All About the Money (2017)

Résumé : Convaincu par un ami commun, deux hommes décident de partir en vacances. Une fois à destination, ils réaliseront qu’il sont au beau milieu d’une tentative de capturer l’ennemi numéro un des États-Unis.

Critique :

Il me faut admettre que l’unique raison de mon visionnement de All About the Money était la présence d’Eddie Griffin au générique. Cela faisait longtemps que l’acteur n’avait pas apparu dans mon radar. Souffrant de nostalgie envers ses anciens projets comme la franchise Deuce Bigalow ou The Walking Dead, j’ai donc regardé All About the Money dès sa sortie en VOD au Québec, en pensant tomber sur un autre navet sortant directement en DVD. À la place, j’y ai trouvé le digne successeur de The Hangover…

Trois amis d’enfance, qui rêvaient d’une vie de luxure, sont coincés dans des réalités bien minables. L’un est un vendeur itinérant, l’autre est un mécanicien sur le point de divorcer et le troisième est un employé de bureau travaillant pour le père de sa femme possessive. Mais lorsque ce dernier fait une dépression nerveuse au beau milieu d’une présentation face à d’importants clients, le beau petit groupe part en Colombie afin de prendre des vacances et de devenir riche en capturant un puissant baron de la drogue.

Dès les premières minutes, All About the Money nous livre produit cinématographique plus que douteux, avec des dialogues ennuyeux et un léger souci technique qui trahit les faibles moyens de sa production. L’introduction du long-métrage ne faisait que confirmer les nombreuses perceptions que le spectateur a en pensant à ce film. Et à sa décharge, nous pouvons facilement dire que All About the Money sera détesté par de nombreux spectateurs qui décrocheront totalement des propos du film et qui seront incapables d’apprécier correctement le reste du divertissement que propose Blake Freeman.

À partir de leur arrivée à l’aéroport, All About the Money devient une comédie étonnamment drôle alors que nous suivons ces trois joyeux lurons prendre d’assaut un village de Colombie. Leur périple sera ponctué de plusieurs blagues récurrentes assez intéressantes comme celle entourant un célèbre joueur de soccer avec un nom assez connu. Comme mentionné durant la bande-annonce, quelque part à mi-chemin entre le générique de départ et celui de la fin, le long-métrage prend une tournure moins originale en devenant une copie de The Hangover lorsque l’un des complices est kidnappé. Heureusement, les blagues continuent à faire mouche ce qui aide grandement à faire passer la pilule.

Néanmoins, nous pouvons reprocher à All About the Money sa faible durée qui dépasse à peine la marque des 90 minutes. À cause de cela, et à cause de l’ambition trop grande de Freeman, le film tente de couvrir beaucoup dans ce court laps de temps. Hélas, en multipliant les gags et les revirements de situation, Freeman parvient à causer un problème à la longue puisque nous sommes constamment sous un feu roulant. Il est alors impossible de prendre son souffle et le réalisateur / scénariste / acteur est incapable de développer ses personnages ou même ses blagues. All About the Money est l’un de ces rares films qui auraient gagné à obtenir des scènes supplémentaires pour mieux étoffer ses propos.

Sur le plan technique, Freeman se révèle être un réalisateur compétent. Bien que le cinéaste ne risque pas de devenir un grand réalisateur, il reste que pour son troisième projet cinématographique, l’homme a déjà un bon sens timing avec une gestion impeccable du rythme et de ses moyens. Si l’on exclut quelques scènes où le montage audio était douteux et les effets spéciaux de seconde zone, le réalisateur parvient à camoufler la petitesse de sa production tout en mettant la gomme pour divertir son spectateur. Et même s’il est avare en scènes d’action, Freeman démontre une certaine maîtrise dans celles-ci, ce qui est tout à son honneur. Notons également que le long-métrage comprend quelques chansons populaires pour pimenter le tous.

Malheureusement, l’acting est le maillon faible des capacités de Freeman. Non pas qu’il est un mauvais acteur, mais l’homme n’a pas le talent nécessaire pour porter un projet cinématographique sur ses épaules, surtout lorsqu’il est entouré par des professionnels plus doués. Et ces professionnels sont Eddie Griffin (Undercover Brother) et Casper Van Dien (Starship Troopers) qui sont de bons partenaires de jeu, nous rappelant même les raisons qui ont fait de ces hommes, des acteurs cultes durant les années 90. Hélas, peut-être par un manque de moyens, le reste de la distribution est assez médiocre avec des acteurs relativement inconnus, à l’exception de Jose Yenque (Traffic), qui joue le méchant de l’histoire, et de Jon Gries (Taken), qui a un rôle secondaire mémorable. Et finalement, soulignons que Stephen Stanton (Rogue One: A Star Wars Story) narre avec humour le long-métrage…

Bien qu’il y ait peu de chances que vous visionnez All About the Money, nous ne pourrons que vous recommander ce long-métrage. Certes, il y a de meilleurs films disponibles en VOD, mais il ne faut pas sous-estimer le long-métrage de Freeman, même si ce dernier est avare en scènes d’action. Il pourrait vous réserver quelques rires ainsi qu’un divertissement au rythme effréné…


Réalisation : Blake Freeman

Scénario : Blake Freeman, Danny West, Lester Korman , Jamie Star

Avec : Blake Freeman, Eddie Griffin, Casper Van Dien, Danny Trejo, Jon Gries, Jose Yenque, Stephen Stanton

Bon Cop Bad Cop 2 (2017)

Résumé : Un policier québécois et un policier canadien doivent refaire équipe pour enquêter sur un large trafic de voitures volées dirigé par un mafieux italien.

Critique :

J’ai découvert Bon Cop Bad Cop, premier du nom, en retard, plusieurs mois après la sortie du long-métrage en DVD, lors d’une vente à rabais, il me semble. Sans être parfait, j’ai constaté (et je constate toujours…) que BCBC est possiblement mon film québécois préféré. Cette année, Patrick Huard est de retour avec une suite qu’il a également coécrite; une suite qui se déroule dix ans après les événements du premier film. Il ne restait qu’à voir si Huard serait capable de reproduire la magie de Bon Cop Bad Cop

David Bouchard vole une voiture durant un événement underground afin de la rapporter à son employeur, un certain Sylvio Dipietro. Après son arrivée à sa planque, une unité de la GRC, menée par son ancien coéquipier Martin Ward, prend d’assaut les lieux. Contrait par Ward, Bouchard lui annonce qu’il est maintenant un policier sous-couverture tentant de démanteler le trafic de Dipietro. Alors que les enjeux deviennent plus importants, Ward et Bouchard devront retrouver leur génie d’antan et affronter l’incompétence des forces policières américaines.

Bien que cette critique de Bon Cop Bad Cop 2 risque de sembler assez sévère, il reste que ce long-métrage n’est pas mauvais en soi. Il y a simplement quelques correctifs à apporter. Il suffit de regarder la structure narrative pour constater que cette suite est à mille lieues de son aîné. L’un est un «buddy-cop» dans la pure tradition de cette formule hollywoodienne; tandis que l’autre est un film policier essentiellement centré sur le personnage de Bouchard. Et oui, vous avez bien lu. Contrairement à ce que toutes les infos sur le film laissent présager, nos deux héros font rarement équipe, dans une nouvelle dynamique facilement comparable à celle de Beverly Hills Cop 3. Le véritable héros est sur le terrain tandis que l’autre reste en retrait, sauf pour les moments critiques. Sans dire à voix haute que cela est causé par le fait que Patrick Huard est le scénariste de Bon Cop Bad Cop 2, nous allons tout de même le penser.

Heureusement, sans être un problème en soi, il reste que le point mentionné ci-haut est une légèrement déception. Une déception plus grande provient du fait que Bon Cop Bad Cop 2 touche rarement la cible avec son humour. Oui, il est évident que plusieurs personnes vont éclater de rire en visionnant le film. Néanmoins, Bon Cop Bad Cop 2 gagne en fluidité si nous le prenons comme un film d’action sérieux avec une touche d’humour, au lieu de le prendre comme une comédie policière. À l’opposé du premier qui contenant plusieurs scènes hilarantes, la suite ne peut compter que sur une scène mémorable – une scène d’interrogatoire jouissive dans un garage – pour faire rire avec efficacité. En construisant des vies familiales et professionnelles plus austères et en ajoutant dix années aux parcours des deux personnages principaux de la franchise, le long-métrage amène beaucoup de sérieux à son histoire, ainsi que plusieurs larmes potentielles chez son spectateur.

Mais attention, cela ne veut pas dire que Bon Cop Bad Cop 2 a une mauvaise histoire en soi. Le scénario de Patrick Huard maintient les différences culturelles canadiennes exprimées par son aîné tout en consolidant ces dernières, sans pour autant les mettre en avant plan. À la place, c’est une critique au second degré des États-Unis que nous livre Huard, une critique toute aussi excellente bien qu’elle risque de moins toucher le peuple canadien. Aussi, il nous faut lancer des fleurs au film pour ne pas oublier ses personnages secondaires du premier BCDC, qui ont presque tous des rôles plus secondaires, intéressants pour la plupart. Le véritable problème de Bon Cop Bad Cop 2 se situe par contre dans son troisième acte.

Le scénario commet deux erreurs fatales qui sont les seules choses qui m’ont empêché de pleinement profiter de Bon Cop Bad Cop 2. D’abord, le film décide d’introduire deux revirements de situations, en créant une sorte de parabole étrange en sortant un nouveau méchant de dernière minute de son chapeau et en insérant un personnage secondaire de façon aléatoire pour pimenter le danger que doivent affronter nos héros. Ces deux tentatives ratent la cible, apportant plus de confusion au passage. Ensuite, Bon Cop Bad Cop 2 commet une série d’incohérences dans l’exécution de sa scène d’action finale, alors que pour résoudre un problème, un des personnages principaux décide de faire cavalier seul et que l’autre crée un problème plus grand en tentant d’apporter une solution à un pépin qui n’existe même pas en réalité. Et le pire, ce passage n’est, en réalité, qu’une façon détournée pour introduire un placement de produit pour une compagnie d’équipements lourds…

Sur le plan technique, nous pouvons clairement sentir une amélioration nette entre les deux volets de la populaire franchise. Malgré tout le respect que j’ai pour Éric Canuel (Le Dernier Tunnel), il s’avère que Alain Desrochers (Nitro) est un bien meilleur réalisateur d’action. Desrochers rivalise même s’ingéniosité à certains moments, parvenant à faire des choses qu’Hollywood est incapable de concevoir avec un budget semblable. Tout le reste de l’aspect technique acquiert également une nette amélioration, grâce à un montage efficace et à une direction photographie de grande qualité. L’aspect musical jouit du même traitement, alors que la conjointe de Patrick Huard, la chanteuse Anik Jean, a composé une trame sonore efficace, qui met de l’avant l’une des meilleures chansons de 2017.

Patrick Huard (Les Boys) et Colm Feore (Thor) reprennent avec brio leurs rôles respectifs, supportant le long-métrage sur leurs épaules. Nous ne pouvons pas dire de même des méchants de l’histoire, Noam Jenkins (Watch Dogs) et Marc Beaupré (Série Noire), qui sont assez en retrait avec des présences assez secondaires. Notons également que l’humoriste Mariana Mazza y trouve son premier rôle à l’écran, en jouant une technicienne informatique de la police fédérale. Malgré un personnage énervant et exécrable, Mazza prouve qu’elle peut être une bonne actrice, elle qui sera également dans l’autre film d’action québécois de l’été, De Père en Flic 2.

Bon Cop Bad Cop 2 n’est pas le film que les admirateurs attendaient. Pour compenser, Patrick Huard tente de créer un produit plus mature et plus émotionnel. Une tâche qu’il parvient amplement à réussir à l’exception du troisième tiers qui transporte BCBC2 aux portes de Nanarland. Espérons seulement qu’il ne faudra pas plus d’une décennie pour qu’un éventuel troisième volet démarre dans nos salles de cinéma…


Réalisation : Alain Desrochers

Scénario : Patrick Huard

Avec : Patrick Huard, Colm Feore, Sarah-Jeanne Labrosse, Erik Knudsen, Noam Jenkins, Mariana Mazza, John Moore

Welcome to Blood City (1977)

Résumé : Des personnes amnésiques sont coincés en tant qu’esclaves dans ce qui semble être une ville de l’Ouest américain. Dans cette ville, la population obtient du succès en tuant ses semblables, ce qu’un de ces amnésiques entreprend de réaliser assez rapidement…

Critique :

De toute ma carrière de cinéphile, il fut assez rare de visionner un film d’exploitation canadien, et ce même si je suis moi-même canadien. Ce sous-genre cinématographique est né par une loi canadienne servant à générer une culture cinématographique canadienne, en co-finançant des longs-métrages. Cette loi, en vigueur de 1974 à 1982, servit à créer plusieurs films d’action, d’horreur et de science-fiction, avec des budgets minimes. Certains d’entre-eux sont devenus des classiques comme Black Christmas, Scanners ou Trapped. D’autres ont complètement disparu de la surface comme Welcome to Blood City

Un homme nommé Lewis se réveille avec d’étranges vêtements et une carte le traitant de meurtrier, tout en étant entouré de quatre inconnus. N’ayant aucuns souvenirs de leurs vies antérieures, les cinq êtres déambulent dans la forêt qui les entourent. Très rapidement, ils seront attaqués par des criminels pour ensuite être secouru par un mystérieux homme en noir qui les amène à la ville la plus proche. Là-bas, il leur explique qu’ils ont deux choix : Soit ils acceptent d’être des esclaves pendant une année, en échange de quoi ils auront une certaine liberté, en tant que «gardes du corps», soit ils se sauvent et risquent de se faire tuer par le premier venu. Lewis décide de tenter sa chance au milieu des fous peuplant cette localité, ce qui attire l’attention des nombreux habitants et d’une scientifique mystérieuse qui l’épie derrière son ordinateur…

Avant de vous parler proprement de Welcome to Blood City, il me faut vous avertir de la rareté relative du long-métrage en sol canadien. Oui, car il est assez aisé de se procurer une copie grâce au distributeur Mill Creek. Néanmoins, il ne faut absolument pas se fier à leurs éditions du film en DVD puisqu’elles sont les victimes de l’un des pires transferts de l’histoire de la compagnie, alors que l’image est floue et montre tout sauf les acteurs en pleine action et que la mauvaise qualité du son empêche d’écouter les dialogues sans monter son système de son au maximum…

Maintenant que vous êtes prévenus, parlons concrètement de Welcome to Blood City. Si son résumé parvient à nous donner l’impression d’assister à une version paumée de Westworld, la réalité est tout autre car Welcome to Blood City se positionne à mille lieux du classique de Michael Crichton, préférant jouer à un autre niveau. Pire encore, nous pourrions presque voir chez ce long-métrage les germes d’une célèbre trilogie cinématographique des années 1990/2000. Ce western tente d’apporter au cinéma nord-américain des idées innovatrices avec un côté science-fiction à des années lumières du cinéma des années 70.

Même si toute l’intrigue de Welcome to Blood City se repose sur le revirement ambigu qu’apporte le côté science-fiction (Ainsi qu’un autre revirement de conclusion qui apporte quelques incohérences…), l’aspect western du long-métrage n’est pas en reste, car nous avons ici un film qui divertira les amateurs de ce genre. Le monde où évolue nos héros remplit le carnet de commandes de tout bon western avec un triangle amoureux fascinant, un méchant charismatique, une revendication sociale efficace sur le sexisme et le racisme et avec le héros classique qui débarque dans une ville pour en «changer» sa société.

Parlant de ce héros, le personnage de Lewis est une agréable surprise. Entre ses confrontations avec les citoyens, qui sont les rois et maîtres de la ville, et ses nombreuses conversations avec le shérif immortel Frendlander, il est intéressant de suivre la progression du personnage, qui passe d’un homme étiqueté comme un tueur et qui refuse sa destinée, pour ensuite devenir une véritable machine à tuer. Néanmoins, le scénario de Welcome to Blood City n’est pas parfait comme le démontre les dix premières minutes où le film est incapable de mettre en place son univers sans saupoudrer le tout de somnifère.

Si vous survivez jusqu’à l’arrivée de Jack Palance, qui marque le moment où Welcome to Blood City devient réellement intéressant, vous serez confrontés à un autre problème de taille. Le film parvient à introduire une panoplie de concepts intéressants, mais il ne prend jamais le temps de les développer. Il suffit de se pencher sur la structure hiérarchique de la ville. Welcome to Blood City n’explore jamais concrètement les liens unissant les esclaves, les gardes du corps et les citoyens. Le seul moment où le film nous montre les fameux esclaves, c’est lors d’une courte scène où Lewis retrouve l’un de ses compagnons de voyage. Même chose pour ceux qui observent les moindres mouvements de Lewis et qui ont quelques scènes à gauche et à droite, dans les trois mêmes décors fauchés.

Également, il faut noter que nous avons derrière la caméra Peter Sasdy, un cinéaste hongrois principalement connu pour avoir réalisé le film d’horreur Taste the Blood of Dracula. Dans Welcome to Blood City, Sasdy offre une réalisation solide parvenant à tirer le maximum des faibles moyens financiers de cette production. Le long-métrage n’a pas de temps mort (À l’exception des dix premières minutes…), les décors et les costumes sont, pour la plupart, crédibles et réalistes et les scènes d’action sont bien foutues. Dans le rôle titre, Keir Dullea (2001: A Space Obyssey) joue parfaitement le rôle de Lewis, tout comme Jack Palance (Batman) qui livre possiblement l’une des bonnes performances de sa carrière. Samantha Eggar (Hercules) est pour sa part assez crédible en ayant deux rôles dans Welcome to Blood City, celui de la scientifique et un autre rôle mystérieux. La seule ombre au tableau demeure Hollis McLaren (Atlantic City, USA), une actrice offrant une interprétation assez fade, malgré de nombreux efforts, de Martine, une autre personne amnésique vivant les mêmes difficultés que Lewis. Notons également que Barry Morse (Vedette de la version originale de The Fugitive) a un petit rôle dans cette production…

Welcome to Blood City est un excellent film d’exploitation canadienne, un excellent western et un excellent film de science-fiction. Il est simplement dommage que le long-métrage fut rapidement oublié et qu’il n’y ait pas de copies non-indigestes en circulation en Amérique. Pour les chanceux, Welcome to Blood City pourrait vous tendre la main lors de votre prochaine visite aux puces. Pour les autres, il faudra vous contenter de cette simple critique…


Réalisation : Peter Sasdy

Scénario : Stephen Schneck, Michael Winder

Avec : Keir Dullea, Jack Palance, Hollis McLaren, Samantha Eggar, Barry Morse

Man of Steel (2013)

Résumé : Clark Kent, l’un des derniers membres d’une race éteinte qui se cache sur Terre en temps qu’être humain est forcé de révéler sa véritable identité lorsque notre planète est envahie par une armée de survivants de Krypton qui menacer de détruire la terre d’accueil de Clark Kent.

Critique : 

C’est avec beaucoup d’excitation que la franchise Superman recommença à zéro en 2012. Supervisée par Christopher Nolan (The Dark Knight), mais pilotée par Zack Snyder (Watchmen), Men of Steel avait une lourde tâche en vue puisqu’il fallait réconcilier le public mondial avec le fils de Krypton. Le public avait soif d’une adaptation réussie pour l’homme d’acier et heureusement pour ces personnes, Man of Steel exauça les souhaits de ces gens…

Un jeune garçon nommé Clark Kent découvre qu’il a des pouvoirs extraordinaires et qu’il n’est pas originaire de notre planète. Des années plus tard, en tant que jeune homme, Clark parcourt la planète à la recherche de ses origines. Tandis qu’il obtient enfin des réponses à ses questions, il devra devenir un héros et le symbole d’espoir dont l’humanité a besoin lorsque la Terre sera menacée de la destruction par l’assassin de son véritable père, en quête de vengeance.

Man of Steel a plusieurs défauts, mais nous ne pouvons pas dire qu’il manque d’audace en actualisant suffisamment le mythe de Superman pour ne pas rendre son histoire désuète. Car, pour certains, le code moral et la naïveté de ce personnage ont fait de lui la «cheerleader» de l’univers DC, à cause de sa divinité qui rend difficile la création de faiblesses pouvant menacer ce demi-dieu, sans sombrer dans la facilité avec de la kryptonite ou d’autres membres de sa planète d’origine.

C’est en adoptant une de ces menaces que Man of Steel débute, lorsque le général Zod décide de mener un coup d’État afin de libérer Krypton d’une destruction éminente. Durant cette séquence nous pouvons sentir d’influence d’Avatar sur la planète Krypton, à un point tel que nous pouvons éprouver une certaine peine lorsque nous quittons cet endroit mythique. Non pas que le reste du long-métrage est terriblement ennuyeux, mais l’exotisme de cette planète et la guerre entre Jor-El et Zod offraient une prémisse bien plus intéressante qu’est Man of Steel en réalité.

Une fois sur notre planète, le long-métrage évite de commettre quelques erreurs que Richard Donner a commises par le passé, notamment en n’omettant de raconter en détail l’enfance de Superman. Man of Steel sait que nous connaissons cette histoire par cœur et se contente de divulguer que les éléments qui sont nécessaires et inédits (comme la relation entre Clark Kent et son père adoptif.). Et pour ce qui est la parabole faisant des parallèles entre Jésus et Superman, elle est réduite à des sous-textes efficaces comme lors de la scène où Kent va se confier à un prêtre après l’arrivée de Zod. Également, il nous faut aussi souligner l’introduction de Lois Lane (avec la présence de Clark Kent bien camouflée dans le cadre de la caméra…) en Arctique qui fait grandement honneur à ce célèbre personnage.

Par contre, dès l’arrivée de Zod sur la Terre, l’histoire de Man of Steel commence à perdre de nombreuses plumes, notamment en étirant la présence de Lois Lane. Le scénario fait tout pour rendre son personnage utile, à un point tel que cela en devient presque ridicule. Et pour ce qui est de Zod en lui-même, le long-métrage réussit une étrangeté en rendant ce personnage plus menaçant et plus dangereux que lors de sa dernière présence, dans Superman II, mais moins crédible et moins imposant par la même occasion. À certains moments, nous avons même l’impression que ce personnage est ni plus ni moins qu’un vulgaire bébé gâté.

Derrière la caméra, Zack Snyder offre une bonne réalisation, parvenant à capturer avec brio le gigantisme de ce personnage, avec l’aide d’une excellente direction photographique et d’un montage efficace, bien qu’un peu trop agressif. Mais la plus grande réussite du réalisateur repose sur les images puissantes qu’il parvient à générer et à mettre en scène, comme lorsque Superman expérimente pour la première ses pouvoirs aériens, ou lorsqu’il reçoit un accueil favorable par l’armée américaine lors de la bataille de Smallville. Et pourtant, le génie de Snyder se retrouve surtout dans les flashbacks, tant sur Krypton que sur Terre, qui parviennent à rendre Man of Steel plus épique qu’il ne l’est réellement.

Pourtant, c’est à partir du moment que Zod débarque sur Terre que Snyder débloque complètement, comme s’il avait un orgasme devant cette seconde partie du film qui est essentiellement composée de scènes d’action. Le réalisateur semble émerveillé devant son propre travail et oublie presque sa priorité numéro un : faire un bon film. Lorsque le générique de fin arrive, nous avons le goût de vomir devant un gavage de séquences musclées plus ou moins excitantes et légèrement répétitives. Surtout que Man of Steel se tire royalement dans le pied avec la destruction de Metropolis, dans la mesure que bataille précédente, à Smallville, est mille fois plus intéressante et divertissante que celle de Metropolis. Ce qui fait que lorsque Superman arrive dans cette métropole, nous avons tout simplement envie que le long-métrage se conclue au plus vite.

Pour sa part, Hans Zimmer (The Lion King), qui est devenu par la force des choses, le nouveau compositeur officiel des adaptations de DC Comics, nous offre une trame sonore magnifique. Man of Steel surprend et étonne à ce niveau grâce à Zimmer qui signe ici ses plus grandes partitions. Sa musique nous empoigne jusqu’aux tripes et offre une expérience viscérale aux spectateurs qui sont renversés par les thèmes choisis pour supporter cette nouvelle adaptation de Superman. Même que nous pouvons dire que les compositions de Zimmer font mordre la poussière à la musique de John Williams, composée des décennies plus tôt pour les précédentes adaptations de l’homme d’acier.

Sous le costume de Superman, Henry Cavill (Immortals) a une belle présence à l’écran, même s’il ne parvient pas à égaler les acteurs qui l’ont précédé à ce niveau. Amy Adams (The Fighter) est bien sans plus, mais soyez rassurés son interprétation de Lois Lane est mille fois supérieure à celle de Kate Bosworth dans Superman Returns. En tant que Zod, Michael Shannon (The Iceman) livre la marchandise avec une interprétation assez convaincante, malgré que l’acteur est rapidement abandonné par la faiblesse du scénario à son égard. Pour ce qui est des parents de Superman, nous ne pouvons qu’être émerveillés devant les performances de leurs interprètes (Diane Lane (The Perfect Storm), Kevin Costner (Dances with Wolves) et Russell Crowe (Gladiator)) qui apportent beaucoup de profondeur au long-métrage.

Non, Man of Steel n’est pas la meilleure adaptation de l’homme d’action, mais le film parvient à dépoussiérer suffisamment l’histoire de ce superhéros pour le rendre actuel et moderne. Et sans la pression d’une potentielle suite ou d’un univers partagé, Man of Steel est assez rafraîchissant dans sa démarche, même si son penchant pour les scènes d’action dans la seconde partie de son récit fait en sorte que le long-métrage conclut son périple en queue de poisson…


Réalisation : Zack Snyder

Scénario : David S. Goyer, Christopher Nolan

Avec : Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon, Diane Lane, Russell Crowe, Antje Traue, Harry Lennix, Richard Schiff, Christopher Meloni, Kevin Costner, Ayelet Zurer, Laurence Fishburne, Michael Kelly

Blame! (2017)

Résumé : La cité sans fin ne répond plus aux humains; ses gardiens les traitent comme de la vermine. Un homme se bat pour changer cela…

Critique :

Si dans ma jeunesse, j’avoue avoir touché aux Dragon Ball (la série et les mangas), aux Yu-Gi-Oh (la série et les mangas), aux Chevaliers du Zodiaque et aux Détective Conan; sans oublier l’excellent animé japonais Sous le signe des Mousquetaires. En arrivant au secondaire, mon intérêt pour toute forme de culture asiatique a rapidement disparu. C’est donc avec l’arrivée de Blame! sur Netflix que j’ai donc décidé de replonger tête première dans ce pan de la culture geek, afin de découvrir un univers qui n’était jusqu’ici inconnu.

Zuru est l’une des rares survivantes de l’humanité qui se cache dans une ville peuplée par des êtres robotiques créés par les humains et qui, aujourd’hui, exterminent les descendants de leurs créateurs. Avec quelques amis, Zuru parcourt la ville en quête de nourriture jusqu’au moment où elle est repérée par une horde de Sauvegardes, des robots tueurs travaillant pour l’entité informatique dirigeant la ville. Tandis qu’elle voit ses amis mourir, Zuru et quelques autres seront sauvés par un homme mystérieux nommé Killy, un homme parcourant les niveaux de cette ville à la recherche d’un être possédant le bagage génétique nécessaire pour sauver l’humanité.

Pour les non-initiés, Blame! est un manga japonais de dix volumes sortis au tournant du siècle dernier. Cette oeuvre de Tsutomu Nihei est depuis devenue un élément culte de la culture japonaise. Néanmoins, comme mentionné ci-haut, n’étant pas un connaisseur de la saga littéraire, il m’est impossible de dire si Blame! est une adaptation fidèle. Heureusement, le long-métrage parvient à prendre les non initiés à son univers pour une folle aventure dans un monde post-apocalyptique, sans pour autant les prendre pour des êtres stupides.

Blame! trouve le juste milieu entre explication et démonstration en gardant au minimum les coulisses de son monde pour nous placer directement dans l’action avec une introduction où nous suivons ce que nous pensons être un groupe de gamins qui voyagent dans la ville robotisée à la recherche de nourriture. Par contre il faut admettre que le fait de cacher ces humains sous des masques n’aide aucunement à suivre la scène d’action d’ouverture… Peu importe, car par la suite le scénario du long-métrage se compare avantageusement à Mad Max 2 puisque nous assistons aux exploits d’un héros presque muet qui sauve des survivants (les gamins…) pour être ensuite accueilli dans leur refuge.

Par la suite, il en découle une série d’événements tandis que Killy mène les humains à sa quête. Et puisque notre héros est un étranger, toutes les séquences explicatives, qui sont gardées à un minimum, ont actuellement du sens dans le fil du récit. Comme mentionné plus haut, tout n’est pas expliqué, ce qui est un plus indéniable puisque le long-métrage laisse place à notre imagination pour compléter nous-mêmes les pièces de ce casse-tête. Il n’y a que quelques petits pépins avec le scénario avec cette formule. D’abord, si l’histoire nous introduit avec un groupe d’enfants sans pour autant prend le temps d’introduire leurs parents, même s’ils vivent dans une communauté d’une centaine de personnes. Et ensuite, sans entrer dans les grosses surprises du scénario, il y a un moment Screamers dans le troisième acte qui arrive de nulle part sans prévenir faisant décrocher les non-initiés au manga de Tsutomu Nihei.

Sinon, sur le plan visuel, le long-métrage est un pur délice. Même si l’aspect vertical du film de Hiroyuki Seshita (Ajin) manque de profondeur, le cinéaste est parvenu à créer un monde spectaculaire et agréable à regarder. Nous pouvons sentir un grand sens du détail chez le cinéaste, spécialement chez les monstres robotiques de l’oeuvre qui n’ont rien à envier aux références du genre. Parfois le dessin manque de finition lorsque l’on compare les scènes d’action aux scènes de dialogues, mais c’est un détail qui passe facilement inaperçu. Sur le plan sonore, nous nous devons d’être mitigés. D’un côté, Netflix propose un doublage en VF impeccable et sans fautes, qui se fait accompagner d’une trame musicale superbe et splendide. Mais de l’autre côté, nous assistons au déchiquetage de cette trame sonore en un produit final saccadé et énervant.

Blame! n’est pas la meilleure production de Netflix, mais elle parvient à offrir une porte d’entrée satisfaisante à un manga culte, surtout si vous n’êtes pas familiers avec cette oeuvre. Blame! peut être un divertissement prenant, enlevant et dynamique avec une trame narrative qui bouge constamment. Si certains choix sont discutables, nous ne pouvons que remercier Netflix de nous avons mis ce produit entre les mains, surtout s’il peut convaincre certains cinéphiles de lire le manga.


Réalisation : Hiroyuki Seshita

Scénario : Sadayuki Murai

Avec :  Sora Amamiya, Takahiro Sakurai , Kana Hanazawa, Aya Suzaki, Cristina Valenzuela, Kazuhiro Yamai

John Wick: Chapter 2 (2017)

Résumé : John Wick est de nouveau obligé de sortir de sa retraite anticipée par un ancien associé comptant prendre le contrôle d’une confrérie d’assassins internationaux. Ayant juré de l’aider, John se rend à Rome où il doit affronter certains des tueurs les plus dangereux au monde.

Critique : 

Il y a plusieurs moyens de concevoir une suite. Parfois, un studio va emprunter la voie facile en tentant de répliquer pour la deuxième fois le succès du précédent volet en reprenant grossièrement la même intrigue, en y ajoutant plus d’explosions et plus de violence. Sinon, un studio peut jouer de stupidité en faisant une suite n’ayant que peu de liens avec le matériel d’origine, que ce soit en se focalisant sur un personnage secondaire ou en se focalisant sur l’enfance de son personnage principal. Heureusement, il arrive qu’un studio soit suffisamment intelligent pour comprendre ce que veulent réellement les fans et qu’il tente de leur donner cela avec un produit final excitant. Et bien, c’est ce que nous avons avec John Wick: Chapter 2

Peu de temps après le premier volet, John Wick continue à exercer sa vengeance auprès de la famille Tarasov, en tentant cette fois-ci de récupérer son bien en plus précieux, sa Mustang. Après avoir retrouvé son véhicule, non sans difficultés, Wick retourne finalement à la retraite et à la quiétude de sa nouvelle vie (Ou ancienne vie selon votre perspective…). Enfin, cela est vrai jusqu’au moment où Santino D’Antonio, l’homme qui lui a permis de prendre sa précédente retraite, vient le voir en lui rappelant qu’il doit s’acquitter d’une ultime faveur, faveur devenue active par ses récentes tueries. Contraint par ce pacte, Wick accepte sans prévoir les réelles intentions de D’Antonio…

Bien que l’introduction de cette critique soit un peu mensongère, puisque c’est en réalité les créateurs du film original qui ont écouté les fans, il reste que John Wick: Chapter 2 a fait le bon choix en explorant avec plus de profondeur la mythologie de ses assassins dont fait partie le héros principal. Mais avant de parler un peu de cette mythologie, il nous faut entrer dans l’histoire de cette suite en elle-même qui est le principal problème de John Wick: Chapter 2.

Même s’il est facile et tentant de mettre une note parfaite à ce long-métrage, John Wick: Chapter 2 a quelques défauts bien puant sous son oreiller. Effectivement, si nous n’allons pas visionner ce divertissement pour son originalité scénaristique, il reste que dans son ensemble, John Wick: Chapter 2 a un scénario assez commun. La construction qu’a utilisé Derek Kolstad, scénariste du précédent volet et de quelques DTV mettant en vedette Dolph Lundgren, est si simple qu’elle est semblable, voire identique, à des milliers de productions sortant chaque jour en DVD / Blu-ray et en VOD. Le héros est demandé par quelqu’un de s’acquitter d’une tâche; le héros fait cette tâche; un ennemi se déroule au grand jour; le héros doit affronter ce nouvel adversaire. Pire encore, cette construction ne permet pas à ce long-métrage d’obtenir un véritable antagoniste, présent durant toute l’intrigue.

Le vilain de John Wick: Chapter 2 ne représente que de la chair à canon que Wick devra éventuellement éliminer; une épine dans le pied de notre indifférence, à mille lieux du mafieux russe de son aîné. Certes, le long-métrage parvient contourner ce problème avec quelques grosses qualités comme sa mythologie et quelques tueurs à gages. Tel un écran de fumée, l’agrandissement de l’univers de cette franchise permet à John Wick: Chapter 2 à combler cette faiblesse en ajoutant des couches de complexité aux relations entres les nombreux personnages de ce monde alternatif, en ajoutant quelques nouvelles règles, et en oubliant l’aspect huis-clos du premier volet. Oui, car l’intrigue ce film ne se déroule pas seulement en Amérique (Viva Italia!!!) et les plus Montréalais d’entre-nous pourront même y noter les rues de notre belle métropole, lieu d’une partie du tournage de ce long-métrage…

Si nous avons tenté de rester vague au sujet du scénario de John Wick: Chapter 2, il nous faut continuer cette méthode pour vous parler du retour de Chad Stahelski (Cascadeur sur la saga The Matrix). Bien qu’il ait perdu son bras droit (David Leitch), Stahelski ne trébuche pas et parvient à poursuivre la signature visuelle de la franchise. Ce nouveau long-métrage se visionne toujours comme un jeu vidéo d’exception où un personnage principal parvient à dégommer ses ennemis de façon majestueuse et gracieuse. L’action est toujours lisible et visuellement parfaite avec des plans de caméra intelligents et avec un montage au service de l’oeuvre et non au service des acteurs.

Par-contre, ce que Stahelski ne peut nier, c’est qu’il n’a plus un élément de surprise à sa disposition. Nous arrivions comme des petites brebis vierges dans le premier chapitre, ce qui faisait de nous des spectateurs facilement impressionnables. Cette fois-ci, nous arrivons avec des attentes bien précises. Même si ce n’est pas un défaut en soi, le réalisateur est incapable de surpasser nos attentes et de nous impressionner comme ce fut le cas auparavant. Certes, tout ce qu’il nous offre est impeccable, mais rien ne parvient à nous impressionner au même niveau. Cela ne nous empêche pas d’être éblouis par quelques séquences, comme la course poursuite d’ouverture, la splendide fusillade au milieu d’une foule entre Reeves et Common dans une station de métro et la meilleure utilisation d’un crayon depuis The Dark Knight

De plus, comme mentionné plus haut, John Wick: Chapter 2 comprend quelques tueurs à gages supplémentaires. Si le premier volet avait un Willem Dafoe relativement en retrait, sa suite répare un peu cette tare avec une poignée d’assassins (presque) aussi compétents que John Wick. Cette variante permet de dynamiser en quelque sorte les scènes d’action sans pour autant augmenter le nombre de victimes, qui est d’ailleurs aussi élevé sinon plus dans cette suite. Pour conclure grossièrement l’aspect technique, notons l’excellente direction photographique de Dan Laustsen (Crimson Peak) et la trame sonore très agréable de Joel J. Richard et de Tyler Bates, qui ont également travaillé sur le précédent volet.

Dans le rôle titre, il est inutile de mentionner que Keanu Reeves (The Matrix) est tout simplement génial. L’acteur livre à nouveau une interprétation parfaite de John Wick et il continue à faire de l’ombre aux Liam Neeson de ce monde, qui flirtent parfois avec le monde de l’action. Riccardo Scamarcio (Burnt) est néanmoins la grosse erreur du casting, l’acteur qui interprète le rôle de D’Antonio ne parvenant pas à laisser sa marque dans la franchise avec une performance assez fade. Sinon, Common (Wanted) et Ruby Rose (xXx: The Return of Xander Cage) jouent avec beaucoup de conviction des tueurs aux trousses de John Wick, parvenant à rivaliser avec Keanu Reeves, sans grande difficulté. Laurence Fishburne (The Matrix), Peter Stormare (Fargo) et Franco Nero (Django) sont également présents dans des petits rôles à la hauteur de leurs carrières respectives. Notons aussi les retours d’Ian McShane (Kung Fu Panda) et de John Leguizamo (Ice Age) dans leurs rôles respectifs.

John Wick: Chapter 2 est un pur bonbon cinématographique qu’il vous faut croquer à tout prix. Malgré quelques défauts mineurs, le long-métrage reste une réussite totale qui offrira un divertissement jouissif à tout fan d’action. Il n’y a aucun doute que John Wick: Chapter 2 sera parmi les meilleurs films de 2017. Et avec un nouveau volet en préparation, il n’y a aucun doute que nous allons revivre de nouvelles aventures trépidantes dans un avenir très rapproché…


Réalisation : Chad Stahelski

Scénario : Derek Kolstad

Avec : Keanu Reeves, Riccardo Scamarcio, Ian McShane, Ruby Rose, Common, Claudia Gerini, Lance Reddick, Laurence Fishburne, John Leguizamo, Franco Nero, Peter Stormare

Arrow – Saison 4 (2015-2016)

Résumé : Après avoir défait son plus formidable adversaire et être parti vers des cieux meilleurs avec son amour de longue date Felicity Smoak, Oliver Queen (Arrow) quitte Starling City avec l’espoir de débuter une vie meilleure. Mais es-ce qu’Oliver sera réellement capable de laisser derrière-lui son passé de justicier et, s’il y parvient, que deviendra-t’il de l’équipe qu’il a travaillé si fort pour assembler? Es-ce que Diggle, Thea et Laurel continueront la croisade d’Oliver sans ce dernier? Et, avec Malcolm Merlyn à la tête de la ligue des assassins, est-ce que ce beau monde est réellement en sécurité?

Critique : 

Après une troisième saison en demie teinte, Arrow avait beaucoup à prouver pour sa quatrième saison. Elle devait nous convaincre qu’Oliver Queen ne se laisserait plus distraire par les étendues de son univers partagé sur The CW pour se recentrer enfin sur ce qui compte réellement : les spectateurs qui dévore les aventures d’Oliver Queen semaine, après semaine. Malheureusement, les scénaristes derrières la série ont échoué à cette tâche toute simple et nous ont donné la plus mauvaise saison de la série à ce jour…

Oliver Queen vit paisiblement une vie de banlieusard avec sa belle Felicity Smoak, une demoiselle qu’il compte bientôt demander en mariage. Malheureusement à Star City (Renommée ainsi après la «mort» de Ray Palmer…), un groupe de «Ghosts» menés par Damien Darhk règne en roi et maître sur la ville. Ne parvenant pas à contenir la menace, les compagnons de l’archer demanderont à ce dernier de revenir en ville et de prendre le masque de Green Arrow. Malheureusement, Oliver Queen était loin de se douter que Darhk est un puissant sorcier dont les tours de magie pourraient bien détruire la vie personnelle, professionnelle et amoureuse du justicier de la nuit…

Après une troisième saison chambardée par la présence de The Flash et par l’arrivée de l’univers cinématographique de DC Comics (RIP Suicide Squad…), les scénaristes d’Arrow ont eu la curieuse idée d’écouter les fans de la série et leurs plaintes concernant la troisième saison d’Arrow. Malheureusement, au lieu de corriger le tirs, ces hommes et femmes ont tenté en vain d’amplifier ces traits pour risquer d’en faire des éléments positifs pour cette série. Et, nous sommes forcés de constater que cela n’a tout simplement fonctionné. Il suffit de regarder la page de la série sur IMDB et de consulter les notes des spectateurs pour remarquer que parmi les dix épisodes les moins aimés de la série, neuf font partie de cette saison…

Pourtant, Arrow semblait faire un pas dans la bonne direction avec l’arrivée de Damien Darhk à titre d’antagoniste. En effet, Darhk a une présence crédible et pour la première moitié de saison, il semble être réellement une menace mortelle pour Olivier Queen. Et jusqu’au moment où nous apprenons l’origine de ses pouvoirs dignes de Darth Wader, la dose de mysticisme qu’il apporte à la série se veut être une véritable bouffée d’air fraiche. Sur un aspect totalement différent, la première moitié de la saison dans son ensemble est également à la hauteur avec une exploration des personnages principaux plus soutenue et avec une continuité plus intense en lien avec les dernières saisons. En réalité, ce début d’année se voulait être une réflexion des événements du passé de nos héros, tant du côté de Diggle qui découvre assez tôt dans la saison que son frère est toujours vivant et qu’il est en réalité un homme de main de Darhk, que d’Oliver qui vivra une relation de couple difficile avec Felicity, la femme qu’il a théoriquement toujours aimé. Et pourtant, tous ces éléments qui semblaient géniaux causeront la perte d’Arrow, une série qui entra dans son congé de Noël affaiblie par le fait qu’elle devait introduire les personnages de Legends of Tomorrow (En plus de perdre quelques membres importants de son casting pour la même raison…) et par les premiers signes de sa chute monumentale.

Oui, car dès le retour de ce congé, Arrow chuta considérablement en termes de qualité, devenant une sorte de divertissement nanardesque qui ne fonctionne que grâce à ses scènes d’action. À ce point-ci de la saison, rien ne marchait réellement. Le héros qu’était Oliver Queen est devenu plus occupé à régler sa situation de couple qu’à combattre les méchants. Et pour la première fois de la série, le couple chouchou des fans part en vrille, car les procédés scénaristiques pour rendre Olivier et Felicity intéressants sont tellement horribles qu’ils ne sont même pas dignes d’un mauvais roman savon américain (Gardons en mémoire la conclusion de l’épisode 15 et l’épisode où ils rompent et annulent leur mariage avant d’être forcés d’être à nouveau en couple et d’organiser un vrai-faux mariage qu’ils ne célébreront pas…). Parlant de roman savon, tout l’arc scénaristique entre John Diggle et son frère Andy est digne des Feux de l’Amour alors que le tout s’étire éternellement dans une sorte d’émulation de l’intrigue de Star Wars à la sauce Arrow, où John tente de convaincre Andy de se sauver du côté obscur de Dahrk…

Et par le fait même, la série crée plusieurs dégâts collatéraux comme toute la famille Lance qui est totalement détruite durant cette saison. Car, même en oubliant la résurrection forcée de Sara Lance / Black Canary 1.0, nous sommes forcés de visionner Quentin, le père de famille, qui passe d’un agent double à la solde de Darhk et d’un commissaire de police, à un ex-agent double, ex-commissaire de police, qui ne sert qu’à apporter du café ou des croissants… Et ce qui concerne Laurel Lance / Black Canary 2.0, nous allons simplement dire qu’elle débute la saison en étant une crisse de folle obsédée par la résurrection de sa sœur (Désolé du juron québécois…), pour terminer la saison en queue de poisson, détruisant par la même occasion le seul lien véritable entre la série et la bande-dessinée, à l’exception d’Oliver Queen bien sûr.

Certes, la quatrième saison d’Arrow apporte quelques nouveautés intéressantes. Survivant au milieu de l’écriture parfois nanardesque de la série, nous avions le personnage de Curtis Holt (Ou Mister Terrific dans les bandes dessinées) qui apparait ici dans sa version pré-héroïque, comme étant une sorte d’assistant personnel pour Felicity. À la longue, il nous rappelle même cette dernière dans ses meilleurs jours, avec un humour et une excentricité qui fait du bien à la série. De plus, nous avons Anarky, un ennemi de Batman qui est ici un antagoniste récurrent de Green Arrow. Certes, ce personnage est aussi fidèle à la bande-dessinée que le fut l’entièreté du casting de Dragon Ball: Evolution, mais Anarky apportait un brin de folie qui, de façon assez étrange, recentrait la base sur ses bases et ancrait un peu plus la série dans la série. Il ne faudrait pas oublier toute la campagne électorale d’Oliver Queen qui a fait du bien à la série cette année, apportant une bouffée d’air fraîche durant la première moitié de saison.

Pour ce qui est de Damien Darhk en tant que tel, comme nous avons mentionné ci-haut, il a permis d’élever la série durant sa première moitié de saison. Dans la seconde, nous sommes assez négatifs tandis que Darhk devient une pâle copie d’un méchant de James Bond (Surtout Moonraker…), avec des pouvoirs magiques et une horrible doublure en plus. En toute franchise, ce petit détail rendait chaque scène d’action impliquant ce personnage involontaire drôle, dans la mesure où la production a choisi un cascadeur ne ressemblant aucunement à Neal McDonough pour ce rôle. Il ne faudrait pas oublier les flashbacks qui font pitié, car malgré un début prometteur, le tout a lentement sombré dans le ridicule pour se terminer dans une sorte de version vaudou de The Terminator. Nous avons déjà hâte que la série cesse de nous raconter le passé d’Oliver Queen…

Sur le plan technique, nous pouvons également sentir une légère détérioration alors que certains éléments semblent diminués, comme la ville de Star City en elle-même qui semble être dépeuplée et sans vie durant la majorité de la saison. En termes de réalisation, malgré la présence de plusieurs cinéastes importants derrière la caméra (Nous parlons ici d’Antonio Negret (Transit), de Charlotte Brändström (La franchise Johan Falk), de John Badham (Saturday Night Fever), de Kevin Tancharoen (Mortal Kombat), de Lexi Alexander (Hooligans), de Michael Schultz (The Last Dragon), de Rob Hardy (Stomp the Yard 2: Homecoming) et de Thor Freudenthal (Percy Jackson: Sea of Monsters).), Arrow ne parvient pas à générer une véritable énergie sur le plan créatif, se contentant d’être sur le pilote automatique. En fait, la seule lueur d’espoir se trouve chez James Bamford, un cascadeur hollywoodien qui offre les meilleurs épisodes de la série en termes d’esthétisme et d’action, même si Bamford n’avait jamais rien réalisé avant débarquer aux reines de deux épisodes de la dernière saison d’Arrow.

Heureusement pour les acteurs principaux de la série, cette saison fut l’occasion parfaite pour offrir des jeux d’acteurs exemplaires, une situation qu’a grandement profité le trio masculin de la série composé de Stephen Amell (Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows), de David Ramsey (Con Air) et de Paul Blackthorne (Lipstick Jungle). Pour sa part, Neal McDonough (Minority Report) est efficace dans le rôle de Damien Dahrk, tout comme Echo Kellum (Sean Saves the World) dans le rôle de Curtis Holt. En fait, les seules pommes pourries du casting de cette saison se trouvent chez Janet Kidder (Bride of Chucky), chez Eugene Byrd (Bones) et dans l’entièreté des acteurs présents dans les flashbacks sur l’île, à l’exception de Ryan Robbins (Warcraft) bien sur…

Ce n’est pas pour rien que la quatrième saison d’Arrow se conclut par un reboot léger de la série. Cette année, Arrow a atteint un mur créatif et elle a baissé les bras tant sur le plan visuel que sur le plan scénaristique. Ce n’est pas pour rien que Stephen Amell, l’acteur principal de la série, a récemment émis quelques critiques à propos de la série; il est cruellement temps d’Arrow revienne à ses bases et qu’elle commence à redevenir une série agréable à suivre, semaine après semaine.


Créateur : Greg Berlanti, Marc Guggenheim, Andrew Kreisberg

Diffusée sur : CW

Avec : Stephen Amell, David Ramsey, Willa Holland, Paul Blackthorne, Emily Bett Rickards, Katie Cassidy, John Barrowman, Echo Kellum, Audrey Marie Anderson, Neal McDonough, Jimmy Akingbola, Charlotte Ross, Parker Young, Ryan Robbins, Eugene Byrd, Janet Kidder

Gridlocked (2016)

Résumé : David Handrix, un ancien agent du SWAT forcé de faire du baby-sitting avec un acteur reconnu pour ses frasques médiatiques, doit mettre fin à leur escapade lorsque le centre d’entraînement, dans lequel les deux hommes se trouvent, est pris d’assaut par une équipe de mercenaires.

Critique : 

En toute franchise, malgré le casting assez important de Gridlocked, je suis entré dans ce long-métrage avec aucunes attentes et peu d’espoirs. Non pas que je pensais être devant un mauvais divertissement, mais avec la quantité de films d’action sortant directement en DVD, il est assez rare de tomber sur un bon petit film indépendant pouvant égaler les super-productions hollywoodiennes. Et bien, croyez-le ou non, Gridlocked est possiblement à ce jour, l’un des meilleurs films d’action canadiens jamais produits…

Brody Walker est un jeune acteur prometteur qui ruine sa carrière avec des frasques diverses impliquant sa consommation d’alcool, de drogues et sa vie nocturne. Sa dernière erreur le force à faire des travaux communautaires avec les forces de l’ordre de la ville de New York. David Hendrix, un membre du SWAT sur la touche après une blessure par balle, est forcé contre son gré de trainer Walker avec lui durant ses arrestations et ses patrouilles en voiture. Un soir, tandis qu’il visite ses compagnons de SWAT avec Walker, Hendrix se retrouve coincé au beau milieu d’un siège orchestré par des policiers corrompus voulant récupérer une importante somme d’argent cachée aux yeux de tous par le gouvernement des États-Unis…

Dans les faits, Gridlocked se veut être la version canadienne d’Assault on Precinct 13, un classique américain qui va célébrer son quarantième anniversaire cet automne. Il est inutile de nier cette réalité, car dès les premières minutes nous pouvons clairement sentir l’influence du long-métrage de John Carpenter. Plus encore, Gridlocked se veut être un hommage aux vieux films d’action des années 70 et 80, avec de nombreuses phrases cultes (Dont la célèbre phrase «I am too old for this shit.».), une réalisation lente et ordonnée, sans caméra branlante ou montage vomitif, et avec une intrigue simple mais élaborée.

Mais le sentiment de nostalgie n’est pas le moteur de Gridlocked, car la dynamique composée du duo de personnages principaux obtient ce titre. Ce duo, assez classique, fonctionne sur le principe de l’homme sérieux très compétent à son métier qui est obligé d’être avec le petit comique de service. Et contrairement à des films comme Rush Hour ou Shanghai Noon, la moitié comique n’est pas seulement là pour faire des blagues ou pour contrarier le personnage principal. Nous avons ici deux véritables personnes qui ne sont pas que des piles de clichés tentant en vain de créer des protagonistes captivants. Avec Gridlocked, nous sommes en face d’un duo réaliste et crédible qu’il serait, en théorie, possible de croiser dans votre poste de police de quartier. Évidement l’humour du film aide beaucoup à nous donner cette impression avec plusieurs bons gags, utiles à l’histoire et qui ne semblent aucunement être forcés, surtout lorsque Gridlocked tente de faire le parallèle entre la vie d’une vedette d’Hollywood et d’un policier de New York.

Par-contre, la simplicité et le manque d’ambition de Gridlocked seront ses pires défauts dans la mesure où aucun des personnages, incluant nos deux héros, n’a de développement réel. Si l’on ne fait que regarder l’équipe du SWAT dont faisait partie Hendrix, nous avons la recrue, la tête enflée et la «lesbienne» de service; et à aucun moment, Gridlocked fait le moindre effort pour tenter d’étoffer ces brèves descriptions ou pour démontrer que ces personnes ne sont pas que des clichés ambulants. La structure narrative souffre également du même problème alors que toute l’intrigue du film peut se résumer en une simple phrase : Un policier est forcé de faire équipe avec un emmerdeur et ils se retrouvent coincés dans un braquage perpétré par une équipe de mercenaires et de policiers. À aucun moment le film se force à explorer cette prémisse ou à y ajouter de la substance, et sur le long-terme, cela finit par apporter de nombreuses incohérences et drôleries qui sont difficiles à excuser, même pour un divertissement bourrin.

Cela peut même perturber notre visionnement comme lors d’un moment où les bandits empoisonnent nos héros en lâchant du poison dans le système d’aération (Ne nous demandez pas comment…) et que dans une même pièce, il se trouve deux personnes, et que l’une d’entre-elle ne semble être aucunement affectée par ledit poison… Certes il faut fermer notre cerveau pour apprécier Gridlocked, mais nous pouvons au moins espérer un peu plus de logique de la part des scénaristes. Sinon, il nous faut également noter le nombre impressionnant de jurons dans les dialogues du film, alors que les personnages parlent comme de vulgaires gamins qui tente d’être «cools» en parlant comme des «adultes»… À la longue, cela devient même perturbant puisque nous avons l’impression qu’aucun des personnages ne parle réellement.

Sur le plan technique, Gridlocked est de loin supérieur aux multiples navets se trouvant dans les bacs à DVD de ce monde. Même que nous pouvons sentir une véritable maîtrise technique par Allan Ungar (Tapped Out), qui se révèle être un excellent réalisateur capable de grandes choses avec peu de moyens. Car, malgré un budget assez limité, Ungar est parvenu à créer quelque chose de visuellement spectaculaire, avec beaucoup d’emphase sur l’action, sur les décors et autres éléments physiques, et sur l’ambiance. Il suffit de visionner la séquence d’introduction du vilain de l’histoire, qui débarque avec ses hommes chez un pauvre couple de vieillards, pour comprendre ce fait, alors qu’Ungar parvient à définir complètement ce personnage avec peu de mots, une caméra intelligence et un bon éclairage nocturne.

Même les scènes d’action profitent de la compétence d’Ungar avec des fusillades brillantes et des scènes de combats plutôt réussies. La séquence d’introduction du personnage de Dominic Purcell est possiblement l’une des meilleures scènes d’action de l’acteur qui récidive en fin de parcours avec un affrontement court mais mémorable avec Vinnie Jones. De plus, nous pouvons sentir une volonté claire d’utiliser des effets spéciaux pratiques tant dans les explosions que dans les effusions de sang. À de nombreux moments, Gridlocked se surpasse même en repoussant les limites du cinéma d’action typique; pensons notamment à une scène de combat où un personnage voit ses joues se faire transpercer par une balle et que son adversaire rentre ses doigts et joue avec les plaies ouvertes du fameux personnage.

Sinon, nous ne pouvons pas passer à côté de la trame sonore de Jacob Shea, qui signe ici sa deuxième véritable bande sonore en carrière. Cet homme a longtemps travaillé avec les meilleurs du cinéma hollywoodiens (The Dark Knight, Iron Man, la franchise Pirates of the Caribbean) et cela s’entend à chaque minute. Shea est parvenu à créer une musicalité assez spectaculaire qui apporte beaucoup de rythme et d’enthousiasme au long-métrage, parvenant même à faire passer Gridlocked pour un blockbuster estival à certains moments…

Même en n’offrant pas la meilleure performance de sa carrière, Dominic Purcell (Prison Break) a une bonne présence à l’écran et il a une chimie contagieuse avec sa co-vedette, Cody Hackman (Tapped Out), un champion du monde d’arts martiaux qui n’utilise aucunement ses aptitudes physiques au profit d’un rôle plus comique. Pour sa part, Stephen Lang (Avatar) offre un antagoniste respectable, avec un jeu d’acteur rappelant grandement celui de Gabriel Bryne dans le véritable remake d’Assault on Precinct 13. Danny Glover (Lethal Weapon) est également de la partie avec un rôle secondaire important faisant honneur à la longue carrière de l’acteur américain. Ceci étant dit, la principale erreur de ce casting repose sur les épaules de Trish Stratus (Ancienne lutteuse de la WWE), dont le mauvais jeu d’actrice contraste royalement avec le reste de cette production. Notons finalement que Vinnie Jones (Snatch.), Saul Rubinek (Barney’s Version)Richard Gunn (Angel) et que l’acteur québécois Romano Orzari (Les Jeunes Loups) ont aussi des rôles secondaires dans ce film.

Même si il ne risque pas de gagner de prix, Gridlocked parvient à se servir de la prémisse d’Assault on Precinct 13 pour proposer un spectacle surprenant et spectaculaire qui n’est pas exempt de défauts, comme le côté simplet de l’œuvre qui risque de déranger de nombreux spectateurs. Néanmoins, nous ressortons du film en étant incroyablement diverti, alors que les deux heures du long-métrage défilent à vive allure. Gridlocked est possiblement le meilleur long-métrage de la carrière de Dominic Purcell, et il est très certainement le meilleur film cinéma d’action canadien, depuis la belle époque de Bon Cop, Bad Cop


Réalisation : Allan Ungar

Scénario : Rob Robol, Allan Ungar

Avec : Dominic Purcell, Cody Hackman, Stephen Lang, Trish Stratus, Danny Glover, Vinnie Jones, Saul Rubinek, Richard Gunn, Steve Byers, James A. Woods, Romano Orzari

Central Intelligence (2016)

Résumé : Un comptable est projeté malgré lui dans l’univers de l’espionnage international après avoir repris contact avec un ancien ami par Facebook.

Critique : 

Kevin Hart (Ride Along) est le dernier humoriste afro-américain à prendre d’assaut Hollywood, en marchant sur les traces sur les traces de grands noms Richard Pryor, Eddie Murphy et Chris Rock, avec son genre précis de blagues et d’expressions faciales. Ceci étant dit, il était évident qu’un jour ou l’autre Hollywood allait sortir Kevin Hart de sa zone de confort et qu’elle allait propulser l’acteur dans les bras d’un mastodonte d’Hollywood. Ce mastodonte est Dwayne Johnson, un acteur qui allait pouvoir offrir une opposition de poids à Kevin Hart, tant sur le plan comique que physique. Sauf qu’entre les deux hommes se trouvent dans Central Intelligence, un long-métrage de mauvaise qualité…

Calvin Joyner était l’étudiant le plus populaire de son école. Un jour, lors d’une cérémonie scolaire, il a l’opportunité d’aider un étudiant intimidé, qui fut projeté nu dans la même pièce que le reste de ses confrères qui trouvent hilarante cette blague. Vingt ans plus tard, en marge de la réunion des anciens étudiants, Joyner vit paisiblement la vie ennuyeuse d’un comptable dont le mariage bat de l’aile. Au même moment, un certain Bob Stone le contacte via Facebook. De fil en aiguille, Joyver découvrira que Stone est l’étudiant qu’il a aidé vingt ans plus tôt, un étudiant qui est devenu avec les années obsédé par Joyver et qui est aujourd’hui un agent renégat de la CIA ayant besoin des compétences de Joyver pour rétablir justice et venger la mort de son partenaire.

En toute sincérité, Central Intelligence était un long-métrage assez attendu et jusqu’aux premières minutes du film, nous avions beaucoup d’espoir envers ce divertissement. Mais après ces quelques instants de gloire se déroulant dans le passé de nos protagonistes, Central Intelligence ne fait que tomber dans un vide sans fond qui retire tout plaisir du long-métrage, qui se retrouve alors coincé entre son aspect comique, ses scènes d’action et les messages sociaux qu’il souhaite approfondir.

Il en découle une intrigue extrêmement prévisible qui ne parvient jamais à surprendre réellement. Central Intelligence se contente de copier les films appartenant à son sous-genre, les films de type «buddy cop» avec un personnage sur-qualifié et un traître à l’horizon (16 Blocks, The HeatThe In-Laws, I, Spy, RIPD). Il ne se force même pas à changer quelques éléments de ces films, histoire de générer une véritable surprise et une volonté de divertissement. En fait, Central Intelligence cherche surtout à toucher les adolescents et les spectateurs du dimanche qui rient encore et toujours des blagues à connotation douteuse et des personnages à la sexualité variable. Même que nous pouvons dire qu’à chaque fois que les nombreux scénaristes du long-métrage semblaient manquer d’idées, ils ont simplement choisi de nous lancer ce genre d’humour, que ce soit en montrant les fesses du personnage de Dwayne Johnson, en laissant ce dernier jouer avec une corde entre les cuisses, comme si cette dernière représentait son organe sexuel, ou en proposant un câlin louche entre les deux personnages principaux.

Et c’est sur ces derniers que le Central Intelligence compte racheter ses fautes en vain. Aucun des deux hommes n’a l’étoffe nécessaire pour porter le long-métrage sur ses épaules. Le personnage de Kevin Hart n’est qu’une vulgaire copie des précédents personnages de l’acteurs, mais en plus ennuyeux car cette fois-ci, il n’est pas le moteur comique de l’intrigue. Central Intelligence laisse malheureusement ce rôle à Dwayne Johnson. Malgré la volonté des scénaristes pour créer un personnage si doué dans son métier qu’il en découle un être socialement dysfonctionnel, nous avons entre les mains un personnage insupportable qui est plus énervant qu’autre chose. Chacune des apparitions de Dwayne Johnson nous fait tourner de l’œil en guise de désespoir. À la longue, nous avons simplement envie de huer après ce personnage, ce qui est assez paradoxal si l’on pense au message anti-intimidation et anti-rejet du film.

Pourtant, c’est le moindre des soucis de Central Intelligence, car le film n’est aucunement drôle. À moins d’être un adolescent refoulé, les seuls véritables moments comiques se trouvent dans le caméo d’une actrice célèbre et dans les faux-raccords présents durant le générique de fin. Le vilain de Central Intelligence est aussi un aspect problématique du film dans la mesure où son apparition est plus digne d’un caméo, ce qui retire toute forme de développement ou de menace réelle, et que la production a engagé un acteur trop connu pour jouer ce rôle; ce qui fait que dès la première de ses deux scènes, nous savons d’avance qu’il reviendra plus tard, dans un revirement de situation aucunement spectaculaire, pour être l’ennemi de nos héros…

Sur le plan technique, Central Intelligence est également à la ramasse dans la mesure où Rawson Marshall Thurber (We’re the Millers) n’est pas un cinéaste spécialisé dans le monde de l’action. En fait à ce niveau, nous avons ici un long-métrage brouillon où les seules scènes d’action réussies sont une micro-poursuite dans un stationnement sous-terrain ou le court instant où Dwayne Johnson agrippe l’arme d’un ennemi avant de le tabasser. Le montage est aussi un pépin technique, en étant paresseux et dispersé, à un point tel que les scènes de dialogues donnent l’impression qu’être artificiels, avec aucuns dialogues véritables entre les acteurs.

Heureusement, Central Intelligence ne lésine pas en guise d’effets spéciaux, avec une version «jeune » de Dwayne Johnson relativement crédible et de nombreux litres de sang utilisés pour les quelques morts d’Aaron Paul. Et si l’on ajoute un peu de nudité et un personnage dont l’œsophage est littéralement arraché, nous serions presque surpris de constater le classement 13 ans et plus du long-métrage aux États-Unis. Sautons finalement du coq à l’âne pour dire que la trame sonore de Ludwig Göransson (Creed) et de Theodore Shapiro (Ghostbusters) est assez oubliable, voire même inutile dans la mesure où Central Intelligence se paie le luxe d’avoir quelques chansons populaires à son registre qui s’agencent bien avec les propos du film.

Pour ce qui est des acteurs, nous pouvons dire que Dwayne Johnson (Furious 6) et que Kevin Hart (Ride Along) livrent des performances spectaculaires, avec une chimie incroyable à l’écran. En toute sincérité, ils sont la seule raison pouvant justifier un visionnement de Central Intelligence. Amy Ryan (Gone Baby Gone) est également présente, dans une performance assez effacée où cette dernière joue l’agente de la CIA aux trousses de nos héros. Finalement, Aaron Paul (Breaking Bad) et Jason Bateman (Horrible Bosses) ont des caméos, alors que le premier interprète le partenaire décédé de Bob Stone, qui meurt à de multiples reprises via des flashbacks, et que le second joue un banquier surprenant.

En jouant de paresse, Central Intelligence est une perte de temps qui ne mérite pas votre attention, surtout si vous pensez le visionner sur un grand écran. Malgré les performances de Dwayne Johnson et de Kevin Hart, le long-métrage ne peut être sauvé de sa médiocrité qui plonge le spectateur dans un important trou noir cinématographique. Espérons seulement que Central Intelligence était un passage obligé pour les deux acteurs, avant leur prochaine collaboration sur le remake de Jumanji.


Réalisation : Rawson Marshall Thurber

Scénario : Ike Barinholtz, David Stassen, Peter Steinfeld, Rawson Marshall Thurber

Avec : Dwayne Johnson, Kevin Hart, Aaron Paul, Amy Ryan, Brett Azar, Megan Park, Ryan Hansen, Danielle Nicolet, Jason Bateman

End of a Gun (2016)

Résumé : Le gardien de sécurité d’un centre commercial croise le chemin d’une brute après qu’il sauve d’une femme du danger.

Critique :

Pour la première fois depuis des années, Steven Seagal décide de quitter sa zone de confort n’étant plus un personnage de soutien sauvant le monde à la dernière minute. Avec End of a Gun, l’acteur revient au premier plan, avec un divertissement faisant grandement écho aux belles années de sa carrière. Après-tout, cela fait plus d’une décennie que l’acteur n’a pas participé à un bon film, un vrai bon film. Malheureusement, ce n’est pas avec End of a Gun que cela va changer…

Decker se stationne devant un bâtiment à Paris. En sortant de sa voiture, il est témoin d’un conflit entre un homme et une femme. Il tente de régler cette dispute de couple, mais l’homme sort une arme, forçant Decker à le tuer en légitime défense. Quelques moments plus tard, Decker est contacté par la demoiselle qui a besoin d’aide pour voler de l’argent situé dans le coffre de la voiture de son copain mort. Decker accepte sans prévoir que des trafiquants de drogue voudront à tout prix récupérer leur bien.

Les fans de Steven Seagal seront à nouveau déçus par le divertissement qu’offre l’acteur. Seagal, qui n’interprète pas un gardien de sécurité comme le résumé officiel laisse présager, continue ses bonnes vieilles habitudes en jouant dans un «clone» de The Asian Connection, un autre film de Seagal avec une structure narrative presque identique, à deux différences près. D’abord, au lieu d’interpréter le méchant trafiquant de service, Seagal joue le héros de l’histoire, un ancien agent de la DEA. Et ensuite, parce que End of a Gun est beaucoup plus ennuyeux en tentant de quitter son aîné pour copier un autre divertissement.

Cela peut paraître étonnant puisque si vous relisez ma critique de The Asian Connection, vous constaterez que ce dernier n’obtient qu’un maigre 0.9 / 5, une note somme toute assez exécrable. Et bien, End of a Gun est parvenu à prendre en note toutes les maigres qualités scénaristiques de son ainé pour créer une histoire assez vide et creuse. Ce divertissement se résume à trois scènes : Seagal rencontre la fille, Seagal vole de l’argent avec la fille et Seagal doit sauver la fille. Entre ces trois moments-clés, nous assistons à du pur remplissage puisque rien ne se passe, rien n’est excitant; nous sommes en plein téléfilm de seconde zone. Et pourtant, l’ensemble de l’œuvre avec une certaine idée derrière la tête : Partir d »un autre projet de l’acteur pour faire un film de braquage à la Steven Soderbergh et se tenir loin de la filmographie de Seagal. Malgré une tentative louable de termes de ton et d’humour de se rapprocher de la trilogie cinématographique mettant en vedette George Clooney et Brad Pitt, End of a Gun se plante royalement avec son texte bâclé axé sur un vol pouvant rapporter plusieurs millions de dollars.

Tenter d’imiter une trilogie allouée par la critique et le public avec une histoire soporifique plonge le spectateur de l’ennui le plus total. Le pire, c’est que le braquage en question se limite à une entrée par effraction où l’acteur et sa doublure marchent dans un stationnement. Le film n’a clairement pas les moyens de ses ambitions et en tentant de jouer gros, il pêche par excès. Ce long-métrage, avec un budget minime, tente de jouer dans la cour des grands, même s’il n’a pas le talent pour mener à bien cette croisade. Le scénario semble être écrit par des étudiants de cinéma qui viennent tout juste de découvrir ce média. Pire encore, nous pouvons noter de nombreuses erreurs facilement corrigeables, comme celle d’un personnage secondaire qui décide de marcher au beau milieu d’une fusillade pour faire «coucou» à ce Decker. Cette incohérence devient insultante lorsque nous prenons en compte que cet homme est un policier expérimenté.

Un autre signe du manque de moyens provient du fait que toute l’histoire d’End of a Gun se déroule à Paris. Mais, à cause du budget minime de cette production, cette ville majestueuse n’est représentée que par des images génériques (Probablement achetées dans une banque d’images sur le net…) et par des horribles écrans verts. Certes, il faut donner à Keoni Waxman, le réalisateur, le mérite de bien travestir Bucarest, une ville de Roumanie, mais cette dernière est si souvent utilisée dans des productions de seconde zone qu’il est impossible de la faire passer pour une métropole française. Même chose pour les acteurs secondaires en général. Waxman a choisi d’engager des artisans locaux qui, la majorité du temps, parlent en anglais avec un accent européen imitant de façon caricatural l’accent français. La supercherie est d’autant plus visible qu’un rôle de second plan est tenu par un acteur réellement capable de parler «à la française», rendant cette arnaque évidente et improbable.

Et pourtant, Keoni Waxman (True Justice) signe possiblement l’une des bonnes réalisations de sa carrière. Certes, il est dépassé par les événements et par les caprices de Steven Seagal (La doublure est plus visible que l’acteur…) et il est incapable de rendre le scénario, qu’il a lui-même co-écrit, palpitant. À la limite, nous pourrions louer l’effort mis dans un séquences d’action dans une chambre d’hôtel, mais je ne suis pas assez généreux pour le faire. Même chose pour Michael Richard Plowman (A Lonely Place do Die), dont la trame sonore plagie atrocement celle d’Ocean’s Eleven, le classique de Soderbergh mentionné plus haut. Est-ce par hommage ou par paresse? Un seul homme sur Terre a la réponse à cette question…

Au niveau du casting, il faut noter que Steven Seagal (Under Siege) est en grande forme pour une seule scène. Par la suite, il alterne entre son marasme habituel et les nombreux plans éloignés de sa doublure. La chanteuse populaire Jade Ewen lui donne la réplique, parvenant même à réussir l’exploit en étant moins fluide dans ses répliques que ce bon vieux Seagal. Les roumains Ovidiu Niculescu (A Good Man) et Florin Piersic Jr. (Killing Salazar) complètent, avec un minimum de compétence, le casting principal d’End of a Gun.

End of a Gun représente une autre étape masochiste pour les adeptes de la filmographie de Seagal. Si certains seront contents de retrouver l’acteur dans un premier rôle, les autres seront déçus du vide narratif se caractérisant par l’absence d’une véritable histoire. Nous pourrions facilement résumer End of a Gun en un montage vidéo de deux minutes, ce qui est d’autant plus dommage si l’on prend en compte que ce «divertissement» risque d’être l’un des derniers rôles de premier plan de la filmographie de l’acteur culte. Espérons seulement pour les derniers fans de sa carrière que Seagal puisse prendre sa retraite dans un avenir proche…


Réalisation : Keoni Waxman

Scénario : Chuck Hustmyre, Keoni Waxman

Avec : Steven Seagal, Florin Piersic Jr.,  Jade Ewen,  Jacob Grodnik, Jonathan Rosenthal,  Ovidiu Niculescu

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