Security (2017)

Résumé : Un gardien de sécurité protège une gamine de 11 ans qui est la cible d’un groupe de criminels contre qui elle va témoigner en cour.

Critique :

Après plusieurs bons divertissements en sol québécois, le cinéaste Alain Desrochers (Nitro) obtient enfin sa chance de percer le marché américain. Il a récemment tourné le film d’action Security en Europe, un film d’action qui est récemment débarqué au Québec. Et même si Security n’a pas fait autant de bruit que les Blade Runner 2049 et Demolition de ce monde, il reste que nous avons ici un autre bon divertissement réalisé par un québécois.

Même s’il n’est pas parfait, Security est déjà l’un de mes coups de cœur de l’année 2017. Le long-métrage prend la formule inventée par Die Hard et l’applique à un centre commercial sans commettre d’énormes erreurs. L’histoire est condensée et elle ne s’égare pas en tentant de révolutionner le genre, ce qui nous donne un film énergique. Il est simplement impossible de s’ennuyer en visionnant Security.

Malgré un budget assez faible, Alain Desrochers réalise d’une main de maître ce divertissement. Les scènes d’action sont excellentes, avec une séquence d’ouverture tout simplement magnifique (chapeau à la direction photographique et à l’éclairage qui nous font sentir chaque goutte de pluie durant cette scène…). Et lorsque les événements se transportent dans le centre commercial, nous ne sommes pas en reste alors que nous avons de l’action en continu, avec des hommages à John Woo et un joyeux affrontement entre Antonio Banderas (sublime dans son rôle) et Cung Le. La trame sonore du québécois FM Le Sieur (Nitro) est également un atout, malgré quelques notes trop patriotiques.

Mais, comme mentionné plus haut, Security n’est pas un long-métrage parfait. Le film a deux problèmes qui sont, de façon non intentionnelle, assez comiques. Tout d’abord, quelque part durant le premier tiers, nous découvrons enfin les compagnons de route de notre héros qui vient débuter son tout premier quart de travail au centre commercial. Dès lors, le niveau d’écriture baisse soudainement tandis que nous découvrons les idiots du village et les mauvais jeux d’acteur de leurs interprètes. Security corrige éventuellement ce problème en resserrant son écriture et en laissant les acteurs tranquilles. L’autre « gros » problème provient du centre commercial en lui-même. En aucun moment l’équipe de production n’a tenté de rendre l’intérieur de l’édifice crédible. Car si ce n’est d’un placement de produit pour une compagnie récréative de chez nous, rien dans ces magasins (les murs, les articles, les couloirs, le système de sécurité…) ne permet de croire que nous sommes dans un endroit réel avec des items que les gens pourraient se procurer. Même si nous savons qu’il est presque impossible de filmer un film d’action dans un véritable centre commercial, surtout si l’on veut reproduire des impacts de balles réelles, il est simplement comique de regarder Antonio Banderas combattre des ennemis avec l’énergie du désespoir dans des décors en carton…

Security garde les choses simples en se concentrant sur l’action, sur son maigre scénario et sur Antonio Banderas. En tant que clone de Die Hard, le long-métrage remplit avec brio les tâches qu’il doit accomplir et en tant que divertissement, Alain Desrochers nous prouve qu’il a les reins assez solides pour piloter un film d’action musclé et pour percer dans le cinéma hollywoodien.


Réalisation : Alain Desrochers

Scénario : Tony Mosher, John Sullivan

Avec : Antonio Banderas, Ben Kingsley, Liam McIntyre, Chad Lindberg, Gabriella Wright, Cung Le, Lillian Blankenship, Jiro Wang

[KILL COUNT] : Shooter (2007)

Shooter est souvent le film que l’on a tendance à oublier dans la filmographie d’Antoine Fuqua. Et pourtant, Shooter est un solide divertissement avec une distribution de rêve. Mais surtout, Shooter fut le meilleur long-métrage sur un tireur d’élite depuis l’époque du premier Sniper (avec Tom Berenger et Billy Zane).

Mark Wahlberg est définitivement l’une des grosses pointures du cinéma d’action et, alors qu’il est perdu dans les méandres de la franchise Transformers et des comédies vulgaires américaines, prenons le temps de commémorer ce chapitre de sa carrière en visionnant cette vidéo qui montre tous les meurtres commis par l’acteur dans Shooter!!!

Kingsman: The Golden Circle (2017)

Résumé : Lorsque leurs quartiers généraux sont détruits et que le monde est tenu en otage, les Kingman découvriront une organisation alliée aux États-Unis. Ensemble, les deux devront faire équipe pour défaire un ennemi commun.

Critique :

Après avoir conquis les écrans de cinéma en 2015, la franchise Kingsman est de retour avec une suite dopée aux stéroïdes. Et même là, c’est une observation très conservatrice puisque pour ce deuxième opus Matthew Vaughn (X-Men: First Class) injecte des litres de Red Bull dans sa mise en scène pour nous offrir l’un des longs-métrages les plus soutenus de 2017.

Globalement, Kingsman: The Golden Circle reprend la formule de son aîné avec un méchant voulant changer la face du monde en créant un génocide (Julianne Moore), la découverte d’une agence top secrète d’espionnage (les Statesman) et une relation de mentorat entre un espion et une nouvelle recrue (lire ici un Colin Firth amnésique). Mais, contrairement à son aîné, Kingsman: The Golden Circle est incapable de tenir la route.

Cette suite commet quelques erreurs qui pourrissent sérieusement son scénario. En accélérant son rythme, The Golden Circle ne parvient pas à conserver la cohérence du premier volet de sa franchise qui, malgré son histoire éclatée, parvient à garder le tout dans une logique crédible et avec une logique cinématographique. Ici, le long-métrage ne fait que reprendre le même moule et y ajoute toutes les idées qui passent par la tête des scénaristes. Cela nous donne un film décousu où les séquences semblent parfois provenir d’un autre film et où le ton de l’ensemble ne fonctionne pas.

Étrangement, cela fait que nous nous ennuyons rapidement alors que nous sommes perdus dans une oeuvre cinématographique qui ne sait pas si elle veut être une adaptation de bande dessinée, un « hommage » à la franchise James Bond (ceux de Roger Moore et de Pierce Brosnan) ou une parodie dans la vague des Scary Movie. Et cet ennui est particulièrement pénible alors que cette suite est plus longue que le premier Kingsman; alors que chaque minute supplémentaire se fait cruellement sentir. L’autre problème créé par ce pépin réside dans les personnages en eux-mêmes, qui proviennent de films différents et qui n’ont pas nécessairement un scénario permettant de se développer. Ce fait se note surtout chez les antagonistes qui ne sont pas crédibles et qui n’ont que peu de logique dans leur méchanceté.

Kingsman: The Golden Circle est également une légère déception sur le plan technique. Matthew Vaughn offre une réalisation superbe avec des plans de caméras créatifs et de magnifiques scènes d’action, qui déçoivent assez souvent. Vaughn se donne à fond dans sa suite, ce qui est fort louable, mais la post-production vient gâcher le tout. Le montage d’Eddie Hamilton (le précédent Kingsman) ne parvient pas à supporter la caméra du réalisateur, alors que le tout manque un peu de finition. Même chose au niveau des effets par ordinateur qui n’ont pas la même délicatesse que lors du précédent film; quelques éléments, comme des « animaux » artificiels, piquent un peu des yeux nous donnant l’illusion de visionner un mauvais Transformers

Afin de terminer sur une note positive, soulignons que la trame sonore de Kingsman: The Golden Circle est géniale, avec quelques bons succès populaires parfaitement placés, et avec une excellente musique d’Henry Jackman (Captain America: Civil War) et de Matthew Margeson (The Expendables). La distribution est également au point avec des performances remarquables, principalement Julianne Moore (Children of Men) dans le rôle de la vilaine Poppy Adams. Le seul point négatif, c’est que plusieurs des acteurs du long-métrage sont grandement sous-utilisés; certains d’entre eux n’ayant que des caméos anodins, histoire d’attirer des foules en salles.

Kingsman: The Golden Circle n’est pas un mauvais film, mais nous avons ici une suite clairement intérieure au premier volet de cette franchise. Kingsman: The Golden Circle manque de finition et ne sait tout simplement pas où il veut aller avec ses personnages et son intrigue. Il faut simplement garder l’esprit ouvert et abaisser ses attentes pour ne pas être déçu en visionnant le film…


Réalisation : Matthew Vaughn

Scénario : Jane Goldman, Matthew Vaughn

Avec : Colin Firth, Julianne Moore, Taron Egerton, Mark Strong, Halle Berry, Elton John, Channing Tatum, Jeff Bridges, Pedro Pascal, Edward Holcroft, Hanna Alström, Poppy Delevingne, Bruce Greenwood, Emily Watson, Michael Gambon

Kingsman: The Secret Service (2015)

Résumé : Un agent secret décide d’enrôler un jeune prodige pour un programme d’entrainement, afin de former d’autres personnes ayant le même métier que lui…

Critique : 

Offrir un film d’espionnage est une chose bien délicate à faire pour Hollywood. Une franchise massive, James Bond, monopolise le genre, ce qui oblige les cinéastes de ce genre un  exercice supplémentaire, pour ajouter un élément unique à leur réalisation, afin de se démarquer, bien ou en mal, de cette franchise culte. Depuis quelques décennies, nous avons les films d’espions comiques (Johnny English, OSS 117), politiques (la franchise Jack Ryan), réalistes (la franchise Jason Bourne), enfantins (La franchise Spy Kids, la franchise Cody Banks), etc. Kingsman: The Secret Service y va avec sa propre interprétation, une interprétation qui lui va foutrement bien!

Kingsman: The Secret Service démarre en trompe avec une opération ratée visant à capturer et à interroger un terroriste au Moyen-Orient et à partir de cette scène, nous avons clairement le ton du récit. Ce long-métrage se veut être une sorte d’hommage et de parodie des James Bond de Sean Connery et de Roger Moore, mais avec la plume de Mark Millar (puisque ce film est inspiré d’une bande dessinée.) et avec l’effet visuel de Matthew Vaughn (Kick-Ass), devenant ainsi le «Scream» du cinéma d’espionnage. Le résultat est assez simple, un grand moment de divertissement avec des rebondissements en série, quitte à utiliser les clichés du genre à son avantage. Pour rien dévoiler de l’intrigue, qui a été suffisamment exposée sur la place publique par la 20th Century Fox, qui n’a pas su comment distribuer son propre long-métrage, disons tout simplement que le seul grand défaut de l’intrigue, c’est lorsqu’il s’inspire un peu trop de Moonraker, un des volets de James Bond, qui a grandement divisé son public lors de sa sortie, en 1979.

Mais, pourtant, ce qui choque et impressionne ici, c’est la combinaison du scénario et de la réalisation, qui s’unissent pour révolutionner le cinéma d’action en repoussant les limites de ce qu’Hollywood peut nous offrir en termes de divertissement. Les exemples sont nombreux, mais ce qui frappe le plus, c’est une séquence d’action, censurée dans certains pays (mais pas au Canada.). Cette séquence, se déroulant dans une église offrant la religion d’un culte quelconque, parvient à nous offrir un mélange de dégoût, de malaise et d’émerveillement, tout en forçant le spectateur à rester bouche bée, devant le spectacle qui se déroule devant ses yeux. En toute franchise, Kingsman: The Secret Service vient peut-être de nous offrir la scène d’action de l’année 2015 grâce à cette séquence et parvient même à répéter (ou presque) l’expérience dans un affrontement final doté d’une excellence chorégraphie fluide.

À la réalisation, Matthiew Vaughn est spectaculaire. En plus des scènes d’action qui sont magnifiquement chorégraphiées et filmées (pas de montage agressif ou de caméras branlantes.), Vaughn offre un spectacle à grand déploiement, alliant l’esthétisme britannique et à une palette de couleurs fort impressionnantes. Nous pouvons même sentir quelques références bien placées dans sa réalisation, comme Scanners de David Cronenberg, qui subit une grande marque d’admiration dans le dernier acte. Osant même dans la trame sonore, Kingsman: The Secret Service s’appuie dans une sonorité très envoûtante, qui allient des morceaux originaux à des morceaux d’anthologie, comme une pièce KC & The Sunshine Band, utilisée comme musique d’ambiance par le personnage de Samuel L. Jackson (Pulp Fiction) pour la scène d’action finale.

Au niveau de la distribution,  Kingsman: The Secret Service s’offre la quasi-perfection. Dans le rôle-titre, nous avons un jeune Taron Egerton qui impressionne dans son premier long-métrage important, ou son deuxième film en carrière si vous préférez, apportant une énergie et une attitude que plusieurs studios américains ont tenté d’obtenir, en vain, dans de nombreux films d’action mettant en scène des jeunes hommes. Mais, la véritable surprise de cette distribution, c’est Colin Firth (The King’s Speech) qui s’initie dans le monde de l’action et qui est se permet de faire de l’ombre aux Liam Neeson de ce monde. Regarder un acteur d’exception dans un long-métrage c’est une chose, mais regarder un acteur d’exception dans un film d’acteur (sans être un superhéros), c’est une chose qui n’arrive que rarement dans une année de cinéma nord-américain.

Pour accompagner ces hommes, nous avons un Mark Strong (Sherlock Holmes), qui offre une performance fort convenable, lui qui est maintenant devenu une valeur sure d’Hollywood. Seule ombre au tableau, Michael Caine (The Dark Knight) est le maillon au peu faible de la distribution, lui qui se croit encore dans un long-métrage de Christopher Nolan. Au rayon des méchants, Samuel L. Jackson prouve à nouveau qu’il a le talent et la volonté d’offrir aux spectateurs des antagonistes d’exception et il le fait à nouveau dans ce film, tout en nous offrant une référence bien placée à Pulp Fiction, dans une scène bien comique. La danseuse Sofia Boutella l’accompagne dans sa tache, avec un scénario qui exploite à fond ses talents de gymnastique et sa beauté corporelle, même si son personnage est amputé des jambes. Pour sa part, Mark Hamill (Star Wars) s’offre une apparition courte mais mémorable, pour deux scènes, en début de long-métrage.

Kingsman: The Secret Service offre un spectacle rafraîchissant. Apportant un nouveau souffre au cinéma d’espionnage (un genre qui fut grandement exposé en 2015 avec 4 films (5 en comptant Taken 3, qui a un espion comme personnage principal.).) et au cinéma d’action, le film de Matthew Vaughn est un classique instantané, un film comme on n’en voit peu. Kingsman : The Secret Service est le premier film d’action de qualité qu’a offert Hollywood en 2015. Ne pas le visionner serait une erreur de votre part.


Réalisation : Matthew Vaughn

Scénario : Jane Goldman, Matthew Vaughn

Avec : Taron Egerton, Colin Firth, Samuel L. Jackson, Mark Strong, Michael Caine, Sophie Cookson, Sofia Boutella, Mark Hamill

Lethal Weapon – Saison 1 (2016 / 2017)

Résumé : Un policier suicidaire fait équipe avec un détective vétéran qui tente de maintenir un niveau de vie sans stress.

Critique :

En général, c’est toujours avec un grincement de dents que l’on doit accueillir une nouvelle série télévisée qui s’approprie un long-métrage pour créer son propre univers. Si certains cas, comme Stargate, se sont révélés être des succès, mais dans la majorité des cas, ces tentatives sont des échecs cuisants. Lethal Weapon fut attendu par de nombreux fans avec beaucoup de réticences, surtout que la chaîne Fox tentait d’adapter une franchise aimée par beaucoup, une franchise destinée à un public mature; en créant une série télévisée tous publics sur une chaîne généraliste.

Mais peu importe comment l’on analyse la série, nous sommes forcés de constater que cette version fonctionne pleinement, même aux yeux de l’un des plus grands admirateurs du duo composé de Mel Gibson et de Danny Glover. Cette fois-ci, c’est Clayne Crawford (The Baytown Outlaws) et Damon Wayans (Major Payne) qui ont la charge d’interpréter Riggs et Murtaugh. D’abord et avant tout, il nous noter que les deux acteurs interprètent parfaitement leurs rôles, livrant des performances d’acteurs de haut niveau, élevant même le reste de la distribution par leur seule présence.

Le cœur de la série repose sur ces deux acteurs et sur leurs personnages. Cette première saison se concentre essentiellement sur les origines du duo, un peu à l’image du premier Lethal Weapon. Ce duo n’a guère changé puisque la série reprend les bases des deux personnages pour n’effectuer que des retouches esthétiques qui servent essentiellement à mieux approfondir ces derniers ou à les rendre plus réalistes. Parlant de reprises, la série parvient également à utiliser quelques moments forts des quatre films et à les pervertir de façon si subtile que l’on a entre les mains plusieurs clins d’œil amusants au fil des épisodes.

Cette première saison de Lethal Weapon suit une trame narrative globale, alors que Riggs est dépressif et cherche à découvrir l’identité de l’assassin de sa famille, mais avec des intrigues totalement indépendantes à chaque épisode. Bref, la série utilise une formule utilisée des milliers de fois, mais elle le fait avec peu de délicatesse; créant ainsi l’un des deux grands défauts de la série. Lethal Weapon met beaucoup d’énergie à nous faire vivre le deuil et la folie de Martin Riggs, mais elle oublie constamment de poursuivre la trame narrative sur le mystérieux assassin, nous laissant que quelques épisodes pour tenter de boucler la chose.

L’autre grand défaut réside dans les dialogues. En général, ils sont d’une grande qualité, mais, à chaque épisode, les scénaristes ont le tour d’introduire une conversation plus qu’étrange. Et à ces moments, nous sortons rapidement de notre zone de confort pour assister aux mérites des véhicules Ford ou pour «insister» sur un élément particulier de l’épisode. Ce n’est pas un énorme problème, mais il est étrange de voir une série de la sorte avoir un problème de constance dans ses scénarios.

Sur le plan technique, Lethal Weapon est exemplaire. La série génère d’excellentes scènes d’action, surtout durant sa première moitié qui est plus axée sur ces moments musclés. D’ailleurs, au niveau des effets sanglants et de la violence en tant que tels, notons que Lethal Weapon est possiblement l’une des séries les plus violentes de la télévision généraliste américaine. La direction photographique est aussi très bonne, tout comme la trame sonore qui recycle plusieurs chansons populaires, tant des classiques que de la musique récente.

Bref, Lethal Weapon est une agréable surprise. La série n’est pas le bide annoncé et elle nous offre un divertissement constant que l’on a envie de dévorer rapidement. Son exécution n’est pas parfaite, mais pour une première saison, Lethal Weapon parvient à surpasser ses concurrentes et à rendre hommage aux longs-métrages originaux.


Création : Matthew Miller

Diffusée sur : Fox

Avec :  Damon Wayans, Clayne Crawford, Keesha Sharp, Johnathan Fernandez, Kevin Rahm, Michelle Mitchenor, Jordana Brewster, Dante Brown, Chandler Kinney, Richard Cabral, Floriana Lima, Tony Plana, Hilarie Burton

Larceny (2017)

Résumé : La CIA recrute Jack, un voleur professionnel, pour entrer dans un coffre-fort situé dans une prison top-secrète au Mexique afin d’y récupérer de l’information sensible. Mais lorsque le cartel local, qui a de l’argent caché dans le complexe, envoie des professionnels pour envahir l’endroit, Jack devra se dépêcher avant de sa faire tuer pour le cartel ou par l’armée mexicaine.

Critique :

R. Ellis Frazier (Misfire) est de retour avec un autre film d’action. Cette fois-ci, le cinéaste apporte avec lui quelques grosses vedettes du monde du DTV. Malheureusement, cela ne suffit pas à faire de Larceny un bon long-métrage. Car, contrairement à Rumble, également sorti ce mois-ci au Québec, Frazier parvient à livrer un film assez joli sur le plan visuel, malgré un scénario horrible et sans grande volonté.

Larceny a entre les mains une idée assez géniale où s’entremêlent la CIA et les cartels mexicains, le tout avec un soupçon de politique américaine. Et puisque l’histoire nous raconte le cambriolage d’une prison top-secrète par un groupe de joyeux lurons, nous aurions pu espérer un divertissement très bourrin ou comique, à l’image des Ocean’s Eleven. Néanmoins, ce n’est pas que ce les scénaristes de Larceny avaient en tête, car nous sombrons rapidement dans l’ennui d’un film politique avec des dialogues peu inspirés et qui sont délivrés par des acteurs avec peu de talents.

Car même si Dolph Lundgren (Universal Soldier) est un interprète de qualité, lorsque nous avons la chance de le voir dans un film d’action, ce n’est pas pour délivrer de longs dialogues, mais pour le regarder assommer ses adversaires à grands coups de poing. Larceny tente malgré tout de récupérer un certain sens de momentum à quelques minutes de la fin, mais c’est une cause perdue, car nous sommes presque endormis à ce moment-là. Surtout que la grosse scène d’action, celle qui devrait logiquement arriver avec une prémisse de ce genre, avec les détenus qui sortent de leurs cellules armes au poing pour se battre survient hors champ.

À la place, nous sommes coincés par la force des choses à regarder Lundgren et ses compagnons déambuler les couloirs vides d’une prison quelconque en frappant quelques méchants lorsque cela est absolument nécessaire. Sur le plan technique, Frazier donne le meilleur de lui-même, ce qui veut dire que nous avons le droit à une réalisation assez commune, avec des scènes d’action maîtrisées et une photographie très léchée. Néanmoins, Larceny semble avoir des pépins en postproduction. Des bruits d’ambiance dignes d’un mauvais jeu vidéo et des cas horribles de doublages en postproduction nous laissent croire que Larceny fut complété assez rapidement, avec peu de moyens financiers pour vendre rapidement le long-métrage à des distributeurs; ou pour finir le tout sans aucun argent. Et comme mentionné plus tous, la distribution du long-métrage est assez mauvaise, malgré Louis Mandylor (The Quest) qui semble s’éclater dans un rôle à la Donald Trump.

Larceny n’offre rien de concret à se mettre sous la dent. Le long-métrage est ennuyeux et dès les premières minutes nous sommes déçus alors que nous réalisons que le résumé de Larceny est plus intéressant que le film en lui-même.


Réalisation : R. Ellis Frazier

Scénario : Benjamin Budd, Scott Windhauser

Avec : Dolph Lundgren, Corbin Bernsen, Jocelyn Osorio, Isaac C. Singleton Jr., Eddie J. Fernandez, David Fernandez Jr., Luis Gatica, Louis Mandylor

American Assassin (2017)

Résumé : Un jeune homme perd sa copine durant une attaque terroriste, ce qui le mène sur le sentier de la vengeance, lui attirant par le fait même l’attention de la CIA et d’un formateur très particulier.

Critique :

Puisque c’est devenu la mode, plein de studios tentent de créer le prochain Jason Bourne. Lionsgate tente à nouveau d’entrer dans la course avec American Assassin, un long-métrage inspiré d’une longue série de romans pouvant être une source inépuisable de contenu. Même si le long-métrage se conclut sur une note pouvant laisser de la place à un American Assassin 2, nous devons nous demander si nous avons réellement apprécié le divertissement que nous avons entre les mains.

American Assassin n’est pas un mauvais divertissement, bien que nous ressortons du cinéma avec une vague impression de déjà-vu. Le film n’excelle pas en termes d’originalité et se contente de remâcher une formule déjà efficace en ne changeant rien à cette recette. Pourtant, American Assassin démarre en lion avec une séquence d’introduction tout simplement géniale. Et pendant quelques minutes, le long-métrage continue dans cette voie lorgnant même vers les Top Gun de ce monde avec notre héros qui doit apprendre à devenir une machine à tuer, dans un apprentissage faisant écho au film culte de Tony Scott.

Par contre, dès que notre protagoniste, fraîchement sorti de l’usine à espions de la CIA, part sur le terrain, American Assassin entreprend une pente descendante qu’il ne peut remonter. Nous ne sommes pas devant un horrible spectacle, mais après une première partie exceptionnelle, l’histoire ne parvient pas à suivre alors que nous avons l’impression de suivre un épisode d’une série télévisée quelconque. Les enjeux et les revirements de situations n’apportent rien de particulièrement excitant ou de captivant, mais le rythme soutenu de l’oeuvre parvient à nous éviter de souffrir d’un ennui mortel. À la limite, nous pourrions presque dire qu’American Assassin est l’adaptation cinématographique de 24 ou de Homeland

La présence d’un réalisateur ayant fait ses classes au petit écran n’aide pas la cause. Les scènes d’action, et le reste, ne sont pas à la mesure ce qu’Hollywood peut nous offrir en 2017. Encore là, rien n’est particulièrement dépressif, mais rien ne parvient à nous surprendre ou à réellement divertir. Dylan O’Brien (The Maze Runner), Michael Keaton (Batman) et Taylor Kitsch (Lone Survivor) sauvent la mise en offrant d’excellentes performances, même si les acteurs n’ont pas tous des personnages bien écrits entre les mains. Scott Adkins (la saga Undisputed) et David Suchet (Hercule Poirot) sont également de la partie dans des rôles secondaires.

American Assassin n’est pas un grand film et il ne restera pas longtemps gravé dans vos mémoires, mais il mérite tout de même votre coup d’œil. L’angle télévisuel (que l’on pourrait à la limite associer au cinéma des années 80 / 90…) risque de rebrousser plusieurs d’entre vous, mais en attendant Kingsman: The Golden Circle, le prochain film d’espionnage à débarquer en salles, American Assassin fait amplement le boulot.


Réalisation : Michael Cuesta

Scénario : Stephen Schiff, Michael Finch, Edward Zwick, Marshall Herskovitz

Avec : Dylan O’Brien, Michael Keaton, Sanaa Lathan, Shiva Negar, Taylor Kitsch, David Suchet, Navid Negahban, Scott Adkins

Rumble (2017)

Résumé : Un combattant de la MMA sur le déclin est forcé de participer à un réseau clandestin de combats au Mexique afin de sauver sa copine kidnappée. Traqué par des criminels et par la police mexicaine, il devra redevenir le champion qu’il a jadis été afin de se sauver et de libérer son amoureuse.

Critique :

Après une expérience fructueuse avec Misfire, R. Ellis Frazier (Larceny) et Gary Daniels (The Expendables) font à nouveau équipe pour un film d’action lorgnant vers les contrées déjà conquises par les Kickboxer, Bloodsport et Undisputed de ce monde. Si le cinéaste a prouvé à de maintes reprises qu’il était capable de faire un bon thriller d’action, Rumble nous monstre les limites de Frazier alors qu’il est incapable de tirer profit du scénario qu’il a entre les mains.

Malgré une conclusion qui contient trop de conclusions, à l’image de The Return of the King, l’histoire de Rumble nous plonge directement dans l’action en ne perdant pas de temps et en nous montrant David Goran, le personnage principal, dès la sortie d’un combat de la MMA, pour ensuite se focaliser sur sa décente en enfer.

Et sur ce point, il nous faut donner du mérite à Rumble pour créer un contexte valable à un tournoi d’arts martiaux. Par contre, le long-métrage tourne les coins ronds en ne nous montrant pas l’étendue de ce tournoi, qui se résume grossièrement à quelques combats dans un entrepôt mal éclairé devant une caméra de surveillance. Le reste du film est consacré à plusieurs truands, et à un policier, qui poursuivent notre héros, alors que ce dernier parvient à les repousser avec une certaine aisance. Cela vient d’ailleurs contredire un peu le postulat de base qui veut le personnage de Gary Daniels soit un combattant fini, au bord de l’épuisement physique.

Après tout, il ne faut pas chercher à comprendre puisque tous ces combats ne permettent pas à Rumble de développer grand-chose. Les attitudes des personnages changent entre chaque scène et l’histoire est rapidement reléguée à l’arrière-plan, à un point tel que le scénario est totalement secondaire. L’action ne parvient pas à compenser alors que, pour des raisons obscures, R. Ellis Frazier tourne tous les combats avec plusieurs ralentis. Les combats sont certes bien chorégraphiés avec un Gary Daniels au sommet de son art, mais ils ont si peu d’énergie que ces derniers peinent même à se démarquer, les uns des autres. La distribution est également un sérieux problème, puisqu’à l’exception de Gary Daniels, qui livre l’une des meilleures performances de sa carrière, et du sympathique Luis Gatica (Misfire), tout le casting de Rumble offrent de mauvaises interprétations qui rivalisent celles des théâtres amateurs situés près de chez vous.

Rumble permet néanmoins de ne pas trop s’ennuyer pendant 90 minutes. Et même si l’on ne ressort pas nécessairement diverti par le film, même pour un admirateur de Gary Daniels, nous ne pouvons qu’apprécier le spectacle qui nous est offert, en attendant de visionner quelque chose de plus excitant sur le câble ou au cinéma.


Réalisation : R. Ellis Frazier

Scénario : Benjamin Budd

Avec : Gary Daniels, Sissi Fleitas, Luis Gatica, Fabian Lopez, Justin Nesbitt, Eddie J. Fernandez

Death Note (2017)

Résumé : Un étudiant nommé Light Turner découvre un livre mystérieux contenant le pouvoir de tuer quiconque sur la Terre, tant que son nom y est inscrit, ce qui lui fait déclencher une croisade secrète contre le crime organisé.

Critique :

Netflix revient au centre de notre attention avec Death Note. La plateforme a pris un énorme risque en tentant d’adapter un anime / manga asiatique à la sauce américaine, en transformant une oeuvre culte en un film thriller horrifique pour adolescents. Dès les premiers instants, nous pouvons sentir que Death Note sera détesté par les admirateurs du produit asiatique. Pas comme lors de Dragon Ball: Evolution qui fut tout simplement horrible, mais dans le sens où Adam Wingard (The Quest) a choisi de conserver les éléments essentiels pour créer un film typiquement américain, loin de toute contrainte possible à l’oeuvre originale.

Cela est un pari réussi puisque cela permet de condenser une histoire relativement longue en un long-métrage de 100 minutes. Death Note n’est pas un grand film, mais il parvient à être l’un des meilleurs transferts de la culture asiatique à l’Occident. Dès les premières minutes, Adam Wingard nous transporte dans un monde riche en renversements où un jeune garçon obtient le pouvoir de donner la mort grâce à un dieu mystérieux. Wingard maîtrise bien cette prémisse en nous livrant un long-métrage où l’intrigue bouge constamment, nous transportant dans une montagne russe d’émotions que nous ne voulons tout simplement pas quitter.

Death Note n’est cependant pas un grand film puisqu’il ne se permet pas d’explorer pleinement sa prémisse. Bien que Wingard semble avoir eu les pleins pouvoirs pour son oeuvre, le cinéaste semble être incapable d’assumer totalement l’histoire de son long-métrage, alors que les détails les plus croustillants, comme la traque du jeune Turner par L qui n’est que survolée, ne sont que survolés. La conclusion de Death Note subit également le même sort, en se terminant de façon étrange et incomplète.

Derrière la caméra, le cinéaste nous livre une performance assez honorable avec une réalisation à couper le souffle, malgré des moyens financiers un peu limités donnant une teinte assez cheap à l’ensemble. La distribution est aussi mi-figue, mi-raisin. Il n’y a aucun doute sur le fait que Willem Dafoe (Spider-Man) est magistral dans le rôle de Ryuk tout comme Lakeith Stanfield (Get Out) dans celui de L . Par contre, dans les rôles-titres, Nat Wolff (Paper Towns) et Margaret Qualley (The Nice Guys) sont tout simplement horribles; les deux acteurs dégagent une chimie non existante et des performances exécrables.

Death Note n’est pas aussi mauvais que toutes les critiques semblent dire. Cela ne veut pas dire que nous avons un chef d’oeuvre entre les mains, mais Adam Wingard parvient tout de même à nous divertir pendant 90 minutes…


Réalisation : Adam Wingard

Scénario : Charley Parlapanides, Vlas Parlapanides, Jeremy Slater

Avec : Nat Wolff, Lakeith Stanfield, Margaret Qualley, Shea Whigham, Willem Dafoe, Jason Liles, Paul Nakauchi, Jack Ettlinger

Message from the King (2016)

Résumé : Un Africain mystérieux débarque à Los Angeles afin de venger la mort de sa jeune sœur.

Critique :

Après une tournée dans quelques festivals, Message from the King a récemment fait son apparition sur Netflix, alors que la plateforme nous transporte dans la déchéance de Los Angeles. Pilotée par Fabrice du Welz (Calvaire), cette production se veut être un hommage aux longs-métrages de justiciers des années 70, rendus populaires dans la blaxploitation d’Hollywood.

Dans cette version moderne du sous-genre américain, nous suivons à nouveau la formule établie par de nombreux réalisateurs, alors qu’un Africain voyage aux États-Unis pour retrouver sa sœur disparue / morte après être corrompue par la richesse des blancs d’Amérique. Message from the King utilise à bon escient cette prémisse pour créer une critique intéressante des États-Unis d’aujourd’hui afin de créer une histoire diablement efficace, bien que prévisible. Les personnages sont crédibles et le long-métrage parvient à faire de Chadwick Boseman (Black Panther) une vedette du cinéma d’action, au même titre que Charles Bronson ou Fred Williamson.

Néanmoins, ce thriller d’action a quelques défauts, comme de ne pas tenter de faire un divertissement réellement original. Attention, ce n’est pas une critique envers la formule en soi, mais envers la tentative des scénaristes pour rendre l’histoire plus complexe, avec des revirements de situations un peu confus ou des personnages principaux inutiles. Une critique est également possible envers le manque d’un réel antagoniste, alors que des personnages peu recommandables (un pervers, un dentiste et un criminel de rue…) se battent pour avoir du temps d’antenne et pour confronter le protagoniste.

Heureusement, le cinéaste belge réalise d’un main de maître Message from the King. Malgré quelques choix étranges (comme un segment musical offert par un personnage transgenre.), du Welz rivalise avec les grands cinéastes de ce monde pour créer un thriller superbe. Néanmoins, vous pouvons sentir le côté plus cérébral du cinéaste qui ne livre pas suffisamment de scènes d’action pour supporter une histoire si viscérale. Néanmoins, la beauté de sa caméra compense grandement en offrant un thriller pouvant toucher tous les types de public sur le plan visuel. Le jeu des acteurs est également d’un grand atout, puisqu’ils sont tous excellents, spécialement Luke Evans (Furious 6) qui est superbe dans le rôle d’un dentiste.

Message from the King est un bon petit thriller, dans la lignée des meilleures productions de Netflix. Malgré quelques défauts, le long-métrage offre un beau petit 90 minutes avec un rythme captivant et enlevant. Une chose est sure, c’est que Message from the King est une bonne mise en bouche pour découvrir, pour la première fois, cet excellent cinéaste belge.


Réalisation : Fabrice du Welz

Scénario : Oliver Butcher, Stephen Cornwell

Avec : Chadwick Boseman, Luke Evans, Teresa Palmer, Alfred Molina, Natalie Martinez, Tom Felton, Dale Dickey

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