Cop and a Half (1993)

Résumé : Après avoir été témoin d’un meurtre, un gamin nommé Devon refuse de témoigner à moins qu’il devienne un policier.

Critique :

Initialement prévu comme étant une suite pour Kindergarten Cop, Cop and a Half tente de surfer sur la vague créée par son aîné en lançant une histoire sur un policier devant faire équipe avec un enfant. Le concept n’est pas nouveau, mais il demeure intéressant, tant pour les enfants que pour les adultes. Et avec la sortie d’une suite au Québec, il était temps de revisiter Cop and a Half.

Cop and a Half évoque des sentiments assez étranges chez spectateurs en général. Si plusieurs s’entendent pour dire que le long-métrage est une pâle copie de Kindergarten Cop, rares sont ceux qui avouent publiquement leur amour pour le film d’Henry Winkler (The Waterboy). Cop and a Half n’est peut-être pas le meilleur des deux, mais il a quelques bons éléments pouvant grandement satisfaire, dont ses deux acteurs principaux…

De façon assez spectaculaire, Burt Reynolds (Smokey and the Bandit) et Norman D. Golden II (Moby Dick) sont un duo d’enfer. Les deux hommes offrent des performances mémorables avec une chimie étincelante et avec un Reynolds vieillissant qui se livre corps et âme dans un rôle étonnamment physique. Mais si la performance des deux acteurs est si spectaculaire, c’est que tout le reste autour d’eux tombe littéralement en ruines pendant 90 minutes.

Tout d’abord le scénario d’Arne Olsen (Red Scorpion) rate tellement la cible avec son humour et ses dialogues que nous avons honte pour les acteurs qui doivent réciter ces lignes. Olsen n’a tout simplement pas la capacité pour créer une histoire intéressante centrée sur un policier et un enfant. Le tout est incroyablement prévisible, ce qui laisse transparaître un manque réel de volonté chez le scénariste.

Et la réalisation d’Henry Winkler (The Waterboy) est tout aussi horrible. Malgré quelques bonnes scènes, Winkler ne parvient pas à instaurer un véritable rythme à son long-métrage, ce qui nous laisse que quelques scènes potables pour se divertir. Entre ces moments, nous sommes coincés entre des moments de malaises causés par un humour horrible et par un vilain se prenant pour un Elvis des pauvres. Nous sommes coincés entre des scènes de haut calibre et des moments où nous avons l’impression que Winkler n’avait tout simplement pas les moyens d’avoir un micro de qualité, d’avoir des costumes ne provenant pas d’une friperie ou ou d’avoir des acteurs de soutien de qualité. Il y a tout simplement un manque de constance bipolaire chez Winkler qui empêche Cop and a Half d’attendre son plein potentiel, aussi mince fût-il…

Cop and a Half est un mauvais film amusant. Il ne parvient jamais à réellement divertir et nous ne pouvons qu’éprouver de la sympathie envers ses acteurs principaux. C’est dommage puisque Cop and a Half aurait facilement peu devenir un plaisir coupable chez de nombreux cinéphiles…


Réalisation : Henry Winkler

Scénario : Arne Olsen

Avec : Burt Reynolds, Norman D. Golden II, Ruby Dee, Holland Taylor, Ray Sharkey, Sammy Hernandez, Nils Allen Stewart

Valerian and the City of a Thousand Planets (2017)

Résumé : Une force sombre menace une citée spatiale composée d’un millier de planètes, forçant deux agents à identifier la menace et à sauver l’univers.

Critique :

Peu importe si l’on aime ou l’on déteste le réalisateur, un long-métrage de Luc Besson est un événement en soi. Tout ce qui le réalisateur touche parvient à divertir, même si la patte du cinéaste n’est pas un gage de grande qualité. Avec Valerian and the City of a Thousand Planets, Besson nous offre un projet qui nous montre une passion chez le Français, une passion qui a déjà inspiré plusieurs sagas cinématographiques, dont Star Wars.

Et c’est là que repose le problème d’adapter une vieille bande dessinée qui a servi de muse à plusieurs cinéastes. Besson est clairement conscient du problème et il tente par tous les moyens de contourner ce pépin en créant un rythme endiablé. L’idée est géniale sur le papier, car nous avons entre les mains un long-métrage offrant un contenu totalement inédit. Et Valerian and the City of a Thousand Planets aura beaucoup d’amour de la part du public et qui devrait avoir une légion d’admirateurs aux pieds de Besson pour lui réclamer une suite.

Néanmoins, Valerian and the City of a Thousand Planets est incapable d’avoir une structure narrative digne d’un long-métrage. Nous avons l’impression de visionner une histoire classique, d’une durée d’une heure et quelques minutes; une histoire qui fut remplie par plusieurs sous-intrigues plus ou moins inutiles. Ce qui crée un bordel assez étrange alors que nous avons l’impression d’assister à un vide cinématographique. L’autre gros problème de Valerian and the City of a Thousand Planets réside dans sa distribution alors que nous avons un duo d’acteurs assez fade , qui sont incapable de générer une véritable chimie ou de porter le long-métrage sur leurs épaules.

Comme mentionné plus haut, le film de Luc Besson offre un divertissement totalement inédit. Et c’est ce qui sauve Valerian and the City of a Thousand Planets, car le réalisateur nous livre le plus beau long-métrage de sa carrière. Ce long-métrage repousse les limites du septième art avec plusieurs séquences mémorables dont une en particulier qui se déroule dans un marché se situant dans une autre dimension, offrant un moment épique. Sérieusement, Besson a créé un monde si riche, qu’il est possible de visiter son long-métrage des dizaines et d’être encore surpris et émerveillé par l’univers qu’il a brillamment conçu.

Il est juste dommage que le scénario de Valerian and the City of a Thousand Planets se soit pas à la hauteur des visuels de Luc Besson, car nous aurions eu ici l’un des meilleurs films de 2017…


Réalisation : Luc Besson

Scénario : Luc Besson

Avec :  Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Rihanna, Ethan Hawke, Herbie Hancock, Kris Wu, Sam Spruell, Alain Chabat, Rutger Hauer

Kong: Skull Island (2017)

Résumé : Une équipe de scientifiques explore une île vierge dans le Pacifique, pénétrant dans le domaine du légendaire Kong.

Critique :

Il est évident que Kong: Skull Island se devait de réinventer la formule de King Kong pour toucher à un public certain. Une tâche doublement importante puisque le long-métrage doit en quelque chose introduire le singe géant pour un éventuel combat entre ce dernier et Godzilla dans un futur rapproché. Kong: Skull Island réussit pour la majeure partie en créant un divertissement sacrément sympathique.

Le seul pépin du long-métrage réside dans son scénario. Certes, il est dommage que nous parlions dès le départ du principal de ce film agréable à visionner, mais ce problème est assez important. La prémisse de base représente une idée de génie. Faire un parallèle entre King Kong et la guerre du Vietnam était un geste audacieux et efficace. Nous sommes totalement plongés dans l’univers des personnages et dans le contexte de cette époque maudite pour les USA.

Par contre, le scénario de Kong: Skull Island rate totalement la cible avec ses personnages et le déroulement du scénario en général. Aucun des humains ne se positionne en réel héros ou en réel vilain; et ils sont tous des caricatures sur deux pattes ne laissant que le singe comme seul protagoniste du long-métrage. Malheureusement, il n’est pas assez présent pour tenir ce titre avec efficacité. Sinon, le film dans son ensemble rate la cible en ne parvenant pas à créer une suite logique plausible. L’objectif des personnages est de parcourir l’île de Kong afin d’être sauvés, mais à aucun moment nous n’avons un sentiment réel du danger et de l’urgence que vivent ces personnages. De plus, le sort de ces derniers devient rapidement prévisible alors que Kong: Skull Island n’accorde de l’importance qu’à ceux qui doivent mourir, retirant toute forme de tension à cette pellicule.

Jordan Vogt-Roberts (The Kings of Summer) est pour sa part le véritable héros du film. Malgré, un scénario sans surprise, le cinéaste se révèle être un cinéaste de talent avec un style décontracté alliant à la fois le moderne et le rétro. Il en découle un spectacle exemplaire avec beaucoup de charme, de moments d’action et horrifique jouissifs et avec une gestion du rythme impeccable. Grâce à cela, il parvient à limiter l’impact des faiblesses du scénario et il permet au spectateur moyen de vivre un bon moment de cinéma. La trame sonore du long-métrage est également un plus avec plusieurs succès d’époque qui raviront les spectateurs plus âgés. Une note rapide sur la distribution de Kong: Skull Island qui déçoit, à l’exception de John C. Reilly (Step Brothers) qui semble réellement s’éclater dans cette production.

Kong: Skull Island est un bon long-métrage qui parvient à introduire le singe géant pour l’univers cinématographique de Warner Brothers avec un certain succès. Certes, le scénario manque de peaufinement, mais cela ne nous empêche pas d’apprécier le film…


Réalisation : Jordan Vogt-Roberts

Scénario : Dan Gilroy, Max Borenstein, Derek Connolly, John Gatins

Avec : Tom Hiddleston, Samuel L. Jackson, Brie Larson, John C. Reilly, John Goodman, Corey Hawkins, John Ortiz, Tian Jing, Toby Kebbell, Jason Mitchell, Richard Jenkins

Savage Dog (2017)

Résumé : Un prisonnier acquiert sa liberté après un combat clandestin tente de mener une vie paisible jusqu’au jour où il décide de retourner dans ce monde sans se douter des conséquences…

Critique :

Scott Adkins vient de débuter une longue association avec le réalisateur Jesse V. Johnson, alors les deux hommes ont fait équipe sur plus de quatre projets en moins d’une année. Le premier de ces films, débarque par la grande porte, alors que Savage Dog est présenté au festival Fantasia de 2017, de façon simultanée avec sa sortie en DVD / Blu-ray en sol québécois.

Savage Dog mérite cette attention puisque nous avons ici l’un des bons films d’action de 2017. L’histoire centrée sur des expatriés en Indochine durant les années 50 a le mérite d’être originale en abordant une période de l’humanité peu utilisée par le cinéma. Certes, le tout n’est réduit qu’à un décor et à un choix esthétique, mais l’attention était louable; et elle est appréciée. Il faut également noter l’attention particulière aux personnages qui donnent tous l’impression d’assister à quelque chose de véritablement vrai…

Par contre, dans son ensemble, l’histoire de Savage Dog n’est pas si extraordinaire que cela. Tiraillé entre son désir d’être un film d’action des années 80 (style Commando / Rambo 2) et un tournoi d’arts martiaux cinématographique, le long-métrage vogue constamment entre les deux genres, sans pour autant les maîtriser. Cela peut être dérangeant à l’occasion, surtout lorsque la pellicule de Johnson tente d’explorer l’aspect amoureuse de la vie de son héros. Il y a également quelques choix scénaristiques qui peuvent être problématiques, comme un fameux moment «cannibale» arrivant de nulle part…

Jesse V. Johnson (The Beautiful Ones) peut mériter des éloges pour Savage Dog. Tourné avec un budget que l’on assume être minime, le cinéaste a su apporter l’illusion de la grandeur et de la démesure du cinéma des années 80 et 90. Savage Dog a un rythme impeccable, avec des plans de caméra travaillés et intelligents, ainsi que des combats qui n’ont rien à envier à la compétition. Le réalisateur a un passé de cascadeur et cela se ressent à chaque minute de Savage Dog. Il est juste dommage que le montage soit parfois juste et que la trame sonore du film soit tout simplement irritante, à l’exception d’un ou deux morceaux.

Évidemment, Savage Dog ne serait pas une réussite sans ses acteurs. Scott Adkins (La saga Undisputed) est exemplaire comme toujours et il retrouve sa co-vedette d’Undisputed III: Redemption, Marko Zaror. Ce dernier offre une bonne performance comme antagoniste, mais nous sommes juste incapables de le prendre au sérieux avec ses habits d’époque. Juju Chan (Crouching Tiger, Hidden Dragon: Sword of Destiny), Cung Le (Pandorum), Vladimir Kulich (The 13th Warrior), Keith David (Platoon), Matthew Madsen (Rambo) et Aki Aleong (Pound of Flesh) complètent Savage Dog dans des rôles secondaires.

Savage Dog est un bon divertissement et un excellent amuse-gueule en attendant la sortie prochaine de Undisputed 4 en sol canadien. À la vue de ce long-métrage, il reste à espérer que Scott Adkins et Jesse V. Johnson puissent poursuivre longtemps leur collaboration cinématographique…


Réalisation : Jesse V. Johnson

Scénario : Jesse V. Johnson

Avec : Scott Adkins, Marko Zaror, Juju Chan, Cung Le, Vladimir Kulich, Keith David, Charles Fathy, Matthew Marsden, Sheena Chou, Luke Massy, Aki Aleong

Diamond Cartel (2017)

Résumé : Mussa fait un accord pour acheter un diamant précieux du chef des Triades, Mr. Lo; pour ensuite se faire voler par Aliya et Ruslan, deux anciens amoureux travaillant pour ces deux hommes. Tandis que l’homme de main de Mussa et de Lo et ancien amoureux d’Aliya devient impliquer dans cette histoire, le tout se transforme rapidement en triangle amoureux…

Critique :

Il n’y a qu’une façon de décrire Diamond Cartel. Habituellement, la catégorie de mauvais films que l’on appelle «nanar» parviennent à être divertissants en devenant tellement horribles qu’il est possible de tirer une certaine forme de divertissement en voyant le long-métrage au second degré. Et bien, Diamond Cartel est si mauvais qu’il devient un mauvais film qui divertit en étant encore plus mauvais et en ne divertissant pas. Un peu comme si nous étions devant un artiste qui reproduit des toiles de Picasso avec des excréments et que nous devions méditer sur le sens de la vie devant cette peinture, nous avons été forcés d’analyser ce film au millième degré pour faire cette critique.

Diamond Cartel sera possiblement l’expérience cinématographique la plus étrange de 2017. Tourné en 2011, le long-métrage débarque au Canada après des années de postproduction et de redoublage des acteurs. L’histoire n’a pas de sens alors que nous suivons des amoureux qui se retrouvent après une série d’événements horribles et qui devront fuir ensemble vers quelque part avec 30 millions de dollars et un diamant.

Ce court résumé cache le fait que nous sommes devant une espèce de version de Roméo & Juliet sous la cocaïne, ayant deux clans rivaux et des amoureux qui ne peuvent s’aimer. Ce voyage nous emmène à des endroits étranges où deux amants sont semblants de tenter de se suicider du haut d’un édifice pour déclarer leur amour, où nous sommes constamment bombardés de flashbacks sur l’amour de ces deux êtres, destinés à s’aimer depuis qu’ils portent des couches et où Cary-Hiroyuki Tagawa (Mortal Kombat) interprète un caïd de la drogue ayant un homme nu et enchaîné dans une cage pour des raisons obscures… Et le fait que les dialogues, délivrés par des acteurs pornos doublant la majorité des acteurs, n’ont aucun sens n’aide pas notre situation. Nous avançons à l’aveugle durant les 90 minutes de Diamond Cartel. Les scènes se suivent, se ressemblent et n’ont aucun sens. Durant quelques quinzaines de minutes, il est même possible de perdre le fil narratif de Diamond Cartel; tellement que le scénario est confus et étrange.

Et pourtant, le long-métrage a clairement des moyens financiers importants, comme le démontrent des décors impressionnants. Salamat Mukhammed-Ali a une vision du cinéma si tordue qu’il est impossible de comprendre sa démarche et de comprendre son incapacité à faire ne serait-ce qu’un mauvais film avec l’argent mis à sa disposition. Le seul fait de filmer une scène de dialogues semble être un exploit impossible pour cet homme. Une scène mémorable où le personnage d’Assante est doublé, durant un monologue intense, par de la musique électronique devrait vous convaincre de ce fait. C’est tout juste si le cinéaste est capable de placer une caméra devant ses yeux…

Au niveau de la distribution, la majorité des acteurs livrent de mauvaises performances, même Peter O’Toole (Lawrence of Arabia) qui semble être sur le point de mourir durant la minute où il traverse l’écran. Armand Assante (Judge Dredd) est le meilleur acteur de cette production en jouant un cinglé si cinglé, qu’il serait impossible à un Nicolas Cage de reproduire le même exploit. Il y a également un cheval qui vole la vedette en étant le formidable interprète d’un rôle de composition où il doit réagir devant une tuerie. Pour ceux qui tenteront de visionner Diamond Cartel, nous vous conseillons de suivre attentivement pour trouver cet étalon…

Étrangement, et malgré une note globale de 3.1 / 10, Diamond Cartel obtient à ce jour une note parfaite chez les femmes de 30 à 44 ans. Si Diamond Cartel semble parvenir à émoustiller les ovaires d’une certaine tranche de la population, le long-métrage se révèle être un calvaire pour tout cinéphile qui se respecte. Néanmoins, nous recommandons tout de même un visionnement du film, ne serait-ce que pour vivre une expérience hors du commun…


Réalisation : Salamat Mukhammed-Ali

Scénario : Magamet Bachaev, Salamat Mukhammed-Ali, Dauren Mussa

Avec : Karlygash Mukhamedzhanova, Armand Assante, Cary-Hiroyuki Tagawa, Peter O’Toole, Olivier Gruner, Tommy ‘Tiny’ Lister, Michael Madsen, Don Wilson, Bolo Yeung

Once Upon a Time in Venice (2017)

Résumé : Un détective de Los Angeles part à la recherche kidnappé par un gang impitoyable.

Critique :

Depuis des années, Bruce Willis (Die Hard) semble se la couler douce en multipliant des rôles de soutien dans des productions douteuses. Once Upon a Time in Venice est la première fois depuis des lustres où l’acteur tient le premier rôle dans une production d’envergure. Envergure est un mot assez faible puisqu’avec une distribution assez importante, Once Upon a Time in Venice ne débarque qu’en DVD / Blu-ray / VOD au Québec. C’est dommage puisque nous avons ici le meilleur film de l’acteur depuis plusieurs années.

Conçue par les scénaristes de Cop Out, cette comédie d’action tente de surfer sur la vague des John Wick et des Keanu de ce monde en parodiant le destin de l’homme qui voit son chien être kidnappé. Once Upon a Time in Venice profite de la situation pour créer plusieurs scènes mémorables avec plusieurs histoires sur un détective privé, des histoires s’entrecroisant pour former un tout cohérent. S’il y a une chose que le long-métrage ne rate pas, c’est l’humour. Once Upon a Time in Venice est définitivement drôle notamment grâce au petit chien qui est le meilleur acteur de cette production.

Néanmoins, un problème persiste, car le scénario des frères Cullen se concentre à créer les meilleures scènes possible. Un objectif qui est louable et nécessaire bien que cela tue le rythme du long-métrage. Il ne reste simplement pas assez d’espace pour une trame narrative pouvant aider Bruce Willis et les autres personnages à avoir des arcs scénaristiques dignes de ce nom. Après tout, il faut la moitié du long-métrage pour que l’histoire débute réellement, avec le kidnapping du chien; la première moitié servant essentiellement à présenter les nombreux personnages du film ainsi que la mise en situation du film. Au final, il ne reste donc que 45 minutes pour secourir et pour boucler une demi-douzaine d’intrigues secondaires…

Une partie de ce problème provient des prouesses techniques de Once Upon a Time in Venice. Derrière la caméra, Mark Cullen est un réalisateur assez télévisuel, se contentant de trouver son long-métrage comme un épisode des années 90, avec les défauts et les qualités que cela peut apporter. Mais une fois en postproduction, le cinéaste débutant semble avoir connu des pépins de montage alors qu’il a été incapable de faire de simples tâches, comme de donner l’impression que les acteurs se parlent réellement durant les dialogues. Pire encore, nous avons l’impression que Cullen n’a simplement pas complété la postproduction alors que des fautes se sont glissées dans les génériques du film, alors que certaines scènes ont des qualités sonores parfois instables et alors que la trame sonore semble parfois provenir d’une banque générique de musique trouvée sur YouTube.

Bien qu’il fut mentionné précédemment qu’un petit chien est le meilleur acteur du film, la distribution de Once Upon a Time in Venice n’est pas si mauvais que cela. Bruce Willis et John Goodman (The Flintstones) sont doublement excellents dans leurs rôles respectifs apportant beaucoup de rires avec deux performances exemplaires. Jason Momoa (Justice League) est également bon en tant que trafiquant de drogue latino amateur de pâtisseries. Si nous excluons les caméos d’acteurs présents que pour récolter un chèque, le problème de cette distribution, c’est que Thomas Middleditch (Silicon Valley) narre l’entièreté du film, en plus de tenir l’un des rôles-titres. L’acteur n’est pas mauvais, mais il est simplement trop présent dans ce divertissement…

Si les fans de Die Hard vont être déçus de voir que leur idole faire du skateboard nu à Venice, le spectateur moyen risque de bien rire en regardant Once Upon a Time in Venice. Le film n’est pas la comédie de l’année, mais il permet de passer un bon petit 90 minutes devant son écran…


Réalisation : Mark Cullen

Scénario : Mark Cullen, Robb Cullen

Avec : Bruce Willis, Jason Momoa, John Goodman, Thomas Middleditch, Famke Janssen, Adam Goldberg, Elisabeth Röhm, Stephanie Sigman, Wood Harris, Christopher McDonald, Adrian Martinez, Kal Penn, Ken Davitian, Victor Ortiz

The Fate of the Furious (2017)

Résumé : Lorsqu’une femme mystérieuse séduit Toretto dans le monde du terroriste moderne, le reste de l’équipe doit subir des épreuves pouvant détruire leur esprit de famille.

Critique :

Maintenant que Paul Walker est mort, la franchise Fast and Furious devait adresser cette problématique avec délicatesse dans The Fate of the Furious. Évidemment, il est très difficile pour une superproduction hollywoodienne d’être capable d’avoir un peu de subtilité et un brin d’émotion humaine. Elle était parvenue à rendre hommage avec succès à l’acteur décédé dans Furious Seven, mais ici elle n’est simplement pas capable de reproduire le même exploit.

Le principal problème réside dans le scénario du long-métrage. Même si nous critiquons des films d’action et même si la saga n’est pas connue pour être digne des textes de Shakespeare, The Fate of the Furious est une petite garce adolescente incapable de gérer ses émotions ou de faire preuve de cohérence. Plusieurs éléments du scénario ont un contraste bipolaire. D’un côté on veut rendre hommage à Paul Walker en mentionnant à quelques reprises son personnage, mais de l’autre on insère honteusement un clone du personnage en la personne de Scott Eastwood… D’un côté on élimine deux personnages de la franchise, mais de l’autre, on accorde plus d’importance à la mort d’un personnage secondaire de la franchise qu’à une personne importante dans la saga… Ce qui est drôlement étrange pour une franchise ayant comme thème l’amour familial entre proches.

Sinon, malgré ce défaut (et plusieurs autres…), The Fate of the Furious est un véritable feu roulant notamment grâce à une vilaine qui apporte du nouveau à la saga. Bien qu’elle est parmi les moins impressionnantes de la franchise, avec Theron passant la majorité du film assise dans un avion, le fait qu’elle transforme le personnage principal de la saga en vilain permet de changer la dynamique de la saga et apporte une réflexion intéressante sur les autres personnages du film. De plus, les dialogues entre les acteurs semblent être plus crédibles cette fois-ci, comme si la présence de F. Gary Gray (The Italian Job) a influencé Chris Morgan (47 Ronin) dans sa démarche scénaristique.

Parlant de Gray, le réalisateur apporte clairement un sentiment de renouveau à la franchise puisque le cinéaste apporte avec lui une nouvelle image et de nouvelles teintes, en faisant de The Fate of the Furious un long-métrage moins superficiel et plus réaliste. Étrangement cela fait en sorte que les effets spéciaux perdent en crédibilité, avec quelques moments qui sont dignes d’un dessin animé du samedi matin. Par contre, les scènes d’action souffrent de la patte visuelle de F. Gary Gray. Il est facile de déterminer celles qui ont été filmées par le réalisateur lui-même et celles qui étaient sous la gouverne du réalisateur de la seconde équipe de tournage. Le premier reste dans une zone de confort et le second livre la meilleure scène d’action de la franchise (remercions également Jason Statham et un bébé pour ce grand moment…).

Pour ce qui est des acteurs, les vétérans de la saga continuent à maîtriser leurs rôles respectifs. Les nouveaux venus ne sont pas en reste alors que Charlize Theron (Atomic Blonde) et Kristofer Hivju (The Last King) nous offrent des antagonistes crédibles. Scott Eastwood est la seule déception. Non pas qu’il est horrible dans son rôle, mais le fait que nous sommes constamment forcés de le comparer à Paul Walker ne nous permet pas d’apprécier l’acteur à juste titre.

The Fate of the Furious poursuit avec conviction la saga Fast and Furious sans pour autant maintenir le niveau de qualité établi par les précédents opus. Néanmoins, ce divertissement nous permet de passer un bon temps et pour les détracteurs de Dominic Toretto; soyez heureux il ne reste que deux nouveaux chapitres à endurer, du moins en théorie…


Réalisation : F. Gary Gray

Scénario : Chris Morgan

Avec : Vin Diesel, Jason Statham, Dwayne Johnson, Michelle Rodriguez, Tyrese Gibson, Ludacris, Charlize Theron, Kurt Russell, Nathalie Emmanuel, Luke Evans, Elsa Pataky, Kristofer Hivju, Scott Eastwood, Patrick St. Esprit, Helen Mirren

Aftermath (2017)

Résumé : Les vies de deux étrangers deviennent liées après un accident dévastateur d’avion.

Critique :

Pour la deuxième fois en quelques années, Arnold Schwarzenegger (The Terminator) tente de concrétiser son rêve d’être un acteur crédible et sérieux en acceptant de tenir un rôle dramatique, loin du cinéma d’action. Le premier essai de l’acteur fut évidemment Maggie, un film d’horreur divertissant, malgré une lenteur fatidique. Le second essai est bien évidemment Aftermath, que nous critiquons aujourd’hui et qui a, en quelque sorte, le même problème.

Vaguement inspiré d’un véritable fait vécu (le véritable père endeuillé a avoué en entrevue que le long-métrage avait peu de ressemblances avec la mort de sa famille.), Aftermath a entre ses mains une trame narrative très sérieuse. Au cours de cette histoire, nous voyons en parallèle un homme détruit par la tragédie et l’homme responsable de cette tragédie. Et Aftermath nous montre les conséquences de l’accident et les impacts sur les vies des deux personnages. L’idée est assez bonne, mais elle a un sérieux problème d’exécution.

Le scénario de Javier Gullón (Enemy) ne lève tout simplement pas. Les bases sont bel et bien présentes, mais le script d’Aftermath est incapable de capitaliser sur sa prémisse; un peu comme un têtard qui est incapable de devenir une grenouille. Et pourtant, le fait que l’on accorde une importance également au gentil et au vilain de l’histoire permet au long-métrage de sortir du lot en n’étant pas seulement un drame classique. Cependant l’attention apportée à l’homme tenu responsable de la tragédie ne permet pas de créer une véritable tension et nous donne l’impression de faire constamment du surplace, malgré un troisième tiers qui vient sauver la mise. Sinon, la confrontation finale entre les deux hommes laisse un peu à désirer, puisqu’elle manque d’ambition en étant trop courte et trop expédiée à la va-vite pour conclure «rapidement» Aftermath.

Elliott Lester (Blith) n’aide pas la cause en adoptant une caméra sous les antidépresseurs. Il tourne Aftermath sans tenter d’y insinuer une véritable énergie, en étant contemplatif des avions qui volent dans le ciel ou des performances des acteurs. Pour suivre cette idée, il faut aussi noter que le montage du long-métrage en apportant également un manque d’énergie notoire à la pellicule de Lester. Heureusement, Aftermath est doté d’une distribution plutôt intéressant. Malgré que l’on sent ses limites professionnelles, Arnold Schwarzenegger offre la meilleure performance de sa carrière. Scoot McNairy (Batman V Superman: Dawn of Justice) est tout aussi impressionnant dans le rôle du contrôleur aérien, tout comme Maggie Grace (Taken) qui interprète la femme de ce dernier.

Bien qu’il ait quelques moments forts, il y a une lenteur et un manque d’événements qui font en sorte qu’Aftermath est un long-métrage de 90 minutes pénible à regarder. Au final, nous ne pouvons que louanger les acteurs de cette production et espérer que Schwarzenegger puisse obtenir d’autres rôles de ce genre.


Réalisation : Elliott Lester

Scénario : Javier Gullón

Avec : Arnold Schwarzenegger, Scoot McNairy, Maggie Grace, Judah Nelson, Larry Sullivan, Jason McCune, Glenn Morshower, Mariana Klaveno, Martin Donovan

Spider-Man: Homecoming (2017)

Résumé : Quelques mois après les événements de Captain America: Civil War, Parker, avec l’aide de son mentor Tony Stark, tente de poursuivre sa vie en tant qu’étudiant. Le tout en combattant le crime en tant que Spider-Man, et ce jusqu’au moment où une nouvelle menace émerge…

Critique :

Après les échecs relatifs de ses deux tentatives avec le tisseur de toile, Sony Pictures tente à nouveau de relancer la carrière de Spider-Man avec la collaboration de Marvel. Une expérience qui a débuté avec Captain America: Civil War. Une expérience qui propose une rare collaboration entre deux géants du cinéma afin de plaire le public et de faire beaucoup d’argent.

Dès le départ, nous pouvons sentir une approche plus responsable alors que le long-métrage ne débute pas par les origines de notre héros, mais par les origines du vilain. Pour une rare fois, nous avons entre les mains une production de Marvel qui tente activement de créer un véritable ennemi que nos héros devront tuer. Le personnage de Michael Keaton devient ainsi une véritable bouffée d’air, en plus d’être le meilleur adversaire du personnage de Marvel depuis sa première apparition sur un grand écran.

Pour autant, Spider-Man: Homecoming n’est pas un film d’action pour autant alors que nous avons une ambiance digne du Breakfast Club. Le long-métrage de Jon Watts aborde avec profondeur l’aspect enfantin de Peter Parker et nous offre pour la première fois une véritable sensation de son âge et de sa vie scolaire. La relation avec ses semblables est crédible et le film réussit également à créer des personnages originaux (tant qu’ils ne sont pas des versions modernes de deux personnages des BD de Marvel.), ce qui nous évite à revivre pour la troisième certaines relations amicales du héros.

D’autres choses qui les scénaristes ont bien fait d’exclure sont les origines de Spider-Man ou l’aspect «mémère» de la tante May. Cela apporte une meilleure dynamique au long-métrage, car nous ne sommes pas ralentis par des moments «classiques» comme la mort de l’oncle Ben… De plus, comme vous vous en doutez, l’humour de Spider-Man: Homecoming est parfait, notamment grâce aux apparitions de Tony Stark (sans oublier les autres personnages du MCU qui sont dans le film…). Le seul grand pépin du scénario réside dans le traitement du Shocker. Étant un ancien lecteur de Spider-Man, la trajectoire utilisée pour ce personnage laisse un peu à désirer; la faute étant à un revirement de situation peu utile…

Afin de lancer d’autres fleurs à Spider-Man: Homecoming, il faut parler de Jon Watts. Même si le réalisateur est assez conventionnel en terme d’action, Watts a une caméra inventive et il est capable de créer des images puissantes pouvant jeter le spectateur hors de son siège. Le montage est à point et nous avons ici, probablement, le plus joli des films de Marvel, en termes de couleurs et de textures. La distribution mérite également des éloges, alors que tous les acteurs offrent de superbes performances, spécialement Tom Holland (The Impossible) et Michael Keaton (Batman) qui volent chacune de leurs scènes.

Spider-Man: Homecoming est possiblement la meilleure superproduction de l’été et le meilleur divertissement musclé de 2017 depuis John Wick: Chapter 2. Néanmoins, il ne faut pas espérer du film de Watts d’être le film d’action de l’année. La comédie de l’année peut-être, mais pas le film d’action…


Réalisation : Jon Watts

Scénario : Jonathan Goldstein, John Francis Daley, Jon Watts, Christopher Ford, Chris McKenna, Erik Sommers

Avec : Tom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr., Marisa Tomei, Jon Favreau, Zendaya, Donald Glover, Jacob Batalon, Laura Harrier, Tony Revolori, Bokeem Woodbine, Michael Mando, Logan Marshall-Green, Jennifer Connelly

Castlevania – Saison 1 (2017)

Résumé : Un chasseur de vampires combat pour sauver une ville d’une armée de créatures contrôlées par Dracula.

Critique :

En étant pas un joueur de la série de jeux vidéos Castlevania, les seules attentes que j’éprouvais envers la série de Netflix provenaient de la bande-annonce alléchante de la première saison de cette nouvelle émission. Si ces attentes ont été rapidement comblées, Castlevania est en soi une immense déception.

Pour comprendre cette série télévisée et notre opinion, il nous faut revenir à son format. Libérés des contraintes télévisuelles par Netflix, les concepteurs de la série ont eu l’étrange idée de faire une série en quatre épisodes de vingt minutes. Ce concept aurait pu être génial, il ne faut pas le nier. Le hic, c’est que cette première saison est essentiellement composée de remplissage et de longs dialogues où chacun des quatre épisodes introduit, plus ou moins, chacun des personnages de la série. Donc, entre les présences de Dracula, du héros de la série, Trevor Belmont, d’une magicienne et d’un autre protagoniste mystérieux, il ne se passe que peu de choses durant Castlevania.

Chaque épisode se dévoue à mettre en place une idée de base qui sera importante dans un avenir qui n’arrivera pas, encore. Conçus comme une introduction à une deuxième saison, les quatre épisodes de la série se tirent constamment dans le pied en ne laissant pas de place pour que l’histoire puisse éclore. Devant ce prélude de 80 minutes, nous espérons constamment que le héros de la série et Dracula puissent avoir une seule scène ensemble. Pas nécessairement pour une scène d’action, mais pour un simple dialogue entre gentil et méchant.

Et pourtant, le principal problème de Castlevania réside dans son protagoniste principal, Trevor Belmont. Face à un Dracula dont le désir de vengeance le pousse à détruire l’humanité, Belmont fait pâle figure. Le guerrier ne fait que se plaindre, maudire son existence et demander de la nourriture ou de l’alcool durant la majorité de ses apparitions. Cela fait que nous avons un héros dont le trait de personnalité principal est corrosif et, à cause du manque d’épisodes et du temps passé à introduire les trois autres personnages de la série, nous ne retiendrons que Belmont qu’il n’est qu’un simple pleurnichard.

Sinon, malgré de nombreux défauts, la série se laisse tout de même regarder. Les animations sont dans l’ensemble assez jolies, malgré quelques manques de finesse identiques à ceux de la série asiatique Dragon Ball Super. Castlevania est également généreuse en scènes d’action. Malheureusement, le «combat final» de cette saison manque d’ambition et de grandiose, mais la série fut capable de nous offrir le meilleur combat dans un bar entre alcooliques depuis des années. Et il ne faudrait pas oublier la distribution vocale qui est simplement géniale.

La première saison de Castlevania est assez médiocre. Mais puisque plusieurs séries ont connu des premiers pas chaotiques avant de rebondir durant leurs deuxièmes années, nous ne pouvons qu’espérer la même chose du dernier rejeton de Netflix. À moins d’une surprise, les admirateurs du jeu vidéo devraient, au moins, être comblés par cette «petite minisérie» adaptation leur divertissement préféré…


Crée par : Warren Ellis

Diffusée sur : Netflix

Avec : Richard Armitage, Tony Amendola, Matt Frewer, Alejandra Reynoso, Graham McTavish, James Callis

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