Independence Day: Resurgence (2016)

Résumé : Vingt ans après les événements d’Independence Day, la communauté internationale s’est reconstruite et a conçu une défense planétaire en utilisant les technologies récupérées des carcasses de la force extraterrestre qui a précédemment attaqué la Terre. Malheureusement, cette dernière a pu lancer un signal de détresse avant d’être anéantie, causant d’arrivée d’une force de frappe massive sur notre belle planète…

Critique : 

Il y a de ces films qui ont été conçus pour ne pas avoir de suite. Dans ce club assez sélectif, nous pouvons compter le tout premier Independence Day qui, sans vouloir vous dévoiler l’intrigue de ce dernier, concluait son histoire en fermant toute éventualité pour de nouvelles aventures avec nos héros. Donc, lorsqu’Independence Day: Resurgence fut annoncé, plusieurs signaux de fumée se sont mis à assombrir l’esprit de nombreux fans du film de 1996, tout comme l’absence de Will Smith qui a fait sourciller plusieurs personnes. Tandis qu’Independence Day: Resurgence prend d’assaut l’Amérique du Nord et qu’il obtient des critiques plutôt sévères, il nous faut maintenant évaluer la pertinence de cette suite qui tente de faire d’un blockbuster de 1996, le premier volet d’une franchise inter-galactique spectaculaire.

Vingt ans après une invasion extraterrestre, la Terre s’est reconstruite avec l’aide des nouvelles technologies acquises sur les épaves des vaisseaux ennemis et connait une période de prospérité jamais égalée. Alors que cet anniversaire est célébré avec un spectacle aérien sur la Lune et avec l’installation d’une arme surpuissante sur le satellite naturel de la Terre, les festivités se termineront abruptement lorsqu’un objet volant non-identifié s’écrase sur la Lune, annonçant par le fait même le retour des extraterrestres qui ont attaqué la Terre deux décennies plus tôt. Avec l’arrivée d’un vaisseau extraterrestre gigantesque, l’humanité devra à nouveau compter sur les États-Unis pour sauver la race humaine…

Il y a de ces suites dont nous espérons peu de choses. Independence Day: Resurgence est l’une de ces suites et en toute franchise, après l’avoir visionné, vous avons encore des doutes concernant la pertinence de ce film. Comme mentionné ci-haut, Independence Day: Resurgence veut relancer le long-métrage de 1996 sur de nouvelles bases en montrant le retour des extraterrestres sur Terre. En théorie, cela pourrait donner lieu à un divertissement épique. Néanmoins, le film en question ne fait que trébucher sur sa mythologie en devenant ni plus ni moins que l’épisode pilote d’une future série télévisée qui ne verra jamais le jour.

Dans son premier tiers, Independence Day: Resurgence ne fait que vomir les introductions de ses nouveaux personnages, qui représentent la nouvelle génération de combattants américains. Oui, car dans ce monde où toute la planète est unie, seuls les États-Unis semblent être aptes de pro-créer des personnes capables de défendre la Terre. Pire encore, dans cette longue et interminable introduction, nous assistons également à de nombreuses démonstrations des nouvelles technologies terriennes, comme si le réalisateur jouissait à l’idée de nous montrer un vaisseau spatial, un arme gigantesque, un autre vaisseau spatial… Dans ces deux points précis, nous sommes témoins d’une énorme paresse de la part de Roland Emmerich et de ses scénaristes. Car si d’un côté nous sommes devant des protagonistes ennuyeux, nous sommes également confrontés à de plusieurs incohérences technologiques.

Dans un monde où l’humanité vit dans une abondance technologique lui permettant de coloniser la Lune et Mars, d’avoir des forces armées équipées de fusils laser (Sauf les pilotes de l’air qui ont des vieux revolvers munis de quelques balles…) ou de l’internet sans-fil pouvant se rendre dans l’espace, il est assez comique de constater que le commun des mortels semble être en retard avec le reste du monde en vivant dans une sorte d’âge de pierre. Néanmoins, ce qui est moins comique, c’est l’abondance de personnages principaux inutiles. Car en profitant de la longue exposition de son film, Roland Emmerich s’entête à ajouter des personnages principaux. Si le premier volet avait la sagesse de recentrer l’intrigue sur quelques personnes seulement, Independence Day: Resurgence contient un nombre ahurissant de personnages inutiles, qui empêchent aux véritables héros du récit d’être intéressants, par manque de temps. Independence Day: Resurgence préfère même donner du temps d’écran à un comptable présent ici que satisfaire l’égo de son interprète, qui a également co-écrit le long-métrage, plutôt que de rendre crédible les apparitions plus nécessaires de quelques personnages, comme l’ancien président Whitmore.

De tous les retours d’Independence Day: Resurgence, ce dernier fait terriblement pitié alors que le personnage de Bill Pullman est réduit à être un Randy Quaid du pauvre; à être un guerrier souffrant de stress post-traumatique, de folie partielle et de difficultés motrices, jusqu’au moment où Emmerich décide de lui rendre son esprit, sa volonté de guerrier et l’usage de ses jambes quand c’est nécessaire, comme lorsque Whitmore décide de donner un discours patriotique à quelques mécaniciens, faisant écho de façon lamentable à une scène culte du premier volet. Certes, Independence Day: Resurgence tente de se racheter avec un deuxième tiers assez palpitant où le long-métrage reprend essentiellement quelques moments marquants du film de 1996, avec une simplicité assez déconcertante, avant de repartir en vrille avec un dernier tiers que nous pouvons nommer, sans dévoiler des éléments absents des bandes-annonces, comme étant le moment «Godzilla» du récit.

Dans ce dernier tiers, nous pouvons presque sentir une envie d’Emmerich de justifier l’échec de son adaptation du célèbre monstre asiatique, alors que le réalisateur et co-scénariste a le désir de prouver à une nouvelle génération qu’il est capable de réaliser un bon film de monstre. Certes, cela nous offre beaucoup de spectacle et il est indéniable que le réalisateur s’est grandement amélioré depuis l’époque de Godzilla, mais cela amène Independence Day: Resurgence dans des contrées si lointaines et peu intéressantes que nous n’avons presque pas envie que ce film connaisse une suite. Oui, car Independence Day: Resurgence annonce déjà l’arrivée d’une suite digne d’un Star Wars ou d’un Star Trek au pauvre… En fait, ce long-métrage n’existe que pour être l’épilogue de ce troisième volet d’une franchise aujourd’hui douteuse et suspecte.

Sur le plan technique, Roland Emmerich (White House Down) offre une réalisation sans fautes au presque. Le cinéaste offre même une caméra bien plus maitrisée et professionnelle que lors de ses précédents projets, mais nous pouvons sentir une certaine lassitude chez le réalisateur qui ne semble pas être passionné par ce projet. Car malgré un sans fautes, Emmerich ne parvient pas à reproduire l’énergie du premier volet (Quoique ceci est en partie causé par l’humour douteux de ce divertissement…) ou même à créer un désastre aussi spectaculaire que alors du premier volet de cette franchise. En fait, Independence Day: Resurgence ne contient même pas d’images marquantes au niveau de sa destruction; aucune destruction de Maison Blanche et rien qui ne s’y rapproche. Certes, il y a une ville asiatique qui tombe littéralement sur Londres, mais cette séquence est si chargée en destruction, que le tout ressemble à du vomi en trois dimensions.

Ce n’est pas la faute aux effets spéciaux, car en excluant quelques écrans verts assez visibles, Independence Day: Resurgence propose des effets numériques spectaculaires dignes de ce qui fait de mieux à l’hollywood. Même chose pour la 3D. Une partie du problème vient peut-être par le manque d’audace dans l’allure général de cette pellicule qui s’inspire de Star Wars et de Star Trek et par les designs des vaisseaux spatiaux humains et extraterrestres qui sont assez semblables, rendant ainsi toute scène d’action aérienne légèrement incompréhensible. La trame sonore d’Harald Kloser et de Thomas Wanker est néanmoins un problème assez important du film dans la mesure où le tout semble assez générique, avec de nombreuses notes et thèmes qui semblent provenir des précédentes collaborations des deux hommes avec Roland Emmerich.

Au niveau du casting, nous avons un amalgame d’acteurs peu inspirés. En réalité, nous n’avons que des commentaires positifs envers Angelababy (Tai Chi Zero) et Charlotte Gainsbourg (Nymphomaniac) qui parviennent à être crédibles, malgré des personnages assez inutiles à l’histoire. Ces actrices sont surement au générique pour des considérations financières, afin de satisfaire le public asiatique et européen. Pour leurs rôles de pilotes intrépides, Liam Hemsworth (Hunger Games) et Jessie T. Usher (When the Game Stands Tall) sont incapables de combler l’absence de Will Smith au générique. Certes, Jeff Goldblum et Bill Pullman sont de retour, mais ils font pitié, surtout Goldblum qui rejoue essentiellement son personnage de Jurassic Park. Néanmoins, la plus grosse erreur du casting repose sous les épaules du québécois Nicolas Wright (White House Down), qui en plus de co-écrire ce long-métrage, interprète horriblement l’équivalent comptable de Jar-Jar Binks…

Non Independence Day: Resurgence n’est pas un bon film estival. Ce n’est même pas une bonne suite à Indenpendence Day. Avec son scénario confus et problématique, qui retire tout l’humour décomplexé et la légèreté du premier volet de la saga, le long-métrage ne fait que s’enliser dans les délires de Roland Emmerich, comme si le réalisateur amenait la franchise dans des sables mouvants. Et avec une suite qui va amener la franchise sur des terrains actuellement explorés par la franchise Star Wars, il nous reste à espérer qu’Independence Day: Resurgence soit un échec commercial…


Réalisation : Roland Emmerich

Scénario : Nicolas Wright, James A. Woods, Dean Devlin, Roland Emmerich, James Vanderbilt

Avec : Liam Hemsworth, Jeff Goldblum, Jessie T. Usher, Bill Pullman, Maika Monroe, Sela Ward, William Fichtner, Judd Hirsch, Brent Spiner, Patrick St. Esprit, Vivica A. Fox, Angelababy, Charlotte Gainsbourg, Deobia Oparei, Nicolas Wright

Independence Day (1996)

Résumé : Les extraterrestres débarquent sur Terre afin d’envahir et de détruite notre planète. Face à une technologie supérieure, la meilleure arme de la race humaine est sa volonté de survivre.

Critique : 

Si Jaws fut l’inventeur du film estival, Independence Day fut le géniteur du cinéma estival moderne, mais, il fut surtout l’inventeur du cinéma catastrophe moderne. Certes, il y a eu des Earthquake ou des Airport qui ont précédé Independence Day, mais lorsque nous regardons les nanars conçus par les Syfy de ce monde, nous voyons la marque de ce classique de Roland Emmerich. Nous y revoyons constamment les reprises des concepts et des moments forts de ce film de 1996. Et alors que nous célébrons le vingtième anniversaire de ce long-métrage, et qu’une suite est actuellement en salles, il est maintenant temps d’offrir à ce film la critique qu’il mérite…

Des scientifiques découvrent l’arrivée prochaine des extraterrestres sur Terre. Tandis que le gouvernement des États-Unis se prépare à réagir, un réparateur de câble télévisuel de New York, un pilote de l’air de Los Angeles et un épandeur agricole alcoolique seront propulsés dans le désastre planétaire qui est sur le point de se produire. En effet, ces créatures ne sont pas venues en paix et le futur de l’humanité reposera sur cette poignée d’hommes, qui feront tout pour surpasser notre désavantage technologique et pour sauver la race humaine de l’extinction…

Même si Independence Day n’est le film le plus visionné de ma jeune existence (Les sagas Lethal Weapon et Rambo méritent cette distinction…), il reste que ce long-métrage fut l’une de mes premières acquisitions en VHS, une de mes premières acquisitions en DVD et, vous l’aurez deviné, une de mes premières acquisitions en Blu-ray. Non pas que nous avons entre les mains le plus grand long-métrage de l’histoire du cinéma américain, mais nous avons ici un film estival parfait avec de l’émotion, du rire et de l’action.

Les trois aspects du film se mélangent parfaitement grâce aux subtilités du scénario qui parvient à utiliser des personnages stéréotypés sans que cela soit offensant ou dérangeant. Nous pouvons même pousser l’audace en affirmant que ces stéréotypes proposent une bouffée de fraîcheur au cinéma catastrophe dans la mesure où Independence Day reprend essentiellement des thèmes et des personnages initialement vus dans le cinéma des années 50 à 70, un cinéma qui est facilement oublié par les cinéphiles de ce jour. Cela se voit notamment avec le personnage de Steven Hiller qui est l’archétype parfait du soldat patriotique qui rêve d’aller dans l’espace, et qui aura par la force des choses, la possibilité de réaliser son rêve. Certes, cette nostalgie assumée apporte beaucoup de prévisibilité à Independence Day. Puisque nous connaissons parfaitement les stéréotypes qui constituent ces personnages, nous savons d’avance leurs réactions face aux événements du film. Pire encore, la structure narrative du long-métrage est d’autant plus prévisible qu’elle ne contient aucunes surprises.

Bien sur, la quantité imposante de personnages importants aide à camoufler cet aspect. Néanmoins, cela pose un autre problème puisqu’Independence Day peine à demeurer constant en terme d’intensité à cause de ce nombre de personnages, un nombre qui aurait été plus approprié pour une mini-série ou quelque chose du même genre. C’est surtout le deuxième acte du long-métrage qui en souffre alors que le film s’arrête momentanément pour permettre à tous ces personnes d’apparaître à l’écran et de rattraper l’intrigue principale d’Independence Day. Mais, ce qu’il y a de plus dramatique, c’est que plusieurs de ces êtres auraient facilement pu être retirés du montage final, comme tout l’arc narratif de la Première Dame des États-Unis qui est absolument inutile dans la mesure où son personnage n’est présent que pour mourir, ce qui permet par la même occasion de justifier la copine du capitaine Steven Hiller, une danseuse nue qui reste habillée durant son travail, afin de ne pas brusquer les spectateurs du film.

Heureusement, cela n’empêche pas d’apprécier le long-métrage à sa juste valeur. Après-tout, Independence Day est un film d’action divertissant et décomplexé et il remplit ce rôle parfaitement. Les trente premières minutes du film sont encore aujourd’hui considérées par plusieurs, dont moi-même, comme étant l’une des meilleures séquences d’introduction de tous les temps. L’arrivée des extraterrestres sur Terre représente un moment extrêmement fluide et organique du long-métrage, qui s’étire parfaitement jusqu’au moment où le personnage de Will Smith prend son journal et lève les yeux vers le ciel pour y découvrir un énorme vaisseau extraterrestre. Il est impossible de nier le fait qu’Independence Day a une gestion de la tension exemplaire qui nous fait sentir au fil des minutes qui passent que l’humanité est de plus en plus en danger et que la race humaine pourrait bientôt être exterminée.

Roland Emmerich (The Day After Tomorrow) est certainement la cause de cette tension. Fier du succès de Stargate, le réalisateur prouve une maîtrise technique hors du commun, comme si les astres hollywoodiens s’étaient enlignés pour permettre au réalisateur de connaître sa meilleure réalisation à ce jour. Le cinéaste a tout simplement créé un spectacle parfait, avec des scènes d’action extrêmement dynamiques, qui résistent encore aujourd’hui à l’épreuve au temps. Il faut dire qu’Emmerich a choisi d’utiliser beaucoup de miniatures pour illustrer l’action de son long-métrage, des miniatures qui furent conçues avec minutie et précision, donnant une illusion parfaite (Bien que visible pour le fin connaisseur.).Certes, quelques scènes sont horriblement vieillies comme le fameux moment où un chien parvient à fuir le mur de flammes qui s’apprêtaient à le tuer. Également, Independence Day souffre d’un montage parfois vieillot dans la mesure où nous pouvons y trouver de nombreux changements de scènes brusques avec un bruit assourdissant et des images fortes. Cela crée des coupures drastiques qui rappellent étrangement les mauvais téléfilms américains que l’on peut parfois voir au milieu de l’après-midi à la télévision.

La musique d’Independence Day pose également un problème dans la mesure où la trame sonore de David Arnold (Stargate) est à la fois mémorable et oubliable. En revisionnant le long-métrage, les notes du compositeur résonnent en nous, commémorant de nombreux souvenirs par la même occasion. La trame sonore du long-métrage est mémorable au même titre que celle de Star Wars ou de Superman; ce qui est bien normal car après-tout, David Arnold semble s’inspirer des John Williams et des Jerry Goldsmith de ce monde. Sauf que l’on peut sentir une certaine paresse chez Anrold. En effet, la trame sonore d’independance Day est peu originale, s’inspirant grandement des travaux précédents (Comme Stargate) ou à venir (Comme Godzilla) du compositeur, apportant par le fait même un aspect générique à son œuvre qui peut choquer quelques spectateurs…

Pour ce qui est des acteurs, Independence Day se permet un casting assez surprenant. Chacun des acteurs présents dans ce long-métrage ne parvient pas à nous offrir le meilleur rôle de sa vie; mais ils réussissent tous à être crédibles et mémorables dans leurs rôles respectifs. Surtout Will Smith (Men in Black), Bill Pullman (Lost Highway) et Jeff Goldblum (Jurassic Park) qui forment le noyau essentiel à la cohésion de l’histoire et qui sont capables de rendre leurs personnages plus grands que nature. Notons finalement, qu’il est possible de voir Tracey Walker (Batman), Erick Avari (Stargate), Thorn Barry (La franchise Fast & Furious) et Jay Acovone (Stargate SG-1) traverser l’écran si vous êtes suffisamment attentifs.

Bien qi’il ne soit pas le film du siècle, Independence Day est possiblement le Godfather du cinéma estival, en devenant par le fait même l’exemple à suivre, le rival à battre pour les films estivaux à venir, deux distinctions qui manquent malheureusement à Jaws, l’inventeur du film estival. Certes, le long-métrage de Roland Emmerich n’est pas parfait, mais, malgré des défauts assez imposants, le film procure définitivement une immense joie et un sentiment incroyable de nostalgie aux spectateurs qui le visionnent. Il est juste dommage que l’héritage de ce film soit entaché par le déchet que fut Independence Day: Resurgence. Mais cela, c’est une autre histoire…


Réalisation : Roland Emmerich

Scénario : Dean Devlin, Roland Emmerich

Avec : Will Smith, Bill Pullman, Jeff Goldblum, Mary McDonnell, Judd Hirsch, Robert Loggia, Randy Quaid, Margaret Colin, Vivica A. Fox, James Rebhorn, Harvey Fierstein, Adam Baldwin, Brent Spiner, James Duval, Lisa Jakub, Giuseppe Andrews, Ross Bagley, Bill Smitrovich, Mae Whitman, Harry Connick Jr.

Mythica: The Iron Crown (2016)

Résumé : Notre équipe d’héros détourne une charrette fonctionnant à la vapeur, permettant à Marek d’enfin voler la pièce finale du Darkspore, artefact mythique donnant de grands pouvoirs à son utilisateur. Elle tentera par la suite d’amener l’objet en lieu sur tout en étant poursuivie par des mercenaires, des démons, et par le sinistre Szorlok qui tente par tous les moyens de compléter l’artefact, afin de d’envahir le monde avec son armée de morts-vivants.

Critique : 

L’expression américaine «Jump the Shark» décrit un moment dans une franchise cinématographique, ou dans une série télévisée, où arrive un point de non-retour où nous pouvons sentir une chute importante en qualité. Dans un certain sens, Mythica: The Iron Crown, le quatrième volet de la franchise Mythica, parvient à attendre malgré-lui ce titre peu enviable grâce à une mauvaise gestion des détails et à une intrigue à la logique incomplète…

Maintenant que Szorlok a trois morceaux du Darkspore, Marek, Thane et Dagen, toujours endeuillés par la mort de Teela, réussissent enfin à prendre possession du quatrième et dernier morceau de cet objet, en le volant des mains de Borlund Hess, l’amiral d’un bateau volant piloté par une horde de bandits. Alors que nos héros commencent à jouir de leur victoire, Szorlok débarque, avec trois morts-vivants, pour récupérer l’artefact. S’échappant de justesse avec l’aide d’un véhicule motorisé appartenant à Borlund Hess, Marek et ses amis tenteront d’amener leur butin dans un sanctuaire des dieux, où il sera en sécurité. Néanmoins leur voyage sera parsemé d’embûches alors qu’ils sont pourchassés par une équipe de mercenaires envoyés par un compétiteur et par l’armée de Borlund Hess…

Comment décrire Mythica: The Iron Crown… Même en étant un certain fan de la franchise, il est impossible de nier de la baisse de qualité importante connue par ce chapitre. La saga Mythica s’est toujours concentrée sur son univers fantastique et magique et tant qu’elle restait dans les limites de cette zone de confort, elle parvenait à proposer un spectacle convenable. Un spectacle qui étaient assez impressionnant en tentant compte du budget assez limité de la franchise. Néanmoins, Mythica: The Iron Crown tente d’explorer de nouvelles zones en décidant du jour au lendemain que ses personnages vivaient dorénavant dans un monde Steampunk…

Et c’est que cela Mythica: The Iron Crown part en vrille. D’un côté nous avons une intrigue qui se résume simplement à une balade dans une mini-forgonnette (Une véritable mini-fourgonnette affreusement camouflée avec des morceaux de bois…) roulant à basse vitesse. Pour ceux qui se posent la question, nos héros volent ce véhicule pour y récupérer un morceau du Darkspore et pour l’amener dans un sanctuaire des dieux. Ils ne s’arrêtent jamais, sauf pour tomber dans un piège ou pour faire le plein de carburant, même s’ils n’ont aucunement besoin de carburant… Et puisque la mini-fourgonnette se déplace à faible vitesse, tous les ennemis parviennent avec une certaine facilité à constamment rattraper Marek et ses compagnons de voyage.

Ce qui amène une incohérence assez importante dans la mesure où le véhicule utilisé par nos héros se déplace plus lentement que les chevaux utilisés par un groupe de mercenaires, plus lentement que le bateau volant et que les avions utilisés par une corsaire en furie et plus lentement que les jambes des morts-vivants à leurs trousses. On y trouve une forme de redondance car, que importe ce que vivent les personnages, nous savons qu’ils seront rattrapés tôt ou tard par leurs ennemis. Parlant de ces derniers, Mythica: The Iron Crown a une galerie de méchants assez ridicules. D’un côté nous avons ces corsaires volants, qui avec l’aide de leur bateau et de leurs planeurs, sont dignes des pires nanars du monde. De l’autre, nous avons cette équipe de mercenaires qui est supposément supérieure à nos héros en termes d’expérience et de force brute, mais qui se fait ridiculiser à deux reprises. Et finalement, nous avons un peu de Szorlok qui revient en compagnie de trois morts-vivants involontairement comiques.  Malheureusement, le long-métrage utilise Szorlok de façon assez étrange, dans un long et interminable combat entre ce dernier et Gojun Pye, avec une sorte d’hommage raté de l’affrontement entre Balrog et Gandalf dans The Lord of the Rings.

Et lorsque Szorlok revient finalement dans le giron de nos héros, il nous amène la pire incohérence cinématographique de 2016 (À ce jour…) dans le dénouement final de Mythica: The Iron Crown. Sans vous dévoiler la fin du long-métrage, nous pouvons vaguement comparer cette incohérence à celle d’un otage qui accepte de donner une arme à son ravisseur en échange d’un bonbon. Cela ne fait aucun sens et insulte presque les spectateurs de ce film. Certes, tout n’est pas mauvais dans ce long-métrage. Le film a un excellent potentiel comique avec plusieurs blagues qui touchent la cible, surtout celles qui concernent la relation quasi-amoureuse entre Dagen et une zombie (Il faut visionner le long-métrage pour bien comprendre cette référence…). Aussi, la sous-intrigue concernant la «possession» de Marek par l’esprit de Teela est délicieuse en offrant beaucoup de divertissement et de délicieux quiproquos dans notre groupe de héros. Même que Mythica: The Iron Crown aurait dû se concentrer sur ce point précis de l’intrigue, plutôt que de se perdre dans le voyage merdique d’une mini-fourgonnette dans la campagne médiévale…

Derrière la caméra, nous retrouvons John Lyde, vu précédemment dans Survivor et dans Riot. C’est impossible de nier que Lyde apporte une valeur ajoutée à la franchise avec une réalisation qui est, sur de nombreux points, digne des meilleurs films indépendants de ce monde. Il est juste dommage qu’il n’ait pas eu le temps ou les moyens de visualiser son produit final pour se rendre compte que plusieurs éléments ne fonctionnent pas. Comme les effets utilisés dans les scènes avec nos corsaires volants, ou les morts-vivants qui ont plus de liens avec des ninjas vigoureux qu’avec des êtres de leur propre race, ou les déplacements à chevaux qui sont assez comiques. Néanmoins, tout n’est pas de la faute de Lyde, puisque sur le plan technique, il nous faut également considérer le montage amateur d’Airk Thaughbaer (Riot) qui parsème des étrangetés durant tout le film. La pire étrangeté demeure la scène où des hommes sauvent au bateau volant pour atterrir sur une plage, même si les acteurs de ces personnages sautent au sol; un élément que Thaughbaer ne fait rien pour camoufler…

Heureusement, Mythica: The Iron Crown améliore grandement les exploits de la franchise en termes d’effets spéciaux. À l’exception de quelques plans douteux et d’horribles fonds verts, le film s’en tire plutôt bien. Même qu’il nous offre quelques bons moments de magie et des effets de téléportation et de fusée assez rigolos. La trame sonore de James Schafer (Riot) est également un autre point positif du long-métrage. Malgré un montage sonore parfois douteux qui met en évidence plusieurs défauts, comme les dialogues enregistrés en post-production, la musique de Schafer est transposée avec beaucoup d’efficacité à l’écran. Ceci étant dit, nous avons parfois l’étrange impression que le compositeur semble mettre en musique une comédie ou un long-métrage pour enfants.

Au niveau du casting, nous avons ici une distribution en demie-teinte. Alors qu’Adam Johnson (Vamp U) et que Jake Stormoen (War Dogs) livrent possiblement leurs meilleures performances de leurs carrières (L’un étant aidé par le côté déchiré et déprimé de son personnage et l’autre étant aidé par la comédie du long-métrage.), Melanie Stone (Riot) est assez mauvaise dans la mesure où elle semble avoir des difficultés à jouer deux personnages en même temps. Kevin Sorbo (Hercules: The Legendary Journeys) est également de retour, même si toutes ses scènes ont probablement été tournées en une journée devant un écran vert. Pour sa part, Matthew Mercer (Resident Evil) continue à offrir une bonne présence dans le rôle de Szorlok. Néanmoins, tout le reste du casting est assez mauvais, à l’exception de Jasen Wade (Saints and Soldiers: Airborne Creed) qui a une véritable présence à l’écran.

Oui, Mythica: The Iron Crown est assez mauvais. Coincé dans ses déboires techniques et dans le scénario qui se base essentiellement sur une mini-fourgonnette voyageant sur des routes de campagne moderne, le long-métrage plonge la franchise dans un niveau de médiocrité jamais atteint. Et avec un cinquième volet devant sortir dans les mois à venir, nous espérons sincèrement que la saga Mythica saura se sortir de ce mauvais pas. En attendant, nous sommes pris avec un film que nous aurions espéré ne jamais visionner…


Réalisation : John Lyde

Scénario : Jason Faller

Avec : Melanie Stone, Adam Johnson, Jake Stormoen, Matthew Mercer, Eve Mauro, Paris Warner, James Gaisford, Ashley Santos, Jasen Wade, Kevin Sorbo, Nicola Posener, Christopher Robin Miller

Ghostbusters (2016)

Résumé : Quatre jeunes femmes doivent défendre New York lorsque cette dernière est envahie par une horde de fantômes.

Critique : 

D’entrée de jeu, je dois admettre qu’en revisionnant le Ghostbusters original, pour en faire une critique, je fus incapable de mettre des mots à mes pensées. Même en étant pas un fanatique du long-métrage de 1984, il reste que ce long-métrage est et restera toujours un long-métrage intouchable d’Hollywood. Et même en ne dérivant pas dans le délire misogyne de plusieurs internautes, il restait que j’étais assez déçu de l’arrivée de ce nouveau Ghostbusters. À défaut de vous offrir mes avis des deux Ghostbusters originaux, voici notre avis du plus récent volet de cette saga cinématographique.

En quête d’une permanence dans une prestigieuse université, Erin Gilbert est surprise par la visite d’un homme ayant découvert son livre sur les apparitions paranormales. Désirant que ce livre disparaisse de la circulation, Erin part à la recherche d’Abby Yates, une amie d’enfance, afin de retirer ce livre des registres d’Amazon. Abby accepte à la condition qu’Erin l’accompagne pour aider l’homme mystérieux, qui prétend que son manoir est hanté par un fantôme. Sur place, elles seront les témoins d’une apparition fantomatique. Perdant tour à tour leurs emplois respectifs, Erin et Abby deviendront des casseuses de fantômes, afin de prouver que ces derniers existent et de retrouver l’homme responsable de la vague récente d’apparitions paranormales touchant New-York.

C’est avec beaucoup d’étonnement que j’ai visionné ce Ghostbusters. Il faut dire que toutes les mauvaises réactions du public à l’annonce de ce long-métrage, les mauvaises bandes-annonces et le fait qu’il n’y avait que trois spectateurs dans la salle de cinéma, m’avaient un peu refroidi. Mais qu’importe, car c’est en gardant l’esprit ouvert que j’ai débuté le visionnement de Ghostbusters. Il faut avouer d’entrée de jeu que dès les premières minutes, le long-métrage parvient à démentir ce que les nombreux détracteurs hurlaient à la figure de Paul Feig et compagnie.

Non, Ghostbusters n’arrive jamais à surpasser, ni même à égaler son aîné mais ce détail n’est pas si dommageable puisque nous avons ici l’un des meilleurs divertissements de l’été 2016. Ghostbusters parvient à étonner et à surprendre avec une intrigue étrangement familière qui est pourtant à des lieues du long-métrage de 1984. Durant sa première moitié Ghostbusters joue de sécurité en offrant un hommage au film original avec une trame sonore assez similaire où nos héroïnes se font renvoyer de leur emplois respectifs, débutent une compagnie d’extermination de fantômes et détruisent une salle prestigieuse dans leur première tentative pour capturer un fantôme. Heureusement, le tout nous est servi avec suffisamment de différence pour rendre le tout palpitant et pour éviter une certaine redondance.

Après un coup de poing à la figure des fans (Dans une scène assez insultante pour les fans du film original.) Ghostbusters décide enfin de s’assumer et de devenir un film d’action estival. Certes, la transition est assez brusque, mais c’est à ce moment là que Ghostbusters devient d’autant plus intéressant car il embrasse enfin sa destinée. À partir de ce point, le long-métrage cesse d’être handicapé par son aîné et débute sa véritable destinée. Non pas que la première moitié est ennuyante, comme mentionné ci-haut, mais le scénario du film n’était jusque-là qu’un ramassis de blagues parfois douteuses, qui divertissent beaucoup, à défaut de faire rire. Nous y gagnons enfin le film estival tant attendu avec de nombreuses exterminations de fantômes se déroulant pendant le duel de ces femmes face au meilleur méchant de la franchise (Un objectif qui n’était pas si difficile à réaliser, je vous l’accorde…). Malheureusement, peu importe comment Ghostbusters traite son matériel de base, le long-métrage sera toujours destiné à l’échec. Car, s’il tente de nouvelles choses, les fans de la première heure seront rabroués par la modernité du film. Mais s’il reste coincé dans sa zone de confort, les fans de ce monde auraient hurlé à la Lune que Ghostnusters n’est qu’une pâle copie du film original.

Malgré-tout, Ghostbusters a quelques surprises dans son scénario comme la dynamique entre les quatre héroïnes qui rivalise assurément avec les longs-métrages originaux, tout comme les apparitions de fantômes qui jouissent pleinement des progrès technologiques pour étoffer leurs mouvements et leurs personnalités. Aussi le long-métrage se permet même d’équiper nos casseuses de fantômes avec des nouvelles technologies, grâce à une véritable progression de l’équipement des personnages, qui passent de chasseuses incompétentes à de véritables dures à cuire. Néanmoins, des incohérences habituelles, le scénario de Ghostbusters a quelques problèmes notoires, comme le caméo de l’un des Ghosbusters originaux que l’on tente d’étirer en un rôle secondaire minable où l’acteur passe son temps à être assis et à rouspêter. Même chose pour le maire de New York, qui se veut être une réplique minable du maire de Jaws. Et il ne nous faudrait pas oublier le fait que deux personnages voient leurs cheveux devenir gris à un moment du long-métrage, sans aucune explication valable…

Derrière la caméra, Paul Feig (Spy) a beau ne pas être l’homme de la situation, il reste qu’il parvient à faire un travail adéquat. Préférant se concentrer sur l’humour (Même si le réalisateur ne fait que laisser ses comédiens faire tout le boulot…), le domaine de l’action est assez en reste, alors que le réalisateur offre des moments peu inspirants. Certes, durant quelques rencontres fantomatiques, Feig parvient à créer un véritable suspense digne des plus grands films d’horreur de ce monde, mais lorsque vient le temps de dégommer du fantôme, le réalisateur semble se reposer sur ses lauriers en se contenant de s’appuyer sur les effets numériques pour créer du spectacle. Heureusement, ceux-ci sont assez jolis ce qui permet de camoufler la paresse du réalisateur.

Même que la 3D est le sauveur de Ghostbusters sur le plan technique. Le long-métrage est possiblement la meilleure expérience 3D pour un film d’action, depuis Avatar, le grand-père moderne de cette technologie. Ghostbusters a la brillante idée de mettre les scènes d’action en 3D numérique (Comme toutes les productions cinématographiques de ce monde…) et de sortir physiquement les effets spéciaux de l’écran, à l’ancienne, ce qui crée ainsi des effets 3D bluffants et uniques. Par le fait même, nous pouvons presque dire que le long-métrage est une expérience cinématographique à absolument consommer sur grand-écran, pour ne pas perdre cette magie. Autre ombre au tableau, la trame sonore de Ghostbusters se contente d’offrir le minimum syndical avec des sonorités assez banales et peu originales. Et oui, il nous faut admettre que la nouvelle version de la chanson titre de la franchise est assez mauvaise, même si nous sommes à mille lieues de la version de Run–D.M.C., produite dans le cadre de Ghostbusters II en 1989.

Au niveau des actrices, nous avons un quatuor en demie-teinte. La moitié plus douteuse du groupe est composé de Melissa McCarthy (Spy) et de Kristen Wiig (MacGruber), alors que les deux actrices sont plus intéressées à improviser des gags parfois douteux qu’à offrir de véritables performances. Pour sa part, Leslie Jones (Trainweck) offre une prestation exemplaire, proposant le seul personnage principal avec de l’humanité, grâce à sa prestation toute en retenue. Néanmoins, la véritable surprise du casting se trouve du côté de Kate McKinnon (Finding Dory). Même si son jeu d’actrice risque de diviser les spectateurs, il reste que j’ai été envouté par la comédienne qui offre un jeu d’actrice captivant et unique qui nous force à détourner du regard pour fixer constamment l’actrice durant toutes ses scènes. Et puis, il y a Chris Hemsworth (The Avengers) qui joue avec brio l’idiot de service, un rôle qui lui va à merveille. Notons finalement qu’Andy Garcia (The Godfather Part III), que Charles Dance (Last Action Hero) et que Neil Casey (SNL) ont des rôles mineurs dans cette production.

Non, Ghostbusters n’est pas parfait, loin de là. Mais à l’image d’un nanar italien, il parvient à surpasser ses composants pour créer un divertissement supérieur et unique. Il parvient à mélanger les éléments qui font de lui un film moyen, pour créer une expérience cinématographique exemplaire. Et pour les fans récalcitrants, vous devez visionner Ghostbusters en salles. En mettant de côté votre rage viscérale, vous pourriez même être surpris du spectacle qui se trouve devant vos yeux. Après-tout, Ghostbusters n’est qu’un autre blockbuster américain qui sera vite oublié d’ici la fin de l’année par la quasi-totalité des cinéphiles de ce monde…


Réalisation : Paul Feig

Scénario : Katie Dippold, Paul Feig

Avec : Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon, Leslie Jones, Chris Hemsworth, Neil Casey, Andy García, Charles Dance, Michael K. Williams, Elizabeth Perkins

Criminal (2016)

Résumé : Dans un effort désespéré d’empêcher un plan diabolique, les mémoires, secrets et aptitudes d’un agent mort de la CIA sont implantés dans le cerveau d’un condamné à mort, dans l’espoir qu’il pourra compléter la mission de l’agent décédé.

Critique : 

C’est assez frustrant lorsque l’on visionne une bande-annonce qui ne représente aucunement le film qu’il tente de vendre. Criminal a malheureusement ce petit problème dans la mesure où il fut présenté comme étant le prochain Taken, avec une intrigue digne de Face/Off ou de Self/less et un méchant terroriste digne du cinéma hollywoodien des années 80. Heureusement, Criminal est en fait un thriller existentiel sur un détenu handicapé en cavale qui tente de voler un sac rempli d’argent…

Billy Pope est un agent de la CIA ayant établi un contact avec un pirate informatique capable de pirater toutes les installations militaires des États-Unis. Lorsque Pope est torturé et tué par un terroriste anarchique, la CIA demande l’aide d’un scientifique pour implanter la mémoire de Pope dans le corps d’un parfait inconnu. Le candidat choisi se nomme Jericho Stewart et il est un détenu handicapé, incapable de ressentir la moindre émotion et incapable d’établir le moindre contact humain. Même s’il semblait être le candidat parfait, Jericho n’a qu’une seule idée en tête : s’évader de la CIA afin de retrouver un sac d’argent, qui était entre les mains de Pope quelques instants avant sa mort. Malheureusement pour le criminel, les souvenirs de Pope commencent à refaire surface et à modifier sa personnalité…

Et pourtant, le fait que Criminal se concentre plus à être un petit thriller de seconde zone se révèle être l’élément sauveur du long-métrage. Si l’on se focalise uniquement sur l’aspect action du long-métrage, Criminal est un film assez ennuyeux avec une histoire ressemblant beaucoup aux films d’action sortant directement en VHS dans les années 90. Criminal ne fait rien pour nous surprendre et il traite ce point scénaristique avec une paresse si flagrante que le film en devient presque ennuyeux. Pire encore, si le long-métrage se concentrait uniquement sur son personnage principal et sur son côté science-fiction, nous aurions possiblement l’un des bons films de l’année 2016.

Oui car le personnage de Criminal, Jericho Stewart, est un détenu qui, après des dommages cérébraux, se comporte comme un enfant de 50 ans qui aurait passé toute sa vie dans une cage. Pire encore, il ne ressent aucune émotion et il est incapable de discerner le bien du mal. Nous avons ici un héros atypique pour le cinéma d’action, puisque le personnage principal a plus de ressemblances avec Jason Voorhess (Friday the 13TH) qu’avec les John McClane de ce monde. Regarder cet être qui tente d’interagir avec la population londonienne et qui est tiraillé entre la sauvagerie de son caractère et la civilité de Billy Pope représentent les seuls divertissements de ce long-métrage. Lorsque Criminal puise dans ce matériel, il nous offre des moments d’anthologie comme, à titre d’exemple, la fameuse séquence où Jericho entre par effraction dans la maison de Pope et y vit un profond dilemme intérieur, tandis qu’il hésite entre voler cette mère de famille, tuer cette dernière, la violer ou l’aimer elle et sa fille.

Malheureusement, comme mentionné plus haut, lorsque Criminal puise dans les éléments qui font de lui un divertissement musclé, il perd grandement en qualité. D’un côté nous avons l’éternel terroriste révolutionnaire qui tente de faire de la planète un monde meilleur, mais qui n’a pas suffisamment de présence à l’écran pour en faire un vilain crédible et efficace. De plus, il est assez dommage que tous les personnages du long-métrage soient détestables. Avec un personnage principal digne des pires brutes du cinéma, Criminal s’entête à mettre de l’avant les terroristes (Qui tentent constamment de tuer et / ou de capturer Jericho.), un agent de la CIA (Qui tente constamment de tuer et / ou de capturer Jericho pour des raisons parfois confuses), un gamin détestable capable de détruire le monde avec son portable et la femme de Billy Pope (Qui est une femme forte qui souhaite également tuer Jericho dans une certaine mesure…).

Ce qui fait qu’aucun des personnages ne mérite notre soutien émotif puisqu’ils sont tous, jusqu’à un certain point, des salopards. Il y a certes le bon vieux docteur responsable du transfert des souvenirs de l’agent de la CIA dans Jericho, mais ce dernier disparait assez rapidement dans le fil de l’histoire. Et il nous faut revenir brièvement sur la femme de Billy Pope, qui passe pathétiquement de femme forte à demoiselle en détresse pratiquement amoureuse du premier détenu qui entre dans sa vie et qui l’attache aux barreaux de son lit. Si c’était de la nostalgie ou de l’amour pour son ancien mari, cela aurait plausible, mais ici, ce n’est qu’une façon bâclée d’offrir une conclusion horrible à un personnage secondaire…

À cela, il nous faut ajouter la direction d’Ariel Vromen (The Iceman) qui est assez problématique. Le réalisateur est capable de grandes choses, surtout lors des séquences plus émotives ou perturbantes de Criminal. Néanmoins, lors des séquences d’action, nous pouvons sentir un certain manque d’énergie qui est principalement causé par le désir inconscient du réalisateur d’imiter les multiples copies de Taken qui poussent à Hollywood depuis des années. Cependant sa plus grande erreur fut d’être incapable de créer un climat de tension. Criminal est centré sur la possibilité que des terroristes puissent contrôler toutes les armes nucléaires des États-Unis. Même qu’à quelques moments des missiles sont lancés et nous avons aussi des décomptes annonçant le lancement de ces missiles. Et pourtant, le réalisateur traite ce sujet en toute légèreté, comme si cela était en réalité le dernier des soucis de ses personnages.

Aussi, le montage de Criminal pose problème car il ne sait pas comment insérer les nombreux flashbacks montant Billy Pope et sa famille en pleine ébullition amoureuse. Parfois ces derniers s’insèrent parfaitement dans le long-métrage, à d’autres moments ils arrivent comme des cheveux sur de la soupe, en nous sortant complétement au film scénaristique de l’histoire. Glissons également un mot rapide sur la trame sonore de Keith Power (The Avengers: Age of Ultron) et de Brian Tyler (Iron Man 3)  qui offre une trame sonore assez conventionnelle qui est néanmoins capable de vous soutirer quelques larmes lors de moments clés du troisième acte.

Pour ce qui est du casting, nous pouvons affirmer que Criminal est composé d’un casting cinq étoiles. En tête d’affiche, Kevin Costner (Dances with Wolves) s’éclate comme un petit fou en offrant une performance remarquable et mémorable. Nous pourrions presque dire que Criminal est l’un de ses meilleurs rôles depuis quelques années. Par-contre, nous ne pouvons pas dire la même chose de Gary Oldman (The Dark Knight) et de Tommy Lee Jones (Men in Black) qui sont un peu en pilotage automatique. De plus, en tenant compte du scénario entre ses mains, Jordi Mollà (Bad Boys 2) s’en tire plutôt bien dans le rôle du méchant de service, tout comme Gal Gadot (Batman v Superman: Dawn of Justice) et Michael Pitt (Funny Games) dans leurs rôles respectifs. Scott Adkins (The Expendables 2) et Ryan Reynolds (Deadpool) sont également présents dans des rôles secondaires. Notons aussi les présences d’Amaury Nolasco (Prison Break) et d’Alice Eve (Star Trek: Into Darkness) qui ont des rôles de figuration dans ce long-métrage.

Criminal n’est pas clairement pas le long-métrage de l’année. Dans le meilleur des cas, il saura vous divertir durant une après-midi pluvieuse. La raison de ce constat est assez simple : Il tente de prendre un concept digne d’un bon long-métrage de science-fiction et il tente de l’appliquer à la sauce Taken. Cela fait en sorte que le film est constamment coincé entre deux chaises; entre son désir d’explorer un personnage qui grogne au public et son envie de dégommer du terroriste. Et, si vous aimez mieux : cela fait de Criminal, une belle opportunité ratée…


Réalisation : Ariel Vromen

Scénario : Douglas Cook, David Weisberg

Avec : Kevin Costner, Gary Oldman, Tommy Lee Jones, Jordi Mollà, Gal Gadot, Michael Pitt, Amaury Nolasco, Alice Eve, Antje Traue, Scott Adkins, Lara Decaro, Ryan Reynolds

Fight Valley (2016)

Résumé : Lorsque sa sœur est retrouvée morte dans une petite ville nommée Fight Walley, une femme décide de mener sa propre enquête et se retrouve mêlée dans une organisation proposant des combats de rue, des combats où combattait sa sœur…

Critique : 

Depuis la création du cinéma d’action, Hollywood s’est fait un point d’honneur à exclure, en quelque sorte, les femmes de ses productions. Et bien, avec la montée légitime du «féminisme cinématographique», de plus en plus de femmes obtiennent des premiers rôles dans des films d’action de plus en plus géniaux. Alors, il est inutile de dire qu’en apprenant la arrivée prochaine de Fight Valley, une sorte de Lionheart au féminin avec quelques personnalités du monde de l’UFC à son bord, le cinéphile que je suis était très excité par ce projet. Enfin, c’était jusqu’au moment où Fight Valley devient un petit porno lesbien…

Tori Coro tente de survivre dans les quartiers violents d’une ville du New Jersey avec ses amis, sa copine Duke et son père alcoolique. Lorsque Tori meurt, dans une vanne tentative pour gagner de l’argent rapidement, sa soeur Windsey, vivant une vie de princesse avec sa mère fortunée, débarque dans le quartier afin de trouver la responsable de cette mort, survenue à Fight Valley, un endroit mystérieux où des gens règlent leurs problèmes à coups de points. Aucunement acceptée par le voisinage, Windsey devra rester sur ses gardes et apprendre à se battre pour assouvir sa vengeance.

Il faut dire que nous avons peut-être embelli la vérité en vous disant que Fight Valley devient un film pornographique lesbien. Certes, il y a de la nudité. Oui, nous avons une relation sexuelle assez explicite où nous voyons presque l’intérieur des organes sexuels d’une actrice. Mais c’est le moindre des soucis de Fight Valley. Pire encore, nous pourrions même dire que le traitement légèrement pervers de Rob Hawk est l’élément salvateur du long-métrage. Fight Valley a énormément de problèmes, surtout pour un long-métrage dont le budget avoisinerait les 22 millions de dollars, selon IMDB.

D’entrée de jeu, il nous faut admettre que Fight Valley subit les conséquences d’une construction scénaristique assez horrible. Le long-métrage débute assez abruptement avec une longue séquence d’introduction de vingt-deux minutes où le film met en contexte la vie de Tori et son entourage. Malheureusement, le film manque cruellement de vision, apportant beaucoup de confusion au spectateur. Pire encore, il a fallu plusieurs visionnements et une visite sur le site officiel du film pour je puisse réellement comprendre la complexité relative du long-métrage et l’identité des personnages qu’il met de l’avant. Le scénariste / réalisateur Rob Hawk est la principale cause de ce problème, car il ne sait pas comment introduire ses scènes pour créer avec ces dernières un fil scénaristique logique. Pensons simplement à une scène, à mi-chemin de Fight Valley, où Windsey parle au téléphone avec son père. L’endroit où se trouve Windsey est banal et quelconque, surtout si on le compare avec le reste des décors.À un point tel que durant toute la scène nous avons l’impression que Windsey se trouve dans le sous-sol de son père. Une expression qui est doublement renforcée par le fait que Hawk ait glissé un moment d’exposition dans cette conversation servant à expliquer sans subtilité l’endroit où se trouve le personnage.

De plus, Fight Valley commet également l’erreur de ne pas supporter son personnage principal, qui doit rapidement devenir une combattre d’arts martiaux mixtes en quelques jours, afin d’éviter de se faire tuer dans ce quartier du New Jersey et, éventuellement, pour venger sa sœur. À aucun moment, le long-métrage tente de rendre crédible son entraînement, qui consiste essentiellement à malmener des blocs de glace. Les autres personnages ne semblent même pas être au courant de sa progression et continuent de la traiter comme la petite princesse gâtée qu’elle est (Qui se promène en limousine de nos jours??). Il faut dire que nous sommes forcés de leur donner raison car à chaque fois que Windsey se retrouve mêlée à une bagarre, elle est tabassée ou jetée au sol. Et lorsque survient enfin son grand moment de gloire, qui se déroule, sans rien vous dévoiler de majeur, dans une sorte de bagarre générale, la princesse se contente de regarder le tout avec un air dégouté, comme si elle se trouverait au beau milieu d’un marécage rempli de moustiques et de saleté. Ensuite, nous avons le droit à un moment classique, montrant le personnage qui gagne en puissance grâce à un montage rapide, pour démontrer toute la progression de l’héroïne; et une fois motivée, la belle se met mettre au tapis dès le premier coup de poing.

Ce qui est de l’incompétence totale ressort malheureusement comme la mauvaise blague d’une comédie douteuse. Et comme si ce n’était pas assez, Fight Valley comporte plusieurs moments involontairement drôles qui sont principalement causés par la construction médiocre des personnages et par le mauvais casting général du long-métrage. La vaste majorité des acteurs et des actrices de cette production n’ont peu d’expérience dans l’industrie et sont, pour la plupart, de mauvais interprètes. Si d’un côté, nous avons une Miesha Tate (La seule combattante de l’UFC qui a un véritable rôle important dans cette production…) qui n’est pas si mauvaise que ça, nous avons une Susie Celek (Ex-femme du joueur de la NFL Brent Celek et fondatrice d’un salon de peinture corporelle à Philadelphie…) dont les expressions corporelles transpirent une constipation physique. Ce qui fait en sorte que toutes les scènes du long-métrage avec Celek, ou avec les autres «actrices» de cette production, semblent forcées car elles sont interprétées par le pire casting qu’un théâtre d’été pourrait avoir. Puisque malgré toute la bonne volonté et les efforts mis par les actrices, elles sont incapables de remplir leur cahier de charges.

Mais, au final, ce n’est peut-être la faute de ces femmes qui se donnent corps et âmes à Fight Valley. Pour trouver un coupable, il faudrait peut-être se tourner à nouveau vers Rob Hawk. Si vous n’avez pas encore deviné à ce point-ci de ma critique, je n’ai aucunement aimé Fight Valley. Et bien, la raison de ma haine se trouve peut-être chez Hawk qui, petit fait cocasse, a récemment déclaré en entrevue que le plan initial était de faire en sorte que les actrices se battent et saignent pour de vrai. Le réalisateur / scénariste offre une réalisation très fantaisiste où chaque plan et chaque scène sont insérés de façon «logiquement aléatoire». Parfois, cela frôle même le ridicule, comme lorsqu’un personnage secondaire marche dans un parc, sans aucune raison ou mise en contexte, puis se met à combattre quelques garces, sans vraiment de contexte, pour ensuite quitter le parc quelques secondes plus tard, sans que l’on sache les motivations de cette séquence. La seule raison de cette séquence, c’est d’offrir une scène de combat gratuite. Et pourtant, on ne peut pas vous affirmer que le long-métrage est rempli de bagarres. Au lieu de miser sur la qualité, Hawk s’est concentré sur la quantité avec plusieurs courts combats qui ne durent que quelques secondes. Il nous laisse même sur notre faim dans la mesure où nous ne voyons pas la conclusion de plusieurs d’entre-eux.

Et, comme si ce n’était pas assez, il nous faut également déplorer l’univers des personnages qui vivent dans un recoin miteux du New Jersey où les quartiers pauvres sont essentiellement composés d’afro-américains en colère désirant combattre des blancs et refusant de gagner honnêtement leurs vies et d’amasser ainsi de l’argent légalement obtenu. Certes nous avons un Italien obèse, couvert de bijoux voyants et alcoolique dans le lot, mais il est trop occupé à se disputer avec son ex-femme riche et garce sur le cercueil de leur fille, pour que ce personnage puisse compter. Mais lorsque le réalisateur / scénariste tente de sauver le tout du désastre en concluant avec de nombreux revirements de situation dignes d’un roman savon (L’héroïne concluant son enquête grâce à un livre qui lui permet de devenir un détecteur de mensonges…), nous sommes trop occupés à roupiller sur notre fauteuil pour saisir la complexité soudaine de son écriture.

Malgré-tout, il nous faut finir sur une note positive, car Fight Valley a quelques bons points dans sa manche. Car, en plus de deux moments offrant de la nudité et de Miesha Tate, vous aurez la chance de visionner les débuts cinématographiques de deux combattantes supplémentaires de l’UFC : Cris Cyborg (Dans un rôle mineur important.) et Holly Holm (Qui traverse l’écran.). Aussi, il nous faut donner du crédit au pilote du drone qui a su faire de belles prises de vues aériennes du New Jersey. Ensuite, la trame sonore du long-métrage, qui est essentiellement composée de chansons populaires, pourrait bien plaire à quelques spectateurs. Personnellement, il me faut admettre que j’ai préféré les compositions de John DeSentis, qui sont malheureusement enterrées sous cette palette musicale assez éloignée de mes propres goûts musicaux.

Mais sérieusement, concluons brièvement en vous disant de ne pas visionner Fight Valley. Vous avez assez perdu de temps en lisant cette critique d’un long-métrage plus que médiocre…


Réalisation : Rob Hawk

Scénario : Rob Hawk

Avec : Susie Celek, Miesha Tate, Erin O’Brien, Kari J. Kramer, Cabrina Collesides, Chelsea Durkalec, Jefferson Sanders, Ivy Lashawn Coleman, Steve Downing, Cris Cyborg, Holly Holm

The ReZort (2016)

Résumé : The Rezort, un parc safari, offre à ses invités l’opportunité de tuer autant de zombies qu’ils le désirent à la suite d’une épidémie.

Critique : 

Avec la mode des films de zombies des dernières années, nous avons eu le droit à de multiples adaptations de ce sous-genre horrifique qui a servi à illustrer plein de choses, comme des histoires d’amour, des comédies à l’eau de rose ou des films d’action bien bourrins. Jusqu’ici, personne n’avait réellement eu l’idée de reprendre Jurassic Park à la sauce zombie. Certes, il y a eu Zoombies, en 2016, par le studio Asylum, mais ce dernier mettait en vedette des animaux transformés en zombies et il exécutait cette prémisse avec un amateurisme parfois comique. Cela fait de The ReZort, la première véritable tentative de mélanger ce genre horrifique au classique de Steven Spielberg.

Tandis qu’elle pleure encore la mort de son père durant une guerre mondiale entre les zombies et les humains, Melanie voit une opportunité d’être à nouveau heureuse lorsqu’une amie de son groupe thérapeutique lui parle de The ReZort, un endroit où l’on peut bronzer au soleil, siroter quelques cocktails et tuer des zombies à volonté. Entraînant son copain, un ancien soldat, dans l’aventure, Melanie découvrira rapidement la dure réalité de ces créatures, une réalité qui devra plus horrible lorsque quelqu’un sabotera le parc…

Même s’il nous ressert une bonne partie de l’intrigue de Jurassic Park pendant 45 minutes, The ReZort avait une prémisse sacrément intéressante et « originale » à nous offrir. En jouant dans les cartes de Steven Spielberg et de George A. Romero, le long-métrage avait un potentiel certain; un potentiel qu’il ne parvient jamais à réaliser. The ReZort n’est pas un mauvais film, loin de là. C’est juste qu’il y a un manque de finition assez visible dans le produit final que l’on est forcé de regarder.

La première moitié de The ReZort se veut être une reprise de Jurassic Park (à la sauce Westworld) où nous suivons un groupe de passagers qui débarquent sur une île où des touristes peuvent participer à un safari de zombies. Ce beau petit groupe est diversifié afin de représenter toutes les sphères de la société, incluant des adolescents insupportables ayant gagné à un concours en ligne à une fiancée abandonnée par son petit copain. À partir de ce moment, nous pouvons déjà sentir les problèmes arriver alors que nous posons des questions existentielles, comme sur le fait de tuer des zombies pour sauver un deuil ou sur le renouvellement du bétail dans une si petite île. Si certaines de ces questions obtiennent une réponse, elles démontrent néanmoins les failles d’une histoire incapable de camoufler ses tares; des tares qui gâcheront quelques revirements en fin de parcours.

En voulant répliquer le succès de Jurassic Park, Paul Gerstenberger (House of Anubis) oublie de tenir compte du bon sens de ses spectateurs et crée par le fait même de nombreux problèmes de logique. Ce qui est d’autant plus dommage puisque dans le second tiers, le scénariste jette tout à la fenêtre pour devenir un simple film d’action à la sauce zombie où les personnages doivent aller du point A ou point B, en tuant quelques monstres au passage. Dès lors, nous tombons dans les clichés du genre avec ces personnages qui changent parfois de personnalité au revers d’une scène, comme le copain aimant et protecteur de Melissa qui devient soudainement un pur salopard égoïste lorsque Gerstenberger ne sait pas quoi faire avec ce dernier.

Et parlant des personnages, il est un peu dommage que The ReZort se force à nous montrer plein de gens totalement inutiles à l’intrigue durant sa première moitié, comme les techniciens informatiques ou les autres groupes présents dans ce safari, des groupes composés de clichés ambulants. Cela retire du développement à notre groupe de chasseurs favoris, empêchant de créer une connexion entre ces gens et le spectateur. Il faut attendre le dernier vingt minutes pour que l’on commence réellement à tenir à la survie des protagonistes, car jusqu’ici ils n’étaient que de la chair à canon. Notons également que The ReZort a une faible durée de 90 minutes. Avec une durée aussi faible, il est ennuyant que nous devions subir plusieurs minutes de bulletins de nouvelles fictifs servant à tenter mettre en place l’intrigue du long-métrage et à tenter de le conclure correctement. Cela ne fait qu’ajouter de longues minutes où le film vomit de l’exposition agissant comme de puissants somnifères…

Heureusement, The ReZort se démarque sur le plan technique grâce à Steve Barker, un réalisateur dont la filmographie se résumait jusqu’ici à deux autres productions de zombies, Outpost et Outpost: Black Sun. Barker parvient à faire de The ReZort un film plus grand que nature avec plusieurs éléments visuels franchement réussis, et ce malgré un budget assez restreint. Si l’on exclut quelques pépins, comme les bulletins de nouvelles, Barker réussit à illustrer presque parfaitement les propos du film, grâce à des maquillages bien foutus et à des décors variés, passant du vide désertique à des lieux industriels d’après-guerre.

Le cinéaste parvient même à garder un rythme d’enfer, offrant constamment du divertissement, sans pour autant sacrifier sur les moments d’action ou de terreur, bien que The ReZort ne soit pas un film réellement terrifiant. Malgré quelques moments de tensions à couper le souffle, aucun spectateur n’aura réellement peur en visionnant ce long-métrage. Néanmoins, nous pouvons presque sentir que Barker a jeté l’éponge pour les dernières minutes de sa pellicule qui sont visuellement décevantes. Le réalisateur nous sort des plans de caméras chaotiques et des effets spéciaux incomplets où nous avons l’impression que les personnages, vivants ou morts-vivants, ont parfois l’impression qu’être des petits points noirs sur un écran vert.

Au niveau de la distribution, The ReZort parvient à tirer profit d’un groupe d’acteurs inconnus. Le plus grand nom au générique, Dougray Scott (Taken 3) mène le groupe avec un rôle en retrait qui gagne en importance au cours de l’histoire et avec un jeu d’acteur impeccable et infaillible. Jessica De Gouw (Dracula) et Martin McCann (The Pacific) jouent le petit couple au genre de l’intrigue et ils ont d’honnêtes présences, surtout De Gouw qui joue avec beaucoup de subtilité une femme en plein deuil de son père. Le reste du générique fait du bon boulot sans pour autant se démarquer, à l’exception de Elen Rhys (The Bastard Executioner) dont le jeu nous rappelle grandement celui de Kate Hudson.

Même si plusieurs choses négatives ont été écrites à propos de The ReZort, vous ne devez pas fuir ce long-métrage pour autant. Certes, il aurait pu être plus original dans sa prémisse et il aurait pu s’assumer totalement, mais cela n’empêche pas le spectateur moyen d’y trouver un profond divertissement. De plus, il parvient à faire écho à la crise syrienne entre deux massacres de morts-vivants, ce qui est bienvenu. Bref, The ReZort est un bon petit film de zombies, qui plaira à tout le monde, sans pour autant révolutionner le genre…


Réalisation : Steve Barker

Scénario : Paul Gerstenberger

Avec :  Dougray Scott, Jessica De Gouw, Martin McCann, Claire Goose, Elen Rhys, Jassa Ahluwalia, Lawrence Walker, Kevin Shen

The Flash – Saison 2 (2015-2016)

Résumé : Suivant la défaite de son Némésis, Eobard Thawne, Barry Allen et Team Flash doivent retourner rapidement leur attention vers la singularité survolant Central City, consommant tout sur son passage. Armé de son cœur héroïque et de son habilité de bouger à une super-vitesse, Barry fonce dans l’œil de la singularité, sans se douter de la menace qui se cache derrière cette catastrophe épique…

Critique : 

Après une première saison assez géniale, The Flash se concluait avec un cliffhanger assez abrupte ou Barry Allen courrait vers la perturbation causée par son voyage temporel. Bien qu’étant assez vague sur l’allure de la deuxième saison de la populaire série, ce final nous affirmait une chose : que la série ne serait plus jamais la même. Et après avoir visionné la deuxième saison de The Flash, il nous faut affirmer que plus les choses changent, plus les résultats restent les mêmes… Et soyez avertis que cette critique comportera quelques éléments importants de l’intrigue présentée dans la deuxième saison de la populaire série.

Six mois après le fameux incident ayant touché Central City, la population de la ville est en pleine adoration envers Flash, sans se douter que ce dernier n’est responsable de la destruction du cataclysme surnaturel ayant causé la mort d’un proche ami. Rongé par la culpabilité, Barry Allen se remet en question et cherche sa place dans le monde. Néanmoins, il devra rapidement se mettre sur pied alors que son père est enfin libéré de prison avant de disparaitre pour faire du camping, et qu’un monstre issu d’un univers parallèle nommé Terre-2 débarque en ville. Ce monstre nommé Zoom est à la tête d’une armée de méta-humains prenant d’assaut Central City pour tuer notre héros favori afin de devenir l’homme le plus rapide du multivers…

D’entrée de jeu, je ne vais pas de main morte en vous parlant du pire défaut de cette deuxième saison. Avec l’arrivée de Legends of Tomorrow et de Supergirl, les créateurs / scénaristes de la série se sont retrouvés avec une double charge de travail, faisant en sorte qu’ils ont bâclé, en quelque sorte, les dernières saisons d’Arrow et de The Flash. Heureusement, The Flash survit passablement à ce désastre jusqu’à un certain point, car la série commet une erreur irréparable dans sa deuxième saison. À quelques détails près, et sur l’ensemble scénaristique, les deux saisons de la série sont identiques avec les mêmes revirements, les mêmes surprises, les mêmes arcs scénaristiques. Le seul sentiment de nouveauté provient de l’ordre plus ou moins aléatoire de cette redondance.

Et cela affecte tout le déroulement de la saison qui devient chaotique et peu intéressante spécialement durant la deuxième moitié, qui est en plus amputée de plusieurs personnages clés partis rejoindre Legends of Tomorrow. Il nous suffit juste à analyser le plan du méchant de la saison, le célèbre Zoom. Issu d’un univers parallèle, Zoom a, entre-autres, volé les pouvoirs d’un autre Flash nommé Jay Gerrick, avant de traverser vers notre réalité en quête de sa nouvelle proie, Barry Allen. En condensant grossièrement, Zoom envoie des méta-humains pour tuer Barry Allen, afin qu’il devienne plus rapide, pour ensuite le paralyser et espérer qu’il regagne sa vitesse pour finalement lui voler. Et lorsqu’il parvient enfin à voler les pouvoirs de Barry Allen, nous nous rendons compte que son grand plan machiavélique ne fonctionne que si Barry Allen a ses pouvoirs. Ce qui est doublement ridicule car durant toute la saison, Zoom tente activement de tuer Barry Allen ou de le dépouiller de ses pouvoirs, créant ainsi une incohérence monstre.

Et pourtant, c’est d’autant plus dommage car les premières apparitions de Zoom laissaient transparaître un méchant extrêmement macabre et puissant, capable de détruire le monde d’un claquement de doigts. Au final, nous avons simplement eu un antagoniste parlant beaucoup pour ne rien dire d’intelligent. Les autres additions à la série sont également des petites déceptions. D’un côté nous avons Harrison Wells de Terre-2, un choix idéal pour être le nouveau mentor de Barry Allen après le départ du précédent Harrison Wells. Il nous faut avouer que toute l’intrigue entourant ce personnage et sa fille reste le seul éclair de génie de la part des écrivains, apportant la densité scénaristique nécessaire pour maintenir le spectateur assis sur son siège pendant une vingtaine d’épisodes. De l’autre côté, nous avons Jay Gerrick, le Flash de Terre-2, un homme détruit par le passage de Zoom. Un personnage assez inutile dans la mesure où il n’est présent que pour sa belle gueule et pour nous rappeler que Zoom est méchant.

Du côté des héros principaux, là aussi la saison de The Flash n’offre que peu de choses à se mettre sous la dent en se focalisant essentiellement à amplifier les traits de caractère des personnages. Barry Allen continue à être le héros naïf, défaitiste et joyeux qui sombre tranquillement du côté obscur de la positivité au fil des épisodes. Iris West continue d’être une agace voulant être journaliste. Snow continue à être endeuillée par la mort de son copain, avant de vivre une nouvelle escapade romantique. Cisco continue à être un soutien comique malchanceux en amour. Et puis Joe West continue d’être le cœur et la voix de la raison de ce beau petit groupe. La seule nouveauté repose sur les épaules d’Henry Allen, le père de Barry, qui sort de prison dès le premier épisode pour ensuite disparaître complètement de la série, sauf lorsque son personnage est absolument nécessaire. Il est inutile de dire que cela est une grande déception surtout que les conversations entre les deux hommes étaient parmi les meilleurs moments de la dernière saison.

Sinon, The Flash offre quelques nouveautés dans ses intrigues secondaires. L’arrivée de la Terre-2 permet à la série d’explorer avec beaucoup de profondeur les versions alternatives ou «non-alternatives» des personnages principaux de la série; un concept redondant qui a néanmoins apporté un magnifique double épisode dans la seconde moitié de la saison. De plus, The Flash se permet d’introduire le personnage de Wally West, ou Kid Flash, dans une version pré-héroïque digne d’un mauvais clone de «The Fast and the Furious». Et puis, la série se permet d’explorer la mythologie entourant les pouvoirs de Barry Allen, avec des créatures «largement inspirées» de la saga Harry Potter et avec un épisode tout spécial en fin de parcours, dont nous n’allons pas vous dévoiler l’intrigue ici…

Sur le plan technique, The Flash offre à nouveau une compétence exemplaire avec, dernière la caméra, une équipe de réalisateurs relativement amateurs. Ce qui n’empêche pas à la série de vous proposer les talents d’Antonio Negret (Transit)Rob Hardy (Stomp the Yard: Homecoming)J.J. Makaro (Cascadeur hollywoodien ayant notamment travaillé sur la saga Final DestinationThe Incredible Hulk et X2), Steve Shill (Obessed)Kevin Smith (Clerks), Rachel Talalay (Tank Girl) et Kevin Tancharoen (Mortal Kombat). Et en excluant quelques séquences de «Fast and Furious», la série continue à offrir une réalisation exemplaire pouvant rivaliser avec le meilleur de la télévision américaine.

Il est juste dommage que les effets spéciaux ne suivent pas toujours la démarche scénaristique de la série. Si The Flash est connue pour ses effets spéciaux parfois limites, une sur-abondance des effets par ordinateur fait en sorte que la deuxième saison de la série manque parfois de crédibilité, surtout lors de ses moments les plus héroïques. Et puis, il nous faut continuer à vous noter que la trame sonore de Blake Neely (The Last Samurai) continue à offrir une trame sonore trépidante à la série, même lorsque cette dernière traverse ses heures les plus sombres.

Pour ce qui est du casting de la série, tous les acteurs «vétérans» de la populaire série continuent à faire de l’excellent travail dans leurs rôles respectifs, surtout Tom Cavanagh (Ed) et Jesse L. Martin (Law & Order) qui ont connu une année assez riche en émotions. Vanessa Williams (Candyman), Tony Tood (Candyman)Shantel VanSanten (One Tree Hill) et Violett Beane (The Leftovers) furent également de bonnes additions au générique de la série dans des rôles assez marquants. Néanmoins, nous ne pouvons pas dire la même chose de Keiynan Lonsdale (Dance Academy) dans le rôle de Wally West. Même chose pour Teddy Sears (24: Legacy) qui est une erreur de casting dans le rôle de Jay Garrick alors que l’acteur se contente d’être la belle gueule de service.

Certes, la deuxième saison de The Flash n’est pas parfaite. Les scénaristes de la série se sont contentés de faire le minimum syndical en faisant essentiellement un remake de la première saison en y ajoutant des éléments provenant de Terre-2, le nouveau monde parallèle préféré de ce programme télévisuel. Nous ressortons de cette saison avec une impression de déjà vu alors que nous assistons à une intrigue n’offrant peu de surprises. Heureusement, les premières images de la prochaine saison semble montrer une correction de la trajectoire narrative. Il reste plus qu’à espérer que The Flash ne connaisse pas le même sort qu’Arrow, sa grande sœur…


Créateur : Greg Berlanti, Geoff Johns, Andrew Kreisberg

Diffusée sur : CW

Avec : Grant Gustin, Candice Patton, Danielle Panabaker, Carlos Valdes, Keiynan Lonsdale, Tom Cavanagh, Jesse L. Martin, Teddy Sears, Tony Todd, Shantel VanSanten, Violett Beane, John Wesley Shipp, Patrick Sabongui, Victor Garber, Vanessa Williams, Wentworth Miller, Ciara Renée

Legends of Tomorrow – Saison 1 (2016)

Résumé : Un homme pouvant voyager à travers le temps doit assembler une équipe composée de justiciers et de criminels notoires afin d’empêcher un ennemi commun voulant détruire notre planète et le temps en lui-même.

Critique : 

En débutant la série Legends of Tomorrow, j’avais beaucoup d’appréhensions et de haine justifiée par le fait que le concept de la série emprunte les meilleurs personnages secondaires de ses séries aînées, Arrow et The Flash. Et s’il est vrai que la série ait affecté de façon négative ses sœurs, il reste que Legends of Tomorrow parvient à faire démentir ses plus viles détracteurs en offrant un divertissement de qualité. Certes, nous sommes loin de la série du siècle, mais Legends of Tomorrow se révèle être le digne successeur de la série culte Firefly

En l’année 2166, Vandal Savage a conquis avec succès l’entièreté de la civilisation terrestre. Dans un effort de sauver l’humanité et sa famille, Rip Hunter voyage dans le temps, jusqu’à l’année 2016 pour assembler une équipe de gens surdoués, composée de Ray Palmer, Sara Lance, Jax Jackson, Martin Stein, Mick Rory, Leonard Snart, Carter Hall et de Kendra Saunders, afin d’empêcher la montée de pouvoir du tyran immortel. Hunter mènera ces hommes et ces femmes dans plusieurs époques afin de démanteler chaque partie du plan machiavélique de Savage, tout en étant poursuivi par Chronos, un chasseur de primes envoyé par une autorité suprême ne désirant pas que la ligne temporelle ne soit modifiée…

Si Legends of Tomorrow a plusieurs défauts, nous ne pouvons pas dire qu’elle manque d’ambition avec une intrigue voguant à travers les lignes temporelles avec une galerie de personnages dignes d’un clone de Firefly. Il faut dire que cette série prend de plein front son thème du voyage temporel pour créer une intrigue assez passionnante où une équipe de rejets tente d’arrêter un ennemi immortel. Sur papier, ce concept est plutôt alléchant surtout que cela apporte une grande touche d’originalité dans le divertissement super-héroïque.

Malheureusement, Legends of Tomorrow a quelques défauts assez importants au niveau de son écriture. Nous pouvons passer outre sur le fait que la série est incapable de se décider sur la théorie des voyages temporels qu’elle emprunte; Back to the Future ou Terminator. Car, une erreur comme celle-ci peut s’expliquer par l’expérience et l’innocence relative de ce programme télévisuel. Néanmoins, la série a malheureusement d’énormes problèmes comme le fait qu’elle semble incapable de générer son intrigues ou ses personnages. En jonglant avec un «astronaute temporel», une assassin, un génie, un lance-flamme humain, deux criminels et un duo d’amoureux immortels, la série s’entête à les mettre dans des situations assez communes et anodines, au-travers d’une situation grandiose. Si nous prenons l’exemple de Hawkgirl, elle passe la moitié de la série à parler de son passé de serveuse dans un café et le reste du temps, elle vit une espèce de triangle romantique avec l’amour de sa vie immortelle et le premier venu, au lieu de se battre contre l’homme qui l’a tué des dizaines de fois par le passé. Pire encore, en observant le héros qu’est Firestorm, nous sommes forcés de constater que la série fait pour éviter de mettre les deux moitiés de ce héros, composé de Jackson et du docteur Stein, dans la même pièce, que dire dans la même scène. Il faut dire que d’éviter de mettre une torche humaine à l’écran a sûrement permis à la chaîne télévisée de sauver bien des sous et de créer artificiellement de nombreux périls inutiles.

L’autre gros problème de Legends of Tomorrow, c’est qu’elle ne prend jamais le temps d’exploiter correctement son intrigue. La série vogue constamment entre des épisodes simples où l’intrigue concernant la traque de Vandal Savage se conclut en 40 minutes, et des doubles / triples épisodes. Le hic, c’est que la série a la fâcheuse habitude d’utiliser des histoires peu intéressantes (Comme celle où Vandal Savage s’amusait à créer génétiquement des hommes-oiseaux…) pour ses «intrigues longues» et des intrigues passionnantes et trop courtes pour ses épopées d’une soirée (Comme le possible assassinat d’un enfant qui pourrait sauver l’humanité…). La cause de ce problème est assez simple, puisque nous avons ici une série télévisée dont le format et l’intrigue est parfaite pour le câble, mais qui est forcée d’exercer son art sur une télévision devant rendre son contenu disponible et intéressant pour la majorité du public. De ce fait même, Legends of Tomorrow se trouve coincée entre les deux pôles de la télévision américaine et elle est à de nombreuses reprises incapable de trouver sa place dans ce milieu. Plus spécifiquement, nous pouvons comparer cette série à un employé qui doit tenter de suivre les ordres de deux patrons dont les ordres sont contradictoires…

Même si nous critiquons un peu négativement la série depuis le début de cette critique, il faut dire que cette dernière a une carte cachée dans sa manche; une carte qui nous force à revenir devant notre écran de télévision semaine après semaine. Car, malgré une gestion bordélique des personnages et malgré les présences ennuyeuses de Hawkman et de Hawkgirl, les héros de cette émission sont une véritable mine d’or. Durant les seize épisodes de la saison, nous avons une panoplie d’héros et de vilains assez crédible, vivant une réelle aventure qui va réellement les affecter. Ils ne sont pas que des belles gueules vivant des drames d’adolescents à la sauce super-héroïque. La série fait beaucoup d’efforts pour les rendre humains avec une véritable évolution et une personnalité en nuances de gris. En se focalisant simplement sur le personnage de Rip Hunter, nous pouvons sentir un héros torturé par les horreurs de son passé et par la mort de sa famille, qui vivra une quête de rédemption et de salvation.

Plus étonnant les deux personnages qui semblent être à première vue inutiles, Captain Cold et Heat Wave, se révèlent être les deux véritables surprises de la série. Initialement, nous sommes amenés à penser que ces êtres seront les supports comiques de Legends of Tomorrow, mais en réalité ils seront les piliers de la série, apportant une dimension unique alors que s’entrecroisent leur camaraderie, leur compas moral et leur sauvagerie. Une sauvagerie qui n’est rien en comparaison à Vandal Savage, le seul personnage «old-school» de la série. Savage est typique des méchants stéréotypés du cinéma des années 80 et 90 avec un plan machiavélique et une attitude malheureusement mal exploitée par Legends of Tomorrow, qui manque l’occasion d’offrir une véritable montée en puissance d’un futur dictateur au cours d’une saison. À la place, Savage nous est présenté dans un fil narratif décousu et parfois confus où se trouve des moments épiques avec des scènes magiques, comme le moment mémorable où il boit le sang de l’une des légendes pour une raison que nous allons taire. Et si vous visionnez la série, vous aurez la chance de visionner d’autres moments épiques, comme le fameux épisode rendant hommage à Batman: The Dark Knight et à Batman Beyond

Sur le plan technique, Legends of Tomorrow est assez impeccable avec une réalisation globale plutôt réussie. Même que la série réussit des prouesses avec des moyens financiers restreints. Certes, il y a des moments plutôt hideux, comme une séquence où la série tente d’imiter Fast and Furious avec des voitures anciennes, mais ces derniers sont assez rares pour que cela ne nous dérange aucunement. De plus, la série a plusieurs réalisateurs de talent à sa disposition, comme Antonio Negret (Transit), Joe Dante (Gremlins)Olatunde Osunsanmi (The Fourth Kind)Rachel Talalay (Freddy’s Dead: The Final Nightmare)Steve Shill (Obsessed) et Thor Freudenthal (Percy Jackson: Sea of Monsters).

Néanmoins, le budget de la série se ressent surtout dans les effets spéciaux qui ne parviennent pas à accomplir toutes les ambitions de la série. Pour chaque moment raté (Comme une bataille entre nos héros, un chasseur de primes temporels et des avions de l’armée russe…), nous avons un moment assez sympa (L’hommage à Pacific Rim…). Heureusement, les apparitions de Firestorm sont assez géniales, tout comme les nombreux moments où le Wave Rider, vaisseau temporel de nos héros, voyage dans le temps. Par-contre, un effort supplémentaire aurait été bénéfique pour Hawkgirl et Hawkman dont les envolées et les atterrissages ne semblent aucunement être naturelles et souples.

Pour ce qui est des acteurs, Legends of Tomorrow n’est pas en reste. Dans le rôle de Rip Hunter, Arthur Darvill (Doctor Who) offre la performance la plus nuancée du casting avec un rôle en or, qui va parfaitement à l’acteur. Le reste des légendes ont également de bons moments, mais ils n’arrivent pas à la cheville de Darvill, à une exception. Car, de façon assez étonnante, la plus grande surprise de cette série se trouve chez Dominic Purcell (Prison Break) qui est tout simplement génial dans cette série. Son personnage, Heat Wave, était caricatural dans The Flash, mais ici, les nombreux revirements de situation entourant cet être parviennent à capturer toute l’étendue du talent de Purcell qui livre ici la performance de sa carrière, dans un rôle qui sera potentiellement plus mémorable que celui de Lincoln Burrows dans la série culte Prison Break. Notons également que Casper Crump (The Legend of Tarzan) fut un excellent choix de casting pour interpréter Vandal Savage. Martin Donovan (Ant-Man) et Paul Blackthorne (Arrow) ont aussi des rôles secondaires dans cette série.

Legends of Tomorrow fut une série assez difficile à critiquer dans la mesure où il fallait parler de cette dernière sans rien vous dévoiler du tout. La série n’est pas si géniale que cela, mais son scénario comporte assez de surprises et de nuances pour compenser les énormes erreurs de son texte et pour nous maintenir sur le bout de notre siège. Que ce soit en jouant aux cowboys ou en affrontant un robot géant, Legends of Tomorrow offre un divertissement décomplexé que ne peut que s’améliorer pour sa deuxième saison qui mettra également en vedette la Justice League et la League of Doom…


Créateur : Phil Klemmer, Greg Berlanti, Marc Guggenheim, Andrew Kreisberg

Diffusée sur : CW

Avec : Victor Garber, Brandon Routh, Arthur Darvill, Franz Drameh, Dominic Purcell, Caity Lotz, Amy Pemberton, Ciara Renée, Wentworth Miller, Casper Crump, Falk Hentschel, Martin Donovan, Alex Duncan, Paul Blackthorne, Kiefer O’Reilly

Cyborg X (2016)

Résumé : Après que X-Corp, un fabriquant d’armes radicales, est sous l’emprise du Cyber Virus, un groupe de survivants combat pour sauver l’humanité d’une armée de machines contrôlées par le Virus.

Critique : 

Mis à part la franchise Mythica, il est assez rare que l’on visionne et que l’on critique des longs-métrages issus du socio-financement. En fait, en excluant Mythica, seuls nos critiques de Samurai Cop 2  et de Survivor trahissent ce fait. Et bien, aujourd’hui nous avons un nouveau film financé par Kickstarter pour vous et il s’agit de Cyborg X. Et bien, après une quinzaine de mois de retard, nous avons enfin entre les mains une copie de Cyborg X; un nanar avec une histoire digne du cinéma bourrin des années 80…

En 2017, une intelligence artificielle libérée accidentellement d’une société hautement technologique parvient à prendre d’assaut la planète et à tuer 99% de sa population grâce à des cyborgs mi-humains, mi-machines et grâce à une horde de drones mortels. Un an plus tard, une poignée de résistants dans le milieu de nulle part résiste au mieux de leurs capacités à l’envahisseur, jusqu’au jour où ils tombent sur Jack Kilmore, le dirigeant de X-Corp, la société responsable de l’extermination de l’humanité. Sauvant Kilmore des griffes de ses machines, la résistance mettra au point un plan permettant de sauver l’humanité et de mettre fin à l’apocalypse!!!

Et bien, pour avoir le bon état d’esprit pour lire et apprécier cette critique, imaginez que les scénaristes de Commando, de Terminator: Salvation et d’Oblivion sont dans une orgie créative où ils tentent d’écrire le scénario de leur prochain film, tout en fumant beaucoup d’herbe. Et, nous ne parlons pas de persil ou d’herbes médicales, nous parlons bien évidemment de marijuana. Cyborg X serait probablement le long-métrage engendré par cette petite fête hollywoodienne alors que l’ensemble de son intrigue tente de fusionner les meilleurs éléments des deux films de science-fiction mentionnés ci-haut, tout en y ajoutant une quantité importante de folie bourrine, digne d’un Arnold Schwarzenegger.

Concrètement, Cyborg X n’est qu’un ramassis de séquences empruntées à des longs-métrages bien plus compétents. Pire encore, il  semblerait que K. King soit le plus grand fan de Terminator: Salvation puisqu’avec du recul, Cyborg X et ce volet de la franchise ont sensiblement le même scénario. Mais si vous pensez que cela est un signe de paresse de la part du cinéaste, attendez de voir les personnages ouvrir leur bouche et vous livrer la pire concentration de clichés de l’histoire du cinéma. Sincèrement, le scénariste / réalisateur a tout simplement assemblé les pires dialogues hollywoodiens pour tenter de faire une histoire cohérente avec ces outils. Ce qui fait que nous avons entre les mains un ramassis de «Copy that» de «Top secret shit», de «You’re taking about suicide» ou de «That’s an order!»…

Au moins, si cela ne donne pas à Cyborg X une histoire compétente ou logique, cela a au moins le mérite de divertir. En fait, il faut voir Cyborg X comme un mauvais nanar américain réalisé de façon compétente. Le film n’est qu’un prétexte à offrir des scènes d’action compétentes, en remplissant le tout avec des personnages clichés et détestables, des situations ridicules et des revirements de situation si étranges qu’ils sont la preuve vivante K. King était possiblement sous l’influence de quelques substances durant l’écriture du scénario. Si vous voulez une preuve de ce que nous avançons il nous faut simplement mentionner des séquences comme celle où un personnage se fait brutalement décapiter en deux en évitant une grenade (Oui, c’est une chute de deux mètres qui a décapité ce pauvre homme et non la grenade en elle-même…) et qu’il se réveille des heures plus tard comme si rien n’était arrivé, prêt à combattre d’autres cyborgs.

Heureusement, Cyborg X se rattrape un peu sur le plan technique. D’abord, il nous faut parler des effets spéciaux du long-métrage. Lorsque le réalisateur se concentre sur les effets pratiques, le film se débouille assez bien avec des effets plutôt crédibles et sanglants. Même qu’il parvient à rivaliser avec les hauts standards hollywoodiens grâce à des moments assez choquants. Et même les créatures cybernétiques sont assez géniales avec un design assumé rappelant grandement ceux des robots futuristes de la saga Terminator, dans une certaine mesure. Malheureusement, quand Cyborg X se décide à nous présenter des effets numériques, nous sommes face à des effets assez hideux ruinant jusqu’à un certain point le peu de magie que le long-métrage parvient à générer. Surtout que l’autre menace du long-métrage est constitué de drones volants, dont le design s’inspire d‘Oblivion. Et il est inutile de mentionner que ces derniers sont tous générés par des effets numériques hideux…

Néanmoins, K. King (Zombie Hunter) se révèle être un réalisateur plutôt compétent, capable de faire beaucoup avec un faible budget. Le réalisateur parvient à offrir une véritable valeur ajoutée à son long-métrage. Ses plans de caméra sont efficaces et dignes d’un réalisateur de plus haut calibre. Néanmoins, K. King semble avoir une obsession pour les courbes féminines, une fascination qu’il met en pratique en habillant toutes les actrices du long-métrage en petite tenue et en faisant beaucoup de gros plans sur les courbes de ses demoiselles. Si Cyborg X avait un peu de nudité, cela en ferait presque une pâle copie du cinéma du cinéaste culte Andy Sidaris

Aussi, il nous faut noter l’excellent travail de Stelios Xanthos qui offre une belle direction photographique. Xanthos parvient à donner une imagerie particulière au long-métrage, permettant ainsi au réalisateur de déployer toute la beauté des paysages de l’Utah. Christopher Doucet (Romeo & Juliet) offre également une trame sonore assez plaisante, même si à de nombreux moments nous pouvons ressentir l’influence d’Oblivion dans sa composition. Rien de très dramatique, bien que cela peu déranger à certains moments, où le plagiat est plus évidant.

Pour ce qui est des acteurs, Cyborg X est en demie-teinte. Dans le rôle titre, Eve Mauro (Mythica: The Iron Crown) est assez horrible, tandis qu’elle se contente de reproduire les mêmes expressions faciales durant 90 minutes, et ce avec le charisme d’un mollusque. Heureusement, c’est Rocky Myers (Mythica: The Darkspore) et Jake Stormoen (La franchise Mythica) qui lui donnent la réplique et les deux hommes sont excellents. Par-contre, ils prennent le contenu du long-métrage trop sérieusement, créant un décalage parfois important entre Cyborg X et ce duo d’acteurs. Adam Johnson (La franchise Mythica) et Danny Trejo (From Dusk Till Dawn) sont également présents dans des rôles de soutien. Et les deux hommes sont pleinement conscients de l’absurdité du scénario, tandis qu’ils forment un duo de personnages plus grands que nature, avec des performances hilarantes et jouissives.

Il ne faut pas douter du fait que Cyborg X est assez mauvais. Mais son scénario merdique permet de retirer une certaine forme de plaisir de ce long-métrage, même si le reste des éléments de sa production sont assez solides, surtout pour un film à petit budget (Approximativement un million de dollars…). Mais bon, fallait-t’il s’attendre à quelque chose de plus divertissant d’un film misant essentiellement sur les déserts d’Utah, sur le physique de ses actrices, sur des cyborgs armés de scies rondes et sur le talent d’acteur de Danny Trejo. Et, avec un nombre important d’acteurs de la saga Mythica présents à son générique, Cyborg X nous permet de patienter un peu entre deux volets de la populaire franchise fantastique.


Réalisation : K. King

Scénario : K. King

Avec : Eve Mauro, Rocky Myers, Jake Stormoen, Danny Trejo, Adam Johnson, Angie Papanikolas, Paul Hunt, Aubrey Reynolds, Danny James

https://vimeo.com/175463798

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