Dawn of the Planet of the Apes (2014)

Résumé : Dix années après Rise of the Planet of the Apes, alors que le virus a décimé la quasi-totalité de la population, les singes menés par Caesar (Andy Serkis, The Lord of the Rings: The Return of the King ) vivent paisible dans la forêt, à l’écart des humains…

Critique : 

Sérieusement, l’Académie des Oscars doit donner un prix à Andy Serkis. Il parvient à interpréter Caesar avec une telle finesse que dans Dawn of the Planet of the Apes, ce n’est pas les effets par ordinateurs que nous voyons lorsque nous regardons le singe, nous voyons l’homme derrière le «masque»!!! Et je dis que s’il n’obtient pas un trophée, tous les cinéphiles de la Terre devraient contribuer à la fabrication d’un Oscar pour l’acteur…

Maintenant, après tant d’éloges, parlons du film qui est un véritable succès du début à la fin. Aidé par un scénario bien conçu, Matt Reeves (Cloverfield) parvient à nous offrir un long-métrage envoûtant. Après-tout la véritable force du texte est de parvenir à générer un film d’action, qui dans ces racines profondes est tout ce qu’il y a de plus commun et basique, mais grâce à ces personnages travaillés, à des détours scénaristiques rafraîchissants, est riche, bouleversant, passionnant et parfois même, émouvant.

Les fans de scènes d’action, seront comblés puisque Reeves comprend comment filmer des batailles, comme l’a démontré un magnifique plan où la caméra est posée sur la tête rotative d’un tank pendant que Koba (Toby Kebbell, Wrath of the Titans) attaque les occupants de l’engin. Néanmoins, je dois admettre que mon moment préféré fut lorsque Jason Clarke (Zero Dark Thirty) est au beau milieu de l’affrontement, dans un immeuble, mais qu’au lieu de voir les combats, Reeves centre la scène sur le personnage qui cache dans les couloirs, alors que l’enfer se déchaîne autour de lui…

Aussi, il me faut souligner la magnifique trame sonore de Michael Giacchino, qui par-moments, m’a rappelé celle de Jurassic Park (Fait cocasse, l’homme fera en effet la trame sonore du futur Jurassic World). Mais bon, je pourrais continuer à énumérer les qualités pendant plusieurs paragraphes, mais je préfère vous laissez découvrir le film vous-mêmes, mais il me faut mentionner qu’il y a aussi quelques défauts à ce film comme des personnages qui disparaissent ou qui sont peu utiles ou le final qui force un peu trop la note en voulant établir les propos du prochain opus. Le précédent fait aussi la même chose, mais de façon beaucoup plus subtile.

Mais peu importe ces défauts, Dawn of the Planet of the Apes est un excellent divertissement, le meilleur de l’été à ce jour. Et si vous n’êtes pas d’accord, blâmez Koba, après-tout c’est (en partie) de sa faute que la quasi-totalité de la totalité de la population entre les deux opus…


Directeur : Matt Reeves

Scénariste : Mark Bomback, Rick Jaffa, Amanda Silver

Acteur : Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman, Keri Russell, Toby Kebbell, Kodi Smit-McPhee

Jessica Jones – Saison 1 (2015)

Résumé : Jessica Jones, souffrant de stress post-traumatique suite à une confrontation avec l’Homme Pourpre, a remisé son costume de super-héroïne au placard afin d’ouvrir une agence de détective dans le but d’aider certaines âmes solitaires à New York.

Critique : 

Après son entrée en force dans le monde de Marvel, Netflix tente de continuer sur sa lancée avec Jessica Jones, une nouvelle série télévisée inspirée d’un personnage secondaire de l’univers Marvel afin de bâtir les fondations de ce qui sera The Defenders. Mais cette fois-ci, nous n’avons pas un affrontement entre un justicier masqué et une puissante machination criminelle. À la place, nous avons duel intellectuel entre une femme surhumaine et un homme pouvant contrôler d’autres personnes par la pensée. Pari réussi pour Netflix??

Des années après avoir tenté en vain de jouer les héroïnes, Jessica Jones vit maintenant dans la solitude et dans l’alcoolisme jusqu’au jour où une enquête banale la force à affronter un démon du passé. Ce démon se nomme Killgrave, un homme maléfique pouvant contrôler les esprits et qui a déjà contrôlé celui de Jessica par le passé…

Contrairement aux adaptations de Supergirl, comme l’adaptation télévisuelle qui a connu quelques difficultés de ton lors de ses premiers épisodes, Jessica Jones nous prouve qu’il est possible de faire une adaptation crédible d’une super-héroïne. Et la série enfonce le clou de cette réussite en touchant plusieurs thèmes qu’aucune adaptation n’oserait toucher de près ou de loin. Avec des thèmes comme l’inceste, le viol ou l’abus psychologique, la série nous offre ce qu’il y a de plus sombre dans l’univers des bandes dessinés pour jeunes adultes, toute maison d’édition confondue. La série est également la preuve que noirceur ne signifie pas nécessairement lourdeur ou ennui. Au contraire, dès que l’on débute Jessica Jones, nous avons envie d’une seule chose; de dévorer la saison d’une seul coup.

Néanmoins, un obstacle de taille se dresse devant nous, puisque dans les premiers épisodes nous pouvons sentir une certaine dispersion alors que les scénaristes de la série semblent hésiter sur le fait de se concentrer exclusivement ou pas sur Killgrave. Heureusement, après le premier tiers de la saison, Jessica Jones fait le bon choix et se focalise sur Killgrave, qui est possiblement le plus grand antagoniste de l’histoire de Marvel (Dans ses adaptations télévisuelles ou cinématographiques…). Grâce au format télévisuel qui permet d’explorer en détail ce personnage, la série nous offre une méchant qui allie à la perfection la simplicité et la complexité du mal, une notion assez élémentaire que plusieurs scénaristes ratent complètement. Ici, c’est différent puisque Jessica Jones prend le temps de définir ce personnage à n’oubliant aucuns détails de sa personnalité, créant également par la même occasion un antagoniste étonnamment réaliste. Il est rare de pouvoir constater dans une adaptation de super-héros des personnages ou des situations que le commun des mortels peuvent vivre. Jessica Jones remédie à cette situation avec la relation entre Killgrave et Jessica qui est tout à fait plausible dans notre réalité et qui pourrait refléter la vie personnelle de certains membres de votre entourage.

Par-contre, malgré la perfection créative de Jessica et de Killgrave,  la série a deux personnages qui sont terriblement ennuyeux et nocifs. Ils sont le genre de personnages qui nous forcent à changer de chaîne de télévision à chaque fois qu’ils apparaissent à l’écran. Ceux qui ont vu cette série risquent de savoir de qui nous voulons parler; la voisine ennuyeuse et paranoïaque de Jessica et le copain de Trisk Walker, la seule amie proche de Jessica. La raison de la présence de ce dernier provient peut-être au fait que la créatrice Melissa Rosenberg ait écrit toutes les adaptations cinématographiques de Twilight, après-tout, c’est un «beau gosse» aux abdominaux d’enfer destiné à une belle blonde en manque d’affection. En tant que personnage secondaire, ce dernier ne dérange aucunement et est plutôt sympathique, mais lorsque la série commence à lui donner de l’importance et à le transformer subtilement en «Rambo», nous sommes en droit de nous demander d’où cela peut provenir et en quoi c’est utile à la série. Nous n’irons pas plus loin dans la description cette sous-intrigue, pour ne pas spoiler, mais sachez qu’elle risque malheureusement de se poursuivre dans la deuxième saison de la série…

Parlant du «monsieur muscle» de la série, concentrons-nous sur les scènes d’action. Comme vaguement mentionné plus haut, nous sommes dans un divertissement plus intellectuel avec une intrigue se concentrant sur l’investigation de Jessica Jones plutôt que sur les scènes de combat. Par-contre, cela ne veut pas dire que ces scènes sont bâclées puisque la série préfère se concentrer sur la violence graphique. Clairement cela signifie qu’au lieu d’assister à une panoplie de scènes d’action assez brutales, nous sommes devant quelques moments d’action à gauche et à droite qui pourraient choquer les spectateurs les plus sensibles par leur violence non censurée et parfois extrême. À titre d’exemple, nous pouvons dire que l’un des points forts de la série en termes de violence graphique provient d’une scène assez intense où l’un des personnages récurrents a une envie intense de (Et est obligé de…) donner mille coups de couteaux à un autre personnage par le fameux Killgrave.

Techniquement parlant, la série n’est pas en reste en optant pour la même stratégie que Daredevil sa série sœur, en utilisant une réalisation léchée, mais pratiquement identique d’épisode en épisode, malgré la dizaine de réalisateurs qui ont participé à ce projet. Si ce manque d’originalité ne posait aucun problème dans Daredevil, c’est tout le contraire ici puisque chaque réalisateur peine à supporter les faiblesses des scénarios des premiers épisodes, et c’est surtout parce qu’ils semblent coincés par le moule visuel que semble imposer la série à ses artisans. Néanmoins, cela n’empêche par les réalisateurs de nous éblouir avec quelques scènes franchement géniales. De plus, nous devons féliciter Manuel Billeter, le directeur de la photographie, qui aide adéquatement la réalisation en mettant en valeur l’urbanisme et la modernité de New York tout en supportant les délires de quelques personnages. Par-contre, il est dommage que la musique de Sean Callery (24) qui s’est grandement inspiré des films noirs, nous remémore parfois les films érotiques de la jeunesse de plusieurs québécois (Bleu Nuit). Même si sa trame sonore fonctionne parfaitement avec le ton de la série, il est juste drôle et étrange que quelques-unes de ses notes musicales aient un double sens au Québec…

Au niveau des acteurs, il n’y a rien à redire. Ils sont tous parfaits. Krysten Ritter (Confessions of a Shopaholic) est géniale en Jessica Jones, tout comme David Tennant (Doctor Who) en Killgrave, même que ces deux acteurs pourraient peut-être se mériter des prix d’interprétations aux prochains Emmy Awards, les Oscars de la télévision américaine. Et il ne faudrait pas oublier de mentionner les Rachael Taylor (Transformers)Eka Darville (Power Rangers R.P.M.)Carrie-Anne Moss (The Matrix)Wil Traval (Primal) et Mike Colter (The Good Wife) qui interprètent avec brio une partie du casting secondaire de la série.

Si elle n’égale pas l’excellence de Daredevil, Jessica Jones parvient néanmoins à nous offrir un divertissement audacieux et grandement divertissant. Malgré quelques défauts assez marquants, la série ne tombe jamais dans la facilité ou dans un ton «rose bonbon» digne des séries télévisuelles mettant en vedette des personnages centraux féminins. Cette série est assurément une recommandation et un excellent amuse-gueule en attendant la série The Defenders qui réunira Jessica Jones, Daredevil et Luke Cage!


Créateur : Melissa Rosenberg

Diffusée sur : Netflix

Avec : Krysten Ritter, Rachael Taylor, Eka Darville, David Tennant, Carrie-Anne Moss, Wil Traval, Susie Abromeit, Mike Colter, Erin Moriarty, Robin Weigert

Superman III (1983)

Résumé : De la kryptonite synthétique fabriquée avec du tabac divise Superman en deux : le gentil Clark Kent et le méchant home d’acier.

Critique : 

Après le produit mitigé que fut Superman II, les producteurs de la franchise décidèrent que Richard Lester était l’homme de la situation, qu’il était la personne idéale pour reprendre les reines de la franchise. Il y découla un Superman III qui fut fusillé par de nombreux spectateurs, notamment à cause de la présence de Richard Pryor, un célèbre comique américain, que le long-métrage tente d’imposer en tant que vedette principale du film. Des années plus tard, nous revenons sur cet échec avec beaucoup de recul…

Ross Webster, un riche homme d’affaires, découvre les talents cachés de Gus Gorman, un chômeur ratoureux que sa compagnie vient d’engager pour ses talents en informatique, et décide d’exploiter les talents de cet homme. Ceci a un seul objectif : le contrôle économique de la Terre. Mais lorsque l’homme d’acier interfère avec les plans de Webster, il tente de trouver une façon de se débarrasser de Superman. Avec l’aide d’une kryptonite développée par Gus, Webster parvient à transformer Superman en un être maléfique. Pour résister à ce minéral, l’homme d’acier doit se séparer en deux, laissant place à une ultime bataille entre Clark Kent et Superman!

Dès le début de Superman III, nous savons que nous allons assister à un échec. Le générique d’ouverture du long-métrage nous lance cette notice en proposant une véritable orgie de la carte maîtresse de Richard Lester, le réalisateur du film. Cette carte repose sur l’utilisation d’un humour bien gras à un point tel que cela nous perturbe. Cette carte amène Superman III à un point de non-retour où le long-métrage tente désespérément de raconter quelque chose de cohérent mais n’y parvient jamais à cause de l’humour, principalement généré par Richard Pryor. Et le plus navrant dans cette histoire, c’est que Gus Gorman, le personnage de Pryor, est le personnage principal du long-métrage, transportant l’homme d’acier au rôle de sous-fifre de son propre film.

Et pourtant, toute l’intrigue entourant Superman est grandement supérieure à tout ce que l’on a vu dans cette franchise à ce jour. Le scénario parvient enfin à démontrer que le super-héros est capable de vivre des aventures pendant l’entièreté du long-métrage, ce qui n’était pas le cas par le passé, alors que nous devions attendre une bonne moitié de film afin que l’histoire se mette enfin en branle. Et, si nous sommes attentifs, nous pourrons même noter que plusieurs éléments du scénario, comme la scène où Gorman donne la fausse kryptonite à Superman ou comme l’humour bon enfant de Lester, sont inspirées par les serials sur l’homme d’acier diffusés dans les années 40.

Également, Superman III a eu la bonne idée d’écarter Lois Lane de la vie de Clark Kent, permettant enfin à ce dernier de respirer un peu et de vivre sa vie, notamment en retournant à Smallville, patelin de son enfance. Et entre vous et moi, la romance entre Clark Kent et Lana Lang est bien plus crédible et réaliste que la prétendue relation entre Clark Kent et Lois Lane. Les scènes entre Kent et Lang ne sont pas inintéressantes et représentent même les seuls moments du scénario où l’humour fonctionne (Il n’y a à penser qu’à la scène où Kent mange la nourriture du chien…).

Derrière la caméra, Richard Lester continue à offrir une réalisation honnête avec des bons et des mauvais moments. D’un côté nous avons un générique d’ouverture pénible à regarder, où Lester tente d’imiter les trois Stooges, mais de l’autre nous avons une sublime confrontation entre Clark Kent et Superman. Le réalisateur, plus à l’aise dans la comédie, ne parvient pas à rendre ce genre crédible dans le contexte du scénario. Dans les moments plus sérieux du long-métrage, nous pouvons sentir une légère gêne dans la caméra de Lester, comme s’il ne parvenait pas à maîtriser totalement cet aspect de Superman III. À cause de cela, des moments, comme lorsque Superman devient méchant à cause de la kryptonite synthétique, tombe rapidement dans la parodie, sans pour autant sombrer dans l’humour.

Il faut dire que sur le plan technique, Lester est rapidement abandonné par les effets-spéciaux du long-métrage, qui semblent inférieurs à ce qui a déjà été vu par le passé, comme s’il y avait du laisser-aller à ce niveau. En fait, l’aspect le plus innovant de Superman III, en dehors de son combat entre Superman et Clark Kent, réside dans une courte séquence réalisée par Atari dans la séquence où le méchant du film tente d’abattre l’homme d’acier avec des fusées. Sur le plan musical, Ken Thorne (The Ritz) est de retour et il continue à faire de bonnes compositions sans plus, car peu importe les bonnes volontés de Thorne, sa musique ne parvient pas à égaler le travail de John Williams.

Dans le rôle titre, nous avons une performance mitigée de Christopher Reeve (The Remains of the Day) qui semble s’ennuyer par moments, mais qui semble réellement s’éclater lors des séquences à Smallville et lors des séquences où Superman devient méchant. Richard Pryor (Blazing Saddles) a également une performance mitigée, puisque le scénario du long-métrage ne permet pas à Pryor d’exprimer l’étendue de son talent humoristique. Pour leurs parts, Annette O’Toole (Smallville) est adorable dans le rôle de Lara Lang, tandis que Robert Vaughn (Bullitt) semble être sur le pilote automatique. Notons finalement que Jackie Cooper (The Champ), Marc McClure (Back to the Future) et Margot Kidder (Black Christmas) sont de retour, même s’ils sont rapidement abandonnés par le scénario du film.

Superman III n’est pas la suite tout le monde espérait, à cause d’un humour qui tombe ce le long-métrage tente d’accomplir. Certes cela n’est rien en comparaison au désastre que sera Superman IV: The Quest for Peace, mais quand même; nous sommes en droit d’espérer mieux d’une adaptation cinématographique mettant en vedette l’homme d’acier. Les fans de la bande-dessinée seront déçus par Superman III et les adeptes de comédie n’auront rien à se mettre sous la dent. Alors au final, que reste-t’il pour les spectateurs qui souhaitent découvrir Superman III


Réalisation : Richard Lester

Scénario : David Newman, Leslie Newman

Avec : Christopher Reeve, Richard Pryor, Jackie Cooper, Marc McClure, Annette O’Toole, Annie Ross, Pamela Stephenson, Robert Vaughn, Margot Kidder, Gavan O’Herlihy

Mythica: The Godslayer (2016)

Résumé : Tandis que la légion de zombies du roi liche ravage le monde, Marek, une sorcière maudite, embarque dans une quête pour obtenir une arme des dieux, avec l’aide de Dagen, un demi-elfe. Mais lorsqu’elle rejoint son ennemi juré dans un geste désespéré pour sauver le monde, elle doit retrouver la bonté en elle avant que ses amis soient tous morts et afin de tuer le roi liche avant que les Dieux ne soient détruits et que le monde soit réduit en esclavage.

Critique :

Ayant écrit des centaines de critiques sur de nombreux sites, j’ai souvent été confronté à des textes difficiles à rédiger. Et bien, Mythica: The Godslayer fut possiblement l’article le plus ardu à concevoir pour la simple raison que mon visionnement du film fut tout aussi, sinon plus, pénible que l’écriture de la critique dudit film. Mais avant de tirer à canons chargés sur Mythica: The Godslayer, je dois tout de même apporter une nuance : Je suis un grand amateur de la saga Mythica. Vous pouvez même relire mes avis des quatre précédents volets, où vous pourriez constater que les trois premiers chapitres de Mythica sont de solides divertissements. Certes, Mythica 4 fut une grande déception, dans la mesure où l’intégralité de son scénario reposait sur une mini-fourgonnette «camouflée» en «char médiéval» dans un univers soudainement steampunk. Ce fut d’ailleurs peut-être un élément qui fut remarqué par les scénaristes / créateurs de la saga puisque le chariot disparaît dès l’une des premières scènes du iflm. Malheureusement la suite n’est aucunement agréable…

Alors qu’on nous promettait un dernier volet exemplaire à la populaire franchise, on nous a, à la place, servi un coma scénaristique soporifique et endormant. Pourtant, ce cinquième Mythica débutait sur une certaine forme de promesse avec les premières secondes se déroulant à la fin d’une bataille entre l’armée de Thane et celle de Szorlok, où nous voyons une maîtrise technique certaine du réalisateur John Lyde et où nous voyons ce Szorlok, le grand méchant de la saga, hurler un monologue à la Lune avant de pousser un cri machiavélique, tout en chevauchant un dragon que l’on ne verra plus pour le reste du film. À quelque part, j’aurais du me rendre compte que l’introduction de Szorlok serait à me préparer au foutoir que sera le reste de Mythica: The Godslayer.

D’entrée de jeu, le reste de la première heure du long-métrage nous donne le sentiment que nous voyons une version allongée de ce qui aurait pu être résumé en une bonne quinzaine de minutes par un montage compétent.  Durant ce laps de temps, nous avons l’impression d’entrer dans un sable mouvant, où les scénaristes ne font que des choix discutables. D’abord, nous avons le droit à deux longues expositions détaillées des passés de deux de nos héros, Marek et Dagen. Était-ce utile d’obtenir un bon vingt minutes d’exposition sur l’enfance de ces deux personnages principaux? Oui, c’est évident, mais ce fut une erreur monumentale d’inclure ces longues séquences durant le DERNIER volet de la franchise, à quelques minutes d’intervalle l’une de l’autre. Depuis quatre volets, nous avons appris à connaître ces personnes en long et en large, ce qui rend ce point scénaristique totalement inutile, surtout que cette exploration des personnalités de nos héros n’a aucun effet sur le déroulement de l’intrigue.

Même chose pour la «non-intrigue» sur Marek concernant sa possible trahison envers Szorlok. L’intention était louable, mais dès les premiers instants, nous savons que cela n’aura jamais lieu car la saga n’a pas une écriture suffisamment solide et audacieuse pour se lancer dans cette démarche et puisque nous sommes dans le dernier volet de la franchise et qu’au rythme où se déroule Mythica: The Godslayer, cette intrigue manquera de temps pour se développer. Et effectivement, Mythica 5 n’a pas le temps de développer correctement cette sous-intrigue qui devient ainsi une énorme perte de temps et un boulet à conclusion des aventures de nos héros. Et comme si ce n’était pas assez, il me faut continuer à descendre Mythica: The Godslayer à cause de trois énormes défauts scénaristiques (et techniques). Et oui, le scénario de Mythica 5 est à ce point mauvais…

Premièrement, il faut s’offusquer des sorts réservés à Thane et à Teela. Même si la quête de Marek et de Thane doit, malheureusement, occuper une bonne partie du long-métrage, Mythica: The Godslayer semble oublier à la base qu’il doit conclure une franchise basée sur un quatuor de personnages. Voir une moitié du casting principal être relégué à des rôles presque de soutien équivaut à une version de The Lord of the Rings: The Return of the King où la moitié de la communauté de l’anneau aurait pris des vacances, quelque part sur une île déserte… Parlant de Lord of the Rings, il faut revenir à l’intrigue globale de Mythica 5 qui reprend brièvement l’intrigue de son ainé. Pour faire simple, Marek et Dagen doivent parcourir des milliers (?) de kilomètres afin de pénétrer dans un endroit mythique et infranchissable, pour y récupérer un marteau pour, finalement, détruire une source de pouvoir immense. Dans les deux médias, nous devons assister à une longue et pénible marche pour nos héros en pleine nature, avec de nombreux ennemis aux trousses.

Le hic, c’est que contrairement à The Lords of the Rings, le voyage de nos héros est à l’image du reste du film, ennuyeux et d’une lenteur excessive, malgré les nombreuses embuches subies par Marek et Dagen. Et évidemment,  il y a un énorme obstacle à affronter afin d’entrer dans ce lieu appelé «Underworld», puisqu’il n’y pas d’entrée balisée pour pénétrer dans ce lieu. Je ne vais pas vous dévoiler la façon dont nos héros vont entrer dans ce lieu, ni le processus pour découvrir la fameuse porte d’entrée, mais je vais simplement dire que la simple mention du mot «Underworld» nous permet d’avoir une bonne heure d’avance sur nos héros qui ont des difficultés à découvrir la porte d’entrée d«Underworld» et qui tournent en rond avant de pénétrer dans ce lieu (La façon pour y accéder est si évidente que cela en est presque insultant…) et dire que le concept même d’«Underworld» apporte quelques incohérences avec un chapitre précédent où nous héros font «accidentellement» les étapes nécessaires pour entrer dans ce lieu, sans nécessairement y pénétrer.

De plus, tout l’«Underworld» ce limite grossièrement à d’horribles effets spéciaux, où un personnage doit courir devant un écran vert, et à un caméo de Kristian Nairn, qui permet de constater l’étendue limitée du jeu d’acteur de cet homme principalement connu pour la série Game of Thrones. Et finalement, il y a de nombreux problèmes dans le scénario qui démontre un léger manque de révision. Certaines séquences, non touchées par les nombreux pépins cités précédemment, manquent de fluidité scénaristique (Comme le moment «film horrifique de zombies» dans une guide de voleurs…) et apportent des incohérences amusantes (Le décompte avant l’arrivée de l’armée de Szorlok, au lieu de la résistance, qui passe de cinq à trois jours en une trentaine de secondes…).

Pour conclure sur une bonne note, il me faut vous souligner que John Lyde demeure compétent derrière une caméra (Espérons qu’il continue à faire des films d’action pour des décennies…) et que la majorité du casting continue à offrir de solides performances. Il y a également un excellent générique de fin qui apportera beaucoup de nostalgie aux fans de la franchise Mythica.

Pour ces fans, il me faut dire ceci : Non, je n’avais pas prévu de descendre ainsi Mythica: The Godslayer. C’est juste que les scénaristes du film, qui ont connu beaucoup de succès par le passé et qui sont très compétents dans leur domaine, ont simplement fait les plus mauvais choix pour les meilleures raisons du monde. Les seuls moments où j’ai réellement été diverti par Mythica: The Godslayer, ce fut durant le caméo de Kevin Sorbo et durant le montage du générique de film. Pour ma part, la franchise Mythica s’est réellement conclue durant le troisième chapitre, Mythica: The Necromancer. Le quatrième chapitre représente une sorte d’épilogue et Mythica: The Godslayer sera un navet que je reverrais probablement pour jamais de ma vie…


Réalisation : John Lyde

Scénario : Jason Faller, Kynan Griffin

Avec : Melanie Stone, Jake Stormoen, Matthew Mercer, Adam Johnson, Nicola Posener, Christopher Robin Miller, Kristian Nairn, Kevin Sorbo

Superman II (1980)

Résumé : Superman accepte de sacrifier ses pouvoirs pour commencer une relation amoureuse avec Lois Lane, sans se douter que trois criminels de Krypton, qu’il a accidentellement libéré, se préparent à conquérir la Terre.

Critique : 

Quelques années après le succès de Superman, Superman II sortit dans les salles de cinéma de la planète. S’il était évidant qu’une suite allait survenir, peu de gens savaient que cette suite fut en partie réalisée en même temps que Superman jusqu’au jour où les dépassements de coûts et une querelle intestine entre Richard Donner et l’un des producteurs du long-métrage forcèrent l’arrêt du tournage de Superman II. Un an et demi plus tard, Richard Lester remplaça Richard Donner en toute urgence et reprit le tournage de Superman II pour nous donner l’étrange bibite que nous avons aujourd’hui entre les mains.

Alors que Superman déjoue un complot terroriste à la Tour Eiffel, il est loin de se douter que ses actions allaient libérer trois puissants criminels de Krypton, le général Zod et ses acolytes Non et Ursa. Pendant que Superman / Clark Kent explore sa relation amoureuse avec Lois Lane et que Lex Luthor s’évade de prison à la recherche de la Forteresse de la Solitude, les trois criminels planifient leur conquête de la Terre.

Fondamentalement parlant, Superman II n’est pas un mauvais long-métrage, loin de là. Par-contre, puisqu’il fut réalisé par deux réalisateurs à plusieurs mois d’intervalles, nous pouvons sentir une certaine distance entre le matériel d’origine et le produit fini que nous avons à l’écran. Cela ne gâche pas le divertissement que procure Superman II, mais nous sommes attristés de voir que tout le potentiel du long-métrage n’est jamais atteint. À plusieurs moments, nous même sentir l’humour du long-métrage passer de l’humour bon enfant à de l’humour enfantin. Et pourtant, toutes les meilleures scènes du long-métrage sont celles qui ont été réalisées par Richard Donner. Nous parlons essentiellement ici de toutes les scènes avec Gene Hackman, d’une bonne partie de la bataille de Metropolis, de la séquence sur la Lune et des scènes où Clark Kent confronte un camionneur.

De ce fait, il reste peu de marge de manœuvre pour Lester qui doit se contenter de refaire quelques scènes de Richard Donner (Afin de réaliser 51% du long-métrage et d’être crédité au générique…) et d’ajouter quelques amuses-gueules à l’histoire comme l’attaque des terroristes ou la découverte de la véritable identité de Superman. De plus, dans l’optique de séparer la partie Donner de la partie Lester, notons que plusieurs dialogues furent doublés en post-production pour faire en sorte que le scénario du long-métrage fonctionne et que Gene Hackman fut doublé par un horrible imitateur qui nous apporte quelques rires involontaires.

Malheureusement, comme si ce n’était pas suffisant, le long-métrage est également séparé en deux parties bien distinctes, comme lors du précédant volet. À nouveau, nous sommes confrontés à une première section moins intéressante pour l’homme d’acier, alors que nous voulons simplement que le scénario aboutisse quelque part afin que Superman puisse enfin rencontrer le général Zod. Heureusement, la seconde partie de Superman II se rattrape avec beaucoup d’action et avec la rencontre tant attendue entre Zod et Superman. Celle-ci ne nous décevra pas, mais la lenteur du long-métrage ne permet pas à Zod de s’exprimer comme étant le véritable adversaire de Superman. En fait, dans un certain sens, c’est l’humanité de Clarl Kent qui est le principal adversaire de Superman. Car, c’est son désir d’humanité et de romantisme avec Lois Lane qui permet à Zod de conquérir les États-Unis. Évidemment, Superman II a quelques bons moments, comme ce pauvre Non qui tente par tous les moyens d’acquérir la vision thermique.

Dernière la caméra, Richard Lester (The Three Musketeers) offre une réalisation honnête sans plus alors qu’il doit lutter entre son désir d’offrir un divertissement plus humoristique et simple et le cahier de charges qui l’oblige à «imiter» Richard Donner. Pour sa part, Richard Donner (Lethal Weapon) continue à faire un travail remarquable à la réalisation repoussant les limites des techniques du cinéma des années 80. Le principal défaut de la réalisation réside dans la bataille de Metropolis qui montrent les limites des réalisateurs alors qu’ils peinent à rendre intense le combat entre Superman et Zod. Ce qui nous donne même l’illusion que nous assistons aux délires d’un gamin qui s’amusent avec ses figurines d’action.

Heureusement, la séquence sur la Lune compense avec ce qui possiblement le meilleur moment de la franchise. Ce moment est techniquement majestueux et offre de la comédie à plusieurs niveaux, contrairement au reste du long-métrage qui tente d’être drôle, mais qui n’y parvient tout simplement pas. Au niveau de la trame musicale, Ken Thorne réarrange la musique du premier volet. Thorne fait de l’excellent travail à ce chapitre et apporte même une contribution honorable aux compositions de John Williams en ajoutant quelques thèmes assez magnifiques. Malheureusement, malgré toute sa bonne volonté, Throne ne parvient pas à recréer la magie et l’émerveillement de John Williams à ce chapitre.

Dans le rôle titre, Christopher Reeve (The Remains of the Day) continue à faire de l’excellent boulot, tout comme la majorité du casting du premier film, qui revient pour Superman II. Néanmoins, dans le rôle de Lois Lane, Margot Kidder (Black Christmas) semble moins inspirée que par le passé. Cette fois-ci, le méchant de service, Zod, est interprété par Terence Stamp (Wanted), que l’on a brièvement vu dans le premier volet de la franchise. Malgré une bonne performance de ce dernier, il est dommage qu’il se fasse voler la vedette par Jack O’Halloran (King Kong) qui est absolument sublime dans le rôle de Non. Sarah Douglas (Conan the Destroyer) a également une bonne présence avec le personnage d’Ursa, tout comme E.G. Marshall qui interprète le Président des États-Unis.

En conclusion, Superman II ne parvient pas à égaler le succès de son aîné. Sa conception dans la haine et le chaos ont fait beaucoup de mal à ce long-métrage qui parvient pas à s’élever au-dessus de ses problèmes de fondation. Malgré-tout, Superman II demeure un bon long-métrage qui est supérieur à aux entrées suivantes dans cette franchise dédiée à l’homme d’acier…


Réalisation : Richard Lester, Richard Donner

Scénario : Mario Puzo, David Newman, Leslie Newman, Tom Mankiewicz

Avec : Christopher Reeve, Gene Hackman, Margot Kidder, Terence Stamp, Sarah Douglas, Jack O’Halloran, Jackie Cooper, Marc McClure, Ned Beatty, Valerie Perrine, Clifton James, E.G. Marshall

Daylight’s End (2016)

Résumé : Des années après une mystérieuse épidémie ayant dévasté la planète et transformé la majorité de l’humanité en créatures mangeuses de chair, un homme en quête de vengeance tombe sur une bande de survivants dans une station de police ayant besoin de son aide pour survivre et pour s’enfuir vers un mystérieux sanctuaire.

Critique :

Et bien, s’il y a une chose que Paul W. S. Anderson nous a bien prouvé avec sa saga Resident Evil, c’est qu’il est difficile de faire un bon film d’action horrifique avec des zombies. Et pourtant, il est très facile de trouver des perles rares dans ce sous-genre cinématographique qui gagne de plus en plus en popularité depuis l’arrivée de The Walking Dead à la télévision. Et bien, c’est en voulant trouver un remède à la saga Resident Evil que nous avons visionné Daylight’s End, un film d’action indépendant capable de faire de grandes choses avec un budget très mince…

Tandis que l’apocalypse décime les États-Unis, un homme nommé Rourke traverse le pays en quête de vengeance. Dans une ville texane, il tombe sur une jeune femme en détresse qu’il décide de sauver. En guise de remerciement, cette dernière le ramène à son refuge, où un groupe de survivants résiste à chaque nuit à une horde de zombie très organisée et intelligente. À bout de souffle, ce groupe voit une chance de survie en un avion situé à quelques heures de route. Néanmoins, pour y arriver, il faudra se débarrasser de ces morts-vivants qui habitent un hôtel abandonné à quelques coins de rue de leur campement. En échange de ravitaillement, Rourke accepte d’y mener une mission-suicide, afin de tuer toutes ces créatures, sans se douter que celle responsable de son malheur pourrait bien l’y attendre…

Le destin de ce long-métrage mérite de mettre notre critique entre parenthèses. En effet, avant de parler concrètement de Daylight’s End, il nous faut vous confier qu’avec ce long-métrage, il ne faut pas vous fier aux apparences. Depuis sa sortie aux États-Unis et sa tournée fructueuse dans quelques festivals, le long-métrage est rapidement passé aux oubliettes. Car malgré des critiques positives et élogieuses sur des grosses pointures du net (Bloody-Disgusting, Flickering Myth, Joblo…), le long-métrage n’a reçu aucun avis véritable sur la référence américaine Rotten Tomatoes, n’est pas réellement présent sur des films francophones comme Allociné et il obtient un accueil assez froid de la part des spectateurs en général. Aimé par les uns, « détesté » et oublié par les autres, Daylight’s End sait diviser son public.

Et bien, s’il n’en tenait qu’à nous, Daylight’s End aurait probablement été l’un des meilleurs films de 2016. Concrètement, le long-métrage effectue un sans-faute ou presque avec une histoire relativement simple. Même que nous pourrions dire que le plus grand défaut de Daylight’s End pourrait se trouver dans ce manque d’originalité que Chad Law (The Hit List) nous impose en quelque sorte en s’inspirant largement de Mad Max 2: The Road Warrior. Les deux divertissements sont très similaires avec des traits communs qu’il est impossible de ne pas nier. Avec une base solide et éprouvée, comme les nombreux clones de The Road Warrior nous l’ont démontré par le passé, Chad Law parvient à concevoir une histoire intéressante grâce à des personnages clés familiers et bien établis. Avec quelques flashbacks bien placés, nous gagnons beaucoup d’intérêt pour l’épopée de Rourke et sa quête de vengeance assez crédible.

Bien qu’il soit assez ridicule de penser qu’un homme puisse traquer un zombie aux quatre coins des États-Unis, il reste que cette prémisse nous est présentée de façon crédible avec un antagoniste qui a une bonne présence à l’écran. Même chose pour le groupe de survivants, pour qui nous avons beaucoup d’affection. Évidemment, il a fallu beaucoup de temps à Daylight’s End pour mettre en œuvre la présentation de ces personnages, puisqu’avec une bonne dizaine de survivants importants à explorer, le long-métrage parvient à attendre rapidement sa durée de 105 minutes (Presque deux heures…). Certes, le long-métrage étire un peu son intrigue en agissant ainsi, mais il s’arrête assez rapidement, avant que cela ne devienne long et pénible.

Mais, c’est sur le plan technique, Daylight’s End se démarque. Le long-métrage débute en lion avec une séquence d’ouverture vachement sympathique avec notre héros principal qui s’attaque à une femme zombie se cachant dans un congélateur. Ce moment marque le ton du reste de l’œuvre où des scènes d’action nerveuses et stylisées seront proposées au spectateur. Effectivement, le réalisateur parvient, avec les moyens du bord, à offrir plusieurs moments d’action qui n’ont rien à envier à ce qu’offre actuellement Hollywood. La séquence dans l’hôtel est à glacer le sang avec quelques images chocs et une bonne gestion des sursauts liés aux moments horrifiques, et les quelques reprises où les zombies envahissent le refuge des survivants permet d’avoir de bonnes séquences en huis-clos. Néanmoins, l’affrontement final laisse un peu à désirer dans la mesure où le duel entre Rourke et le zombie alpha est assez expéditif avec une exécution précoce, possiblement causée par les deux millions du budget de Daylight’s End.

Également, il me faut mentionner que toute l’argent de ce budget transparait avec des décors assez gigantesques pour ce genre de production. Mieux encore, nous avons le droit de visionner une ville de Dallas où les principales artères commerciales sont réellement désertes, à l’exception des habituels détritus et carcasses présents dans les mondes post-apocalyptiques. Malheureusement, les moyens financiers de ce projet sont parfois visibles avec du sang et des explosions numériques parfois douteuses et avec une direction photographique incapable de camoufler la clarté du jour, lorsque l’intrigue se déroule tard le soir ou tôt le matin. De plus, nous devons noter l’excellente trame sonore de Johnny Strong (The Fast and the Furious) qui possède une ambiance efficace et des notes fortes encadrant bien les émotions des personnages et les moments de tension.

Interprétant également le rôle titre de l’œuvre, Johnny Strong offre une performance forte et juste, lui qui a disparu d’Hollywood pendant plusieurs années après le succès de The Fast and the Furious. Lui donnant la réplique, le mannequin Chelsea Edmundson (Isolation) a également une bonne présence à l’écran, avec une interprétation convaincante. En tant que survivants principaux du refuge, Lance Henriksen (Aliens)Hakeem Kae-Kazim (Hotel Rwanda) et Louis Mandylor (The Quest) font de l’excellent travail et apportent beaucoup de crédibilité à Daylight’s End. Malheureusement, la présence de l’ancien combattant de l’UFC, Krzysztof Soszynski, déçoit un peu, dans la mesure où le pauvre passe son temps à grogner avec une couverture sur la tête, en étant le zombie alpha, le grand méchant du film et où il n’est que peu présent dans les scènes d’action. Notons que Chris Kerson (True Detective), Gary Cairns (Hero Wanted) et que Sonny Puzikas (Sinners & Saints) sont également présents au générique.

William Kaufman est possiblement l’un des réalisateurs les plus ambitieux du cinéma américain. Si cette ambition peut parfois être problématique lorsque le réalisateur est coincé dans les roues d’un grand studio américain, comme avec Jarhead 3: The Siege (Critique ici), elle peut se révéler être une puissante source de divertissement lorsque Kaufman patauge dans les eaux du cinéma indépendant. Certes, Daylight’s End n’est pas parfait, mais il est suffisamment compétent et efficace pour l’être l’un des meilleurs films critiqués sur le site. Et, si vous ne l’avez pas déjà deviné, Daylight’s End sera une recommandation incontestée de notre part, malgré ce que le public en général puisse en penser…

En résumé : Ceux qui veulent une alternative à Resident Evil seront comblés, ceux qui sont tentés par un film d’action horrifique seront satisfaits et ceux qui recherchent des clones de Mad Max 2 seront ravis…


Réalisation : William Kaufman

Scénario : Chad Law

Avec : Johnny Strong, Chelsea Edmundson, Lance Henriksen, Louis Mandylor, Hakeem Kae-Kazim, Krzysztof Soszynski, Chris Kerson, Gary Cairns, Mark Hanson, Sonny Puzikas

Superman (1978)

Résumé : Lors de la destruction de sa planète, un orphelin extraterrestre est envoyé sur Terre, où il se développera sur cette planète adoptive pour y devenir son plus grand super-héros.

Critique : 

C’est en jouant d’audace que Richard Donner fut le pionnier du cinéma super-héroïque avec Superman, un long-métrage ayant connu une conception dans la discorde (Nous y reviendrons plus en détail dans notre critique de Superman II…). Pour plusieurs cinéphiles, Superman est le long-métrage qui a ouvert la voie aux Avengers ou aux X-Men de ce monde en démontrant au public mondial qu’il était possible de raconter une histoire crédible et divertissante centrée autour d’un homme en collants qui défend notre planète avec ses supers pouvoirs. Malheureusement pour Richard Donner, notre opinion sur ce long-métrage est plus mitigée qu’il n’y parait…

Alors que la planète Krypton est sur le point d’exploser, Jor-El, contre l’avis des autorités de la planète qui n’ont pas écouté ses avertissements, décide d’envoyer son fils sur une planète primitive avec tout le savoir accumulé de l’univers. Ce dernier débarque sur Terre où il apprend à vivre selon nos coutumes sur la ferme d’une petite ville. Une fois adulte, il déménagera à Metropolis, où il adoptera la double vie de super-héros, une double vie qui perturbera les plans machiavéliques du richissime Lex Luthor.

Première véritable adaptation cinématographique du fils de Krypton, Superman avait la lourde tâche de raconter à nouveau les origines du super-héros et pour y arriver, le long-métrage de Richard Donner se focalise vers un angle bien précis, celui de la parabole de Jésus. Un axe louable qui tente de démontrer que Superman sera le sauveur de l’humanité, ce sera ultimement le cas (Dans un monde, comme celui du film, où Batman et Wonder Woman n’existe pas…). Hélas, c’est cet aspect du long-métrage qui sera le plus faible nous donnant l’impression de visionner un mauvais film biblique de Pâques, avec des mauvais-sous-entendus sur le voyage de Clark sur Terre et sur la vie sur Krypton.

Superman débute réellement à la 45e minute, lorsqu’il décide enfin d’amener Clark Kent à Metropolis. Ce moment dans le long-métrage apporte également un changement de ton important puisque le long-métrage cesse enfin d’être un drame biblique lourd pour devenir un film de super-héros bon enfant avec beaucoup d’humour. Hélas, cette partie souffre également de nombreux problèmes, car le scénario peine à mettre donner de l’espace nécessaire aux personnages secondaires, effaçant complètement le personnage de Jimmy Olsen et rendant parodique et peu menaçant le personnage de Lex Luthor.

Toute son histoire de prendre le contrôle des terres de la Californie arrive comme un cheveu sur de la soupe. Nous pourrions même dire que son plan machiavélique perturbe de façon négative le déroulement de l’intrigue, nous donnant l’impression que les scénaristes avaient oublié d’ajouter un adversaire à Superman. Néanmoins, cette section du long-métrage est la plus divertissante de l’oeuvre malgré tous les défauts qui la composent, même que nous aimerions que Superman débute carrément par l’arrivée de Clark Kent à Metropolis. Hélas, le long-métrage vient en queue de poisson avec une conclusion assez ridicule, inventant un nouveau super-pouvoir à Superman simplement pour le plaisir d’une facilité scénaristique. Pour ceux qui n’ont jamais visionner Superman, disons simplement que le fils de Krypton décide soudainement de voyager dans le temps en changeant l’axe de rotation de la Terre…

Heureusement, Superman est une pure merveille au niveau de sa réalisation. Richard Donner (Lethal Weapon) fait un boulot remarquable derrière la caméra. Le réalisateur parvient à réellement créer l’illusion que Superman existe. Le réalisateur en profite aussi pour nous offrir de jolis plans du midwest américain grâce à des plans de Smallville qui profitent beaucoup de la vision et de la générosité du réalisateur. Dans sa démarche, Donner sera grandement aidé par le département des effets spéciaux qui a fait un travail exemplaire tant que le plan numérique que sur le plan pratique. Évidemment, plusieurs effets spéciaux ont vieillis, mais les envolées de Superman n’ont pas perdu de leur splendeur et les miniatures sont tout simplement géniale. Il est juste dommage que Derek Meddings, l’homme responsable de ces dernières, ait quitté la production pour travailler sur Moonraker, laissant à une tierce partie le soin de s’occuper des miniatures nécessaires à l’élaboration du «barrage temporaire» créé par Superman à l’aide de cailloux, durant le dénouement final du scénario. Sans être dégoutante, cette séquence semble être réalisée avec des jouets pour enfants, ce qui drôlement dommage en tenant compte du parcours presque parfait de Superman.

Également, malgré des décors plutôt réussis sur Krypton, les costumes de ce peuple donnent l’impression étrange que ses habitants portent des habits tissés avec du papier d’aluminium. Sans dire qu’ils sont laids, nous dirons simplement que leur choix artistiques laisse un peu à désirer. Au niveau de la musique, nous avons le droit à la trame sonore légendaire de John Williams (La saga Star Wars). Williams a marqué avec cette trame sonore le personnage de Superman pour de nombreuses décennies, créant un exploit que tous les compositeurs à venir ont tenté de répliquer et d’améliorer en vain. La musique du compositeur nous transporte au delà de notre planète avec ses airs majestueux qui élèvent les propos de Superman au rang de classique instantané.

Dans le rôle titre, Christopher Reeve (The Remains of the Day) trouve le rôle de sa carrière. Il offre une performance exemplaire, alternant avec brio la grandeur de Superman et la petitesse de Clark Kent. De plus, Christopher Reeve est l’acteur le plus crédible de toutes les adaptations au niveau des scènes de vol, en gâchant jamais cette illusion et en nous laissant jamais transparaître qu’il est soutenu par des câbles. En tant que Loïs Lane, Margot Kidder (Black Christmas) a une chimie terrifiante avec Christopher Reeve et elle offre une bonne interprétation du personnage même si nous préférons largement Noel Neill dans ce rôle. Nous faisons face au même problème avec Lex Luthor, alors que Gene Hackman (The French Connection) a une bonne présence à l’écran mais qu’il ne parvient pas à faire mieux que Lyle Talbot (Atom Man vs Superman) et que Kevin Spacey (Superman Returns). Le reste du casting offrent de bonnes performances et si vous avez l’oeil attentif, vous aurez même la chance d’apercevoir les caméo de Larry Hagman, vedette de la série Dallas, et de Kirk Alyn et de Noel Neill, les interprètes cinématographiques de Superman et de Lois Lane dans les serials des années 40 et 50.

Superman représente une étape importante dans l’histoire du cinéma américain. Le long-métrage fait partie d’une classe à part qui a marqué le monde du cinéma à jamais. Malgré quelques défauts, le long-métrage de Richard Donner est un classique fascinant les spectateurs depuis des générations. Superman est une réussite du début jusqu’à la fin, établissant un standard que tout film de super-héros se doit d’atteindre. Et oui, Superman est à ce point génial…


Réalisation : Richard Donner

Scénario : Mario Puzo, David Newman, Leslie Newman, Robert Benton

Avec : Christopher Reeve, Gene Hackman, Margot Kidder, Marc McClure, Marlon Brando, Jackie Cooper, Ned Beatty, Glenn Ford, Terence Stamp, Maria Schell, Sarah Douglas, Phyllis Thaxter, Valerie Perrine

Beyond Redemption (2015)

Résumé : Un policier sous-couverture doit conserver sa fausse identité lorsqu’il tente de sauver la fille d’un puissant chef des Triades, victime collatérale d’une opération ne se déroulant pas comme prévu.

Critique :

À une certaine époque, le canadien Bruce Fontaine fut une vague icône dans le monde du cinéma d’action pour avoir participé à de nombreuses productions asiatiques à la fin des années 80, pour ensuite participer aux cascades sur de nombreuses productions américaines tournées dans notre belle contrée. Aujourd’hui, il tente de diversifier ses activités en réalisant Beyond Redemption, son premier fait d’armes derrière un long-métrage…

Après un temps passé dans les combats de rue, Billy parvient finalement à fait partie de l’équipe de Yuan, un membre des Triades. Néanmoins, sa loyauté envers Yuan sera mise à l’épreuve lorsqu’il apprendra qu’il sera bientôt père. Une nouvelle qui pousse chez Billy le désir de quitter Yuan et de terminer sa mission sous-couverture. Malheureusement, le plan du policier sera mis en péril lorsque Yuan organise le kidnapping d’une gamine.

Tout les québécois connaissent Bruce Fontaine. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais il est surtout célèbre au Québec pour sa participation dans Operation Condor (Armour of God 2: Operation Condor), l’un des films de Jackie Chan que la défunte chaîne télévisuelle TQS nous annonçait à la figure, mois après mois (En gage de nostalgie, nous vous avons glissé une vidéo à la fin de ce paragraphe. Fontaine est le moustachu avec une boucle d’oreille.). Néanmoins, peu importe les compétences de Fontaine dans le domaine des cascades, il est assez dur de passer du monde de l’action à celui de la réalisation. Tous les cascadeurs ne peuvent pondre des John Wick. Dans le pire des cas, nous avons un Vic Armstrong qui réalise Left Behind ou un Ric Bradley qui réalise un remake de Red Dawn.

Heureusement, Bruce Fontaine ne va pas dans ces extrêmes de médiocrité pour sa première réalisation. Non pas que Beyond Redemption soit un grand film, mais il parvient à offrir une certaine forme de divertissement, tout en étant assez oubliable. Beyond Redemption a plusieurs atouts dans sa manche, dont un scénario rappelant grandement celui de Sleeping Dogs. Son histoire d’un policier sous-couverture qui a des soucis de moralité est un sujet vu de maintes fois, mais l’angle « nord-amércaino-asiatique » permet au long-métrage d’apporter une certaine nuance bienvenue. Grâce à cela, Fontaine se permet de nous montrer les Triades, une organisation criminelle qui n’est pas vue ici comme des bandits sanguinaires, comme c’est habituellement le cas, mais comme un simple groupe mafieux.

Néanmoins, cette approche assez intéressante apporte un paradoxe assez intriguant puisque dans la seconde moitié, le scénario avance grâce aux scènes d’action. Cela contredit la première section, qui est assez intellectuelle, si l’on exclut les premières minutes. Et, c’est grâce à cette intellectualité que Beyond Redemption ne plonge pas dans la médiocrité dans ce deuxième tiers, car les revirements de situation qu’apportent les scénaristes Derek Lowe (Romeo Must Die), Tong Lung (Crying Freeman) et Anthony Patrick Wong ne fonctionnement que grâce à ces moments. Oui, car Beyond Redemption comporte quelques éléments assez surprenants qui déstabilisent le spectateur…

Mais, cela n’empêche pas les scénaristes d’offrir un texte assez faible. Les dialogues sont assez pauvres et manquent de finition, surtout dans la première moitié où ils sont plus présents et où ils peinent bien introduire les principaux protagonistes du film. De plus, certaines sous-intrigues restent inachevées. Comme un point tournant de la moralité de Billy, les scénaristes ont décidé d’inventer une ancienne copine qui débarque comme un cheveu sur de la soupe en allant voir notre héros sur un banc de parc pour lui dire « Hé chéri, je suis enceinte de plusieurs mois et je vais garder le bébé. ». Ce personnage ne revenant que pour l’ultime scène du long-métrage, où notre héros accepte d’être le père du bébé, dans une vaine tentative d’instaurer une possible suite.

Comme mentionné ci-haut, Bruce Fontaine obtient avec Beyond Redemption sa première réalisation. L’homme ne commet pas de fautes graves avec une mise en scène assez efficace et des cadrages professionnels. La manque de moyens de la production ampute également dans une certaine mesure le réalisateur, alors que certaines scènes semblent fauchées. Il nous suffit qu’à penser à une scène dans un salon de massage où les acteurs semblent se trouver dans un garde-robe. Mais dans cette tâche, il est aussi aidé par son casting qui est essentiellement composé de cascadeurs. Un casting qui permet à Fontaine d’avoir beaucoup de liberté dans les combats et qui ne l’oblige pas à sur-utiliser le montage.

Cependant, Fontaine a une tendance à trop réaliser certaines scènes, ajoutant de nombreux effets visuels superflus qui donnent un peu la nausée. Qui sait, peut-être était-ce une façon pour le réalisateur pour camoufler certaines tares visuelles en post-production. Nous sommes obligés de faire un constat semblable avec la trame sonore très perfectible dont la tonalité est assez banale et énervante et avec la direction photographique qui semble être absente, par moments.

Comme mentionné ci-haut, le casting de Beyond Redemption est essentiellement composé de cascadeurs. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, même si les dialogues sonnent parfois faux lorsque ces interprètes ouvrent la bouche. Ils n’ont simplement pas les muscles artistiques des acteurs d’expérience. Cela n’empêche pas Don Lew (300) et Brian Ho (Watchmen) de se démarquer dans les rôles principaux cette pellicule. Et les plus chanceux d’entre-nous noteront les présences de Patrick Sabongui (The Flash) et d’Eddy Ko (Lethal Weapon 4) dans des rôles mineurs mais marquants.

Pour un premier essai, Brian Fontaine parvient à ne pas se casser la figure. Beyond Redemption n’est pas le film du siècle, mais il permet d’obtenir un certain divertissement et de visionner de bonnes scènes d’action. Ce qui est une véritable surprise, surtout lorsque l’on prend en considération qu’il fut réalisé en 2014, qu’il eut quelques expériences en festival en 2015, pour ensuite disparaître dans les méandres de la distribution pendant deux années; un parcours qui signifie habituelle qu’il a quelque chose qui cloche avec le film… Heureusement, ce n’est pas le cas et Beyond Redemption remplit son mandat, tout en nous faisant miroiter une potentielle suite bienvenue.


Réalisation : Bruce Fontaine

Scénario : Derek Lowe, Tong Lung, Anthony Patrick Wong

Avec : Brian Ho, Don Lew, Paul Wu, Anthony Towe, Darren E. Scott, Josette Jorge, Eddy Ko, Patrick Sabongui

The Raid 2 : Berandal (2014)

Résumé : Quelques heures après avoir survécu aux événements du premier opus, Rama (Uko Uwais) doit abandonner sa famille et devenir agent infiltré dans une des plus grandes familles mafieuses de la région…

Critique : 

Alors que le premier Raid est l’un de mes films préférés, il me faut admettre dès le départ que The Raid 2 : Berandal m’a déçu. Alors que le premier film balançant de façon efficace, mais inéquitable certes puisque l’un est heureusement plus présent que l’autre, l’action et les moments de calme, ce nouvel opus tente d’injecter un peu de The Departed (ou Internal Affairs) à son propos, ce qui est théoriquement bien. Par-contre, la grande majorité des nouveaux personnages ne parvient pas à sortir du stéréotype mafieux, malgré que le long-métrage se voit comme un chef d’oeuvre, ce qu’il n’est pas.

Oui, les scènes d’action sont superbes et encore plus spectaculaires, mais entre un chef de la mafia, son fils avide de pouvoir, un policier «incompétent», un homme trop gentil pour être gentil, [etc] un climat de platitude règne, endormant presque le spectateur. Soyons honnêtes, entre la réussite évidente des scènes d’action et la nostalgie que nous avons envers le premier opus, il faut dire que le texte de The Raid : Berandal est bien sans plus.

Heureusement, il y a quelques merveilles comme les quatre assassins, qui sont la véritable attraction du long-métrage en dehors de Uwais. Chacun des personnages apportent une véritable bouffée d’air frais au long-métrage qui parvient, à partir de ce moment, d’offrir un divertissement s’approchant le premier opus, même si le fait de revoir Yayan Ruthian (The Raid) dans un rôle complètement différent apporte un certain lot de surprises et d’interrogations.

À la réalisation, Gareth Evans se surpasse encore en nous donnant des scènes d’action encore plus spectaculaire et avec des plans de caméra remarquables, comme dans la course-poursuite où la  caméra parvient à passer d’une voiture à l’autre, sans montage, effets par-ordinateur ou tours de passe-passe, malgré qu’il n’a pas su couper au montage des scènes ou des moments, plus ou moins utiles. Ce qui aurait pu avoir comme effet de dynamiser les temps morts et de rendre The Raid 2 : Berandal égal, sinon supérieur, à son prédécesseur…


Directeur : Gareth Evans

Scénariste : Gareth Evans

Acteur : Uko Uwais,  Arifin Putra, Oka Antara, Tio Pakusadewo, Alex Abbad, Julie Estelle, Ryuhei Matsuda, Kenichi Endo, Kazuki Kitamura

The Bodyguard (2016)

Résumé : Un garde du corps à la retraite s’est établi dans un coin du monde, où la Chine, la Corée du Nord et la Russie se croisent. Tandis qu’il souffre de démence, il se lie d’amitié avec une jeune gamine. Mais lorsque sa vie est menacée par les connaissances de son père, le vieil homme doit utiliser ses compétences spéciales pour sauver cette dernière.

Critique :

Croyez-le ou non, mais à chaque année, il y a une bonne quinzaine de longs-métrages asiatiques que je veux visionner à tout prix, Malheureusement, le temps me manque à chaque année, et il me faut attendre les mois de janvier et de février, lorsque le paysage cinématographique est plus calme, pour satisfaire ces envies. En 2016, le film trônant au sommet de cette liste fut The Bodyguard, un long-métrage qui marquait le GRAND retour de Sammo Kam-Bo Hung (Ou Sammo Hung) à la réalisation, une première en près de deux décennies. Si l’homme fut capable de grandes choses durant les années 80 et 90, est-ce que le réalisateur est toujours capable de rivaliser avec les jeunes et nouveaux cinéastes qui transforment le cinéma asiatique??

Des mois après la disparition de sa petite-fille, une disparition dont il est le coupable, Ding se morfond dans la campagne chinoise. Seul et souffrant de démence, ses seuls plaisirs sont les visites régulières de Cherry, une gamine qui entre par effraction dans sa maison à chaque fois qu’elle a une dispute avec son père. Malheureusement, ce dernier doit beaucoup d’argent à la mafia coréenne et, dans une veine tentative d’obtenir une fortune, il parvient également à se mettre à dos la pègre russe. Ces mauvaises fréquentations mettront Cherry en danger, qui n’a d’autre choix que de cacher chez Ding, tandis que son père se cache de ses ennemis…

The Bodyguard a de nombreux problèmes et ces derniers ruinent, pour ma part, le retour de Sammo Hung à la réalisation. Hung a presque pris sa retraite derrière la caméra depuis Once Upon a Time in China VI, en 1997, ne retournant derrière une lentille que pour réaliser des scènes d’action, comme ce fut le cas dans Ip Man 1 et 2. Si je mentionne ce fait, c’est pour vous signifier que The Bodyguard représentait une sortie très attendue chez le cinéaste, dont la santé s’est grandement fragilisée depuis Ip Man 2. Malheureusement pour certains, comme moi, The Bodyguard représente une énorme déception.

D’un point de vue scénaristique, The Bodyguard avait plusieurs cartes dans sa manche. Les racines de l’histoire reposent sur la relation entre un vieil homme triste et une jeune fille enjouée, une prémisse qui a déjà été utilisée dans des classiques comme Léon ou The Man From Nowhere. Une prémisse est également bien utilisée dans The Bodyguard, car la relation entre ces deux personnages représente la seule force du film. Même que, le long-métrage aurait été un meilleur drame avec des élans de comédie, que le film d’action dramatique et presque comique qu’il est aujourd’hui.

Oui, car le mélange entre les trois genres crée une histoire hétérogène assez agaçante. À titre d’exemple, le film débute par un montage photographique historique pour ensuite se transformer en un film d’action où notre héros voit un homme se faire assassiner sur un pont devant son domicile ( Même s’il n’y a aucun pont près de chez lui…), pour devenir un dessin animé par la suite, et pour devenir, quelques minutes plus tard, un drame très sérieux où un médecin annonce la fausse mort imminente de l’un de ses patients pour le faire rire… Cet amalgame de scènes étranges et hétéroclites font que le premier tiers se développe dans la pure confusion où une structure narrative non-existante et un humour clairement destiné au public chinois apportent beaucoup de confusion chez son spectateur non-américain. En des termes plus simples, nous avons ici un film destiné aux enfants, avec un humour mentalement handicapé, avec une séquence dramatique digne d’un film oscarisé et avec des scènes d’action digne de The Raid.

Et puisque The Bodyguard a une durée de 90 minutes, qu’il met 45 minutes à exécuter sa prémisse de départ et qu’il se termine par une scène d’action d’une durée de 30 minutes, il ne reste qu’un quart d’heure à couvrir sur le plan scénaristique, ce qui nous force à enchaîner avec un autre point dérangeant : le casting de The Bodyguard. Car en dehors des performances des acteurs (Qui seront les sujets du prochain paragraphe…), The Bodyguard a une façon pitoyable de gérer ses acteurs secondaires. Le long-métrage a de nombreux caméos de mastodontes du cinéma chinois; des vedettes que le film utilise pour combler une majorité des rôles très secondaires, des rôles habituellement tenus par des figurants. Sans les détailler (La vidéo ci-dessous résume la majorité des caméos.), nous pouvons les grouper en deux catégories. Il y a d’abord les caméos étranges, comme celui des légendes Dean Shek (Drunken Master)Karl Maka (Mad Mission) et Hark Tsui (Once Upon a Time in China), et les caméos totalement inutiles. Et, c’est ces deniers qui dérangent puisqu’ils comportent des scènes inutiles, n’apportant rien au récit, sauf pour mettre en évidences ces acteurs, comme si la présence de ces vedettes était plus importante que la cohérence du film. Pensons simplement au générique de fin qui comporte deux scènes coupées du film, maladroitement insérées dans ce générique dans ce qui semble être une obligation contractuelle chez ces deux acteurs.

Heureusement pour nous Sammo Hung (L’acteur…) et la jeune Jacqueline Chan sauvent The Bodyguard du désastre. Les deux acteurs offrent de magnifiques performances, transportant littéralement le scénario médiocre du long-métrage sur leurs épaules. Il est triste de voir ces deux interprètes être coincés dans l’épave cinématographique que représente ce film. Sinon, Qinqin Li a une bonne présence dans le rôle de la voisine énervante de Ding. Andy Lau (Internal Affairs), un excellent acteur chinois, est également présent dans le rôle du père de la gamine. Si nous sommes obligés de noter le dévouement incroyable de l’acteur durant les scènes d’action, où il fait ses propres cascades, nous devons constater la performance Lau qui est tout simplement horrible dans le rôle du père criminel. Même chose pour James Lee Guy et pour Jia-yi Feng, qui interprètent les principaux méchants de l’histoire et qui sont assez mauvais dans leurs rôles respectifs. Et que dire du reste du casting qui est clairement sous l’influence d’anti-dépresseurs…

Avant de conclure, il nous faut parler du dernier problème de The Bodyguard, car le long-métrage souffre d’un aspect technique assez daté. En effet, en plus de deux décennies d’absence, Sammo Hung (Le cinéaste) s’est «contenté» de réaliser des séquences d’action. Maintenant qu’il revient derrière les commandes d’un long-métrage en entier, il semble être retourné aux méthodes de réalisation qui ont fait la gloire du cinéma d’action, à cette époque. Visionner The Bodyguard, c’est un peu comme regarder une histoire dans les yeux d’un gamin des années 90. Durant la première heure, les scènes dramatiques sont filmées avec peu de charme et n’ont aucun rythme. Et vous survivez jusqu’au dernier tiers où Sammo Hung combat une armée de criminels dans un bâtiment, vous aurez des scènes d’action souffrant d’horribles ralentis qui viennent accentuer le sentiment de lenteur établi par la première heure du film.

Plus sérieusement, Hung ne fait que saupoudrer son projet avec une lenteur digne d’un somnifère. Les ralentis utilisés par le réalisateur n’apportent rien, sauf l’impression d’assister à un mauvais jeu vidéo souffrant de problèmes techniques. Les prises de caméra n’aident pas la cause alors que nous avons conscience que Hung tourne des scènes d’action magistrales, mais une abondance de plans rapprochés et un montage saccadé empêche de bien voir l’action. Notons également que le réalisateur abuse d’effets numériques pour représenter les blessures de ses ennemis, dans une patte artistique imitant grossièrement les jeux vidéos Mortal Kombat.

Si Sammo Hung (L’acteur) brille dans The Bodyguard, Sammo Hung (Le réalisateur) semble souffrir de son âge avancé dans la mesure où il est incapable de générer un divertissement rythmé et actuel. Certes, le scénario n’aide pas sa cause, mais dans un projet criblé de défauts, cela ne peut être une excuse. À la limite, The Bodyguard aurait pu être un bon petit drame sur les liens qui unissent une gamine intrépide et un vieil homme souffrant de démence. Malheureusement, son mélange de genres raté, ses acteurs à la ramasse, sa réalisation archaïque et son scénario bâclé sont de ce film un gâchis total…


Réalisation : Sammo Kam-Bo Hung

Scénario : Jun Jiang

Avec : Sammo Kam-Bo Hung, Jacqueline Chan, Qinqin Li, Jia-yi Feng, Andy Lau, James Lee Guy, Tomer Oz, Dean Shek, Karl Maka, Hark Tsui

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