Operation Dunkirk (2017)

Résumé : Un groupe de soldats doit combattre en territoire Nazi afin de secourir un scientifique qui pourrait changer le visage de la Seconde Guerre mondiale.

Critique :

Avant de découvrir Dunkirk, le prochain long-métrage de Christopher Nolan, la société The Asylum nous propose un amuse-bouche avec Operation Dunkirk. Même si nous sommes clairement devant une stratégie marketing afin de capitaliser sur la superproduction de Nolan, il reste que la société américaine joue gros avec ce long-métrage, car pour l’une des rares fois de son existence, nous ne sommes pas en plein nanar.

Et non, il ne faut pas rire d’Operation Dunkirk. À l’opposé des Sharknado de monde, le long-métrage nous offre un divertissement très sérieux dans une tentative assumée de produire un film de guerre avec les moyens du bord. Car si Nick Lyon (Species: The Awakening) a un scénario très ambitieux, il n’a malheureusement pas les moyens financiers pour accomplir pleinement sa mission. De là provient le principal défaut du film, puisque certains décors et certains éléments militaires (costumes / armes / véhicules) semblent parfois provenir d’un magasin d’Halloween, ce qui peut provoquer quelques grincements surtout chez les spectateurs fanatiques de cette guerre mondiale.

La bonne nouvelle, s’il y en a une, c’est que cela permet à Lyon de créer un bon petit film de guerre. L’histoire est assez directe avec un groupe de soldats qui doivent protéger une personne possédant un savoir scientifique jusqu’à un endroit sur tout en étant poursuivis par des Allemands. Operation Dunkirk ne tente pas de compliquer cette prémisse et garde le tout dans la simplicité, permettant d’obtenir un 90 minutes bien rempli et crédible. Les scénaristes Geoff Meed (Fast Five) et Stephen Meier (Re-Generator) sont même parvenus à créer des personnages intéressants et crédibles, ce qui grandement à combler les quelques passages vide du long-métrage.

Ces derniers sont essentiellement causés par le fait que la majorité d’Operation: Dunkirk se déroule majoritairement en forêt, avec cinq soldats qui marche lentement du point A ou point B. Évidemment, c’est un bon moyen créer un long-métrage avec un mince budget et nous n’allons pas contredire cela. Heureusement, Nick Lyon est capable de créer de bonnes scènes d’action et quelques moments de tensions efficaces, se révélant être un cinéaste plutôt compétent; le tout étant accompagné par une belle direction photographique teintée de froideur et par un montage au point. Seul bémol, les rares effets numériques sont hideux, comme toutes les productions de The Asylum.

Notons également que la distribution d’Operation Dunkirk est assez mince avec plusieurs acteurs que l’on pourrait qualifier d’amateurs. Un phénomène surtout présent chez les extras qui sont involontairement drôles. Lorsque ces derniers meurent, nous tombons parfois en plein nanar… Heureusement quelques acteurs parviennent à se démarquer. Nous parlons surtout ici de Ifan Meredith (Titanic) qui offre une performance honnête en tant que le meneur de ce groupe de soldats et de Michael Wouters (Blow), qui est excellent en antagoniste nazi, rappelant grossièrement Christoph Waltz dans Inglourious Basterds. Notons également que Kyle Hotz, ancien destinateur chez Marvel et DC Comics, tient, avec brio, l’un des rôles principaux de cette production.

Operation Dunkirk n’est pas un grand film, mais il est définitivement la production de The Asylum qui plaira à un public large et non amateur de mauvais films. Avec surprise, le film de Lyon offre un véritable divertissement que l’on pourrait presque vous recommander sans réserve…


Réalisation : Nick Lyon

Scénario : Geoff Meed, Stephen Meier

Avec : Ifan Meredith, Kimberley Hews, Michael Wouters, Kyle Hotz, Tyler Cole, Conner P. Kelley, Darren Hill

Transformers: The Last Knight (2017)

Résumé : Autobots et Deceptions sont en guerre, avec l’humanité dans la balance. Optimus Prime est parti. La clé de notre futur réside dans les secrets du passé, dans l’histoire des Transformers sur Terre.

Critique :

Toute la franchise Transformers est parsemée de défauts plus ou moins problématiques. En général, ces films de Michael Bay sont détestés par la critique, et ce avec raison. Transformers: The Last Knight ne fera pas exception alors que le cinquième volet de la franchise se tire constamment dans les pieds. Dès la première minute, nous savons que nous allons assister à un vrai bordel visuel et scénaristique.

L’un des défauts de cette suite provient du fait que nous avons l’impression de regarder plusieurs courts-métrages, assemblés ensemble afin de créer une sorte d’adaptation de King Arthur, pour ensuite se diriger entre un amalgame de Goonies, de Star Wars, de Suicide Squad, de Batman V. Superman et d’une parodie des précédents volets de la franchise. Le tout ressort comme une lasagne cinématographique où chaque étage du plat n’est aucunement compatible avec l’ensemble du produit final. Pire encore, nous avons l’impression d’assister à un commercial visant à introduire le futur de la franchise.

C’est d’autant plus problématique que nous avons ici une histoire qui ne met pas les Tranformers au centre de l’histoire. Bien que ce soit le cas pour les quatre autres chapitres, Transformers: The Last Knight se concentre tellement sur les personnages humains que les Transformers apportent une certaine lourdeur au récit. Bien qu’ils sont censés être les personnages les plus importants, les robots extraterrestres sont réduits à être de simples bibelots réservés pour les scènes d’action. Et au risque de décevoir les fans encore plus, les deux rivaux préférés des admirateurs de la franchise, Optimus Prime et Megatron, n’ont même pas une réelle présence à l’écran.

Pour ce qui est des nouveaux personnages, Transformers: The Last Kinght n’offre rien de réellement palpitant. Stanley Tucci (Transformers: Age of Extinction) est de retour pour interpréter un tout nouveau personnage dans la scène d’introduction du long-métrage. Bay nous offre également un duo de personnage féminin. L’une est la gamine présente dans toutes les publicités du long-métrage et qui est finalement d’une stratégie publicitaire pour toucher un certain public avec ce personnage secondaire. L’autre est une vulgaire copie de Megan Fox conçue pour le personnage de Mark Wahlberg. Bonne nouvelle, ce dernier est de retour, mais son arrivée est plus tardive que l’on ne pourrait penser, surtout qu’il est littéralement la tête d’affiche du long-métrage. Autre bonne nouvelle, la fille de son personnage, vue dans le précédent volet, n’est pas de retour, ce qui est une bonne nouvelle en soi.

Néanmoins, si Michael Bay ne ressort pas une blague sur la sexualité de cette demoiselle (les admirateurs d’Age of Extinction comprendront la référence…), il continue à approfondir les bases de sa vision du cinéma. L’humour est toujours aussi omniprésent et provoque toujours de profonds malaises en étant partiellement raciste et sexiste. L’action reste explosive et, l’utilisation plus agressive de caméras IMAX aidant, le réalisateur parvient à créer les meilleures scènes d’action de la franchise. Il est juste dommage que tout le reste du long-métrage soit horriblement mauvais…

Transformers: The Last Kinght est mal écrit, est mal réalisé, est trop long et apporte bien peu de divertissement. Par contre, il ne faut pas nier le professionnalisme des acteurs impliqués dans ce projet, ainsi que les scènes d’action qui sont plutôt réussies.


Réalisation : Michael Bay

Scénario : Art Marcum, Matt Holloway, Ken Nolan, Akiva Goldsman

Avec : Mark Wahlberg,  Anthony Hopkins, Josh Duhamel, Laura Haddock, Santiago Cabrera, Isabela Moner, Jerrod Carmichael, Stanley Tucci, John Turturro, Mitch Pileggi, Peter Cullen, Frank Welker, Erik Aadahl, John Goodman, Ken Watanabe, Jim Carter, Steve Buscemi, Omar Sy, Reno Wilson

Star Trek Beyond (2016)

Résumé : L’équipage de l’Entreprise explore les confins de l’univers, pour y découvrir un nouvel ennemi impitoyable.

Critique :

Avec un Justin Lin aux commandes, le dernier volet de la franchise Star Trek tente de poursuivre sur les traces de J.J. Abrams pour nous raconter une histoire qui est assez banale. C’est assez dommage surtout que le long-métrage avait comme objectif de souligner l’anniversaire de la populaire franchise, tout en rendant hommage à Leonard Nimoy, décédé en 2015. Il est inutile de nier le fait que Lin est incapable de remplacer proprement Abrams à la barre de la réalisation.

Pour la première fois depuis la réinvention de Star Trek, nous avons ici une aventure spatiale qui manque d’envergure, avec un scénario plus proche d’un épisode des séries télévisuelles que d’un véritable spectacle hollywoodien. Avec un vilain peu exploité et une épopée centrée sur quelques personnages seulement, Star Trek Beyond fait un retour à la série originale grâce à un postulat de base où nos héros sont coincés derrière les lignes ennemies et où ils doivent simplement se sortir du pétrin. Sur le plan scénaristique, Star Trek Beyond manque simplement d’ambition, préférant se replier dans ses zones de confort plutôt que de tenter quelque chose de grand. Le scénario tente effectivement d’oser avec des révélations en dernier tiers qui font de l’antagoniste un personnage actuel et intéressant. Néanmoins, le tout tombe rapidement en queue de poisson, alors que nous avons l’impression de regarder un homme de notre époque être transposé grossièrement dans l’univers de Star Trek.

Le mauvais traitement de ce personnage pose un si gros problème que nous n’avons jamais l’impression que nos héros sont réellement en danger; que leurs vies ne sont jamais menacées. Même chose pour l’arme ultime de nous héros doit combattre. Durant les deux heures de Star Trek Beyond, le scénario met de l’emphase sur la force destructrice de l’arme mystérieuse utilisée par le vilain, pour ensuite abandonner ce point en rendant l’arme obsolète dans une scène d’action finale contre-productive et aucunement excitante. Étrangement, la majorité des intrigues secondaires subissent le même traitement, alors qu’elles sont aussi amenées avec beaucoup d’emphase pour être laissées de côté dès la première occasion, pour laisser le champ libre à une histoire principale peu excitante.

Sur le plan visuel, Justin Lin déçoit également. L’homme qui est principalement connu pour la franchise Fast & Furious semble perdre tous ses moyens dans cette production spatiale. Plus souvent qu’autrement, les scènes d’action donnent envie de vomir à cause d’un montage trop agressif, ne permettant pas de réellement voir ce qui se passe à l’écran. C’est d’autant plus problématique que le réalisateur s’entête en filmant le tout avec une caméra trop sombre, qui apporte une touche d’illisibilité supplémentaire à sa pellicule. Cette palette de couleur sert peut-être au réalisateur à camoufler les moyens visiblement plus faibles de cette suite dont les décors donnent parfois l’impression d’être en carton et en mousse, spécialement lorsque Lin laisse filtrer un peu de clarté à Star Trek Beyond.

Bien entendu, toute la distribution de l’Entreprise est de retour, en donnant beaucoup plus d’importance au quatuor principal de cette équipe, laissant évidemment de côté trois des sept officiers du vaisseau. La nouvelle venue Jaylah (Sofia Boutella, The Mummy) est certes une bonne addition, mais Star Trek Beyond ne sait que faire avec ce personnage, lui donnant même un nouvel arc scénaristique sous le signe de la vengeance alors ce n’est aucunement nécessaire. Dans le rôle de Krall, Idris Elba (Luther) offre une performance honnête, sans impressionner sous ses tonnes de maquillage.

Star Trek Beyond n’est pas un grand film, mais il a au moins le mérite de divertir un peu, pour le moins que l’on n’ait pas d’attentes envers ce divertissement. Espérions seulement que Paramount puisse corriger le tir pour le prochain volet de la populaire franchise.


Réalisation : Justin Lin

Scénario : Simon Pegg, Doug Jung

Avec : Chris Pine, Zachary Quinto, Karl Urban, Zoe Saldana, Simon Pegg, John Cho, Anton Yelchin, Idris Elba, Sofia Boutella

Wonder Woman (2017)

Résumé : Lorsqu’un pilote s’écrase sur son île et lui raconte un conflit touchant le monde extérieur, une princesse guerrière décide de quitter son foyer pour participer à cette guerre, découvrant au passage ses pouvoirs et sa véritable destinée.

Critique :

Après une trilogie de chapitres cinématographiques assez moyens, l’univers cinématographique de DC Comics tente de se renouveler avec Wonder Woman, le premier véritable film de superhéros féminin produit par Hollywood. Contrairement à tout ce que les critiques semblent dire jusqu’à présent, Wonder Woman n’est pas un grand film en soi. Ce qui fonctionne en sa faveur, c’est les nombreux sous-textes qui comportent des messages politiques et sociaux assez intéressants. Mais mis à part cela, le long-métrage n’a que peu de choses à nous montrer.

Le premier acte situé sur l’île paradisiaque des Amazones laisse pourtant présager à un grand divertissement, digne du meilleur ce qu’Hollywood a à nous offrir. Sauf que plutôt que de profiter amplement de la mythologie de ces femmes, une mythologie qui nous est d’ailleurs racontée plutôt que montrée, et du malaise créé par la présence d’un homme rempli de mensonges (c’est un espion après tout…) et de violence dans une communauté constituée de femmes guerrières, mais pacifistes. À la place, Wonder Woman tombe dans un piège involontairement créé par la mythologie de son personnage en devenant une pâle copie de Captain America.

La pellicule de Patty Jenkins contourne ce pépin en transposant son histoire à la moins sexy des Guerres mondiales, mais avec cette décision Wonder Woman ne peut véritablement s’assumer et doit se reposer sur ses scènes d’action et sur ses sous-textes pour offrir un divertissement. Nous ne pouvons pas nier que ces éléments sont particulièrement réussis alors que la réalisatrice démontre qu’elle n’a rien à envier à ses compatriotes masculins, surtout durant les scènes musclées du deuxième tiers. Néanmoins, mis à part cela il n’y a rien à se mettre sous la dent pour la vaste majorité de cette production. Et le pire provient du dernier acte qui reproduit le vomit numérique des productions de DC Comics avec un combat final dans une base militaire où les personnages ne font que parler et se battre, sans apporter une étincelle d’énergie dans une scène qui semble inutilement se prolonger sur plusieurs dizaines de minutes.

Heureusement, le film a quelques bonnes fondations sur lesquelles se poser. Gal Gadot est excellente dans le rôle-titre, tout comme Chris Pine dans celui du soldat / espion torturé par les horreurs de la guerre. Le reste de la distribution secondaire offre également de bonnes performances, même si les trois méchants de Wonder Woman n’ont aucune subtilité dans leurs jeux d’acteurs, créant l’illusion qu’ils se trouvent dans un autre film de DC Comics, comme les Batman de Joel Schumacher. Comme mentionné précédemment, Patty Jenkins est aussi un bon atout pour cette production, alors que la réalisatrice offre une excellente mise en scène légèrement gâchée par une tendance trop grande à se reposer sur des effets numériques pour créer des images puissantes, une facette qui risque de mal vieillir avec les années.

Wonder Woman n’est pas le chef d’œuvre espéré, mais il est définitivement le meilleur volet de l’univers cinématographique de DC Comics, qui a débuté avec Man of Steel. Avec un nouveau volet en préparation, avec Jenkins de retour aux commandes de cette production, nous pouvons au moins dire que l’héroïne est entre de bonnes mains, avec un futur qui semble être très reluisant.


Réalisation : Patty Jenkins

Scénario : Allan Heinberg, Zack Snyder, Allan Heinberg, Jason Fuchs

 Avec : Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen, Robin Wright, Danny Huston, David Thewlis, Saïd Taghmaoui, Ewen Bremner, Eugene Brave Rock, Lucy Davis, Elena Anaya

Suicide Squad (2016)

Résumé : Une agence secrète américaine recrute des super-criminels emprisonnés afin d’exécuter des missions dangereuses en échange d’une possible libération.

Critique : 

Il me faut admettre dès le départ que durant mon enfance, j’étais un lecteur assidu des bandes-dessinées de Marvel. Mais, c’est en découvrant sur le tard Batman: The Animated Series et Batman: Beyond que mon intérêt pour l’univers de DC Comics s’est développé. Pire encore : Les seules bandes-dessinées de DC Comics que j’aie lu, mis à part quelques comics en noir et blanc de Flash, furent des BD de Suicide Squad. Alors, le fait de voir la seule franchise de DC Comics dont je suis «expert» être adapté au cinéma devrait me réjouir non?

 

Avec la mort de Superman, Amanda Waller voit l’opportunité de monter un escadron suicide, utilisant des criminels afin de défendre les intérêts de la nation. Et puisqu’ils ont des bombes à la base de leurs cous, ces derniers sont forcés de participer à cet exercice, pour éviter de voir leur tête exploser en mille morceaux. Mais lorsque la petite-amie de Rick Flag, soldat à la solde de Waller, prend d’assaut National City pour y construire un portail / une super-arme, le gouvernement des États-Unis y envoie l’escadron suicide pour leur première véritable mission…

Oui, le développement de Suicide Squad se fit dans la tourmente… Si d’un côté, nous regrettons que le développement de ce long-métrage ait grandement affecté la série américaine Arrow (Où les membres du Suicide Squad apparaissaient en personnages secondaires.), de l’autre nous pouvons sentir que Suicide Squad n’est qu’une vaine tentative pour Warner Brothers de surfer sur la vague de Guardians of the Galaxy. Après avoir visionné Suicide Squad, nous pouvons affirmer que c’est ce deuxième point qui fait le plus mal dans la mesure où nous avons entre les mains un beau foutoir.

Dès les premières minutes du film, les griffes de Warner Brothers se font sentir (Comme dans le cas de Batman v Superman: Dawn of Justice, il existerait deux versions de Suicide Squad…) alors que nous sommes devant un divertissement en pleine crise existentielle. Le long-métrage que nous avons devant les yeux ne sait pas s’il doit être une comédie ou un drame. Lorsqu’il tente d’être drôle, l’humour tombe à plat car il semble forcé. Mais paradoxalement, il est incapable d’être sérieux puisque l’histoire du film est si saccadée et peu originale que nous avons parfois l’impression d’assister à une production The Asylum, en termes de narration.

Sans rien vous dévoiler de majeur, la menace de Suicide Squad est composée de zombies et d’un genre portail qui pourrait détruire la planète. Au delà du fait que ce type de péril aurait sûrement attiré les Batman et les Flash de ce monde (Il faut croire qu’ils étaient en congé maladie…), le fait d’opposer l’escadron suicide à un portail / une super-arme représente un sérieux manque d’inspiration. Dans les dernières années, un nombre impressionnant de productions hollywoodiennes ont traité ce sujet  avec plus d’efficacité et avec un déroulement plus logique (Nous parlons ici de The Avengers, d’Avengers: Age of Ultron, de Ghostbusters, de Fantastic Four, de TMNT, de TMNT: Out of the Shadows, de Pixels…).

Mais qu’importe car le plus grand problème de Suicide Squad se trouve dans la guerre perpétuelle entre David Ayer et Warner Brothers. Une guerre qui apporte un lot important d’incohérences et de drôleries, comme des personnages qui disparaissent de l’écran ou des personnages qui se soignent magiquement. Une guerre qui crée la pire séquence d’ouverture de l’histoire d’Hollywood, alors qu’on nous balance à la figure des montages d’introduction pour chaque personnage important du film et des introductions supplémentaires pour les personnages encore plus importants de l’intrigue. D’entrée de jeu, cette supercherie nous fait perdre le fil narratif du premier acte du long-métrage et lorsque l’intrigue démarre enfin, c’est pour nous donner une histoire déjà vue des centaines de fois. Et même là, le temps perdu par cette pénible introduction revient hanter Suicide Squad qui n’a pas le temps d’étoffer son intrigue, qui ressort comme «blablabla zombies blablabla scène de bar blablabla dieu-plante blablabla sorcière qui fait une danse du ventre». Entre deux hordes de zombies, nous avons constamment l’impression d’assister à un combat viscéral entre le long-métrage de David Ayer et celui de Warner Brothers, tandis que les deux films se battent pour obtenir du temps d’antenne sans réellement réussir.

Néanmoins, ce qui sauve Suicide Squad du même désastre que Fantastic Four, c’est les personnages du long-métrage, qui forment un ensemble de protagonistes plutôt géniaux. Même s’il ne donne pas à ces derniers le moindre développement, le film nous propose des personnages uniques et grandement divertissants qui ont le potentiel de générer le prochain Deadpool ou Guardians of the Galaxy. Même si pour des raisons évidentes cela n’arrive jamais, il reste que Suicide Squad est assez rafraichissant sur ce point, tant avec la chimie palpable entre Harley Quinn et Deadshot, ou avec le passé torturé de Diablo. Néanmoins, les fans du Joker seront déçus par ce film qui ne laisse que peu de place au prince du crime. En réalité, le Joker n’est présent que pour quelques minutes, dans une sorte de caméo allongé complètement inutile à l’intrigue. Et dire que selon les propos de son interprète, il aurait assez de matériel coupé au montage sur ce personnage, qu’il serait possible de faire un film uniquement centré sur le Joker…

Revenons sur le montage, car il est réellement la plaie de Suicide Squad. Nous avons presque l’impression que quelqu’un a mis le feu aux plans de caméra de David Ayer et qu’il a tenté de faire un film cohérent avec les morceaux survivants. Le long-métrage change constamment de ton, à un point tel que nous avons l’impression que le long-métrage manque de fluidité. Il est impossible de ne pas noter que des morceaux de scènes sont absents. Parfois, des personnages quittent l’écran et y reviennent sans aucune explication. D’autres fois, des personnages guérissent miraculeusement de leurs blessures. Pire encore, les personnages de Killer Croc et de Katana sont aussi utiles que des plantes et les méchants du film ne sont aucunement exploités, à un point tel qu’il est encore aujourd’hui difficile de comprendre les intentions des deux méchants du long-métrage.

La réalisation dans son ensemble pose également un problème. Malgré les bonnes volontés de David Ayer (Fury), Suicide Squad est un long-métrage mal filmé, surtout que le réalisateur offre un travail assez conventionnel que tous les réalisateurs d’Hollywood pourrait accomplir. Les scènes d’action sont, par le fait même, assez quelconque car malgré une excellente séquence avec Deadshot, les moments musclés du film ne brillent pas d’originalité. Ce qui est d’autant plus frustrant puisque les scènes d’action sont coordonnées par la légende du cinéma d’action des années 80 / 90 Richard Norton et qu’elles sont dirigées par le culte Guy Norris (La franchise Mad Max), deux valeurs sûres d’Hollywood. Mais ce n’est rien si l’on tient compte du fait que toute l’action du film se déroule à la noirceur ou sous la pluie, deux éléments qui amplifient grandement les problèmes créés par le montage bordélique. Aussi, les effets spéciaux du film sont assez ridicules, notamment lors du combat final digne d’un mauvais nanar, et qui n’a aucune once de crédibilité…

Comme si ce n’était pas assez, la trame sonore de Suicide Squad est également problématique. Dans une vaine tentative d’imiter quelques films populaires, Suicide Squad ne cesse constamment de nous balancer des chansons populaires comme si nous étions des putains de jukebox, à un point tel que cela devient rapidement ridicule et que cela enterre parfois les dialogues. Et pourtant, le long-métrage a entre ses mains une trame sonore assez géniale de Steven Price (Fury), qui est malheureusement cachée sous cette pile de stéréotypes musicaux, comme en utilisant The House of the Rising Sun pour représenter une prison pour Sympathy for the Devil pour représenter le diable…

Heureusement, le casting du long-métrage est plutôt génial. Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie, Joel Kinnaman, Jai Courtney, Viola Davis, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Karen Fukuhara, et Jay Hernandez font tous de l’excellent boulot dans leurs rôles respectifs. Adam Beach (Windtalkers) et Scott Eastwood (The Longest Ride) sont également présents, mais ils sont dans des rôles si secondaires, qu’il est impossible de dire du bien de leurs performances. Les seules erreurs du casting reposent sur les épaules de Cara Delevingne (Paper Towns) et Alain Chanoine (Evil Feed), pour des raisons évidentes qu’il ne faut pas vous dévoiler… Notons que Kenneth Choi (Captain America: The First Avenger), Ben Affleck (Batman v Superman: Dawn of Justice) et Common (Run All Night) ont aussi des rôles très mineurs dans cette production.

Suicide Squad est une autre déception dans une année cinématographique globalement assez ennuyeuse. Il aurait simplement suffi que Warner Brothers ait laissé à David Ayer toute la latitude pour lui permettre de faire le long-métrage qu’il tenait tant à faire. Certes, Suicide Squad n’aurait pas été le film du siècle, mais une chose est sûre, c’est qu’il aurait été mille fois supérieur au vomi cinématographique que nous avons entre les mains…


Réalisation : David Ayer

Scénario : David Ayer

Avec : Will Smith, Jared Leto, Margot Robbie, Joel Kinnaman, Jai Courtney, Cara Delevingne, Viola Davis, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Karen Fukuhara, Adam Beach, Jay Hernandez, Ben Affleck

Kill’em All (2017)

Résumé : Après une fusillade massive, un mystérieux étranger arrive à un hôpital local sur le point d’y mourir. Lorsqu’un groupe armé prend d’assaut l’établissement, son infirmière, seule survivante de l’attaque, doit faire face à une enquête du FBI qui dénouera une intrigue de vengeance internationale.

Critique :

Kill’em All était un projet que les admirateurs de JCVD attendaient depuis longtemps pour la simple et bonne raison que le film parvient à réaliser deux exploits. D’abord, le long-métrage fut le premier passage derrière la caméra de Peter Malota, le responsable des cascades sur les meilleurs films de la filmographie de Van Damme. Et ensuite, Kill’em All est la première réunion entre les deux vedettes de la franchise Bloodsport, Jean-Claude Van Damme et Daniel Bernhardt. Il n’est que dommage que le produit final ne réponde pas aux attentes…

Dans un hôpital presque abandonné, une jeune infirmière soigne un homme mystérieux, blessé durant une fusillade. Lorsqu’un groupe armé débarque, les deux êtres doivent s’unir afin rester en vie. Néanmoins, le lendemain, deux agents du FBI arrêtent la jeune femme afin de l’interroger sur les événements de la veille et cette dernière devra tout leur raconter dans les moindres détails.

Vingt ans après le succès de The Usual Suspects, Peter Malota tente dans ce divertissement de reproduire le classique des années 90 en pondant un film d’action avec JCVD qui respecte la même structure ou presque. Hélas, Kill’em All échoue à tous les niveaux et ne parvient pas à faire un divertissement de qualité avec une structure non linéaire. Au-delà de la réalisation plus qu’ordinaire de Malota, le scénario entre les mains du réalisateur peine à avoir suffisamment de substance pour tenir debout pendant 90 minutes. Grossièrement, le postulat de départ se résume à un homme qui doit affronter à mains nues une poignée de bandits dans un hôpital abandonné.

Kill’em All tente désespérément de reproduire The Raid avec le héros du film qui doit monter les étages de l’édifice afin de retourner un homme au sommet, tout en affrontant une personne par étage. Bien que l’idée semble bonne, la majeure partie du long-métrage est consacrée à l’enquête du FBI, où deux agents interrogent une femme, alors que toute la section « intéressante » de Kill’em All se déroule en flashbacks, à l’image de The Usual Suspects. À chaque fois que le film se transporte chez le FBI, nous avons le droit à d’immenses dialogues que l’on peut littéralement couper du récit sans que cela impacte le dénouement de l’intrigue. Kill’em All se sert de la structure narrative de The Usual Suspects pour remplir inutilement sa durée, pour transformer un court-métrage en un long-métrage.

Le problème provient surtout du fait que les dialogues ne sont pas si géniaux, avec des personnages qui parlent pour ne rien dire et des situations nanardesques, comme lorsque le vilain du film s’énerve puisque le personnage de JCVD a mangé un fruit. Kill’em All tente, en vain, de surprendre son spectateur avec quelques revirements de situations – tous prévisibles – durant le troisième acte, et avec d’autres flackbacks en parallèle des flackbacks principaux, un procédé qui alourdit considérablement le tout. Et si au moins, nous pouvions faire un joli montage des scènes d’action sur YouTube, nous pourrions dire que nous n’avons pas perdu notre temps avec le long-métrage…

Comme le ton de cette critique le suppose, ce n’est pas le cas alors que Malota se révèle être un mauvais réalisateur. Les scènes d’action ont une belle chorégraphie, ce qui est une preuve que Malota est bel et bien aux commandes de son projet. Hélas, le cinéaste décide de camoufler le tout avec une réalisation digne de Taken, afin de camoufler la doublure de JCVD. Le montage est bordélique et les plans de caméra sont indigestes, comme lors du combat entre Van Damme et son fils, où nous voyons surtout les pieds et les parties génitales des deux hommes, au lieu de l’action. Si nous sommes déçus par ce combat, nous pouvons au moins remercier Malota du combat entre JCVD et Bernhardt. Certes, il faut attendre la fin du film pour le visionner et nous sommes presque endormis, lorsque nous atteignons enfin cette séquence, mais l’affrontement est la seule section maîtrisée du long-métrage et l’attente en vaut la peine puisque les deux hommes ont un duel sympathique, bien que peu mémorable.

Au niveau de la distribution, Kill’em All est une pure déception. Autumn Reeser (The O.C.) est la seule actrice qui semble se soucier du film, avec un rôle intéressant. Peter Bernhardt (Bloodsport 2) offre également une bonne performance, mais l’acteur est tellement sous-utilisé que cela en devient criminel. Pour ce qui est de JCVD, disons seulement qu’il semble sortir d’un coma… Peter Stormare (Fargo) joue d’un des deux agents du FBI, mais l’acteur semble avoir quelques soucis à ne pas éclater de rire devant les dialogues qu’il a entre les mains. Notons également que l’autre agent du FBI est interprété par l’icône des années 80 / 90, Maria Conchita Alonso (The Running Man).

Il y a de bien meilleurs films à critiquer et Kill’em All m’a donné l’impression de perdre mon temps, en le visionnant et en faisant cette critique. Il est inutile de dire que nous ne recommandons pas le long-métrage. Le produit final ne vaut simplement pas la peine d’être visionné et il décevra tous les admirateurs du populaire acteur, qui devront attendre sa nouvelle série sur Amazon pour retrouver la vedette qu’ils ont autrefois aimée.


Réalisation : 

Scénario : Jesse Cilio, Brian Smolensky, Craig Stewart

Avec : Jean-Claude Van Damme, Autumn Reeser, Peter Stormare, Maria Conchita Alonso, Daniel Bernhardt, Kris Van Damme,Mila Kaladjurdjevic, Paul Sampson

Traded (2016)

Résumé : Un père doit quitter son ranch pour Dodge City, afin de sauver sa fille des mains d’un vieil ennemi, testant sa réputation de gâchette la plus rapide de l’ouest.

Critique :

Le cinéaste américain Timothy Woodward Jr. entra à Hollywood par la porte des DTV en réalisant une bonne dizaine de longs-métrages en quelques années. Si pour certains les longs-métrages de Woodward Jr. paraissent douteux, pour d’autres, l’audace du cinéaste est remarquée par une poignée de cinéphiles qui soulignent son rythme de travail accéléré et les nombreuses vedettes hollywoodiennes qu’il enligne dans ses divertissements. Quoi qu’il en soit, nous nous plongeons dans la filmographie de Woodward Jr. avec la critique de son dernier film, Traded.

Clay Travis vit paisiblement dans son ranch de campagne jusqu’au jour où son fils est tué par un serpent. Dès lors, sa famille éclate tandis que sa femme sombre dans une forme de folie engendrée par son chagrin et que sa fille a un profond désir de liberté. Lorsque cette dernière fugue pour devenir une serveuse dans un célèbre établissement de l’ouest, Clay doit partir à sa recherche pour la ramener à la maison. Malheureusement, il apprendra assez vite qu’elle n’a jamais atteint sa destination et qu’elle est capturée par un réseau de prostitution mystérieux…

Il n’y a rien à dire de plus que ce Traded est ni plus ni moins qu’une version western de Taken, le célèbre film où Liam Neeson utilise ses talents particuliers pour récupérer sa fille, prisonnière des griffes d’un commence humain. Sauf que dans Traded, Michael Paré doit utiliser ses talents particuliers pour récupérer tranquillement sa fille, prisonnière des griffes d’un commerce humain. Comme nous venons de le mentionner, les prémisses des deux films sont assez identiques, à un détail près : Traded prend tout son temps pour raconter son épopée.

Et c’est en fait le principal défaut de Traded qui étire sa sauce dans un produit final si dilué que nous avons l’impression de visionner un roman savon en quatre actes. D’abord, il doit «combattre» sa propre famille pendant une bonne demie-heure (La femme de notre héros est un peu timbrée…).  Et lorsque sa fille est finalement kidnappée, il doit ensuite affronter trois ennemis, dans un ordre précis, tel un jeu vidéo. Avec ces méchants, nous trouvons un autre problème de l’œuvre. Si leurs hommes de mains sont assez sympathiques, leurs trois patrons n’ont pas le même traitement. Sur ces adversaires, il n’y a que le premier qui est digne d’intérêt (Un pompier et propriétaire de bordel.). Le second (Un beau-père incestueux n’ayant aucuns liens avec le kidnapping de sa fille.) et le troisième (Un autre propriétaire de bordel qui est une pâle copie de la mascotte des restaurants KFC.) sont des personnages assez ennuyeux, des vilains caricaturaux plus grands que nature. Ils transportent Traded à un niveau presque parodique et leurs arrivées représentent plus ou moins les moments où le spectateur risque de décrocher du film. Il y a également une sous-intrigue concernant la mère de cette famille dysfonctionnelle, qui après les malheurs entourant ses enfants, se lance dans une aventure suicidaire. Les quelques scènes, qui se concluent par la mort ou non de ce personnage, donnent la chair de poule dans la mesure où elles apportent un côté malsain au film de Woodward Jr.

Parlant de ce dernier, il est impossible de ne pas noter que le réalisateur fait tout pour donner l’illusion que son Traded est plus riche que ses véritables coûts de production. Sur papier, cela fonctionne car Traded nous transporte dans plusieurs villes du Far-West et nous offre même une poursuite en train. Malheureusement, il est clair que le long-métrage fut tourné avec les moyens du bord avec des décors pré-existants imitant, dans la mesure du possible, l’époque des westerns. Cela fut en défaveur de Traded puisque chaque scène intérieure gagne un rendu visuel artificiel et que le film se concentre à utiliser ces décors au maximum, plutôt que de tenter à raconter une histoire intéressante et rythmée.

Avant de conclure, revenons sur le casting de Traded, qui comprend une excellente performance de Michael Paré (Streets of Fire), qui est tout simplement solide dans le rôle du père en détresse. Même chose pour Brittany Elizabeth Williams, une jeune mannequin récemment convertie à Hollywood interprétant la fille de ParéTrace Adkins (Moms’ Night Out) et Kris Kristofferson (La saga Blade) offrent également de bonnes présences en étant les premiers adversaires que devra affronter notre héros. Soulignons également les performances pitoyables de Martin Kove (The Karate Kid) et de Tom Sizemore (Heat), ridicules et involontairement drôles dans leurs rôles respectifs.

Malgré de bonnes intentions, Traded n’a tout simplement pas de rythme, ce qui mine ses efforts de divertissement durant la première moitié du film. Et si vous survivez à cette latence, une seconde partie idiote, avec des criminels irréalistes et nanardesques, risquent de planter les derniers clous du cercueil que représente Traded. C’est assez dommage, surtout que Michael Paré, acteur habituellement coincé dans les méandres du cinéma de seconde zone, fait de son mieux pour élever les textes et les visuels qu’il a entre les mains. Qu’importe, car Traded ne vaut définitivement pas le détour et ne mérite par votre attention.


Réalisation : Timothy Woodward Jr.

Scénario : Mark Esslinger

Avec : Michael Paré, Trace Adkins, Kris Kristofferson, Tom Sizemore, Constance Brenneman, Brittany Elizabeth Williams, Hunter Fischer, Martin Kove

Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales (2017)

Résumé : Jack Sparrow part à la recherche du Trident de Poséidon, tout en étant poursuivi par l’équipage d’un bateau fantôme.

Critique :

Après un quatrième volet assez mauvais, plusieurs fans espéraient que la franchise Pirates of the Caribbean puisse mourir en paix, sans que l’héritage de Johnny Depp soit souillé une fois de plus en met l’acteur au centre d’une bouse visuelle. Heureusement, Disney Pictures a entendu les appels des admirateurs de la saga avec un cinquième volet qui tente de reproduire la magie du premier Pirates of the Caribbean – le meilleur de la saga.

Un jeune gamin nommé Henry Turner tente de se tuer afin de retrouver son père, un pirate condamné à une malédiction l’empêchant d’être réuni avec sa famille. Des années plus tard, après que la tentative fut un échec, Henry parcourt les mers sous les ordres de l’armée britannique. À la suite d’une bataille navale, il devient prisonnier d’un fantôme nommé Salazar, qui ère sur la Terre en attendant d’assouvir sa vengeance face à Jack Sparrow. Malheureusement pour Henry, il se trouve que Sparrow est le seul homme capable de sauver la vie de son père et que ce dernier est disparu depuis des années.

Il faut donner du crédit au nouveau volet de cette saga. Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales tente par tous les moyens de réinventer son univers afin d’apporter une certaine forme de conclusion aux quatre précédents chapitres et afin de relancer le tout sur de nouveaux héros et de nouveaux concepts. L’objectif était louable et, sur la forme, le long-métrage connait un vrai succès dans ce domaine. Henry Turner est un héros assez intéressant à suivre avec une destinée dans la même lignée que celle de son père; vedette des trois premiers Pirates of the Caribbean. Et, avec plusieurs autres personnages dont les destinées font écho aux autres volets de la saga, nous ne pouvons qu’apprécier la direction que prend le film.

Hélas, le long-métrage ne parvient pas à réinventer totalement son concept. À cause de cela, nous pouvons constater un certain essoufflement à la longue. Une fois que Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales atteint cet objectif, il ne sait plus quoi faire et il se met à faire du surplace, comme si les scénaristes ne savaient plus comment réinventer la franchise. Pour camoufler cet aspect, les deux hommes se mettent à nous lancer une armée de blagues à la figure. La bonne nouvelle, c’est que l’humour rend ce spectacle divertissant et permet de décocher quelques bons gags. Mais entre ces derniers, il n’y a que peu de substance, faisant en sorte que le spectateur du film risque de trouver le temps long, peu importe qu’il soit un « redneck » accro au cinéma d’action ou un spécialiste du septième art.

Un autre problème qui affecte le texte de Jeff Nathanson (Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull) et Terry Rossio (The Legend of Zorro) c’est qu’en ayant peu de substance, les personnages du film n’ont que peu d’espace pour se développer. Dans ce nouveau Chapitre Jack Sparrow est devenu une caricature plus proche de la Panthère Rose que du célèbre pirate qu’il fut jadis tandis que Barbossa est pour les deux premiers tiers du film, l’ombre de ce qu’il a déjà été. Même chose pour les personnages secondaires qui restent sur la même note durant tout le film et qui sont parfois inutiles. Pensons surtout à ce capitaine de la marine britannique ou à cette sorcière qui n’ont aucun impact réel sur le dénouement de l’intrigue. Le plus grand perdant se révèle être Salazar, le grand méchant qui après une introduction impressionnante, devient un cliché ambulant ayant pour objectif d’être méchant pour être méchant, sans plus.

Visuellement parlant, le changement de garde paraît dès la première minute. Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales est le chapitre le plus artificiel de la saga avec une esthétique qui se veut actuel et qui cherche à imiter l’imagerie des productions de Marvel et de DC Comics. Cela fonctionne amplement alors que les réalisateurs réussissent des séquences d’action géniales tant qu’ils se concentrent sur des effets pratiques, comme leur d’un vol de banque ou d’une séquence à la guillotine jouissive. Malheureusement, afin de surfer sur la vague des films de superhéros, le troisième tiers tombe dans le monde des effets numériques, avec des séquences d’action hideuses, illisibles et ennuyeuses.

Au niveau de la distribution, Johnny Depp (The Lone Ranger) continue à cabotiner dans ce rôle culte, mais nous pouvons tout de même sentir des onces de la performance qui lui a valu d’être nominé aux Oscars pour le premier volet de la franchise. Même chose pour Geoffrey Rush (The Warrior’s Way) ainsi que pour tous les autres acteurs récurrents de la saga, qui sont solides durant tous leurs passages à l’écran. En guise de déception, il nous faut souligner les Javier Bardem (Skyfall), David Wenham (Iron Fist) et Kaya Scodelario (The Maze Runner) de ce monde qui semblent tous recycler d’anciennes performances afin de les adapter pour Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales. Brenton Thwaites (The Giver) parvient à compenser en étant le meilleur acteur de cette production, parvenant même à effacer les débuts infructueux de sa jeune carrière.

Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales n’est peut-être pas le succès espéré pour les nombreux fans de la populaire saga, mais il parvient à éviter que la franchise continue sa pente descendante en accouchant d’un long-métrage potable et vide, mais divertissant. Au moins, entre deux rires et deux séquences d’action enlevantes, nous n’avons aucunement le temps de nous ennuyer, et ce jusqu’au troisième tiers où le tout part un peu en couille. Et avis aux intéressés : une scène post-générique vient un peu sauver la mise, il vous faudra donc patienter durant le long générique de fin…


Réalisation : Joachim Rønning, Espen Sandberg

Scénario : Jeff Nathanson, Terry Rossio

Avec :  Johnny Depp, Javier Bardem, Geoffrey Rush, Brenton Thwaites, Kaya Scodelario, Kevin McNally, Golshifteh Farahani, David Wenham, Orlando Bloom

Batman v Superman: Dawn of Justice (2016)

Résumé : Craignant les actions d’un super-héros ayant les pouvoirs d’Un Dieu, le justicier de Gotham City décide de s’attaquer à l’homme le plus vénéré de Metropolis, le sauveur des temps modernes, tandis que le reste de la planète se questionne à savoir quel héros elle mérite. Et, tandis que Batman et Superman entrent en guerre contre l’autre, une nouvelle menace s’élève, mettant l’humanité face au plus grand danger de son histoire…

Critique : 

Imaginez un hamburger ayant les condiments suivants : ketchup, moutarde, mayonnaise, oignons, piments verts, piments rouges, bacon, concombres, salami, saumon, olives, fromage bleu, caviar et crème glacée. Imaginez maintenant que ce hamburger soit Batman v Superman: Dawn of Justice… Et bien, cette parabole un peu étrange illustre parfaitement ce long-métrage qui part avec une bonne idée, mais qui ajoute tellement d’artifices pour pimenter le divertissement qu’il propose que cela en devient presque immangeable…

Étant témoin de la destruction de Metropolis dix-huit mois plus tôt, Bruce Wayne / Batman devient obsédé par le contrôle de Superman, un extraterrestre qui a le pouvoir d’éradiquer l’humanité. Profitant de cette haine contre Superman, haine qui est également partagée par le gouvernement américain, Lex Luthor décide de truquer les cartes du destin et de faire en sorte que ces titans s’affrontent dans un duel à mort…

Faire cette critique s’avère être une tâche ardue puisque la stratégie marketing du long-métrage a fait en sorte de dévoiler presque toute l’intrigue de Batman V Superman: Dawn of Justice, ce qui nous laisse quelques moments inédits qu’il ne faut pas vous dévoiler (Comme le fait que le photographe et journaliste Jimmy Olsen soit réduit ici à n’être qu’un simple agent de la CIA…). Sauf que le scénario du film est construit de façon si paresseuse que l’on regrette presque cette campagne marketing qui a retiré les éléments de surprise du scénario et qui nous a donné l’illusion que nous serons en face d’un combat épique entre Batman et Superman. Car après-tout, même si ce n’est pas expliqué explicitement, le long-métrage s’intitule Batman v Superman et non Batman & Superman

Ce titre fait que nous attendons dès le générique d’ouverture après un combat entre ces deux êtres sauf que pour retarder le plus possible cette confrontation, Batman v Superman nous lance plein de sous-intrigues à la figure, comme des condiments sur un hamburger. Sauf que tous ces artifices ne s’imbriquent pas ensemble nous laissant aux prises d’une trame narrative décousue et illogique. À un point tel qu’il serait aisé de retirer plusieurs dizaines de minutes au long-métrage, sans que cela affecte le déroulement du scénario. Et pourtant, ces minutes contiennent des éléments essentiels qui auraient dû être la base de Batman v Superman, comme la commission gouvernementale enquêtant sur les implications d’avoir Superman sur notre planète ou «l’apparition» d’un quatrième héros de l’univers DC

Néanmoins, s’il y a une chose que Batman v Superman réussit bien, c’est l’aspect Batman en nous offrant une adaptation fidèle et audacieuse du chevalier noir. Et c’est sur ce point uniquement que le long-métrage excelle en gardant les scènes les plus divertissantes pour Ben Affleck, notamment lors du début de Batman v Superman qui lui est presque entièrement consacré, alors que nous revoyons le meurtre de ses parents et sa présence lors de la bataille de Metropolis entre Superman et Zod. En comparaison, Superman semble parfois traité comme un personnage secondaire que l’on garde simplement dans le récit pour la bataille finale.

Pour sa part, le personnage de Lex Luthor a plus de liens avec le personnage du Joker qu’avec lui-même. Son plan ne fait pas de sens et repose essentiellement sur le hasard et la chance. Heureusement, le personnage de Wonder Woman est bien amené et elle apporte beaucoup à l’expérience du long-métrage, même si la nécessité de sa présence peut être discutée par certains. Et nous n’avons rien de positif à ajouter sur un antagoniste secondaire, présent dans l’une des bandes-annonces de Batman v Superman, et qui a des airs de Godzilla durant ce long-métrage.

Derrière la caméra, Zach Snyder (300) continue à modeler la franchise à son image, mais qui semblait fonctionner avec Man of Steel, ne semble pas fonctionner avec Batman v Superman. Le réalisateur y récupère même la façon de raconter diviser un scénario (Introduction spectaculaire, saut dans le temps suivi d’une longue phase dramatique et beaucoup de destruction pour conclure…), sauf qu’ici cela semble anecdotique puisqu’on nous fait alterner constamment entre une scène palpitante et deux scènes ennuyeuses. Même la gestion des «flashbacks», qui avait fait ses preuves dans Man of Steel, apporte de la confusion au long-métrage, surtout que ces flashbacks sont remplacés ici par des rêves.

Au niveau des scènes d’action, Batman v Superman commet la même erreur que Man of Steel en offrant une scène d’action excitante et grandiose avant une orgie d’effets-spéciaux dans une séquence finale où Zack Snyder semble avoir à nouveau un orgasme devant son talent. Surtout que deux des cinq séquences d’action de Batman v Superman sont complètement illisibles et incompréhensibles. N’empêche que ce fait est possiblement la faute du montage de style «vidéoclip» de David Brenner (Man of Steel) et de la direction photographique parfois trop sombre de Larry Fong (Watchmen). Et pour répondre à votre grandement question, nous devons admettre que le combat entre Batman et Superman fut plutôt épique. La route pour s’y rendre était parsemée de crevasses et de crevaisons, mais l’attente en valait la peine. Par-contre, les motivations de cet affrontement sont mal amenées et légèrement boiteuses. Et le fait que ce combat ne dure que quelques minutes n’aide en rien cette impression.

Pour ce qui est de la trame sonore, Hans Zimmer (The Lion King) est de retour et cette fois-ci il est accompagné par Junkie XL (Mad Max: Fury Road). Les deux hommes ont eu la «bonne mauvaise idée» de faire des thèmes distincts pour chaque personnage, nous laissant ainsi l’impression que la musique du long-métrage est décousue. Si la trame sonore de Superman est toujours aussi magnifique, celle de Batman l’est autant, tout comme celle de Wonder Woman qui a possiblement la meilleure trame sonore du film. Par-contre, l’utilisation de ce thème apporte un contraste trop important avec le reste de la musique présente et finit même par nous déranger; tout comme le thème de Lex Luthor qui est insupportable.

Dans les rôles titres, nous sommes devant des excellentes performances d’Henry Cavill (Immortals) et de Ben Affleck (Argo). Ce dernier est même parvenu à faire mentir toutes les critiques à son égard, des critiques de fans en colère qui provenaient de l’époque où sa nomination fut rendue publique. Pour sa part, Gal Gadot (Furious 6) est plutôt convaincante dans le rôle de Wonder Woman, tout comme Jeremy Irons (Die Hard: With a Vengeance) dans le rôle d’Alfred et Holly Hunter (Raising Arizona) dans le personnage de la sénatrice Finch. En réalité, Jesse Eisenberg  (Zombieland) est la seule tâche de ce casting, mais cela est causé par le scénario de Batman v Superman et pas par le jeu de cet acteur.

Handicapé par les quatre volontés des studios et par une équipe incapable de se focaliser, Batman v Superman: Dawn of Justice est un mauvais long-métrage qui est sauvé par la compétence de ses artisans et de ses acteurs. Certes nous sommes loin de Batman & Robin, mais ce dernier avait au moins le mérite de tenter d’offrir un divertissement constant. Il reste que nous sommes devant une énorme scène d’introduction pour Justice League, une scène d’introduction dont nous aurions pu nous passer…


Réalisation : Zack Snyder

Scénario : David S. Goyer

Avec : Henry Cavill, Ben Affleck, Gal Gadot, Amy Adams, Diane Lane, Jesse Eisenberg, Jeremy Irons, Holly Hunter, Laurence Fishburne, Ray Fisher, Jason Momoa, Ezra Miller

The Perfect Weapon (2016)

Résumé : Dans un proche futur, la société est contrôlée par un état puissant et un dictateur connu sous  le nom du Directeur. Condor est un tueur à gages travaillant pour ce gouvernement. Mais une réunion avec une personne qu’il croyait morte le force à reconsidérer l’identité de ses véritables ennemis.

Critique : 

Steven Seagal (Under Siege) est de retour avec un nouveau long-métrage où il y tient un rôle secondaire, ce qui est devenu sa marque de commerce depuis des lustres. Nombreux sont les fans qui espèrent visionner un nouveau film avec le célèbre acteur en tête d’affiche, dans un rôle de premier plan. Malheureusement, c’est rarement le cas puisque ce dernier se contente à apparaître dans des productions de seconde zone où il ne traverse l’écran que pour quelques minutes. Quoi qu’il en soit, avec The Perfect Weapon, nous avons  ici une autre tentative de la part du célèbre acteur de traverser le marché du caméo de luxe.

En 2029, après un temps de guerre et de chaos, l’Amérique est contrôlée par une puissante autorité apportant de l’ordre et de la sécurité en retirant toute liberté d’action et d’indépendance à son peuple. Pour enrayer d’éventuelles révoltes, le gouvernement utilise des assassins pour éliminer toute forme de résistance.

De tous les films où Steven Seagal tient un caméo de luxe, The Perfect Weapon fut celui qui apportait le plus d’attentes à ses fans. Il faut dire que le produit fini qu’offre Titus Paar, un jeune réalisateur suédois qui trouve ici sa première réalisation nord-américaine, avec un potentiel certain. Pour laisser sa marque auprès des Américains, le réalisateur nous propose un long-métrage très stylisé avec un univers très détaillé rappelant des classiques comme Ghost in the Shell ou V for Vendetta.

Malheureusement, Paar est un cinéaste relativement inexpérimenté. Malgré une carrière fructueuse avec plusieurs courts-métrages, le réalisateur a de nombreuses faiblesses et il a entre les mains un scénario plutôt stupide. Même si les propos du film ont de bonnes intentions avec une idée de base assez intéressante, les choix de dialogues et de scènes pour exploiter ce futur plausible sont tout simplement pathétiques. À de nombreuses reprises, les personnages ouvrent la bouche pour dire des dialogues qui n’ont aucun sens. Pire encore, nous avons des scènes qui arrivent de nulle part, comme celle où notre héros et sa demoiselle se cachent derrière des boites vides pour se protéger des balles de leurs ennemis, pour ensuite se mettre à réaliser un véritable spectacle de gymnastique devant leurs ennemis, sans que cela ne soit nécessaire, dans une sorte d’hommage à Gymkata. Et que dire de la scène où Steven Seagal se met à caresser intimement une femme nue dans une scène rappelant étrangement les déboires en justice de l’acteur en 2010.

Néanmoins, il y a un certain divertissement à tirer de The Perfect Weapon, car malgré le scénario bâclé et les nombreux clichés qui parcourent le récit (Le tueur gagnant une humanité grâce à une bombe sexuelle et à un méchant, qui est simplement méchant.), le long-métrage parvient à être supérieur, en théorie, au reste de la filmographie récente de Seagal. Les amateurs de films d’action seront comblés par les quelques scènes mises en scènes par Paar (À l’exception de celle avec un spectacle de gymnastique…), malgré sa faiblesse, le scénario comporte quelques surprises intéressantes dans les dernières minutes et Steven Seagal a un bon combat. Malheureusement, au moment où survient les surprises précédemment annoncées, la réalisation de Paar part en couille. Le budget de The Perfect Weapon est poussé à ses extrêmes limites avec des effets minables, des plans de caméra douteux et aucune direction chez les acteurs, ruinant ainsi les revirements du scénario.

Parlant des acteurs, Johnny Messner (Tears of the Sun) est bien dans le rôle du tueur à gages. Il tente un peu trop d’imiter le personnage principal de la saga Hitman et son jeu d’acteur est terriblement mauvais, mais il parvient à être suffisamment convaincant pour un Vin Diesel du pauvre. Sasha Jackson (Jarhead 3: The Siege) joue la bombe sexuelle de service où ses courbes apportent la seule contribution de l’actrice. Le revenant Richard Tyson (Kindergarten Cop) et Steven Seagal ont des petits rôles et interprètent les antagonistes de l’histoire. Ils ont de bonnes présences malgré des rôles limités. Vernon Wells (Mad Max 2) est également présent dans un caméo étrange où sa barbe est teinte en rose; rien pour se réjouir mais il apporte une certaine bouffée d’air fraîche en tant que tortionnaire coupeur d’organes sexuels…

En pompant allégrement des classiques de pop-culture comme Equilibrum, Ghost in the Shell et Hitman, The Perfect Weapon est un chapitre intéressant de la filmographie de Steven Seagal. Certes, ce film est médiocre pour de nombreuses raisons, mais il parvient à proposer un divertissement relativement agréable. Malgré son «inexpérience», Titus Paar sauve les meubles avec sa caméra inventive et avec les présences de Seagal et de Tyson qui apportent un peu de crédibilité à cette œuvre. Cela ne fait pas de The Perfect Weapon un film à recommander, mais, si vous êtes coincés dans une tempête hivernale au beau milieu d’une cabine dans les bois et que vous n’avez rien d’autre à vous mettre sous la main, vous aurez un bon film pour passer le temps et attendre que le ciel s’éclaircisse…


Réalisation : Titus Paar

Scénario : Alex Brenner, Jesse Cilio, Ulysses Oliver, Titus Paar

Avec : Johnny Messner, Steven Seagal, Sasha Jackson, Richard Tyson, Vernon Wells, Lance E. Nichols

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