Chain of Command (2015)

Résumé : Après le meurtre de son frère, un ancien soldat nommé Webster part à la recherche des coupables, pour y découvrir une conspiration profondément ancrée dans le gouvernement des États-Unis.

Critique :

Bon Dieu… Chain of Command fut un véritable supplice à visionner. Piégé dans les méandres de la distribution internationale, le long-métrage a finalement débarqué au Canada mardi dernier. Il a fallu près de deux ans pour ce que film arrive chez nous et, en toute franchise, il aurait pu éviter de débarquer dans notre contrée sans que cela n’affecte le peuple canadien Même si, aux vues de sa bande-annonce, il était clair que Chain of Command serait un mauvais long-métrage, rien ne pouvait nous préparer à ce qui allait nous tomber à la figure.

Webster fête son retour au pays dans son jardin en compagnie de son frère, d’un collègue et d’un pirate. Son frère doit quitter la fête en toute urgence en lui racontant brièvement qu’il a des ennuis. Un peu plus tard Webster apprend que son frère est brutalement assassiné. Il décide de mener sa propre enquête, sans se douter qu’il met les pieds dans les activités d’un groupe d’anciens soldats trafiquant de la drogue. Tandis que les cadavres s’accumulent et qu’un tueur à gages se met à ses trousses, Webster découvrira l’horrible identité du meurtrier de son frère..

Ne vous laissez pas berner par notre traduction du résumé officiel de ce long-métrage ou par celui écrit par nos soins dans le paragraphe précédent. Chain of Command n’est aucunement un long-métrage intéressant. Ce n’est même pas un divertissement qu’il est possible de recommander. Pendant la première moitié du long-métrage, il est possible de se « divertir » en analysant Chain of Command comme un nanar italien et en notant toutes les tares du film. Croyez-moi, c’est faisable. C’est un petit jeu qui fut utilisé par l’auteur de ces lignes, un jeu où l’on est capable de remplir une feuille blanche de commentaires en moins de 30 minutes.

Néanmoins, après une demie-heure, ce divertissement malsain commence à peser sur nos épaules et nous commençons à voir ce film comme le plus mauvais film de l’année. Chain of Command a néanmoins quelques cartes dans sa manche. D’abord, le trio d’acteurs principaux est relativement compétent. Michael Jai White (Spawn), Max Ryan (Sex in the City 2) et Steve Austin (The Expendables) semblent être déprimés et totalement amorphes, mais ils représentent également les meilleurs éléments de Chain of Command. Michael Jai White a quelques bonnes scènes d’action et il se force réellement à rendre son personnage convainquant. Il n’y parvient pas, mais ce n’est aucunement sa faute. Et Steve Austin a un ou deux bons moments, même s’il ne se bat pas contre Michael Jai White, ce qui est terriblement dommage.

Et ensuite, dans son ensemble, le scénario de Chain of Command a un potentiel certain, un potentiel qui ne fut jamais exploité. Bien que l’histoire n’est aucunement originale, nous pouvons sentir l’influence certaine de Lethal Weapon, en reprenant quelques éléments de cette intrigue et en modifiant suffisamment les choses pour que seul un cinéphile averti puisse noter ce lien. Par-contre, c’est la seule qualité que l’on puisse trouver à ce script, l’ensemble de l’intrigue n’étant constitué que par du remplissage, pour camoufler un manque flagrant d’imprévisibilité, et par des dialogues exécrables, histoire d’effectuer encore plus de remplissage. Sérieusement, à chaque fois que les personnages ouvrent la bouche, nous avons l’impression d’écouter un paquet de clichés et de dialogues où aucun des personnages ne parlent réellement à celui qui lui donne la réplique. Dans le meilleur des cas, les dialogues de Chain of Command peuvent se résumer à ceci :

  • Personnage A : Que voulez-vous?
  • Personnage B : Je veux résoudre un problème.
  • A : Ai-je un problème?
  • B : C’est ce que je tente de résoudre.
  • A : Puis-je vous aider à résoudre ce problème?
  • B : Non, je peux résoudre ce problème toute seul.
  • A : Suis-je la source du problème?
  • B : Ça serait problématique si vous êtes le problème..

Et ce n’est aucunement une exagération puisque ceci n’était qu’une traduction grossière des dialogues d’une véritable scène entre Max Ryan et Steve Austin

Malheureusement, Chain of Command, ne peut se reposer sur son réalisateur, Kevin Carraway (7 Below), pour offrir les fondations d’un bon long-métrage. Comme mentionné au début de cet article, Chain of Command vogue allègrement entre les limites du nanar et du navet moisi. En plus du scénario qu’il a co-écrit, Kevin Carraway est responsable de la pire réalisation de l’année. Sérieusement, il est impossible de qualifier sa réalisation d’incompétente, puisque cela serait presque lui une faveur. Ses placements de caméra sont bordéliques (Les épaules des acteurs occupent parfois plus du tiers de l’écran et obstruent les scènes de conversation…), les scènes de caméra sont truffées d’éléments chaotiques, comme un acteur qui tombent sur une caméra ou un gros plan sur un tapis protégeant les genoux d’un cascadeur, et il ne dirige aucunement ses acteurs. À l’exclusion du trio d’interprètes principaux, tous les acteurs et les figurants sont horribles, avec des jeux d’acteur à la ramasse et qui, à l’occasion, ne savent pas quoi faire devant une caméra. De plus, quelques choix artistiques en lien avec le casting sont discutables, ce qui n’aide aucunement le long-métrage. Nous vous mettons même au défi de trouver un autre film où un serveur dans un bar est amputé des deux mains. Oui, car cela fut un choix créatif discutable de Kevin Carraway

Comme si ce n’était pas assez, tous les autres éléments techniques sont à la ramasse. L’éclairage de Chain of Command consiste essentiellement à un énorme projecteur placé face aux acteurs. Les décors sont pauvres et vides et l’ameublement des pièces n’a aucun sens (Une longue scène est consacrée à des techniciens vérifiant la conduite de gaz de la cuisinière de notre héros, sauf que la production n’a trouvé de mieux pour illustrer ce moment qu’une cuisinière électrique…). Les effets numériques sont horribles et les effets sonores sont encore pires. Les bruits des armes à feu sortent d’un jeu vidéo d’arcade et des sons bizarres apparaissent soudainement sans aucune raison (Comme un son strident lorsque Jai White fait une pirouette…). Et il me faut arrêter de tirer à boulets ardents sur Chain of Command en vous parlant de l’horrible trame sonore de Steve Yeaman (3 Day Test). Le compositeur a décidé de « ne pas composer » une trame sonore, en préférant utiliser une gamme sonore constituée d’une banque de sons disponibles sur YouTube. Le pire exemple de ce manque d’intérêt est un bruitage actuellement utilisé par le site américain d’IGN, durant leurs vidéos; un bruitage qu’on abuse à profusion pour créer « un moment horrifique » ou pour illustrer le héros principal qui ouvre une porte…

Même en mâchant mes mots, Chain of Command est un long-métrage horrible, médiocre et exécrable. D’aucune façon nous ne pouvons recommander ce film. Les fans de Michael Jai White seront déçus et auront de la peine pour l’acteur qui fait de son mieux pour bien paraître dans un long-métrage qu’il n’a pas envie de tourner. Et pour ceux qui oseraient regarder ce long-métrage, rappelez-vous que la réalisation ne fonctionne pas, que les acteurs sortent d’un mauvais théâtre d’été et que le scénario est ennuyeux et prévisible, à un point tel qu’il est possible de deviner toute l’intrigue du long-métrage durant la première scène…


Réalisation : Kevin Carraway

Scénario : Kevin Carraway, Lawrence Sara

Avec :  Michael Jai White, Max Ryan, Steve Austin

The Dark Knight (2008)

Résumé : Lorsque la menace connue sous le nom de Joker apporte le carnage et le chaos dans les vies des gens de Gotham City, le chevalier masqué doit affronter l’un des plus grands tests psychologiques sur son habilité à combattre l’injustice.

Critique : 

Après le succès de Batman Begins, il était évident qu’une suite allait voir le jour. Mais ce que le spectateur n’avait pas prévu, c’est que cette suite serait The Dark Knight, Un film de super-héros exemplaire qui allait rapidement devenir un classique du cinéma contemporain. Car, si Batman Begins est un film de super-héros parfait, The Dark Knight est tout simplement un long-métrage parfait…

Tandis qu’ils combattent ensemble la criminalité de Gotham City, l’inspecteur Gordon et Batman touchent enfin à leur but en mettant en place une opération d’envergure qui démantèlera toute la mafia de cette ville. Malheureusement, leur opération sera rapidement mise en danger par un individu connu sous le nom du Joker. Très rapidement ce lunatique mettra en danger toute la toute la ville de Gotham et deviendra l’ennemi numéro un de Batman…

Avec une intrigue digne du célèbre The Untouchables, The Dark Kinght réussit l’exploit de prouver qu’un film de super-héros n »est pas seulement l’histoire d »hommes en collants qui combattent des criminels ou d’autres hommes en collants. Un film de super-héros c’est aussi un drame puissant où des êtres humains tentent d’améliorer le destin de leurs congénères tout en prouvant qu’ils ne sont pas tout simplement l’image de leurs masques. Mais, ce qui fait la force de The Dark Knight, c’est qu’il n’est pas un film de super-héros, mais un film de conséquences.

Comme le mentionne Alfred durant ce long-métrage, Batman est la personne qui doit faire les choix difficiles que la ville de Gotham City ne peut pas faire par elle-même. Et ces choix ont commencé dans Batman Begins alors que Batman a libéré Gotham de l’emprise de Carmine Falcone. Cette libération a causé un déséquilibre dans la criminalité de Gotham, une situation précoce qu’utilise le Joker pour parvenir à ses fins. Car, si tout dans la vie est une question d’équilibre, tel un Yin et un Yang, le long-métrage nous prouve que pour chaque héros, il y aura un vilain à combattre et que pour assurer la liberté et la sécurité du peuple, il faudra parfois brimer leurs droits.

Et c’est sur cette carte que se repose l’entièreté du plan du Joker. Étant un électron libre dans une société stricte, un anarchiste dans un monde de conformistes, cette version du Joker est plus proche du terroriste que du super-criminel, rendant ainsi sa présence dans le récit encore plus crédible à cause du monde de terreur dans lequel nous vivons. The Dark Knight est d’abord et avant tout son spectacle tandis que le criminel nous joue avec les conséquences des gestes de nos héros, les forçant à reculer de deux pas pour chaque avancée qu’ils font. Cela se voit notamment à mi-chemin lorsque Batman est prêt à sacrifier un de ses complices pour capturer le Joker. Un acte de foi que Joker retournera assez habilement en forçant Batman à accomplir un dilemme moral encore plus ardu, en le forçant à choisir entre le sauveur de Gotham ou l’amour de sa vie.

Cela ne faut pas dire que les autres personnages sont forcés à faire de la figuration car tous, même cette pauvre Rachel, parviennent à obtenir leur moment de gloire. Tandis que Gordon devient un homme d’action et qu’Alfred joue de la sagesse avec une anecdote d’une vie antérieure, toute notre attention est tournée avec Harvey Dent, dont nous voyons la lente transformation en Two-Face. Comme le résume si bien ce personnage, soit on meurt en étant un héros, soit on vit suffisamment longtemps pour devenir un vilain. Et c’est dans cette trajectoire que se dirige le personnage d’Harvey Dent, faisant de Two-Face la véritable réussie du Joker, puisqu’il est parvenu à corrompre l’incorruptible.

Derrière la caméra, nous pouvons sentir un Christopher Nolan (Inception) plus en contrôle. Ce dernier est vraiment plus à l’aise derrière la caméra, retrouvant la franchise qu’il a démarré quelques années plus tôt. Nolan est un maître de la tension et de l’atmosphère, tel un Alfred Hitchcock. Et dans The Dark Knight, le réalisateur semble vraiment s’éclater. Chaque scène est magistrale, débordante d’émotions et de détails qui font de chaque moment de ce spectacle un peu désir. Même au niveau des scènes d’action, nous pouvons sentir une amélioration flagrante. Nolan a décidé de ne plus se focaliser sur l’aspect «ninja» de Batman pour se concentrer essentiellement sur l’atmosphère de ces moments excitants.

Cela a pour effet de rendre les séquences d’action plus fluides et plus réalistes notamment lors de la course poursuite impliquant un véhicule de police, le Joker et Batman, nous donnant le meilleure scène du long-métrage à ce niveau. Il y a quelque chose de vraiment jouissif à regarder la Batmobile s’élancer dans les airs pour sertir de garde du corps à la police et ainsi protéger un fourgon blindé d’un bazooka. Et que dire de l’excitation ressentie durant l’apparition du Batpod… Au chapitre de la musique, Hans Zimmer (The Lion King) et James Newton Howard (Michael Clayton) sont de retour et ils nous offrent une trame sonore encore plus spectaculaire, notamment grâce à une gestion accrue des silences qui rappellent grandement Heat. Coïncidence ou pas, il nous faut également noter que la première scène du long-métrage rend un vibrant hommage à ce classique de Michael Mann

Dans le rôle titre nous retrouvons Christian Bale (American Psycho) qui est doublement convainquant dans le rôle de Batman, interprétant ce rôle à la perfection. Malheureusement, sa performance sera vite éclipsée par Heath Ledger (10 Things I Hate About You) dont l’interprétation du Joker laisse sans voix. Il est grandiose, magnifique, sublime, éclipsant habilement Jack Nicholson qui avait interprété ce personnage deux décennies plus tôt. Et le fait qu’il soit mort quelques semaines avant la sortie de The Dark Knight, apporte plus de poids à sa performance qui aura mérité un Oscar posthume.

Pour sa part, Aaron Eckhart (Olympus has Fallen) est fort sympathique dans le rôle d’Harvey Dent, tout comme Maggie Gyllenhaal (White House Down), qui remplace Katie Holmes dans le rôle de Rachel, le béguin de Bruce Wayne qui est aujourd’hui en couple avec Dent. Notons également que Michael Caine (The Prestige), Gary Oldman (Air Force One), Morgan Freeman (Se7en) et Cillian Murphy (Inception) sont de retour pour la deuxième fois dans la trilogie, avec des présences très remarquées. Et il nous faut remarquer pour conclure qu’Eric Roberts (The Expendables), Michael Jai White (Spawn) et Tommy ‘Tiny’ Lister (The Fifth Element) ont des apparitions délectables dans ce film.

Comme mentionné au début de cette critique, The Dark Knight est un film parfait dont l’excellence ne sera probablement jamais égalée dans l’histoire de Batman au grand écran. Le long-métrage est un peu délice du début à la fin, élevant la trilogie de Christopher Nolan à un sommet que peu de franchises parviennent à attendre. Alors n’hésitez pas à visionner ou à revisionner ce long-métrage. Le jeu en vaut la chandelle puisque nous avons ici les plus belles aventures du chevalier de la nuit…


Réalisation : Christopher Nolan

Scénario : Jonathan Nolan, Christopher Nolan, David S. Goyer

Avec : Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart, Michael Caine, Maggie Gyllenhaal, Gary Oldman, Morgan Freeman, Monique Gabriela Curnen, Ron Dean, Cillian Murphy, Chin Han, Nestor Carbonell, Eric Roberts, Ritchie Coster, Anthony Michael Hall, Michael Jai White, Tommy ‘Tiny’ Lister

Guardians of the Galaxy Vol. 2 (2017)

Résumé : Les Gardiens doivent se battre de demeurer une famille alors qu’ils résolvent le mystère de la famille de Peter Quill…

Critique :

Si la formule Marvel recycle les mêmes thèmes et les mêmes artifices, nous avons pu remercier James Gunn en 2014 pour Guardians of the Galaxy; un film de science-fiction spatial qui tentait, enfin, de faire autre chose qu’un simple film de superhéros. Hélas, une suite fut rapidement prévue et Gunn a tenté de faire ce nouveau film avec un objectif en tête : reproduire la magie du premier film. Malheureusement, si nous avons devant les yeux un délice visuel, le scénario de Guardians of the Galaxy Vol. 2 rate totalement la cible…

Durant les années 80, un extraterrestre vit sur Terre où il tombe amoureux d’une jeune terrienne qu’il met enceinte avant de lui montrer une étrange plante. De retour en 2014, les Guardiens de la Galaxie sont engagés par une dirigeante du peuple Sovereign afin de défendre leur planète contre un monstre spatial. Après leur victoire, les Gardiens profitent de leur butin jusqu’au moment où les Sovereigns prennent d’assaut leur vaisseau. À l’aube de la mort, ils seront sauvés par Ego, un mystérieux extraterrestre qui se dit être le père de Peter Quill…

Hélas, l’introduction de ce texte n’était pas une vaine tentative pour attirer votre coup d’oeil. D’un point de vue personnel, le scénario de James Gunn est d’un manque cruel d’originalité. Le premier volet de cette franchise parvenait à créer un voyage cosmique perpétuel où nos héros voyageaient d’une planète à l’autre afin de sauver l’univers d’une menace réelle et tangible. Guardians of the Galaxy Vol. 2 décide d’aller dans un axe complètement opposé en étant un divertissement statique et vide de contenu.

Il suffit de faire une analyse sommaire de la structure narrative pour réaliser que Guardians of the Galaxy Vol. 2 ne fait que du remplissage en continu. La vaste majorité de l’intrigue se déroule sur une planète où la moitié de nos héros attendent patiemment la séquence d’action finale en ayant quelques dialogues et en s’émerveillant des beautés naturelles. L’autre moitié du groupe est coincé dans une quête annexe qui n’a aucune importance sur le dénouement final. Pire encore, l’importance la seule chose qui en découle de ces scènes mettant en vedette Rocket, Groot et Yondu est totalement ruinée par l’exécution de ces moments, alors que le choix que doit faire un personnage devient alors un choix imposé et non libre. En séparant le groupe, Gunn s’est coincé dans un vide rempli d’ennui mortel dont il ne peut se défaire que lorsque nos héros se regroupent pour la scène d’action finale, alors que le scénario semble enfin se mettre en route.

Quitte à parler des points négatifs du long-métrage, l’humour de Guardians of the Galaxy Vol. 2 ne fonctionne que très rarement. La majorité des blagues semblent forcées avec des moments de dérapages qui n’ont tout simplement pas leur place dans le contexte des scènes. Comme cette longue blague sur la taille des excréments de nos protagonistes durant une scène d’action ou cette séquence, où durant un moment chargé en émotions où le spectateur pleure à chaudes larmes, Gunn nous lance à la figure deux icônes des années 80 histoire de nous faire marrer. Cela revient un peu à comparer Gunn à cet oncle pervers qui nous livre une blague sur les seins de notre mère durant les funérailles de cette dernière. Nous pourrions presque dire que c’est par cet humour que Gunn a tenté de contourner le vide de son scénario en nous lançant ces dialogues superficiels. En comparaison, Gunn se servait de cet humour dans le premier volet de sa franchise pour avancer l’histoire et pour étoffer les personnalités de ses Gardiens.

Heureusement, Gunn réussit quelques bonnes choses dans son Guardians of the Galaxy Vol. 2. D’entrée de jeu, le générique d’ouverture est spectaculaire en étant possiblement l’un des meilleurs génériques de l’histoire d’Hollywood. Sans le spoiler, disons simplement qu’il met en évidence ce bon vieux Groot… Ensuite, le personnage de Mantis est un pur bonbon à l’écran alors que toutes ses scènes avec Drax sont les moments forts de ce long-métrage et ceux qui font réellement rires aux larmes. Sinon, le personnage d’Ego apporte un peu de fraîcheur au long-métrage, même si Gunn a des difficultés à bien utiliser le père de Quill à bon escient.

De plus, sur le plan visuel, Gunn se surpasse et excelle sur tous les niveaux en livrant l’un des plus beaux films de l’année. Le réalisateur nous offre une véritable poésie visuelle alors que chaque plan est tout simplement majestueux. De plus, le réalisateur a plusieurs trouvailles visuelles et des cartes cachées dans sa manche (comme un hommage possiblement involontaire à The Hollow Man…) qui font de ce Guardians of the Galaxy Vol. 2 un divertissement visuellement riche. De plus, il y a quelques moments de violence inhabituellement graphique pour une production de MarvelGuaridians of the Galaxy Vol. 2 ne déçoit pas sur le plan sonore avec une trame sonore aussi riche que son aîné, bien que les chansons populaires choisies semblent toucher un public plus restreint que précédemment.

Au niveau de la distribution, tous les Gardiens continuent à offrir d’excellentes performances, surtout Michael Rooker (The Walking Dead) qui a plusieurs bons moments. Kurt Russell (The Thing) livre une classe de maître en jouant Ego, avec une interprétation parfaite du personnage mythique de Marvel. Néanmoins la Québécoise Pom Klementieff (Oldboy) lui vole la vedette en jouant la compagne / assistante d’Ego avec une performance mémorable. Elizabeth Debicki (The Greak Gatsby) est malheureusement assez fade en tant que prêtresse des Sovereigns alors que l’actrice représente la seule ombre au tableau. Crédité au générique, Sylvester Stallone (Rocky) n’est malheureusement présent que pour une minute tout au plus dans un rôle très secondaire. À titre de comparaison, Guardians of the Galaxy Vol.2 regorge d’acteurs tout aussi cultes et certains, comme Ben Browder (vedette des séries de SF Farscape et Stargate SG1), passent plus de temps à l’écran sans être crédités sur l’affiche principale du film, comme ce fut le cas avec Stallone.

Guardians of the Galaxy Vol. 2 est un pur délice sur le plan visuel, alors que chaque plan est plus magnifique que celui qui le précédait. Malheureusement, son vide scénaristique, son manque d’ambition et quelques éléments écartés de cette critique, pour ne rien dévoiler de majeur, ne permettent pas d’égaler son aîné, ni même d’arriver à la cheville de la majorité des productions de Marvel. Avec un troisième chapitre en préproduction, espérons que James Gunn puisse corriger le tir avant qu’il ne soit trop tard.


Réalisation : James Gunn

Scénario : James Gunn

Avec : Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Vin Diesel, Bradley Cooper, Michael Rooker, Karen Gillan, Pom Klementieff, Kurt Russell, Elizabeth Debicki, Ben Browder, Sylvester Stallone

Sniper: Special Ops (2016)

Résumé : Une unité militaire doit retourner en terrain ennemi afin d’y secourir un tireur d’élite coincé au milieu d’un repère de terroristes.

Critique : 

La dernière fois où nous avons rédigé une critique pour un long-métrage où Steven Seagal était partiellement doublé, c’était lors de notre critique d’Attack Force, un navet de 2006 où ce bon vieux Seagal devait combattre des êtres surhumains. Et bien, Sniper: Special Ops représente une nouvelle entrée dans la carrière de l’acteur, où ce dernier est doublé à nouveau par une voix douteuse. Il faut dire que Seagal n’avait pas un rôle motivant, à la hauteur de la carrière de ce dernier, puisque l’acteur passe la majorité du temps assis sur une chaise à regarder les oiseaux qui chantent dehors…

Une unité spéciale, menée par un certain Vic Mosby, est envoyée dans un village afghan pour y extraire un politicien américain retenu en otage par les Talibans. La mission de sauvetage est un succès, mais Jake, un sniper séparé de son groupe après une fusillade, reste derrière pour aider un soldat blessé. Le sergent Vic Mosby tente désespérément de convaincre le major Jackson de le laisser retourner sur le terrain pour sauver ces hommes, mais cela lui est refusé et il est envoyé en mission pour réparer un camion ayant eu un pépin mécanique et pour récupérer des munitions vitales pour la base militaire…

Oui, Sniper: Special Ops réussit l’audace de nous surprendre en offrant un divertissement inattendu. Non pas que ce film est bon, ou agréable à visionner, mais il parvient à prendre nos attentes et à nous les renvoyer à la figure avec un produit fini étonnant, pour un acteur de la trempe de Steven Seagal. Car, habituellement, la filmographie récente de l’acteur est assez interchangeable avec une intrigue basée sur Steven Seagal qui fait le bon choix d’un dilemme moral et qui laisse la place à un acteur plus jeune pour faire tout le sale boulot, avant de revenir en force pour tuer l’antagoniste du film, dans les dernières minutes du long-métrage.

Sniper: Special Ops débute sur ce moule, avant de partir complètement dans le champ gauche où le personnage de Seagal se retrouve coincé derrière les lignes ennemies et où son équipe de sauvetage ne vient pas le secourir. Dès lors, nous assistons à un film de guerre assez étrange où nous avons une scène d’action en introduction et une scène d’action en conclusion. Entre les deux nous suivons, en parallèle, Steven Seagal, qui passe toute la durée du film assis sur une chaise à regarder une fenêtre, et le reste de l’unité, qui part dans le désert pour réparer un camion tombé en panne, au lieu de secourir le personnage de Seagal. Est-ce logique?? Pas vraiment, mais c’est de cette façon que le scénario du film parvient à étirer sa durée pour créer un long-métrage de 80 minutes. Et de façon assez étrange cette structure narrative, digne d’un mauvais épisode de NCIS, ne rend pas le film ennuyeux pour autant.

Le grand problème de Sniper: Special Ops se situe dans une mauvaise gestion des détails, tant scénaristiques que visuels. Ces derniers font du film un véritable navet, nous donnant l’impression que Fred Olen Ray est un usurpateur dépassé par les événements racontés par son propre film. D’un côté, nous avons un long-métrage nommé «Sniper: Special Ops», un film qui ne contient aucun sniper. Certes Steven Seagal y joue un tireur d’élite, mais son personnage passe la majorité des scènes d’action à tirer avec sa mitraillette le sol devant lui, au lieu de faire des gestes et des actions caractéristiques des tireurs d’élite. De l’autre côté, nous avons une présentation de l’armée ridicule (Qui refuse de sauver un homme coincé en territoire ennemi…) avec des acteurs qui sont incapables de viser, avec leurs armes, les endroits où se trouve l’ennemi (Certains figurants ne font que tirer dans les airs.) et où les personnages parlent avec un langage militaire tellement intense, que certains dialogues sont incompréhensibles. Et si l’on y ajoute les nombreuses incohérences et étrangetés (Une journaliste qui a une meilleure maîtrise des armes à feu qu’une unité spéciale de l’armée américaine, un personnage qui donne un coup de pied aux couilles d’un terroriste (Sans aucune raison valable…), un personnage qui donne une arme non-chargée à un autre personnage…), nous avons ici les fondations d’un jeu à boire digne des plus grands nanars italiens…

Avec une carrière passée dans les séries Z et dans la pornographie, Fred Olen Ray (Hollywood Chainsaw Hookers) a une maîtrise surprenante dans la création de ses plans de caméra, surtout pour un réalisateur de seconde zone, alors qu’il parvient à ne jamais gâcher les propos du film, en évitant d’utiliser une caméra branlante ou un montage agressif. Malheureusement, notre appréciation du travail d’Olen Ray s’arrête là, puisque ce dernier est incapable d’apporter un véritable rythme à l’intrigue et que les scènes d’action sont à peine plus reluisantes que celles du studio Asylum. À sa décharge, le scénario du long-métrage n’aide en rien le réalisateur, mais puisqu’Olen Ray s’est également occupé de cette facette du long-métrage, nous n’avons aucune compassion envers le travail de l’homme…

Également, la gestion du Steven Seagal est aussi un élément qui laisse à désirer, car Olen Ray est parvenu à rendre étrange chacune des apparitions du célèbre acteur. En effet, puisque Steven Seagal n’est jamais vu en compagnie des autres acteurs, Olen Ray fut obligé d’utiliser des doublures pour toutes les scènes où Seagal devait être vu avec un autre acteur du film, ou lorsque l’acteur devait faire le moindre effort physique. Et là où Fred Olen Ray s’est planté royalement, dans un élément qui est pourtant récurrent dans la filmographie de Seagal, c’est lorsque le réalisateur a eu la brillante idée de remplacer Steven Seagal, un homme mature, barbu et soufrant d’embonpoint, par un jeune cascadeur imberbe, mince et dont le physique fait de lui un sosie de Seann William Scott, le gars d’American Pie. Et même en rembourrant le costume de cette doublure, le réalisateur est incapable de camoufler ce fait qui devient involontairement drôle à la longue…

Au niveau des acteurs, ce n’est guère plus reluisant. Dans le rôle de Vic Mosby, Tim Abell (Rodeo & Juliet) est la meilleure chose de ce casting, avec un jeu d’acteur rappelant grandement un jeune Rutger Hauer. L’ancien lutteur de la WWE Rob Van Dam joue un soldat sur l’unité de Mosby, mais n’offre rien de très reluisant dans ce rôle secondaire et oubliable. Pour ce qui est de Steven Seagal (Under Siege), c’est avec peu de surprise que nous vous affirmons que l’acteur ne fait que passer, dans un caméo allongé, où les doublures de Seagal passent autant de temps devant la caméra d’Olen Ray que Seagal lui-même, qui passe la majorité du temps assis sur une chaise à regarder dans une fenêtre. Le reste de la distribution est digne des mauvaises productions de la chaîne Syfy, à l’exception de Paul Logan (The Horde), qui est présent, le temps d’une scène où il a une présence équivalente à celle d’un figurant parlé…

Special: Special Ops propose finalement un divertissement qui permet aux fans de Steven Seagal de sortir du moule empoisonnant sa filmographie récente. Malheureusement, le long-métrage de Fred Olen Ray n’est pas une réjouissance en soi… Il n’y a rien de positif qui ressort de Sniper: Special Ops, un film de guerre dont toute l’intrigue repose essentiellement sur la réparation d’un camion, coincé sur une route déserte et sur les doublures de Steven Seagal


Réalisation : Fred Olen Ray

Scénario : Fred Olen Ray

Avec : Tim Abell, Rob Van Dam, Charlene Amoia, Steven Seagal, Jason-Shane Scott, Daniel Booko, Anthony Batarse, Gerald Webb, Dale Dye, Paul Logan

Agents of S.H.I.E.L.D. – Saison 3 (2015-2016)

Résumé : Six mois après la dispersion de Terrigen dans l’atmosphère terrestre, Coulson et son équipe du S.H.I.E.L.D. tentent par tous les moyens de protéger la race humaine des êtres sur-doués menaçant la population, sans se douter qu’Hydra planifie avec minutie son nouveau plan machiavélique.

Critique : 

Attention, avant de lire cette critique, vous devez savoir que les paragraphes qui suivent vont dévoiler plusieurs détails croustillants de l’intrigue de la troisième saison de cette série télévisée en plus de dévoiler quelques éléments de la troisième saison d’Agents of S.H.I.E.L.D. (Que nous allons appeler à partir de AoS pour économiser légèrement mes touches de clavier…), des éléments couvrant en majeure partie la première moitié de cette saison. Maintenant que vous êtes avertis, parlons de la saison trois d’AoS!!

Coulson est son équipe en ont plein les bras. Tandis que les membres du S.H.I.E.L.D. ne sont plus les mêmes depuis les événements qui ont mené à la disparition de Simmons et à l’attaque sauvage et brutale de Bobbi par le renégat Grant Ward. Néanmoins ils seront trop occupés à contrôler la nouvelle vague d’Inhumains qui peuplent la tête et qui sont la cible d’un mystérieux monstre nommé Lash pour se rendre compte que Ward est à leurs trousses dans sa quête de revanche et de reconstruction d’Hydra. Néanmoins, le regroupement nazi n’est pas mort, et avec un dirigeant planétaire à sa tête, il surveille patiemment le retour le Simmons, coincée sur une planète extraterrestre en compagnie d’un mal puissant, immortel et Inhumain…

Si la saison dernière d’AoS nous avait permis de noter une amélioration notable au niveau de la qualité, la troisième saison de la populaire série américaine avait la lourde tâche de continuer sur cette lancée et de nous prouver qu’elle avait sa place dans l’échiquier télévisuel. Au premier coup d’œil, nous pouvons penser que la série échoue lamentablement à cette tâche. Après-tout, la série vogue allègrement sous les trois millions de téléspectateurs aux États-Unis (En comparaison, la série obtient des audiences similaires au Canada, un pays neuf fois plus petit en terme de population, si on compare le Canada avec les USA…), ce qui est peu pour une chaîne de télévision populaire comme ABC. Et pourtant, au même titre qu’Hannibal et Fringe, AoS est en train de devenir un classique «oublié et non-visionné» de la télévision américaine…

En effet, en se servant les Inhumains comme d’un tremplin, la série continue de peaufiner sa trame narrative forte et profite de cet élément nouveau pour introduire dans ses scénarios des thèmes nous rappelant grandement notre époque actuelle, teintée de racisme et de discrimination. Cela permet également à la série qu’acquérir une maturité qu’elle m’avait pas dans les saisons précédentes, une maturité qui lui permet enfin de ne plus être le vilain petit canard de l’univers Marvel, en cessant de suivre à la trace les films mettant en vedette les héros de ses bandes-dessinées.

Il faut dire que cette saison, AoS comptait sur une poignée d’antagonistes assez intéressants. La première moitié de saison s’est surtout concentrée sur le combat entre le retour de l’agent Ward, aujourd’hui le dirigeant de ce qui semble être Hydra, et le combat contre Gideon Malick (Powers Booth, vu précédemment dans le premier Avengers), l’homme qui est réellement la nouvelle tête dirigeante d’Hydra. Mais en parallèle, Coulson et son équipe doivent également rivaliser l’ATCU (Une agence gouvernementale créée pour traquer et contrôler les Inhumains…) et avec Lash, un mystérieux Inhumain cherchant, à première vue, à tuer tous les Inhumains de la planète. Certes cela peut semble être beaucoup de matière à traiter en dix épisodes, mais AoS est parvenue à focaliser ses efforts pour créer une intrigue dense et cohérente alors que chaque fil scénaristique est comparable aux filaments d’un tricot de laine qui s’entrecroisent pour former des mailles solides et durables.

Et pourtant, au milieu de ce condensé scénaristique, la série a tout de même le temps de prendre une pause pour développer ses personnages, notamment avec le cinquième épisode de la saison qui raconte en exclusivité le voyage de Gemma Simmons sur une planète extraterrestre peuplée par un mal terrifiant. Bien que ce ne fut pas notre épisode préféré de la saison (Loin de là…), il nous faut souligner ce moment qui est clairement un point marquant de la série, tant sur le plan visuel que sur le plan du personnage de Gemma qui vit une expérience terrifiante sur une planète désertique. D’ailleurs, la construction des personnages principaux est clairement un point fort de cette saison, un point où nous avons vu une réelle amélioration en comparaison avec les saisons passées. Pour la première fois, nous avons réellement l’impression que ce groupe de personnages constitue une véritable famille alors que leurs relations sont plus fluides et organiques que jamais. Ce qui est d’autant plus important que lorsque l’un des personnages meurt ou quitte la série (Sans spoiler, il nous faut vous dire que près de la moitié du casting principal de la série quitte durant cette saison…), nous avons immédiatement envie de pleurer à chaudes larmes, puisque les spectateurs égoïstes que nous sommes ne veulent pas que cette dynamique de groupe change…

Mais revenons à la trame narrative de la saison qui change drastique durant la seconde moitié de saison. En effet, après que nous avons vu une panoplie de vilains pour les premiers épisodes, AoS change drastiquement son fusil d’épaule avec l’arrivée de Hive durant le dixième épisode, un méchant qui deviendra l’ennemi principal pour le reste de la saison. Hive fut clairement le méchant dont cette série avait besoin pour terminer cette saison en beauté, un antagoniste qui est le plus redoutable et le plus spectaculaire de la série à ce jour (Malgré ses vêtements dignes de The Matrix…). Hive représente un ennemi qui est impossible à arrêter, un personnage qui, sur le plan théorique, est capable de contrôler tous les Inhumains de la planète en un claquement de doigts. Après-tout, Hive est un immortel que l’on peut facilement comparer à Apocalypse dans l’univers des X-Men et aux vues des avis d’X-Men: Apocalypse, Hive serait un méchant bien plus supérieur. Surtout que sa capacité à contrôler les Inhumains apportera beaucoup d’eau au moulin narratif de la série…

Techniquement, la série continue à être crédible avec des effets spéciaux forts jolis pour la télévision et avec une flopée de réalisateurs qui livrent la marchandise. Cette année, ABC est parvenue à garder un niveau constant de qualité pour toute la saison, avec plusieurs moments forts, comme lorsque certains personnages meurent. Et au niveau des scènes d’action nous avons le droit à des séquences assez impressionnantes, surtout lorsque Kevin Tancharoen (Créateur et réalisateur de Mortal Kombat: Legacy) se trouve derrière la caméra. Pour autant, c’est dans les effets sanglants que la série épate le plus car, pour une série diffusée sur une chaîne publique américaine, AoS propose des scènes qui peuvent choquer certains spectateurs du dimanche habitués à visionner des produits aseptisés comme NCIS ou CSI. Il est trop tard pour dire si la série continuera sur cette voie amorcée par le personnage de Hive, mais nous espérons que cet élément sera de retour l’année prochaine…

Au niveau du casting, les acteurs réguliers de la série épatent cette année, et par cette phrase nous pensons surtout à Iain De Caestecker qui mérite surement une nomination aux Emmy Awards ou aux Golden Globes cette année… Néanmoins, nous avons également une panoplie de nouvelles têtes qui offrent toutes d’excellentes performances. Pour un Matthew Willig (Wild Card) terrifiant en Lash, nous avons un Mark Dacascos (Drive) qui a une solide présence à l’écran ou un John Hannah (The Mummy) qui s’amuse comme un petit fou. Et au niveau des antagonistes principaux, Powers Boothe (Sin City) est parvenu à apporter une véritable profondeur à son personnage de Gideon Malick, le nouveau dirigeant d’Hydra, tout comme l’interprète mystérieux de Hive, qui ne faudrait pas divulguer son identité pour ne rien spoiler de croustillant…

En se libérant des entraves du MCU, sans pour autant renier son affiliation à cet univers, AoS est parvenue à sortir de cet engrenage indemne, plus forte que jamais. Sans blaguer, nous pouvons dire qu’AoS est aujourd’hui l’une des meilleures séries de la télévision américaine. Car si nous avons suivi la première saison par fanatisme envers Marvel et la seconde saison par dévotion récompensée, nous avons visionné par amour pour la série qui offre des moments de joie et de bonheur à chaque semaine. Vivement la quatrième saison qui débutera cet automne…


Créateurs : Maurissa Tancharoen, Jed Whedon, Joss Whedon

Diffusée sur : ABC

Avec : Clark Gregg, Ming-Na Wen, Brett Dalton, Chloe Bennet, Iain De Caestecker, Elizabeth Henstridge, Nick Blood, Adrianne Palicki, Henry Simmons, Luke Mitchell, Constance Zimmer, Juan Pablo Raba, Blair Underwood, Matthew Willig, Powers Boothe, Mark Dacascos, Natalia Cordova-Buckley, Adrian Pasdar, Axle Whitehead, John Hannah

Chinese Zodiac (2012)

Résumé : Un groupe de mercenaires est engagé pour récupérer douze artefacts représentant les signes du zodiaque…

Critique : 

kinopoisk.ru

Lorsqu’une personne décide de faire une suite à un long-métrage, près de 20 ans après la sortie du film original ou , comme dans ce cas-ci, d’un sequel, le spectateur doit se préparer à un désastre. Chinese Zodiac est la suite des deux opus Armor of God, qui sont sortis à la fin des années 80. Inutile de dire que, depuis cette époque, Jackie Chan a pris un coup de vieux.

Et c’est un élément qui se ressent pendant les deux premiers tiers de Chinese Zodiac. Durant cette partie Chan étire le temps d’exposition de ses acolytes lors des scènes d’action qui se battent à sa place ou presque. Bien sur, nous avons quelques cascades trépidantes, mais avec Chan qui occupe la casquette de 15 métiers sur le film (incluant réalisateur, scénariste, producteur et éclairagiste), nous pouvons affirmer qu’il avait d’autres chats à fouetter.

Au-moins, après un peu plus d’une heure divertissante de n’importe quoi, nous retrouvons le Jackie Chan, celui que nous avons connu lorsque nous étions jeunes. Cependant, alors que nous assistons à ce qui semble être le final du long-métrage, Chinese Zodiac se perd dans un deuxième final, atteignant le summum de l’incohérence, tout en éteignant le climax, péniblement gagné, du long-métrage.

Qu’es-ce qui cause tout ce beau merdier? Malheureusement c’est Jackie Chan. Entouré d’acteurs au jeu presque parodique, Chan tente de donner un rythme comique au long-métrage, sauf qu’il ne s’aperçoit pas que son scénario n’est pas aussi drôle qu’il en a l’air. On dirait même que le long-métrage réutilise les blagues des précédents opus de la trilogie. Entre les mauvaises blagues, des sous-intrigues horribles, des dialogues trilingues (ou quadrilingues) et des effets par-ordinateur relativement douteux, le film compense en voyageant «autour du monde» en vain. Et, n’ayant pas le recul nécessaire, Chan ne remarque rien.

Ce qui est d’autant plus dommage, car ce long-métrage aurait pu être une bonne suite, tout en permettant à l’acteur d’avoir un autre chef d’oeuvre à son palmarès. Malheureusement ce n’est pas le cas pour un tas de raisons. Des raisons que le texte ci-haut a survolées sans plus. Au final, Chinese Zodiac est parfait pour un nostalgique de l’acteur, mais le spectateur moyen risque de s’emmerder royalement…


Directeur : Jackie Chan

Scénariste : Jackie Chan, Frankie Chan, Stanley Tong, Edward Tang

Acteur : Jackie Chan, Kwon Sang-Woo, Liao Fan, Helen Yao, Zhang Lanxin, Laura Weissbecker, Jonathan Lee, Oliver Platt

Blindspot – Saison 1 (2015-2016)

Résumé : Une femme amnésique surnommée Jane Doe est trouvée nue, et couverte d’obscurs tatouages, sur Times Square à New York. Sa découverte expose un vaste mystère qui intéresse immédiatement, qui commence à suivre les indices cachés sur le corps de la dame, tout en amenant cette dernière à découvrir sa véritable identité.

Critique : 

De toutes les nouveautés télévisuelles de la saison 2015 / 2016, Blindspot fut mon premier choix pour deux raisons évidentes. Premièrement il faut dire que le fait que cette série fut créée par Martin Gero, une des têtes pensantes de la série Stargate Atlantis (Une série culte de mon adolescence…). Et deuxièmement, Blindspot offrait, aux vues des bandes-annonces, un concept assez poussé pour une série télévisée dont le contenu s’étire sur une bonne vingtaine d’épisodes. Avec plusieurs de divertissement au compteur, il est maintenant temps de revenir en arrière et d’évaluer ce nouveau produit télévisuel…

Une femme est trouvée nue au centre-ville de New York, alors que son corps est couvert de tatouages et que sa mémoire vient d’être effacée. Sur le dos de la demoiselle, des instructions demandent aux autorités de contacter Kurt Weller, un agent de terrain du FBI. Tandis que ce dernier suivra les autres indices sur le corps de cette Jane Doe qui mèneront le FBI sur les traces de dangereux criminels méconnus des forces policières de ce monde, la jeune femme récupérera tranquillement quelques morceaux de sa mémoire et découvrira avec l’aide de Weller qu’il est fort probable qu’elle soit Taylor Shaw, une amie d’enfance de Weller qui fut supposément tuée lors d’une soirée obscure par le père de ce dernier. Néanmoins, un groupe mystérieux contacte Jane afin qu’elle se mette à espionner secrètement le FBI…

Il est assez difficile pour nous de juger d’une série comme Blindspot, car cette série déçoit grandement son spectateur dans la mesure où elle tient entre les mains un concept grandiose qui apporte enfin quelque chose de nouveau à la prémisse de base de plusieurs séries américaines où une force policière requiert les services d’une personne plus qualifiée comme, par exemple, The Mentalist, Castle ou même Dr. House. Malheureusement Blindspot a un sérieux problème, car nous pouvons vaguement comparer la série à un pilote de F1 qui gagnerait sa vie en faisant les livraisons d’une pizzeria locale.

Car, même en étant équipée d’une excellente prémisse, la série s’entête à nous servir des enquêtes policières vues et revues des dizaines de fois. Un terroriste à une bombe, des hommes kidnappent des femmes pour en faire des prostitués, un terroriste à une bombe (Encore…), des voleurs volent une bijouterie, des méchants Russes espionnent les États-Unis… Mais sur le plan fondamental, cela ne fait pas de Blindspot une mauvaise série télévisée, car si nous excluons quelques embûches en début de saison, Blindspot parvient à offrir un divertissement de qualité semaine après semaine. Car, malgré-tout, l’écriture de la série réussit à sauver du désastre Blindspot grâce aux nombreuses sous-intrigues qui supportent l’émission télévisée, en apportant l’énergie nécessaire pour captiver les audiences. Même si la série se focalise essentiellement sur Kurt Weller et Jane Doe, chaque personnage important de la série a plusieurs sous-intrigues qui permettent de donner beaucoup de nuances et de profondeur au casting de la série.

En tête d’affiche, nous avons un Weller tourmenté depuis la présumée mort de Taylor Shaw et la maladie fatale de son père, le principal suspect de la mort de Shaw. Et au fil de la série les deux êtres éprouveront lentement mais surement des sentiments envers l’autre dans ce qui deviendra très rapidement un triangle amoureux lorsque le mystérieux Oscar contacte Jane. C’est par lui que toute la réussite de la série se transporte à l’écran, car Oscar est l’homme chargé, par ceux qui ont effacé la mémoire de Jane Doe, de contacter cette dernière, et il apporte une dimension intéressante à la série car il place le personnage de Jane Doe dans un dilemme moral. Cet élément scénaristique est très important car il situe les personnages de la série dans une sorte de danger constant qui nous donne envie d’en découvrir plus sur les secrets des tatouages de Jane et de l’organisation d’Oscar. Et comme mentionné ci-haut, tous les personnages de la série sont d’une importance scénaristique cruciale qui font d’eux de véritables êtres humains et non des faire-valoir pour nos deux héros. Cela se traduit concrètement par la relation amoureuse de Reade avec la sœur de Weller, par les nombreux problèmes de jeux de Zapata, par la vie amoureuse de Patterson ou par les nombreux secrets du passé Mayfair, la chef de cette unité.

Car au centre de la série il y a un véritable mystère qui ne fait que s’épaissir grâce aux nombreuses conversations à doubles sens entre Jane et Oscar et aux mystérieuses missions qu’elle est «forcée» d’accomplir pour lui, semaine, après semaine. Certes, cela peut sembler être un procédé redondant à la longue, sauf que Blindspot gagne sur le long terme, puisque contrairement aux séries télévisées policières qui nous sert les mêmes intrigues à outrances, Blindspot joue d’originalité et gagne sur toute la ligne. Car, même en nous servant les mêmes intrigues policières que ses compétiteurs, Blindspot est la meilleure série télévisée américaine au niveau de ses sous-intrigues qui battent à plat de couture la compétition et même les intrigues principales qu’elle nous sert, semaine après semaine…

Sur le plan technique, Blindspot impressionne. Au niveau des décors et des lieux de tournage, nous pouvons sentir que nous avons entre les mains une série «riche» qui utilise pleinement New York et ses environs, qui constituent ses lieux de tournage. Ces ingrédients permettent de créer un cachet unique et un univers crédible et palpitant à Blindspot, qui se permet même à quelques reprises de tourner quelques scènes dans les endroits les plus mémorables de The Big Apple.

Ceci étant dit, il nous faut souligner que c’est sur le plan de l’action que la série performe avec un style de mise en scène très proche de Jason Bourne et des derniers James Bond. Par ce fait même nous avons le droit à des scènes d’action spectaculaires qui n’ont rien à envier aux blockbusters américains. Même que, pour un rythme de tournage accéléré, Blindspot surprend et étonne avec des longues séquences d’action à chaque épisode, qui peuvent alterner entre un combat entre Jane et des asiatiques dans un complexe d’appartements à un affrontement sur le pont d’un véritable bateau de la marine américaine, en passant par un duel à la hache dans une grange enflammée…

Au niveau du casting, la série obtient un sans fautes ou presque. Sullivan Stapleton (300: Rise of an Empire) joue à la perfection le rôle de Kurt Weller, un personnage marqué par la mort présumée de son amie d’enfance, en créant la tristesse et l’obstinance nécessaire pour rendre cet homme crédible. Sans grandes surprises, nous pouvons dire la même chose de Jaimie Alexander (Thor), celle qui interprète Jane Doe et possiblement Taylor Shaw, alors que l’actrice parvient à créer une héroïne qui n’a rien à envier aux Jason Bourne de ce monde…

Si nous élargissons le casting principal, il nous faut souligner les excellents jeux des actrices Marianne Jean-Baptiste (RoboCop), Ashley Johnson (The Last of Us) et Audrey Esparza (Black Box), qui est d’ailleurs rapidement devenu ce dernier béguin hollywoodien. En fait, nous ne pouvons que nous plaindre de Rob Brown (The Dark Knight Rises) qui joue de façon assez générique «l’Afro-Américain de service», et de Ukweli Roach (Street Dance 3D), dont Blindspot fait tout pour rendre son personnage utile en vain. Si au départ l’idée d’avoir un psychologue dans l’équipe pour épauler Jane Doe semblait être excellente, le fait qu’on ait transformé cet être en personnage principal de la série qui n’a, parfois, qu’une seule phrase de dialogue à dire par épisode, est assez ridicule. Notons également la présence du québécois François Arnaud (J’ai tué ma mère) dans le rôle du fameux Oscar, l’ancien amant de Jane Doe (De l’époque où elle avait encore sa mémoire.) dont la présence dans la vie de Jane apportera beaucoup de matière à la série…

Non Blindspot n’est pas parfaite, la paresse dans l’écriture de ses intrigues principales nous font presque grincer des dents. En attendant de voir la série évoluer sur une intrigue non-focalisée sur les criminels aléatoires renfermés sur les tatouages de Jane Doe, il nous faut nous contenter sur les séquences d’action spectaculaires et sur les sous-intrigues qui sont littéralement le point fort de Blindspot et qui sont notre principale raison pour revenir devant notre télévision à chaque semaine. Et aux vues du dernier épisode de la saison, nous avons déjà hâte de voir ce que la série nous réserve à ce niveau pour la prochaine saison…


Créateur : Martin Gero

Diffusée sur : NBC

Avec : Sullivan Stapleton, Jaimie Alexander, Rob Brown, Audrey Esparza, Ashley Johnson, Ukweli Roach, Marianne Jean-Baptiste, François Arnaud, Jordana Spiro, Jay O. Sanders, Michael Gaston, Dunn Trieste Kelly Dunn, Joe Dinicol

Superman Returns (2006)

Résumé : Superman réapparaît après une longue absence, mais il sera mis au défi par un ancien adversaire qui utilise la technologie kryptonienne pour parvenir à la domination planétaire.

Critique : 

C’est avec une certaine audace que Brian Singer repris temporairement le flambeaux de la franchise. Ses intentions étaient sincères et honorables, alors que nous pouvons sentir chez le réalisateur un véritable amour du travail de Richard Donner. Malheureusement, les fans n’ont pas vu la chose de la même façon et ils ont détesté, dans une certaine mesure, ce long-métrage. Heureusement pour Superman Returns, ce n’était pas notre cas…

Des années après une excursion spatiale à la recherche des restes de Krypton, Superman revient sur Terre et découvre que sa planète adoptive a bien changé, surtout Lois Lane qui est aujourd’hui mariée et mère de famille. Tandis qu’il doit réapprendre à vivre sa vie d’antan, Superman est loin de se douter que Lex Luthor est sorti de prison et qu’il prépare un coup d’éclat pour régner sur la Terre.

Superman Returns est le long-métrage que les fans de l’homme d’acier méritaient, mais n’est pas le long-métrage que ces fans voulaient. En débutant quelques années après les deux premiers Superman de Christopher Reeve, le long-métrage tente d’apaiser cette horde de fanatiques en colère en nous resservant essentiellement le scénario du premier Superman, sans toutefois être un remake, mais une suite à part entière. Mais le long-métrage est sorti une décennie trop tôt et n’a pas pu profiter de la vague de nostalgie actuelle qui génère des Creed, Ghostbusters (Version féminine…) et Star Wars Episode VII: The Force Awakens, des longs-métrages qui ont utilisé la même technique pour satisfaire leurs fans. Et nous sommes prêts à vous le prouver avec le paragraphe suivant qui vous dévoile légèrement l’intrigue du long-métrage…

En effet car en regardant attentivement le scénario de Superman Returns, nous sommes forcés de constater que nous sommes en train de revisionner le Superman de 1978, que ce soit avec la découverte de Superman par Martha Kent avec sa camionnette rouge, après une «chute de météorites», avec le sauvetage aérien de Lois Lane en guise de première introduction de Superman, avec la création d’une île à l’image de l’ambition de Lex Luthor ou avec l’utilisation de kryptonite par Luthor pour combattre Superman, une confrontation qui se finira par un lancer de Superman dans l’eau, une noyade et un sauvetage par un personnage féminin.

Tous ces indices nous prouvent l’amour de Bryan Singer envers l’homme d’acier, tout en apportant un niveau lecture assez unique puisque nous voyons nos personnages préférés revivre, de façon inconsciente, les mêmes événements de leur passé, et vous les voyons agir de la même façon même si les circonstances de leurs vies ont changé. Et pourtant, Superman Returns apporte quelques modifications subtiles à Superman, comme en lui conférant une humanité qui n’avait jamais eu la chance d’être exploitée auparavant. Cela se voit notamment lors de la scène où Superman tombe presque en larmes, après avoir espionné Lois Lane qui avouait une absence de sentiments amoureux envers l’homme d’acier.

Également, nous pouvons remarquer un gag récurrent assez hilarant alors que tous les chiens de Superman Returns connaissent un dénouement négatif. La première scène avec un être canin se conclue par un chien qui lèche les doigts de sa maîtresse qui vient de mourir. Et cela se continue ainsi par une scène de cannibalisme, par un chien qui perd son jouet favori et par la suggestion qu’il est très possible qu’un chien serve de BBQ alors d’une escapade malencontreuse sur une île déserte. En fait, le seul défaut du scénario de Superman Returns réside dans le personnage de Richard White que l’on tente de rendre son importance plus grande qu’elle ne l’est réellement puisque ses apparitions sont parfois un peu forcées. Les scénaristes ont surement oublié que nous sommes devant un être qu’il n’a fait son apparition qu’après le cap des 45 minutes et dont la présence n’est justifiée que par ses liens du sang.

Derrière la caméra, Brian Singer (X-Men: Days of Future Past) offre une réalisation élaborée qui alterne entre l’imagerie de Richard Donner et une mise en scène plus moderne. Singer est parvenu à créer plusieurs scènes mémorables et des images assez puissantes, comme lorsque Superman reprend une position célèbre de Jésus, voguant ainsi sur la facette divine des longs-métrages de Richard Donner. Également, Singer nous réaffirme son sens du spectacle avec des scènes d’action magistrales, qui sont minimes (Comme lors du premier Superman…) mais qui sont visuellement plus choquantes et plus intenses. Néanmoins, il est dommage que le scénario se tire un peu dans le pied en nous offrant la séquence la plus spectaculaire du film dans son premier tiers.

De plus, Brian Singer commet une erreur magistrale en sur-utilisant des effets numériques. Dans l’ensemble, Superman Returns tient toujours la route sur le plan technique, sauf pour les moments où Singer a décidé de remplacer Brandon Routh par un double numérique. Et nous ne parlons pas des scènes d’action, mais bel et bien des quelques séquences de vol où Superman passe devant la caméra de façon anodine. Lors de ces moments, nous avons clairement l’impression de visionner une cinématique de jeu vidéo, ce qui est plutôt dommage.

Sur le plan musical, John Ottman (X-Men: Days of Future Past) nous offre une nouvelle collaboration avec le réalisateur, Brian Singer. Superman Returns amalgame habilement la trame sonore d’Ottman avec celle de John Williams, et nous ne sommes pas en reste avec cette association puisque la musique d’Ottman tient facilement la route, face aux compositions légendaires de Williams, même si elle ne parvient pas à égaler cette dernière. Par-contre, il est assez étrange que la musique des premières scènes de Superman Returns semble provenir de X2, la précédente collaboration entre Ottman et Singer. Qui sait, nous pouvons peut-être y sentir une légère paresse dans la composition d’Ottman…

Dans le rôle titre, Brandon Routh (Legends of Tomorrow) fait de son mieux pour répliquer le jeu d’acteur de Christopher Reeve et il y parvient la plupart du temps. Si Routh n’a pas le talent artistique de Reeve, il parvient tout de même à laisser sa marque et à nous offrir une meilleure interprétation de Clark Kent. Passons tout de suite à l’aberration de ce casting avec Kate Bosworth (Blue Crush) qui est bien trop jeune pour interpréter Lois Lane, avec un jeu d’actrice assez passable, qui nous rappelle de façon négative celui de Margot Kidder à chacune de ses présences. Reprenant des personnages des précédents Superman, Frank Langella (The Ninth Gate), Sam Huntington (Fanboys) et Kevin Spacey (House of Cards) font tous de l’excellent boulot, spécialement Spacey qui offre un Lex Luthor extrêmement convainquant. Notons également la présence de James Marsden (X-Men), qui est assez insipide dans le rôle de Richard White, et notons aussi les présences de Noel Neill (Qui a joué Lois Lane dans les serials Superman et Atom Man vs Superman, ainsi que dans la série télévisée Adventures of Superman.) et de Jack Larson (Jimmy Olsen dans la série Adventures of Superman) dans des rôles mineurs.

Superman Returns est loin du film parfait, mais il s’approche suffisamment de la perfection pour nous offrir ce qui est possiblement le meilleur long-métrage de l’épopée cinématographique de l’homme d’acier. Bryan Singer a réussi un tour de force avec ce long-métrage, un tour de force qui est aujourd’hui boudé par les cinéphiles de ce monde. À l’image de Blade qui arriva une décennie trop tôt pour marquer le cinéma de super-héros, Superman Returns subit le même accueil hostile en arrivant bien avant le mouvement nostalgique qui pimente actuellement Hollywood. Bref, n’ayez pas peur de donner une nouvelle chance à Superman Returns et à le visionner sous un œil nouveau. Vous pourriez être surpris de la qualité cinématographique que représente Superman Returns


Réalisation : Bryan Singer

Scénario : Michael Dougherty, Dan Harris, Bryan Singer

Avec : Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey, James Marsden, Parker Posey, Frank Langella, Sam Huntington, Eva Marie Saint, Kal Penn, Noel Neill

Cold War 2 (2016)

Résumé : Tandis que Sean Lau est maintenant un commissaire de police, il apprend que sa femme est kidnappée. Sean devra demander de l’aide à son ancien rival, Waise Lee, pour sauver la vie de sa famille.

Critique :

À ma décharge, je n’ai aucunement visionné le premier Cold War. Il faut dire qu’à l’époque de sa sortie, Cold War était l’une des nombreuses victimes du manque d’intérêt des distributeurs de proposer du cinéma asiatique au peuple québécois. Heureusement, grâce à des compagnies comme Well Go USA, les plus grands succès de l’Asie sont aujourd’hui facilement disponibles au public. C’est d’ailleurs sous la gouverne de Well Go USA que Cold War 2, débarqua dans notre belle province, quelques mois après son triomphe au box-office chinois où il a obtenu plus de 100 millions de dollars au box-office.

Le commandant Lau reçoit un mystérieux appel d’un criminel masqué lui indiquant que sa femme est en danger et qu’il doit libérer Joe Lee, récemment capturé par les services de Lau, pour sauver la vie de sa douce. Lau fait venir Lee à son commissariat où il apprend qu’il aura un appel dans une dizaine de minutes afin de transporter le prisonnier en lieu sûr. Malgré les réticences du père du criminel – qui est également un collègue de travail -, Lau s’exécute sans se douter que le transport sera un échec qui résultera en une explosion dans un métro bondé de civils. Et néanmoins, cet incident n’est que le début d’une vaste machination contre le commandant Lau…

Ne croyez pas que le paragraphe précédent vous dévoile toute l’intrigue de Cold War 2, puisque ces quelques lignes ne représentaient que les premières minutes du long-métrage. Dans ce qui constitue l’un des problèmes majeurs du film, Cold War 2 nous balance à la figure l’équivalant d’un troisième acte hollywoodien sans permettre au spectateur de bien connaitre ses personnages et les enjeux de cette séquence. Cela devient ainsi assez dur pour un spectateur n’ayant aucune connaissance de Cold War de s’embarquer pleinement dans cette suite. Les cinéastes Kim-Ching Luk et Lok Man Leung, responsables du premier volet de la saga, ont bien tenté de contourner le problème avec un long résumé de Cold War durant le générique d’ouverture, mais puisque cedit générique est fort joli et distrayant; et puisque la traduction anglaise de ce résumé défile à la vitesse de l’éclair, nous sommes concrètement incapables d’entrer proprement dans l’histoire de Cold War 2.

Par la suite, les choses ne s’arrangent guère alors que le film prend une tourne étrange pour un film d’action en devenant temporairement un drame judiciaire en tenant une commission parlementaire où un avocat interprété par le légendaire Yun-Fat Chow (The Killer) tente de trouver le coupable de l’attentat terroriste du premier acte. Et encore là, nous sommes en face d’une seconde erreur monumentale pour Cold War 2, car son intrigue arrête spontanément pour une vingtaine de minutes, le temps que le personnage de Chow puisse comprendre les vraies machinations derrière l’attentat terroriste des premiers instants du long-métrage.

Par la suite, Cold War 2 parvient à reprendre du poil de la bête grâce à une séquence d’action splendide dans un tunnel où le commandant Lau doit affronter un petit groupe de criminels dans un tunnel rempli de civils. Cette séquence endiablée offre un second souffle au film. Certes, la suite de l’intrigue comprend plusieurs incohérences et drôleries (qu’il ne faut pas dévoiler pour ne pas spoiler…), mais Cold War 2 est capable de nous divertir jusqu’au générique de fin. Il est juste dommage qu’au final, l’intrigue du long-métrage lorgne plus sur l’allégorie politique que sur le divertissement policier musclé. Certes, malgré le nombre important de dialogues de cette production, les confrontations entre Lau et les employeurs de Lee demeurent des moments forts du film.

Sur le plan technique, Luk et Leung ne déçoivent pas avec une caméra axée sur le symbolisme et sur l’émotion. Cela peut sembler anodin, mais c’est dans des gestes simples que les réalisateurs triomphent. Que ce soit en symbolisant la trahison d’un personnage principal via un changement d’accessoire personnel ou en nous présentant un duel verbal électrisant entre les trois personnages principaux du film pour annoncer une nouvelle direction au récit, les deux hommes ne se trompent jamais. Tout n’est pas parfait, comme avec une abondance maladive de plans en hauteur axés sur les coins physiques des décors durant les dialogues qui démontrent une étrange fixation chez les réalisateurs. De plus, la scène d’action finale déçoit alors que les deux cinéastes semblent perdre de leur magie pour nous offrir un dernier quart d’heure assez ordinaire, en deçà du reste de Cold War 2 sur le plan visuel. Et finalement, notons que la trame musicale de Cold War 2 laisse à désirer avec une palette sonore qui n’impressionne guère et qui ennuie plus souvent qu’autrement.

Heureusement, Cold War 2 a un trio d’acteurs principaux qui livrent tous de performances incroyables. Aaron Kwok (The Stormriders) est parfait dans le rôle du commandant Lau, Tony Ka Fai Leung (Election) livre une interprétation spectaculaire et, comme mentionné plus haut, Yun-Fat Chow est excellent dans le rôle de l’avocat enquêtant sur les agissements de Lau. La seule déception de la distribution repose sur Kuo-Chu Chang qui a quelques difficultés à bien vendre l’antagoniste de Cold War 2, mais ce n’est pas entièrement de sa faute puisque le long-métrage comporte un nombre trop élevé de personnages secondaires, ce qui ne permet pas aux acteurs de second plan, dont Chang, de s’exprimer pleinement.

Avec une conclusion qui tente désespérément d’introduire la prémisse d’un éventuel Cold War 3, Cold War 2 se veut être un film de transition. Sans le premier Cold War, le film ne pourrait proprement exister et sans les bases d’un troisième volet, le film ne pourrait se conclure. Entre ces deux sections, il se cache un petit thriller politique habilement supporté par un trio d’acteurs brillants. C’est dommage puisque malgré de bonnes attentions, Cold War 2 ne peut être à la hauteur du premier chapitre sorti en 2012.


Réalisation : Lok Man Leung, Kim-Ching Luk

Scénario : Lok Man Leung, Kim-Ching Luk, Wai Lun Ng

Avec : Aaron Kwok, Tony Ka Fai Leung, Yun-Fat Chow, Kuo-Chu Chang, Charlie Yeung, Eddie Peng, Aarif Rahman, Yili Ma

Daredevil – Saison 1 (2015)

Résumé : Un avocat aveugle utilise ses autres sens surs-développés afin de combattre le crime à New York dans un costume de super-héros.

Critique : 

Peu importe les mérites de l’empire Marvel, il éprouve quelques difficultés à établir sa marque dans le monde télévisuel. Jusqu’à l’année 2015, son plus grand fleuron était toujours The Incredible Hulk, la série de 1978. Certes, Agents of S.H.I.E.L.D. fut un bon prétendant au titre, mais cette dernière n’a jamais été capable de faire un carton au niveau des audiences ou d’être constante en termes de qualité. Néanmoins, en avril 2015, Daredevil, un personnage légendaire de l’univers Marvel, débarqua sur Netflix et changea pour toujours l’univers télévisuel…

Matt Murdock, un avocat de New York, est aveugle depuis un accident de voiture impliquant des produits chimiques. Depuis, il a perdu la vue, mais il a gagné des sens surhumains qui lui permettent de pratiquer une activité nocturne hors du commun. En effet, Murdock revêt un costume masqué et combat le crime de son quartier, Hell’s Kitchen, lorsque la nuit tombe. Sauf que très rapidement ses activités nocturnes interfèrent avec celles de Wilson Fisk, un puissant criminel transformant les rues de ce quartier à son image. Le conflit sera inévitable lorsque Murdock et Fisk déclencheront une guerre mortelle dans les sombres rues de New York…

Le personnage de Daredevil n’a jamais reçu un accueil favorable auprès des cinéphiles de ce monde. Et c’est avec raison puisque le personnage mythique a rapidement sombré dans le ridicule avec le téléfilm The Trial of the Incredible Hulk, un film qui était bien pour son époque mais qui a incroyablement mal vieilli, et avec l’infâme Daredevil de 2003, un long-métrage qui fut massacré par le studio Fox (Seul le montage du réalisateur permet de rendre ce film appréciable…). Néanmoins, la plateforme Netflix a décidé de rectifier le tir plus tôt cette année en adaptant le justicier aveugle pour le petit écran.

La première saison de cette série se focalise sur les origines de ce personnage de l’écurie Marvel, alors que Matt Murdock ouvre son cabinet d’avocats et croise son premier véritable adversaire, Wilson Fisk, également connu sur le nom de Kingpin (Ou Le Caïd en V.F.) dans les comics de Marvel. Pour cette série, nous sommes toujours dans l’univers cinématographique de Marvel; les événements de cette dernière se déroulent après la destruction de New York dans le premier Avengers.

Mais attention, il ne faut pas vous attendre à voir débarquer Tony Stark, à entendre les personnages converser avec un humour gamin ou à voir plein de références aux films de Marvel. Si c’est que ce vous cherchez, tournez-vous vers Agents of S.H.I.E.L.D. ou Agent Carter. En regardant Daredevil, vous devrez vous contenter d’un réalisme poignant, tant dans le ton que dans l’humour, et d’une démarcation marquée avec les membres des Avengers, afin d’adapter le tout pour le public de Netflix. Et pourtant, c’est grâce à Netflix que cette série est si brillante (Oui, Daredevil est un chef-d’œuvre…).

En effet, les scénaristes ont bénéficié de la liberté qu’offrait ce réseau pour raconter une épopée sur treize épisodes d’une durée variable, sans des signes de censure ou de coupure (Les pauses publicitaires…). Si les scénaristes ont envie de décapiter un personnage avec une portière de voiture, ils ne vont pas se gêner et ils vont nous montrer tout le sang qui en découle. Et pourtant, la plus grande liberté provient du fait Daredevil n’est pas obligé de suivre une structure en trois actes à chaque épisode, créant même l’illusion que nous regardons un film qui dure une bonne dizaine d’heures.

La série aborde plusieurs thèmes dans les événements qui façonneront la légende de Daredevil. L’un de ses thèmes se concentre sur le fait que rien n’est blanc ou noir dans la vie, tout n’est composé que de nuances de gris. La plus grosse nuance se retrouve dans Wilson Fisk, un méchant qui dont les plans comportent une certaine logique qui nous force à respecter son point de vue sur la ville de New York malgré toute la folie de ce personnage. Même qu’à certains moments, nous avons envie de le prendre dans nos bras pour le réconforter dans ses difficultés pour s’exprimer correctement et nous assistons avec une certaine émotion et une certaine frénésie à sa relation de couple avec une certaine marchande d’art.

Les héros ne sont pas en reste alors que Matt Murdock est un personnage complexé qui lutte à trouver la définition de la justice qu’il veut prodiguer la nuit, et à trouver ses limites tant sur le plan mental et psychologique. D’ailleurs, chaque épisode ne se gêne pas à ouvrir les plaies de ce combat intestin avec des scènes de dialogue sublimes entre Murdock / Daredevil et les autres personnages de la série (Mention spéciale à la première confrontation verbale entre Daredevil et Wilson Fisk…). Même le quatuor de personnages secondaires (Foggy Nelson, Karen Page, Claire Temple et Ben Ulrich.) n’est pas en reste avec des intrigues toutes aussi importantes que celles de notre héros, alors que leurs vies sont chambardées par le bulldozer que représente Wilson Fisk.

Daredevil brille également par son niveau technique. Malgré des moyens limités (La série comporte trois épisodes de type «huis-clos» (Définition en bas de page.) pour une saison de treize épisodes…), la série ne semble jamais fauchée, offrant même des prouesses techniques dignes du grand écran. Si nous sommes attentifs, nous pouvons même être témoins de quelques moments techniquement géniaux. Par-exemple, nous pouvons citer une scène d’interrogatoire où les lunettes de Matt Murdock permettent au spectateur de suivre cette conversation en regardant les visages des différents personnages avec un seul plan.

Même les combats de cette série sont géniaux, avec une maîtrise technique montrant que chaque personnage bouge et respire comme un ninja et avec une violence viscérale jamais atteinte dans les adaptations de super-héros destinés au grand public. Certaines scènes vous forceront même à détourner de l’œil, selon votre sensibilité. Pour notre part, ce fut le combat entre Daredevil et Nobu, un gangster de haut-niveau spécialisé dans la faucille, un outil d’agriculture pouvant se transformer en une arme mortelle sous de mauvaises intentions. La musique joue également un facteur déterminant dans cette expérience viscérale, avec une trame sonore poignante sous la gouverne de John Paesano (La franchise Maze Runner), qui livre ici le meilleur travaille de sa carrière. Sa trame sonore parvient à se glisser dans votre esprit tel un ninja sonore qui vous force à ressentir de nombreuses émotions supportant les propos tenus par cette série.

Dans le rôle titre, Charlie Cox (Stardust) offre une performance irréprochable. Il est Daredevil, de la première minute à la dernière minute de cette saison. Chaque geste, chaque parole sortant de sa bouche nous prouvent qu’il était l’acteur destiné à jouer ce rôle. Même chose pour Elden Henson (Deja Vu) qui interprète Foggy Nelson de façon très touchante, honnête et personnelle, à l’image de son personnage. En fait, nous pouvons dire la même chose du reste du casting, que ce soit Deborah Ann Woll (True Blood)Toby Leonard Moore (John Wick)Vondie Curtis-Hall (Die Hard 2)Bob Gunton (The Shawshank Redemption) ou Ayelet Zurer (Angels & Demons). Et il ne faudrait pas oublier Vincent D’Onofrio (Law & Order: Criminal Intent), un acteur légèrement oublié par la machine hollywoodienne qui offre ici la meilleure performance de sa carrière, en comprenant avec beaucoup de subtilité les forces et les faiblesses de Wilson Fisk.

En réalité, les défauts de cette série sont si minimes qu’ils paraissent anodins. Puisque cette série débarque après Arrow, la comparaison entre les deux séries sont inévitables, surtout que Daredevil emprunte plusieurs éléments à cette dernière, même si comparer les deux serait un sacrilège monumental, un peu comme si nous voulions comparer les Beatles avec Maroon 5, deux célèbres groupes de rock populaire (Daredevil étant les Beatles dans cet exemple…). Et plus, par choix artistique et afin de l’angle cinématographique de cette oeuvre, tous les épisodes sont réalisés selon le même moule, retirant la personnalité des réalisateurs derrières la caméra, alors qu’en comparaison, des séries comme Agents of S.H.I.E.L.D. ou Arrow tirent à profit les forces et les faiblesses de ces hommes / femmes dans la création du pot-pourri d’épisodes qui composent chacune de leurs saisons.

Daredevil est décidément l’une des meilleures séries de l’année, un titre qu’elle risque fortement de remporter. Cette série mérite à seule l’abonnement à la plateforme Netflix, mérite à elle seule votre adhésion à l’univers cinématographique de Marvel et mérite votre pardon envers les adaptions ratées de ce personnage de l’écurie Marvel, des adaptions qui auront contribué indirectement à ce prodige de la télévision contemporaine.

Note : A+


Créateur : Drew Goddard

Diffusée sur : Netflix

Avec : Charlie Cox, Deborah Ann Woll, Elden Henson, Rosario Dawson, Vincent D’Onofrio, Ayelet Zurer, Bob Gunton, Toby Leonard Moore, Vondie Curtis-Hall, Scott Glenn

N.B. : Un «huis-clos» est un épisode où l’intrigue se concentre en un seul lieu afin de minimiser son coût de production et de rediriger l’argent non-utilisé vers des épisodes plus coûteux.

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