnages. Et ce n’est pas au niveau des armes que Pandemic nous aide à différencier ses interprètes puisque selon l’univers du film, un seul personnage peut avoir des armes sur lui, les autres devant se battre avec leurs poings ou presque. Et lorsque le scénario a la bonne idée de donner des bâtons de baseball à tous les acteurs dans une longue scène d’action dans l’autobus, nous sommes rapidement attaqués par une nausée et par de l’incompréhension, car nous n’y voyons que des bâtons de baseball et rien d’autre.

De toute façon, aucun des personnages ne mérite notre soutien. Ils n’ont rien de palpitant et finissent même par nous énerver à la longue, spécialement lors d’une scène où nous apprenons un revirement de situation à propos de la belle docteure. À ce moment, le scénario de Pandemic décide que toute l’intrigue du long-métrage est causé par Lauren, ce qui est totalement faux. Suivant la logique de Pandemic, le commandant qui nous a introduit à ce monde post-apocalyptique pouvait, en théorie, mettre n’importe quel médecin recrue dans cette équipe, sans que cela affecte le récit de Pandemic jusqu’à ce point, puisque toutes les mauvaises décisions ayant un impact négatif sur l’intrigue ont été commises par les autres personnages, avec la recherche de la femme de Gunner, l’égoïsme de Wheeler et l’humanisme de Claire. Également, plus que nous avançons dans le récit de Pandemic, plus que nous voyons les faiblesses du scénario du film, qui nous amène tranquillement à une séquence finale totalement ridicule qui choquera les spectateurs toujours réveillés et qui provoque un certain malaise envers le long-métrage. Évidemment, puisque nous tenons à respecter les lecteurs du site, nous n’allons pas vous dire que Pandemic se termine avec la même facilité scénaristique qui permet au personnage de Claire d’exister dans ce monde, ce qui nous laisse bouche-bée devant le manque d’originalité générale de ce projet…

Et même au niveau des acteurs, nous n’avons rien à nous mettre sous la dent. Rachel Nichols (Continuum) offre une performance moyenne qui nous force sans cesse à comparer l’actrice à Jodie Foster. Pour sa part, Alfie Allen (Game of Thrones) alterne sans cesse entre le jeu d’un détenu repentant et celui d’un petit délinquant, ce qui apporte beaucoup de confusion à son personnage. Heureusement, Mekhi Phifer (ER) est là et il nous propose un jeu d’acteur assez investi, malgré un rôle relativement peu présent dans l’intrigue que propose Pandemic. Également, notons que Missi Pyle (Gone Girl) est assez effacée dans son rôle et que nous avons le droit à un caméo de Paul Guilfoyle (CSI: Crime Scene Investigation) qui interprète l’officier qui nous offre une longue séquence explicative sur les zombies et le code vesimentaire en début d’aventure.

Pandemic n’a que deux points positifs à sa défense. D’abord, même si John Suits est incapable d’instaurer de l’énergie et un rythme à son long-métrage et même s’il semble être dépassé par le concept du «first-person shooter», un concept qu’il ne maîtrise pas pleinement, nous devons admettre que Suits est capable de générer des images fortes et puissantes, notamment lorsque nous traversons Los Angeles, une ville vide et déserte. Même chose pour quelques scènes d’action et d’horreur qui offrent également des images fortes, même si cela représente également le plus grand défaut de la réalisation de Suits, qui semble plus occupé à tenter de créer des images fortes qu’à réaliser un long-métrage efficacement. Ensuite, nous avons la trame sonore d’Alec Puro (Lost in the Pacific) qui offre une bonne trame sonore malheureusement effacée, à un point tel que nous n’avons aucuns souvenirs de cette trame musicale, nous forçant même à un deuxième visionnement sélectif pour pouvoir l’évaluer…

Non, Pandemic n’est pas un bon long-métrage. Nous n’avons même pas envie de vous le conseiller, puisque sa réalisation est bordélique, ses interprètes sont peu inspirés et puisque son scénario a déjà été vu et revu des centaines de fois dans des longs-métrages bien supérieurs. Fuyez-le dans la mesure du possible et assez visionner Hardcore Henry, ou même Doom qui offrait une séquence de «first-person shooter» bien plus réussie que l’entièreté de Pandemic


Réalisation : John Suits

Scénario : Dustin T. Benson

Avec : Rachel Nichols, Missi Pyle, Alfie Allen, Mekhi Phifer, Paul Guilfoyle, Nea Dune, Danielle Rose Russell, Dominic Bogart, Jaime Gallagher, Alexander Ward

Supergirl – Saison 1 (2015-2016)

Résumé : Une jeune femme née sur Krypton décide de s’épanouir et de devenir une super-héroïne.

Critique : 

Cette saison, DC Comics a dominé la télévision américaine avec pas moins de sept séries télévisées. L’une de ces séries nous proposait la première adaptation sérieuse de la cousine de Superman, après le fiasco du Supergirl de 1980 et après son apparition dans la série télévisée Smallville. Sauf que l’héroïne de Krupton n’avait pas prévue être le prix de consolation d’un groupe de scénaristes qui mourraient d’envie de vous raconter l’épopée de Superman…

Envoyée sur Terre à l’âge de 13 ans, Kara Zor-El devait débarquer sur Terre en même temps que son cousin Kal-El afin de le protéger, mais elle resta coincée dans la Zone Fantôme. Après 24 années d’hibernation, elle parvient finalement à attendre la Terre, où elle découvrit son cousin combat le crime sous le pseudonyme de Superman. Maintenant connue sous le nom de Kara Danvers, la Kryptonienne révèle sa véritable identité au reste de la planète lorsqu’elle voit sa sœur adoptive être coincée dans un accident d’avion, en direct à la télévision. Adoptant le pseudonyme de Supergirl, Kara décide de suivre l’exemple de son cousin et de combattre le crime de National City, en compagnie de sa sœur, une agente secrète du DEOchargée de capturer les extraterrestres vivant sur Terre, de Winslow « Winn » Schott, Jr., fils d’un génie du mal, et de James Olsen, le meilleur ami de Superman.

D’entrée de jeu, nous devons vous avertir que cette critique risque de contenir quelques spoilers importants sur les treize premiers épisodes de la saison et quelques spoilers légers pour le reste de la série; rien qui peut vous gâcher votre visionnement de Supergirl, mais nous tenons à vous avertir par courtoisie. Ce n’est pas de notre faute, mais pour analyser en profondeur Supergirl, il nous faut découper en profondeur le scénario de la série qui semble être écrite par des bipolaires.

En effet, Supergirl tente d’apporter au public américain (Et accessoirement au public canadien, français, britannique…) un divertissement télévisuel crédible en mettant de l’avant un personnage féminin fort, sans pour autant tomber dans les clichés du tutu rose. Mais au sein même de l’histoire de la super-héroïne, nous pouvons sentir un profond déchirement au sein de la communauté de scénaristes qui écrivent cette série, à un point tel que nous pouvons clairement séparer la première saison de la série en deux. D’un côté nous avons un début de saison inégal qui sombre souvent dans la médiocrité et qui nous donne l’impression que les scénaristes avaient plutôt envie d’écrire une série télévisée sur Superman. De l’autre côté, après les treize épisodes commandés initialement par CBS, nous sommes devant une série plus maîtrisée et plus divertissante qui met trop d’ampleur sur un personnage inutile, inventé que pour remplir le reste de la saison, en attendant l’aboutissement du plan machiavélique de Non.

Supergirl nous raconte les origines de l’héroïne du même, nom qui après avoir assisté aux exploits de son cousin, décide de devenir également une super-héroïne lorsque la vie de sa sœur adoptive est menacée. Pour l’aider dans cette quête, la série forme deux équipes, une équipe dite «civile» avec James Olsen et Winslow « Winn » Schott Jr. et une équipe dite «militaire» avec sa sœur adoptive, Alex Danvers et son supérieur, Hawk Henshaw. De par la nature de la série, nous passons plus de temps avec les alliés civils de l’héroïne, avec lesquels elle développera un triangle amoureux qui donnera beaucoup de matière aux scénaristes et beaucoup de haine de notre part, surtout lorsque des romances «alternatives» seront introduites pour les deux hommes (Lucy Lane et Siobhan Smythe). Heureusement dans l’ensemble, la dynamique entre ces trois personnages est plutôt réussie, même si nous avons l’impression se visionner une version enfantine de Twilight.

Mais l’équipe «militaire» n’est pas en reste car c’est grâce à elle que la série avance, puisque Alex Danvers, ou la sœur adoptive de Supergirl, travaille au sein du DEO, un organisme gouvernemental chargé d’arrêter et d’emprisonner les extraterrestres venus sur Terre, au même moment que Supergirl s’est «évadée» de la Zone Fantôme. Ces deux équipes d’acolytes permet à la série d’apporter une petite rivalité bienvenue à la série, une rivalité qui symbolise la gauche politique face à la droite politique, le peuple face au gouvernement, la liberté de presse face aux secrets de l’armée. Cette rivalité est d’autant plus étonnante que le DEO est plutôt incompétent dans son approche préventive alors qu’une unité d’élite top secrète dirigée par un extraterrestre (Oui car dès les débuts de la série, nous apprenons qu’Hawk Henshaw est en réalité le célèbre Martian Manhunter…) se fait parfois battre à plate couture par un geek et par le meilleur ami de Superman…

Parler du DEO nous permet d’évoquer les nombreux défauts de Supergirl. Puisque cet organisme est chargé de surveiller les ennemis de l’héroïne, il nous faut parler de ces derniers. La série adopte le concept du méchant de la semaine avec un grand vilain par saison (Comme c’est le cas pour Arrow et The Flash…). Malheureusement, sur le plan scénaristique, la série ne fait rien pour rendre crédible ses vilains et pour créer un véritable moment de tension entre Supergirl et ses ennemis, à un point tel que nous avons l’impression d’assister à un vulgaire combat de pelouse entre des gamins cherchant à dépasser leur énergie. Certes, nous avons un Toyman et un Red Tornado qui nous ont donné de bona affrontements, mais à part ces deux personnages, nous oublions le reste des antagonistes de la série au fur et à mesure que les épisodes se terminent.

Et pour ce qui est de l’arc global de la saison, Supergirl touche presque la cible avec Astra, la tante de Supergirl qui s’est révélée être la meilleure adversaire que pouvait trouver l’héroïne, tant sur le plan physique qu’émotionnel, jusqu’au moment où cette dernière est laissée de côté par la série, pour se concentrer essentiellement sur son mari, Non (Que l’on connait surtout pour être le géant muet de Superman II.). Malheureusement, Supergirl ne laisse jamais de place à ce personnage, nous donnant l’impression que les scénaristes forcent le personnage de Non à faire un coucou aux deux épisodes, du fond de sa cave extraterrestre, avant de disparaître à jamais. Et lorsque la saison s’intéresse enfin à Non, dans les deux derniers épisodes, nous sommes en face d’un méchant dépassé par les événements et qui n’est même pas l’architecte de son propre plan…

D’ailleurs, un autre défaut de Supergirl se trouve dans la construction de ses personnages secondaires. Mis à part le personnage de Cat Grant, tous les personnages non-essentiels à l’intrigue sont médiocres. En effet, dans le meilleur des cas nous avons un Maxwell Lord qui est un clone de seconde zone de Lex Luthor. Dans le pire des cas, nous avons une Lucy Lane qui est insupportable et épuisante, surtout lorsque la série tente par tous les moyens de justifier sa présence. Mais Lucy n’est rien en comparaison de Siobhan Smythe, un personnage principal connu sous les traits de Silver Banshee, un personnage rendant les épisodes 14 à 18 légèrement insoutenables…

Pour conclure notre analyse du scénario de la série, il nous faut noter la lâcheté des scénaristes de la série qui bâclent à plusieurs occasions l’arc narratif de la série. Cela se ressent notamment avec le personnage de Superman, que la série fait tout pour accorder une présence à cet être mythique sans jamais nous le montrer, même si cela fait passer ce super-héros pour un abruti capable, avec une certaine absurdité, de «texter» en plein vol. Aussi, nous devons vous signifier qu’après une saison complète, nous n’avons aucune idée de l’étendue de l’empire médiatique de Cat Grant. Es-ce un journal papier, une chaîne de télévision, un magazine people, un blog, une émission de radio, toutes ces options? En plus, à aucun moment nous ne voyons un semblant de journalisme par Cat Grant ou ses employés, à l’exception de Jimmy Olsen qui prend quelques photos à l’occasion et pour le plaisir. Et à de multiples reprises, notamment dans le final de la saison, nous pouvons sentir que les scénaristes ne savent pas comment conclure leurs intrigues, en causant de multiples incohérences et des revirements de situations illogiques qui peuvent déranger et fâcher son spectateur, qu’il soit fan de DC Comics ou non.

Si la série est un vrai bordel sur le plan scénaristique, nous pouvons au moins saluer les prouesses techniques de Supergirl. Il faut dire que le fait d’avoir à la réalisation des cinéastes comme Lexi Alexander (Réalisatrice du premier Green Street Hooligans), Kevin Tancharoen (Réalisateur des séries Mortal Kombat) et Thor Freudenthal (Percy Jackson: Sea of Monsters) a grandement aidé la série sur ce point. Les effets spéciaux de la série sont parmi les meilleurs de l’industrie, nous donnant l’opportunité d’avoir quelques scènes d’action grandioses. Un peu moins dans la première moitié de saison alors que la série cherchait encore son rythme de croisière (Par cette remarque, nous ciblons surtout le premier combat entre Supergirl et Astra…). Aussi la série se permet quelques extravagances au niveau des décors et des maquillages, mais encore là notre avis sera mitigé puisque pour des conceptions d’extraterrestres réussies et une planète Mars magnifique dans l’épisode consacré  au passé de Martian Manhunter, nous avons également des perruques douteuses et une Krypton assez générique.

Pour ce qui de Supergirl en tant que tel, ses super-pouvoirs sont bien réalisés, surtout sa vision thermique qui l’emporte haut la main sur toutes les autres adaptations des héros de Krypton en termes de beauté, de puissance et du facteur «Wow!!». Et nous avons autant d’éloges à faire pour la version bizarro de Supergirl qui possède également un certain charme. Sur le plan musical, Blake Neely (Compositeur des séries Arrow, Blindspot, The Flash et Legends of Tomorrow) offre un thème assez générique à la série, qui n’hésite pas à utiliser des reprises de chansons populaires pour meubler ses épisodes. Heureusement, la chanson principale de la série est suffisamment mémorable pour nous donner un petit pincement au cœur lors du générique d’ouverture de chaque épisode.

Dans le rôle titre, Melissa Benoist (Glee) est délicieuse dans le rôle de Supergirl alors que son personnage emprunte la voie pavée par Christopher Reeve dans les années 70 et 80. David Harewood (Homeland) et Calista Flockhart (Ally McBeal) ont également de bonnes présences à l’écran, volant toutes les scènes où leurs personnages apparaissent. Le reste du casting est plutôt moyen avec plusieurs pommes pourrîtes, comme Chris Vance (Prison Break) ou Italia Ricci (American Pie Presents Beta House), qui sont incapables d’apporter de la crédibilité à leurs personnages.

Si le niveau d’écriture de Supergirl était capable de dépasser celui de Batman & Robin ou de Catwoman, nous pourrions vous conseiller de visionner cette série. Malheureusement, nous avons l’impression que la série est écrite par des amateurs qui bénéficient d’un budget télévisuel illimité. Oui, car il nous faut admettre que la série est assez jolie et qu’elle offre un niveau de divertissement non-négligeable. Malheureusement, ce n’est pas assez pour pouvoir rivaliser avec les autres adaptations télévisuelles de DC Comics et de Marvel. Et puisque la série n’est pas encore renouvelée, en date du 19 avril 2016, nous devons supposer que la chaîne CBS arrive aux mêmes conclusions que nous…


Créateur : Ali Adler, Greg Berlanti, Andrew Kreisberg

Diffusée sur : CBS

Avec : Melissa Benoist, Mehcad Brooks, Chyler Leigh, Jeremy Jordan, David Harewood, Calista Flockhart, Peter Facinelli, Jenna Dewan Tatum, Briana Venskus, Chris Vance, Jay Jackson, Laura Benanti, Italia Ricci

Close Range (2016)

Résumé : Un déserteur est entraîné dans un combat brutal contre un shérif corrompu, ses adjoints incompétents et un dangereux cartel de drogues afin de protéger sa sœur et sa jeune nièce.

Critique : 

En attendant la sortie d’Undisputed 4, il nous faut nous consoler avec la sortie de Close Range, la dernière collaboration entre Scott Adkins (The Expendables 2) et le réalisateur Isaac Florentine (Undisputed III: Redemption). Même si nous étions surs d’en avoir pour notre argent en termes d’action, la bande-annonce du long-métrage nous donnait quelques doutes en ce qui à trait au produit fini qu’est Close Range

Après le sauvetage de sa nièce kidnappée par un puissant cartel de drogue, Colton MacReady doit débuter un combat brutal afin de sauver sa propre famille. En effet, le cartel, en soif de vengeance, a décidé de prendre d’assaut le ranch de MacReady avec l’aide de la police locale, qui est composée de policiers corrompus prêts à tout pour s’assurer qu’aucune aide ne viendra au secours de MacReady…

D’entrée de jeu, il me faut m’excuser pour les propos sévères de cette critique. Peut-être que mon rhume et ma fatigue générale a joué dans mon appréciation de Close Range, mais il reste que le long-métrage d’Isaac Florentine comporte plus de défauts que de qualités. Sans être dans le déni, nous savions que Close Range ne serait pas le long-métrage du siècle, mais nous étions en droit d’attendre un peu plus d’un scénario bâclé. Dans un certain sens, nous pouvons même dire que le long-métrage n’a pas de scénario.

Le long-métrage a une durée avoisinant les 85 minutes (1H25 si vous préférez…). Cette durée inclut un générique d’ouverture et un générique de fin, qui retirent une bonne dizaine de minutes au long-métrage. Et pourtant, le scénario de Close Range peine à optimiser cette courte durée. Malgré les quatorze adversaires que devra affronter Scott Adkins après le générique d’ouverture (Isaac Florentine nous force presque à les compter en dévoilant le nom de tous les membres du cartel mexicain lors de leur première apparition en sol américain.), nous avons l’étrange impression que rien ne se déroule dans ce film, puisque nous ne faisons qu’attendre le prochain combat du personnage de Scott Adkins contre ces bandits.

Le problème du scénario de Close Range pourrait se trouver dans les limites de son concept qui reprend l’idée de l’invasion à domicile, mais en remplaçant le trio de méchants habituels (Le voleur, le tueur et le braqueur de coffre…) par un cartel de la drogue. Aussi, le long-métrage se tire dans le pied en utilisant une trame scénaristique vue et déjà vue en apportant rien de nouveau à la table et en fondant l’histoire sur des dialogues plus que douteux et sur un paragraphe d’ouverture qui nous parle du Japon et des samouraïs, pour une raison encore inconnue. Et pourtant, le long-métrage a un personnage principal qui méritait le coup d’œil. Nous avons sincèrement l’impression que Colton MacReady, le personnage principal du long-métrage, a vécu de nombreuses péripéties avant les événements du film et qu’il en vivra plusieurs autres par la suite. Si vous voulez mon opinion personnelle, je dirais même que ce personnage pourrait facilement être l’objet d’une franchise un de ces jours. Sinon, le seul élément narratif intriguant du long-métrage était le personnage du shérif dont la corruption, l’alcoolisme et l’amour de son fils apportait un peu d’imprévisibilité dans une histoire qui en avait grandement besoin.

Heureusement, ce qui sauve largement le long-métrage, c’est la présence d‘Issac Florentine à la réalisation. Florentine est habitué de Scott Adkins; il connait les aptitudes de son acteur par-cœur et il connait les limites de ses dons en arts martiaux. Cela permet au réalisateur d’offrir des scènes d’action à couper le souffle. Le long-métrage débute en feu avec un plan séquence où Adkins prend d’assaut les hommes qui retirent en otage sa nièce et poursuit sur sa lancée avec un Adkins qui saute sur le toit d’une voiture en mouvement et avec un affrontement final plutôt jouissif. Notons aussi que Florentine a dépensé de façon efficace le faible budget de son long-métrage, notamment en produisant un générique d’ouverture assez générique ou en détruisant une partie du décor principal du long-métrage grâce à la fusillade finale.

Ces petits éléments nous permettent que Close Range est plus riche qu’il ne l’est réellement, nous donnant même l’impression que nous ne regardons pas une vulgaire production sortant directement en DVD. Malheureusement, tous n’est pas rose dans la réalisation de Florentine, car ce dernier donne trop de style à son long-métrage, un «style» qui se caractérise par des plans de caméra qui sont parfois étranges. Rien de dramatiques, même si nous avons l’impression de visionner un film qui se pense plus «cool» qu’il ne l’est réellement. La même critique peut être appliquée à une course poursuite qui ne fonctionne que grâce à la quantité impressionnante de poussière présente sur le plateau de tournage.

Au niveau de la trame sonore, Stephen Edwards fait de son mieux pour offrir une musique à l’inspiration mexicaine, mais cela ne fonctionne tout simplement pas. Malgré des éléments sympathiques, à l’exception d’un horrible sifflement récurrent, la musique d’Edwards nous donne l’impression d’être une sorte de Frankenstein qui s’effondre sur lui-même. Nous pouvons réellement dire que le long-métrage est un désastre à ce chapitre, surtout que la musique omniprésente d’Edwards parvient réellement à nous distraire et à nous sortir du contexte du long-métrage.

Dans le rôle titre, Scott Adkins est magnifique. Il livre une performance formidable, malgré la faiblesse relative du scénario, et il est impressionnant dans les scènes d’action. Il était définitivement né pour jouer ce personnage. Nous pouvons dire la même chose, ou presque, de Nick Chinlund (Con Air) qui joue le shérif corrompu de l’histoire, et de Madison Lawlor, qui offre une solide performance ce qui est grandement honorable vu l’inexpérience relative de l’actrice. Pour sa part, Tony Perez (Scarface) fait un bon travail, sans plus, dans le rôle de l’antagoniste principal de Close Range. Et c’est tout ce que vous pouvez espérer du jeu des acteurs, car le reste de la production a un talent assez limité.

Close Range n’est pas le film du siècle, mais il saura vous divertir, spécialement si vous avez envie d’un moment de cinéma jouissif. Les scènes d’action valet le détour et Scott Adkins vole la vedette. Malheureusement, le film est vite rattrapé par la faiblesse de son scénario qui semble avoir été conçu sur un bout de papier dans une cantine du coin. Il reste que pour un spectateur fanatique du cinéma des années 80 ou pour un spectateur ayant envie de visionner quelque chose sans se creuser la tête, Close Range demeure le meilleur choix possible.


Réalisation : Isaac Florentine

Scénario : Chad Law, Shane Dax Taylor

Avec : Scott Adkins, Tony Perez, Nick Chinlund, Caitlin Keats, Jake La Botz, Madison Lawlor, Ray Diaz, Umar Khan, Craig Henningsen

Red Heat (1988)

Résumé : En pleine guerre froide, Ivan Danko, un policier Russe (Schwarzenegger) voit son partenaire tué par un trafiquant de drogue (Ed O’Ross) lors d’une arrestation musclée. Lorsque ce dernier quitte le pays pour s’enfuir vers les U.S.A., Danko le poursuit vers le pays capitaliste et doit faire équipe avec, Art Ridzik, un policier local (James Belushi) pour subvenir à ses fins.

Critique : 

Nous avons ici le meilleur film de Big Arnold, dans ceux qui n’ont pas une grande popularité dans nos esprits, comme un Terminator ou un Total Recall. Non pas qu’il est un long-métrage de même calibre, bien que quelques scènes sont mémorables. Comme toute l’introduction du film qui se déroule et qui a été tourné à Moscou (Premier film américain à avoir le droit à tourner durant la Guerre Froide.) où nous pouvons suivre Danko se battre à poil dans la neige.

Une quinzaine de minutes plus tard, l’action se déplace aux U.S.A. avec l’arrivée de Danko, et là, la qualité descend. Puis elle remonte lorsque Ridzik et Danko font équipe et redescend lorsque Danko se retouve à l’hôpital et remonte lorsque Danko en sort, etc. Le défaut principal réside ici, un manque de constance flagrant. Ces moments faibles arrivent peut-être 4 ou 5 fois dans le film, mais «Oh my God…»

Pourtant, le film emprunte tout les codes du Buddy Cop, avec aux commandes Hill, l’homme qui a inventé le genre, avec tout ses défauts et ses avantages. Le genre est bien exécuté avec un Schwarzenegger en mode terminator russe et un James Belushi en mode comique de service, comme à son habitude et à notre plus grand plaisir. Et pour unir les deux hommes, nous avons le bon vieux capitalisme vs communisme, qui est un peu trop mis en évidence.

À force de vouloir faire la promotion des deux façons de vivre, nous pouvons presque sentir que Hill tente de remplir quelques trous dans son scénario. Dire que le capitalisme engendre la pornographie et que le communisme engendre la barbarie est une chose mais en faire des références à tout moment… Malgré les quelques autres défauts significatifs de l’époque (comme le six-coup d’Arnold qui tire plus que six coups), ce film reste un incontournable si vous êtes fan de Big Arnold!!!


Directeur : Walter Hill

Scénariste : Walter Hill, Henry Kleiner, Troy Kennedy-Martin

Acteur : Arnold Schwarzenegger, James Belushi, Peter Boyle, Ed O’Ross, Laurence Fishburne

Invasion USA (1985)

Résumé : Un dangereux soviétique décide d’envahir les États-Unis, et le seul pouvant l’empêcher, est son ancien ennemi, Matt Hunter (Chuck Norris, The Delta Force)…

Critique : 

Premier véritable film où Chuck Norris acquiert des supers-pouvoirs qui le rendront légendaire, je parle ici de la téléportation qui lui permet de TOUJOURS être au bon endroit, au bon moment, pour arrêter les terroristes aux quatre coins de la Floride, avec son camion, et une journaliste sans grande importance qui semble être là que pour mettre une présence féminine dans le long-métrage. Et en plus de ses téléportations, nous trouvons ici quelques-unes de ses meilleurs «punch-lines» à vie, d’ailleurs, celle de la «pite» dans le «tupperware» est ma préférée.

Au milieu de ce nanar flirtant avec la science-fiction, nous avons une histoire, mais surtout des méchants cons, mais cons… Quoi de mieux pour envahir l’Amérique que des bateaux de la Seconde Guerre mondiale et des camions de livraison… Quoi de mieux pour s’assurer de la faisabilité de son plan que de tenter de tuer Chuck Norris, chez lui, mais de le manquer, car il coupait virilement du bois avec sa tronçonneuse jaune, et il n’y avait que son ami indien (Je spécifie le fait qu’il soit indien, parce que ça semble un truc «important», pour les policiers du film)… Quoi de mieux comme tactique que de se payer un «trip» de Bazooka en banlieue américaine, à Noël, ou de tirer sur des papiers dans un pièce remplie de bureaux vides pour attaquer les USA… Et quoi de mieux que des mercenaires tellement stupides, qu’un d’entre eux se fait remarquer en déposant peu subtilement une bombe dans un centre commercial et, qu’ensuite, dans la course-poursuite qui en découle avec Chuck Norris et la journaliste, le co-pilote échappe sa grenade sans son véhicule avant d’exploser…

Dans le duo d’ennemis mortels, nous avons Chuck Norris et Richard Lynch. Pour le premier, il faut dire que j’ai été un peu déçu, car entre sa téléportation, ses moments introspectifs, comme devant un parc d’attractions qui a explosé et ses combats à l’uzi qu’il tient de façon virile au niveau de ses pectoraux avec des lanières de cuir, camouflés dans une chemise en jeans, il ne fait pas d’arts martiaux et il est un piètre acteur… Son vis-à-vis joue à 110%. Mais, si on exclut sa coiffure légendaire (Il ne se décoiffe pas), ses moments philosophiques sur l’Amérique et, une première à mon avis dans tous les films que j’ai vu dans ma vie à ce jour, un méchant qui se réveille en sueur d’un rêve mettant en vedette Chuck Norris, il parvient à être plus mauvais que Chucky

Que reste-il à sauver de ce long-métrage?? D’abord, il faut dire qu’il est devenu célèbre, voir même culte, donc c’est comme la recette de fèves au lard de grand-maman, ça goûte mauvais, mais on se doit de la respecter, surtout si Chuck Norris est un des ingrédients… Aussi, je dois admettre que les scènes d’action sont divertissantes et que, pour une rare fois dans l’histoire d’Hollywood, le réalisateur, Joseph Zito (Friday the 13TH : The Final Chapter), a pensé à un détail anodin, un impact de balle, sur un mur, le projectile ne fait pas juste un trou, mais il arrache aussi un peu de bois et de peinture… Sinon, le film reste un gros nanar culte avec Chuck Norris, et juste cela, vaut le déplacement!!


Directeur : Joseph Zito

Scénariste : James Bruner, Chuck Norris, Aaron Norris

Acteur : Chuck Norris, Richard Lynch, Melissa Prophet, Alexander Zale

The Last King (2016)

Résumé : 1206, Norvège. Le pays est ravagé par une guerre civile et le fils illégitime du roi, récemment assassiné, est traqué par la moitié du royaume, tout en étant secrètement protégé par deux hommes. Il en découle alors une formidable course contre la montre pour amener l’héritier sur le trône…

Critique : 

Avec l’arrivée de la série Game of Thrones, les mondes médiévaux semblent gagner en popularité, alors que plein de cinéastes tentent de profiter de ce filon. Bien souvent, ces « clones » parviennent à capturer l’essence de la populaire série, même s’ils ne parvient pas à obtenir le même succès. Si vous voulez un clone douteux, nous vous conseillons la série anglaise Beowulf: Return to the Shieldlands. Mais, si vous voulez un clone compétent et efficace, alors visionnez The Last King

Skjervald et Torstein évacuent le fils illégitime du roi d’un petit village durant la guerre civile de Norvège. Profitant du chaos généré par cette guerre, Gisle, un héritier distant du roi, échafaude un plan pour tuer le roi, avec l’aide d’un membre de la famille royale. Maintenant que le roi est mort, le pouvoir religieux utilise le désordre créé par Gisle pour traquer le bambin, massacrant la famille de Skjervald par la même occasion. Désespérés et en quête de vengeance, les deux guerriers devront parcourir la Norvège dans l’espoir d’amener le bébé en vie aux pieds du trône du royaume.

Pardonnez l’introduction douteuse de cette critique, puisqu’elle reflète une idée qui me trottait dans la tête durant mon visionnement de The Last King. Malgré la mention que le long-métrage se base sur des faits vécus, nous avons l’impression de visionner une version cinématographique et réaliste de Game of Thrones. Après-tout, l’histoire de The Last King se concentre sur une épopée incestueuse, avec trahison, enfant bâtard, rivalité fraternelle et un peu de sexe, le tout à la sauce norvégienne.

Mais The Last King va plus loin que sa source d’inspiration et nous livre simplement un bon divertissement. Le film nous permet d’explorer un pan méconnu de l’histoire européenne avec l’exploration d’une guerre touchant un pays facilement oublié par le septième art. Et même avec un traitement cinématographique respectueux, il en découle un récit assez réaliste sur la forme sans pour autant sombrer dans une épopée ennuyeuse de par des explications et des mises en situations au détriment du divertissement. Néanmoins, cela cause le principal problème du scénario de Ravn Lanesskog puisqu’il faut un bon quart d’heure au spectateur pour pouvoir embarquer dans le film. C’est que une exposition sommaire sur la guerre civile en Norvège et sur les différents clans du pays, que The Last King suppose que l’on va tout comprendre du premier coup. Ce qui n’est effectivement pas le cas, puisque nous sommes sur la touche jusqu’à la mort du roi, un problème qui risque de se produire surtout chez le public nord-américain qui n’a que de faibles notions de l’histoire européenne.

Mais qu’importe puisqu’après The Last King se visionne comme le film médiéval décomplexé qu’il est en réalité. The Last King nous raconte l’épopée de deux hommes barbus en ski avec un bébé. Il est impossible de ne pas s’amuser avec cette prémisse et le scénariste du long-métrage l’a bien compris. Malgré des propos assez sérieux et des scènes pouvant choquer quelques cœurs sensibles, The Last King ne tente pas de rivaliser avec les œuvres plus complexes de ce monde. Le film garde les choses simples en créant une belle relation entre les deux personnages principaux et le bébé dès la fin de l’introduction, pour laisser le plus de place possible aux scènes d’action et aux rebondissements, pour faire du long-métrage une sorte de Mad Max: Fury Road sur skis…

Derrière la caméra nous retrouvons Nils Gaup, un réalisateur norvégien principalement connu pour son court passage chez Walt Disney à la fin des années 80 et pour le film nominé aux Oscars, Pathfinder. Gaup réalise d’une main de maître The Last King, même s’il est incapable de camoufler le budget serré de cette production. Il est très honorable que Gaup ait réalisé son long-métrage avec des décors et des conditions climatiques réelles, mais cette liberté de mouvements a possiblement gruger le budget de certains éléments techniques, comme les décors, qui semblent souvent être assez petits et minimalistes. Mais bon, cela ne nuit pas au divertissement que Gaup tente d’engendrer, surtout que l’homme nous offre les meilleures poursuites en ski depuis des lustres, surpassant la majorité de tout ce qu’Hollywood a eu à offrir dans ce domaine (Rapellons-nous de On Her Majesty`s Secret Service…).

Également les scènes d’action sont bien réalisées, avec de bonnes prises de vues et un montage à point. Un manque de sang nuit un peu à The Last King, dans la mesure où les blessures des acteurs et figurants manquent parfois de réalisme. Quitte à parler des problèmes de la réalisation de Gaup, notons également que le rythme du film est légèrement inconstant, avec quelque temps morts, surtout situés dans les premières minutes explicatives du long-métrage. De plus, dans sa démarche, le réalisateur a su s’entourer de Peter Mokrosinski (La saga Millenium), un directeur photographique qui apporte les teintes justes pour illustrer la froideur et la sauvagerie de la Norvège du précédent millénaire. La trame sonore soutenue de Gaute Storaas (The Last Sentence) est également à noter, avec plusieurs notes musicales importantes et appropriées.

Dans les rôles tires, Jakob Oftebro (Kon-Tiki) et Kristofer Hivju (Game of Thrones) ont une chimie parfaite et les deux acteurs livrent des performances efficaces, parvenant à apporter beaucoup d’humanité chez ces deux guerriers. Le reste du casting, composé d’acteurs inconnus pour les spectateurs nord-américains, fait également de l’excellent travail, surtout Pål Sverre Hagen, dans le rôle de Gisle, le scélérat qui voulait devenir roi. Il est aussi impossible de passer à côté du bébé utilisé par la production. Il est possiblement le bébé le plus coopératif qu’il n’ait été possible de voir dans un long-métrage, avec une présence incroyable à l’écran, volant souvent la vedette aux guerriers barbus qui l’entouraient.

Équipé de deux colosses armés de skis, Nils Gaup parvient à créer un divertissement assez intéressant où l’histoire de la Norvège permet au réalisateur de nous proposer des éléments rarement vus dans le cinéma hollywoodien. Certes, les poursuites entre des skieurs poilus et des chevaux risquent d’éloigner les spectateurs un peu plus « conventionnels ». Si vous passez outre ce changement de culture (Le spectateur québécois n’a peut-être pas conscience que le ski fut inventé en Norvège…), The Last King est prêt à vous offrir un produit plaisant, qui plaira tant aux amateurs de l’époque médiévale qu’aux amateurs de bons divertissements. The Last King est définitivement une surprise qui mérite votre coup d’œil.


Réalisation : Nils Gaup

Scénario : Ravn Lanesskog

Avec : Jakob Oftebro, Kristofer Hivju, Torkel Dommersnes Soldal, Ane Ulimoen Øverli, Nikolaj Lie Kaas, Pål Sverre Hagen, Åsmund Brede Eike, Søren Pilmark, Thorbjørn Harr

The Hollow Point (2016)

Résumé : Le nouveau shérif d’une petite ville américaine près de la frontière du Mexique enquête sur le trafic d’un cartel de la drogue qui s’est mal déroulé.

Critique :

Jusqu’ici, l’année 2017 fut assez désastreuse avec de nombreux échecs commerciaux et plusieurs déceptions personnelles. Heureusement, dès que les bourgeons du printemps arriveront, nous aurons plusieurs divertissements alléchants à nous mettre sous la dent, dont Justice League et War for the Planet of the Apes. Mais avant de débarquer dans ces mondes imaginaires, il nous faut revenir à la froideur de la réalité et de l’hiver avec The Hollow Point, un divertissement sorti en décembre 2016 aux USA et ce mois-ci au Canada, un western moderne qui tentera de sauver l’hiver 2017…

Leland, un shérif alcoolique d’une petite ville située près de la frontière du Mexique, remarque les activités suspectes d’un duo de bouseux locaux. Malheureusement pour lui, l’arrestation d’un de ces criminels tourne mal, entraînant Leland dans une fusillade qui coûtera son emploi. Wallace, un policier de la grande ville retournant dans son patelin, est promu comme à la tête du service policier de cette localité. Malheureusement pour lui, le maintien de la paix s’avéra plus ardu que prévu au fur et à mesure qu’il poursuit l’enquête de Leland, une enquête qui fera de lui la prochaine cible d’un dangereux tueur à gages mexicain.

Il est assez dommage que The Hollow Point n’ait pas connu de véritable exploitation en salles. À l’image d’Hell of High Water, The Hollow Point parvient à utiliser une prémisse utilisée par les westerns (Deux shérifs enquêtant sur une série de meurtres et devant ultimement arrêter un criminel.) et à l’actualiser pour une époque plus moderne. Si nous nous concentrons sur ce domaine seulement, le long-métrage se visionne comme un vieux film de Clint Eastwood ou de John Wayne, avec une véritable absence de « technologie ». Cela apporte une qualité quasi-intemporelle à The Hollow Point, avec une intrigue qui pourrait aisément se situer quelque part entre 1990 et 2017. Un détail mineur qui permet d’accentuer le côté western de l’œuvre et qui améliore la ruralité et l’isolement de nos personnages.

Mais si nous revenons sur l’histoire en tant que tel, The Hollow Point nous dévoile une intrigue palpitante axées sur un quintuor de personnage très intéressants. Et c’est sur cette grande force que le film se repose pour vous divertir. Si l’histoire reste assez commune, elle a la particularité de se servir des êtres qui peuplent cette ville perdue pour complexifier une prémisse assez simple. Car, tous les personnages sont habités de nuances de gris, tant le shérif boyscout et que le vendeur de voitures véreux. Cela permet de maintenir un rythme au long-métrage, alors que chaque temps mort potentiel est neutralisé par un élément nouveau.

Malheureusement, puisque tout l’accent du film fut mis sur les personnages, le scénario de Nils Lyew (Dont c’est le premier texte) souffre de inexpérience de son scribe. D’abord, les dialogues manquent de finition. À de multiples reprises, les propos tenus par les acteurs semblent forcés et manquent de fluidité. Pire encore, nous pouvons constater plusieurs chutes de tonalité dans les dialogues, avec des personnages qui ne sont fâchés que lorsque c’est nécessaire et un gag récurrent qui disparaît soudainement (Pendant le premier tiers, tous les habitants de la ville lancent des injures à Wallace, sans aucune raison apparente…). Et malheureusement, ce défaut se répercute dans l’enchaînement des scènes où nous avons l’impression de sauter du coq à l’âne constamment. Nous pouvons facilement passer d’une scène dramatique et percutante, comme de démembrement d’un personnage principal, à une séquence calme et sereine avec le même personnage la scène suivante.

Mais le pire défaut de l’œuvre, et l’exemple le plus flagrant d’amateurisme du scénariste, se trouve dans les deux scènes finales. Si, dans son ensemble, The Hollow Point parvient à garder un côté «western simple et sérieux jouissif », tout part en vrille dans les dernières secondes où Nils Lyew gifle à deux reprises le spectateur. Premièrement avec la dernière scène du film, qui conclut le tout avec une fin hollyoodienne où un des personnages siffle le chant des oiseaux avant de partir rempli de joie vers le lever du Soleil, apportant confusion et incohérences aux 90 minutes qui ont précédé. Et deuxièmement, pour ajouter une nouvelle couche de confusion, nous avons une scène située pendant le générique où un autre personnage devient l’opposé de tout ce qu’il fut pendant une heure et demie, dans une scène « comique » à la limite de la caricature.

Heureusement, sur le plan visuel, The Hollow Point réalise un sans-faute. Gonzalo López-Gallego (Apollo 18) signe ici ce qui sera probablement l’un des plus DTV de 2017. Le réalisateur n’a pas peur de montrer toute la déchéance des personnages et toute la violence de leurs aventures. C’est sans compromis qu’il nous livre des giclées de sang et des images fortes,  tant dans les moments d’action que dans les plans servant à situer l’intrigue. De plus, le cinéaste démontre ici qu’il est un maître de suspense avec plusieurs moments qui nous propulse littéralement sur la pointe de notre fauteuil, alors que le réalisateur joue à quelques reprises avant nos idées préconçues du « jump-scare », que nous voyons habituellement dans le cinéma horrifique.

The Hollow Point est également une réussite visuelle grâce à José David Montero (Apollo 18). Le directeur photographique parvient à apporter beaucoup d’énergie au long-métrage en rendant les lieux plus vivants, plus colorés. À un point tel que plusieurs plans pourraient facilement faire partie d’une collection de cartes postales. De plus, il nous faut noter une gestion impeccable de la luminosité, qui apporte un regard inédit aux nombreux environnements de l’œuvre. Également, il nous faut mentionner la trame sonore très honnête de Juan Navazo (Open Grave) qui rappelle grandement celle de Sicario (Autre long-métrage sur les activités criminelles entourant la frontière USA / Mexique.). Notons aussi que The Hollow Point utilise des chansons populaires à des fins ironiques, à l’image de Suicide Squad en 2016.

Dans le rôle titre, Patrick Wilson (Insidious) offre une performance fort adéquate, parvenant à élever le niveau d’écriture du scénario, tout en restant dans une zone de confort acquise dans la série Fargo. Néanmoins, Ian McShane (La saga John Wick) est la véritable surprise de ce casting. L’acteur semble être rajeuni d’une bonne dizaine d’années, il semble être enjoué, il offre l’une des meilleures performances de sa carrière et il a une scène d’action impressionnante face à John Leguizamo (Ice Age). Parlant de ce dernier, il est fort compétent dans le rôle du tueur à gages mexicain, sans plus. Jim Belushi (K-9) est méconnaissable en tant que vendeur de voitures à la moralité ambiguë. Son jeu d’acteur est parfois limite, mais il n’est jamais ennuyeux. Ce défaut appartient à Lynn Collins (X-Men Origins: Wolverine) qui est affreusement mauvaise, avec aucune passion dans ses yeux et un accent du sud-américain qui part dans toutes les directions.

The Hollow Point n’est pas un grand film, mais à la suite des nombreux navets critiqués sur Avis Mortel depuis notre ouverture, The Hollow Point se révèle être une véritable bouffée d’air frais. Le long-métrage est excellent sur le point technique, les acteurs sont compétents et l’histoire est captivante, bref tous les ingrédients sont là pour divertir. Ce qui empêche The Hollow Point d’être un grand film, c’est l’amateurisme de son scénariste, qui commet plusieurs erreurs de débutant pour son premier texte. Et cela risque d’être un défaut qui rebutera plusieurs spectateurs…


Réalisation : Gonzalo López-Gallego

Scénario : Nils Lyew

Avec : Patrick Wilson, Ian McShane, Lynn Collins, John Leguizamo, Jim Belushi, Heather Beers, Karli Hall

Spectral (2016)

Résumé : Une unité d’élite est envoyée en mission pour combattre des êtres surnaturels.

Critique :

Netflix prend des risques avec ses divertissements originaux. Certes, quelques risques sont douteux, comme l’arrivée d’Adam Sandler dans ses tentacules. Avec Spectral, la plateforme tente de surfer sur le monde de la science-fiction pure et dure, un genre que Netflix a eu du mal à maitriser, sur une durée de long-métrage, avec ARQ. Malheureusement, il faudra attendre une nouvelle production de Netflix pour obtenir un bon film de science-fiction, puisque Spectral laisse son spectateur sur sa faim…

Clyne, un chercheur, parvient à inventer une machine permettant de transformer la glace en eau, mais l’armée américaine souhaite utiliser cette découverte à des fins militaires. Tandis qu’il est offusqué par cette requête, il doit mettre ses divergences d’opinion de côté car l’armée demande à Clyne de venir l’aider dans sa guerre en Moldavie, où les soldats américains sont tués par des êtres surnaturels. Sur place, il enquêtera sur la provenance de ces fantômes avec l’aide d’une espionne de la CIA et d’une unité d’élite. Malheureusement, Clyne ne se doute pas du danger qui l’attend…

Initialement supporté par le studio Universal, Spectral fut rapidement rejeté après le visionnement interne de son produit final, pour ensuite débarquer sur Netflix. Les raisons de ce rejet sont assez évidentes et il suffit de visionner Spectral (Ou de lire notre critique…) pour comprendre ce rejet. Sur le papier, le long-métrage semble être prometteur et la bande-annonce du film est assez intéressante. Malheureusement, cet intérêt ne se transpose pas sur notre écran, alors que Spectral est une copie étrange d’Aliens.

D’un côté nous avons des soldats équipés jusqu’aux dents et de l’autre nous avons des espèces de fantômes. Tout le film n’est qu’une excuse pour proposer des séquences d’action en suivant la trame narrative d’Aliens. Merde, les scénaristes vont jusqu’à copier les ballades en tanks d’Aliens et à offrir un clone parfait de Newt, la petite gamine d’Aliens. Sur le plan narratif, la seule bonne chose que Spectral parvient à réaliser, c’est nous rappeler de visionner à nouveau le classique de James Cameron. Et pourtant, le manque d’originalité structurel du trio de scénaristes est le moindre des soucis de Spectral, qui a trois problèmes plus importants et plus dommageables.

D’abord, Spectral a un énorme problème d’exposition, car le divertissement n’explique pas les bonnes choses. Plutôt que d’explorer la survie d’une gamine dans un édifice abandonné ou d’expliquer concrètement la guerre en Maldovie, le film a la mauvaise idée de se concentrer sur des points inutiles comme la relation entre des personnages secondaires ou l’explication «scientifique» de ces fantômes. Une explication qui nous est dévoilée de façon si ridicule que Spectral sombre presque vers le côté obscur du nanar. Et pourtant, ce sont les dialogues qui font de Spectral un nanar. Durant la majorité du film, nous avons l’impression que les personnages discutent seuls en groupe, dans le sens où ils livrent des dialogues peu inspirés et clichés qui respectent la logique du film, mais qui n’ont aucuns liens entre les personnages. Concrètement, cela se voit notamment par un personnage qui a un long dialogue avec lui-même pendant que tous les autres personnages discutent entre-eux. Et puis, ce qui est le plus dérangeant avec Spectral, c’est sa faculté à s’inspirer largement de la vieille série américaine MacGyver. Dès que l’histoire du film arrive à un point mort, les scénaristes utilisent la même formule pour relancer leur récit : Clyne va inventer un outil surpuissant avec les débris sous ses mains dans un montage rythmé, digne de la saga Rocky, pour ensuite continuer dans nouvelle direction. L’idée aurait pu être bonne, mais à chaque fois que Spectral utilise ce stratagème, il perd tout son rythme de croisière et il utilise des étirements scientifiques insultants (Peut-on réellement construire des armures de Gears of War avec quelques caisses de l’armée et les débris d’un camp de réfugiés?!?!?).

Mais, c’est Nic Mathieu qui sauve Spectral de l’échec total. Le cinéaste est si compétent, qu’il évite à ce film de sombrer vers les eaux du nanar en gardant un niveau de professionnalisme à l’écran. Oui car, le long-métrage est effectivement joli avec d’excellents effets spéciaux, pour un film au budget assez moindre. Mathieu se contente d’aligner les images marquantes en marchant sur les traces de Michael Bay, et c’est tout ce que Spectral avait besoin. Certes, le dernier tiers est visuellement ennuyeux, alors que le réalisateur semble perdre les moyens avec le scénario qui le force à faire un Godzilla du pauvre, mais puisque nous sommes devant une première réalisation, nous n’en tiendrons rigueur. Par-contre, il y a quelques plans où le réalisateur force sa corde émotive en tentant de nous forcer à ressentir une émotion, des plans comme celui où le général plein d’espoir et la gamine attristée regardent nos héros s’éloigner, des plans où le réalisateur rate complètement la cible en y insérant un aspect «cheesy» infecte et rempli de pourriture… Sur le reste du plan technique, Spectral assure avec une photographie juste, des décors généreux (Mais trop artificiels??) et une trame sonore respectable de Junkie XL.

Au niveau des acteurs, nous sommes en pleine déception. À l’exception de la jeune Ursula Parker (Louie) qui est une véritable révélation, tous les acteurs dorment au gaz. Malgré de bons moments, James Badge Dale (The Departed) n’a pas le charisme et le talent nécessaire pour transporter un scénario si mauvais sur ses épaules. L’acteur est tout simplement déplacé par les événements. Même chose pour Max Martini (13 Hours) et Gonzalo Menendez (Breaking Bad) qui sont également les victimes de ce problème. Et puis, il y a Emily Mortimer (Hugo) et Bruce Greenwood (Star Trek) qui sont clairement présents pour collecter un peu d’argent sans se forcer. Clayne Crawford (The Baytown Outlaws) est aussi de la partie, dans un rôle secondaire où il semble pratiquer son accent de Lethal Weapon.

Pour ceux qui suivent l’actualité de la plateforme Netflix, attendent avec impatience l’arrivée de Mute, le film de science-fiction de Duncan Jones. Et bien, pour visionner un bon film de science-fiction, il faudra attendre ce Mute, puisque Spectral rate complètement la cible en livrant un spectacle stupide et manquant d’originalité. Certes, la réalisation de Nic Mathieu vaut le détour, mais cela ne suffit pas pour faire de ce long-métrage un bon divertissement…


Réalisation : Nic Mathieu

Scénario : Ian Fried, Nic Mathieu, George Nolfi

Avec : James Badge Dale, Emily Mortimer, Bruce Greenwood, Max Martini, Cory Hardrict, Clayne Crawford, Gonzalo Menendez, Ursula Parker, Ryan Robbins

Captain America: Civil War (2016)

Résumé : Alors que Steve Rogers mène la nouvelle équipe des Avengers, un incident qui les impliquent cause des dommages collatéraux forçant l’instauration d’une nouvelle politique afin de ficher les personnes aux capacités extraordinaires et de joindre les Avengers à une tête dirigeante gouvernementale. Ce nouveau statu quo fracture les Avengers en deux camps, un mené par Steve Rogers avec son désir de défendre l’humanité sans l’intervention du gouvernement, et l’autre mené par Tony Stark, qui supporte pleinement les actions de ce gouvernement.

Critique : 

Après des mois d’attentes, les gros bras de Marvel sont de retour avec Captain America: Civil War, qui promettait un affrontement ultime entre Captain America et Iron Man, un affrontement qui allait changer l’univers cinématographique de Marvel pour les années à venir. Malheureusement, il restait une étape à franchir, celle de l’accueil du public et de la critique qui attendaient ce long-métrage avec une brique et un fanal, une hostilité créée par l’échec relatif avec Batman V Superman: Dawn of Justice

1991, Hydra active Bucky Barnes, le Soldat de l’Hiver, afin qu’il mène une mission top secrète servant à voler le contenu du coffre d’une voiture. Aujourd’hui, Steve Rogers et ses Avengers mènent la chasse à l’homme pour capturer Crossbones. Malheureusement, durant l’opération en sol africain pour l’arrestation de ce dernier, les Avengers perdent légèrement le contrôle de la situation et tuent accidentellement une délégation du Wakanda. Ne voulant plus de morts collatérales de la part des Avenvers, une bonne centaine de pays décident de rédiger un traité obligeant tous les êtres «sur-évolués» de la planète à s’enregistrer et à voir une limitation de leurs libertés d’action, un traité que peu d’Avengers approuvent. Par-contre, Rogers sera mis devant le fait accompli lorsqu’un attentat terroriste perpétré par Barnes empêche la cérémonie officialisant cette nouvelle législation et qu’un certain Helmut Zemo tente d’acquérir les vestiges de l’opération menée en 1991 par Barnes…

Par un miracle encore inexpliqué, nous avons ici une nouvelle réussite pour les studios Marvel. C’est un miracle pour la simple et bonne raison que nous avons ici entre les mains un casting plus imposant que lors du précédant Avengers, un casting qui inclut même Black Panther et Spider-Man. Mais avant de vous parler d’eux, il nous faut entrer dans le vif du sujet en parlant du fait que nous avons un long-métrage basé sur la division de vos héros préférés, une division que l’on pourrait comparer, jusqu’à un certain point, à une tragédie grecque. Oui car pour la première fois, nous n’assistons pas à une confrontation entre le bien et le mal, mais à une guerre entre deux forces du bien, entre deux compagnons d’armes, entre deux frères.

Et sur ce point, Captain America: Civil War ne se trompe jamais en nous livrant deux points de vue qui s’opposent sur différents sujets, tant sur le plan des libertés que sur la gestion de la crise impliquant Bucky Barnes. Et pour autant, les deux points de vue s’équivalent avec chacun des partis qui utilisent parfois des prises de positions radicales que l’on désaprouve, ce qui permet aux spectateurs de supporter, en alternance, Captain America et Iron Man. Pourtant, le principal moteur scénaristique du long-métrage se trouve dans les erreurs du passé, un thème récurrent qui apportera son lot de complications pour les vies de nos deux héros. Puisque tant les morts du passé (Les nombreuses victimes collatérales des précédentes productions de Marvel.)  que les morts du présent (L’attentat terroriste touchant la signature du fameux traité.) viendront hanter nos héros.

Malheureusement, cela vient avec un certain coût puisque même avec une campagne publicitaire agressive qui ne dévoile aucune surprise scénaristique, il reste que Captain America: Civil War est assez prévisible dans sa forme. Après une bonne quinzaine de minutes, nous pouvons facilement deviner les rebondissements futurs que le long-métrage utilisera pour relancer son intrigue ou pour surprendre le spectateur. Ce qui nous amène accessoirement à vous parler de l’arrivée de Black Panther et de Spider-Man dans l’univers cinématographique de Marvel. D’un côté, nous avons le célèbre héros africain qui arrive relativement rapidement dans Captain America: Civil War, un long-métrage qui propose un tremplin spectaculaire pour ce personnage qui a une formidable présence à l’écran. Pour sa part, Spider-Man a également une bonne présence, apportant avec lui un humour nécessaire dans ce qui est le plus sombre des longs-métrages du studio Marvel. Malheureusement son entrée en scène et sa sortie de l’intrigue semblent forcées, nous donnant vaguement l’impression d’assister à une présence imposée, plutôt qu’à une présence naturelle du personnage. Même chose pour le personnage d’Helmut Zemo qui est en demie teinte. Car si sa présence était nécessaire au récit, l’utilité de sa présence reste discutable. Au même titre que la présence de Bane dans Batman & Robin, nous avons ici un personnage qui n’est utilisé que pour son nom, et non pour son identité véritable, surtout que Zemo aurait pu facilement être remplacé par n’importe personnage de moindre importance dans la galerie des vilains de Captain America.

Sur le plan technique, les frères Russo livrent à nouveau la marchandise avec une réalisation spectaculaire qui brise les frontières du cinéma hollywoodien, notamment grâce à des scènes d’action merveilleuses, comme la scène de l’aéroport qui restera dans les anales comme étant la meilleure séquence d’action, à ce jour, dans le monde des supers-héros au cinéma. De plus, les deux hommes ont réussi à rendre crédible le personnage du Falcon et à le rendre aussi puissant, en théorie, que Captain America, car après-tout Falcon n’est qu’un homme doté d’un jet-pack muni d’ailes, et à rendre le fait que des hommes peuvent courir plus rapidement que des voitures sur l’autoroute, sans que cela dégénère en un moment ringard ou rempli d’effets spéciaux. Et lors des moments plus calmes, des deux hommes triomphent avec une caméra puissante qui est capable d’exprimer des émotions au spectateur, comme lors de la séquence finale qui joue habilement entre l’ambiance glaciale de la Sibérie, la froideur d’un complexe militaire abandonné et les désastres intérieurs que vivent les personnages.

Par-contre, dans leur démarche, les deux réalisateurs seront grandement aidés par des effets spéciaux qui repoussent à nouveau l’impossible (Ceux qui suivent la télé-série Legends of Tomorrow auront un vilain plaisir à comparer un combat avec The Atom et celui impliquant Ant-Man dans la séquence de l’aéroport…) avec une maîtrise technique plus que parfaite, qui se compare même à celle de The Jungle Book, autre long-métrage sorti plus tôt cette année. Le seul pépin technique réside dans la trame musicale d’Henry Jackman (Kick-Ass), qui est certes magnifique et remplie d’émotions et de moments forts, mais qui ressemble parfois à un vague mélange de bruits assourdissants qu’un gamin aurait maladroitement joué sur le clavier qu’il a reçu à Noël. Ce qui est plutôt surprenant si l’on tient compte de la grosseur de la production qu’est Captain America: Civil War.

Au niveau du casting, tout acteurs vétérans de cet univers cinématographique nous livre de formidables performances, surtout Robert Downey Jr. (Sherlock Holmes) qui n’a jamais été aussi spectaculaire dans le rôle de Tony Stark / Iron Man. Pour ce qui est des nouveaux venus, nous avons aussi le droit à du sans fautes. Chadwick Boseman (42) impressionne dans le rôle de Black Panther, parvenant à capter la stature nécessaire à ce personnage. Dans le rôle de Spider-Man, Tom Holland (In the Heart of the Sea) offre jusqu’ici la meilleure adaptation cinématographique de l’homme-araignée, avec une interprétation parfaite du célèbre personnage de Marvel. Même Daniel Brühl (Rush) nous propose une performance impeccable, malgré le rôle assez discutable qu’il avait entre les mains…

Il ne faut pas douter de Captain America: Civil War qui est une nouvelle réussie cinématographique pour Marvel qui nous livre ici, pour la première fois, une véritable adaptation de l’univers Marvel, avec des personnages qui semblent vivre dans un univers cohérent. Ils ne sont plus que des éléments obligatoires pour constituer les Avengers ou pour des projets futurs du studio, ils sont maintenant les membres d’une large famille qui ne font plus que réagir à l’ennemi, mais qui doivent maintenant être confrontés à des drames familiaux qui peuvent briser leur unité…


Réalisation : Anthony Russo, Joe Russo

Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely

Avec : Chris Evans, Robert Downey Jr., Scarlett Johansson, Elizabeth Olsen, Anthony Mackie, Sebastian Stan, Jeremy Renner, Daniel Brühl, Don Cheadle, William Hurt, Chadwick Boseman, Paul Rudd, Paul Bettany, Martin Freeman, Tom Holland, Emily VanCamp, Frank Grillo

The Huntsman: Winter’s War (2016)

Résumé : Une reine subit l’affront ultime lorsque deux guerriers de son royaume commettent un crime en ayant des sentiments affectifs l’un pour l’autre. Ces deux êtres devront s’unir pour arrêter le règne terrifique de cette reine et libérer le peuple de sa tyrannie.

Critique : 

Même si le long-métrage nous est présenté comme étant un antépisode (Ou prequel…) à Snow White and the Huntsman, nous nous trouvons dans le mensonge puisque The Huntsman: Winter’s War est clairement la suite de son aîné, malgré un flashback d’introduction d’une quinzaine de minutes. Évidemment, pour l’œil pas averti, cela peut sembler être un geste audacieux, puisque Snow White and the Huntsman concluait rondement son intrigue, en tuant au passage la méchante reine, fermant ainsi toute possibilité d’une suite. Mais puisque nous avons cette dernière entre les mains et que la méchante reine est de retour, il est aujourd’hui nécessaire de questionner la pertinence d’un tel long-métrage…

Il était une fois Ravenna, une méchante reine, qui dirige avec une main de fer le royaume de son défunt mari avec l’aide de sa sœur, Freya, une gante dame follement amoureuse d’un homme marié. Lorsque le bambin né de l’union de Freya meurt lors d’atroces souffrances, cette dernière acquiert des pouvoirs magiques glacials et part en exil dans le nord du royaume pour y bâtir un empire né de sa rage. Des années plus tard, alors que Ravenna est morte et que son miroir a disparu (Après avoir rendu folle Blanche-Neige…), Freya tente de récupérer ledit miroir afin de satisfaire sa soif de pouvoir, tandis qu’un valeureux chasseur et quelques nains tentent de la battre dans cette course à la montre épique…

Il est difficile de dire du bien de The Huntsman: Winter’s War, un film qui parvient à faire tout ce que son prédécesseur parvenait à faire, mais en moins bien. À un point tel que nous ressortons du long-métrage avec la curieuse idée que nous venons de perdre notre temps à visionner ce bordel cinématographique. D’entrée de jeu, il nous faut vous rappeler que le film ne se déroule pas avant les événements de Snow White and the Huntsman, mais bel et bien après. Certes, nous avons le droit à un court résumé des origines de Freya et du chasseur, mais dans ce résumé nous pouvons y sentir une approche digne de la franchise The Mummy, avec un long flashback qui nous est raconté par un narrateur.

Nous pouvons même aller plus loin dans cette affirmation en nous disant que The Huntsman: Winter’s War reprend plus ou moins la même trame scénaristique et les mêmes enjeux que The Mummy Returns, mais en y retirant tout l’humour et toute l’excitation que l’on pouvait y trouver. Ce n’est à cause d’un manque d’efforts de la part des scénaristes Evan Spiliotopoulos (The Nutty Professor) et Craig Mazin (Scary Movie 3 et 4), mais leur approche est tellement à côté de la plaque, que toutes les tentatives des écrivains pour créer une histoire palpitante ratent la cible. Aucunement aidés par une campagne publicitaire qui a dévoilé l’entièreté de leur texte, les deux hommes font tout ce qui est possible pour apporter des détours et des embûches aux aventures de nos héros, histoire de nous divertir, même si cela ralentit considérablement The Huntsman: Winter’s War durant son deuxième tiers.

De plus, The Huntsman: Winter’s War échoue son rôle de suite en apportant un nombre important d’incohérences à la franchise et au long-métrage. Si seulement le long-métrage aurait continué sur la voie d’antépisode, il aurait pu y conserver quelques plumes, malgré le fait que le frère de Ravenna n’existe simplement pas dans cette suite. Car une fois que nous débarquons dans le présent de nos héros, un changement de ton important s’y déroule, alors que le film passe du drame fantastique une comédie partiellement parodique qui tente d’émuler The Princess Bride. Équipé de cette légèreté, le long-métrage s’enlise dans une succession d’erreurs parfois anodines (Des personnes voulant tuer le chasseur refusent de se servir de leurs armes pour tuer le chasseur et préfèrent à la place utiliser leurs poings…), parfois graves (Dans le premier volet, le chasseur est endeuillé par sa femme morte, tuée par le frère de Ravenna. Dans The Huntsman: Winter’s War, le chasseur n’est plus endeuillé par le meurtre de sa femme, ledit meurtre ne s’est jamais produit (Sa femme n’a jamais été morte…) et le frère de Ravenna n’a jamais existé…). Et pourtant, il aurait été facile de situer toute l’intrigue du long-métrage dans le passé du chasseur et de corriger ainsi une bonne parties des incohérences, car au final, ce n’est que grâce à quelques éléments, comme le retour de Ravenna, que le récit peut se prétendre être une suite à Snow White and the Huntsman

Derrière la caméra Cedric Nicolas-Troyan, dont c’est la première réalisation, fait un boulot sympathique. Avec entre les mains un budget réduit, le réalisateur livre la marchandise en tentant de commettre le moins d’erreurs possibles. Si nous excluons des scènes d’action parfois illisibles, le cinéaste parvient à attendre cet objectif. Malheureusement, il n’a pas le génie visuel de Rupert Sanders, le réalisateur du précédent volet de la franchise, et lorsque Nicolas-Troyan tente d’imiter Sanders à quelques moments du long-métrage, il se plante royalement pour la simple et bonne raison que le réalisateur The Huntsman: Winter’s War manque d’imagination et nous livre qu’une pâle copie visuelle de son aîné.

Aussi, le budget plus faible de cette suite limite grandement l’univers exprimé par le long-métrage. Les décors ont parfois l’air d’être faits en styromousse, les effets spéciaux manquent souvent de finition (Principalement dans l’affrontement final où Charlize Theron se transforme en une réplique du «Terminator»…) et pour un long-métrage s’intitulant «Winter’s War» ou «Guerre Hivernale», nous sommes déçus de constater qu’il n’y a aucune guerre dans le long-métrage… Même sur le plan musical cela se ressent puisque nous avons entre les mains une composition bâclée et facilement oubliable de James Newton Howard (The Dark Knight) qui semble recycler les restants musicaux du premier volet.

Dans le rôle titre, Chris Hemsworth (Thor) semble être sur le pilotage automatique en se contentait de sourire à la caméra en attendant son cachet de dix millions… En comparaison, Charlize Theron (Mad Max: Fury Road) obtient le même cachet, mais se force à fournir une performance convenable, même si elle n’est présent que pour deux séquences, dans un rôle équivalent à celui de Dwayne Johnson dans The Mummy Returns (Mais soyez rassurés, Charlize Theron ne se transforme pas en scorpion géant…). Nouvelles dans cet univers, Jessica Chastain (The Martian) et Emily Blunt (Edge of Tomorrow) sont particulièrement effacées dans leurs rôles respectifs. Pour leurs parts, Nick Frost (Hot Fuzz) et Sam Claflin (La saga Hunger Games) sont également de retours, même si leurs présences sont aucunement nécessaires. Notons aussi que Blanche-Neige est de retour grâce à des scènes du précédent volet et à un double de Kristen Stewart qui ressemble plus à la fille de The Ring et que si vous visionnez ce long-métrage dans sa version originale, vous aurez la chance d’entendre la voix de Liam Neeson (Taken), qui est le narrateur des aventures de nos héros…

The Huntsman: Winter’s War est un film assez ennuyeux. Malheureusement, il est suffisamment divertissant pour éviter que l’on s’endorme devant un long-métrage qui est aucunement nécessaire. Et puisque sa fin ouverte annonce haut et fort un troisième volet à cette franchise, nous espérons fortement que The Huntsman: Winter’s War se plante royalement au box-office mondial, afin que l’on puisse enterrer cette franchise une bonne fois pour toute…


Réalisation : Cedric Nicolas-Troyan

Scénario : Craig Mazin, Evan Spiliotopoulos

Avec : Jessica Chastain, Chris Hemsworth, Emily Blunt, Charlize Theron, Sam Claflin, Sheridan Smith, Sophie Cookson, Colin Morgan, Nick Frost, Rob Brydon, Alexandra Roach, Liam Neeson

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