Résumé : Lorsqu’un nouveau vengeur tue les plus dangereux mafieux de Gotham et fait passer le tout sur le dos de Batman, ce dernier, traqué par les autorités et à la merci d’un plan machiavélique du Joker, doit se dépêcher de trouver le coupable tandis que son alter-ego, Bruce Wayne, assiste au retour de son premier amour de jeunesse dans la célèbre ville…
Critique :
Voilà un film qui traine depuis ma plus tendre enfance dans ma collection personnelle, et mon avant-dernier visionnement, précédant celui qui génère ce texte et votre lecture de celui-ci, remontait à plusieurs années. À cette époque (12/13 ans), je me souviens d’avoir rien compris de l’intrigue. Pourtant, c’est un dessin animé et qui dit «dessins animés», dit en général «public cible jeune et intrigue facile». J’étais peut-être stupide pour ne rien y comprendre, mais je l’ai revu dans les derniers jours, et je me suis rassuré, je n’étais pas stupide à cette époque… (Je le suis pas encore, en-passant…)
Mon incompréhension provenait de deux sources : Je mélangeais «Batman Returns» et ce film. (Ce qui est normal à cet âge.), mais surtout, nous ne sommes pas en face d’un divertissement pour les petits. En théorie oui, mais en pratique non. Car, sous ses airs de cartoons américain se cache un divertissement profond et plus adulte qu’on le croit, surtout en comparaison avec un Pokémon (Choix arbitraire) où méchants que Pikachu «abat» perdent connaissance. Ici, le Phantasme (Ou le «Fantôme Masqué» si vous êtes en Zone 2.) abat ses victimes de façon brutale et violente, comme quand il tue un gangster avec une pierre tombale.
Sinon, le scénario permet de nous montrer les origines de Batman, dans des thèmes proches à «Batman Begins». L’esprit vengeur de Bruce y est sous-entendu, il semble avoir certains liens avec l’art ninja (Dans sa phase Pré-Batman, il utilise des shurikens, un dérivé du fléau d’armes et un marteau (?!?!?) pour combattre les criminels), la découverte de la Batcave, l’aspect industrialisé de la Batmobile, etc. De plus, on peut faire quelques comparaisons dans la psychologie des personnages (La folie du Joker, les sentiments de Bruce, les relations amoureuses de ce dernier, et celle qu’il aime) avec les Batman de Burton et de Nolan.
Aussi, la durée du métrage, qui tourne aux alentours d’une heure quinze minutes, permet de ne livrer aucun temps morts. Et c’est sans compter du travail des réalisateurs qui nous offrent des plans animés tous plus beaux les uns que les autres, en excluant le costume de Batman bien sûr (J’ai toujours détesté le costume gris et bleu clair…). Je doute même que certains des plans ont servis d’inspiration, un film britannique «Hot Fuzz» (La scène de combat dans la maquette miniature.) et de façon assez évidente, l’adaptation récente de Daredevil (Dont les dernières minutes de chacun se ressemblent énormément…).
Par-contre, ayant qu’une copie en version française du film (VHS oblige), je n’ai pu entendre les voix de Kevin Conroy et de Mark Hamill, les deux acteurs «officiels» de Batman et du Joker dans tout ce qui est dessin animé et dans quelques jeux vidéos. J’ai pu de consoler avec Richard Darbois et Pierre Hatet, même si les voix de ces derniers résonnaient dans mon esprit l’idée qu’Indiana Jones et Emmett « Doc » Brown surgissent dans le film, ce qui n’est jamais arrivé. Au moins, Alfred a gardé comme doubleur Jacques Ciron, lui qui bénéficie des répliques les plus drôles. En conclusion, ce film est considéré par plusieurs comme la meilleure adaptation de Batman (en dessin animé), ce que je ne peux vérifier, car je ne les ai pas tout vu. Par-contre, c’est un classique instantané et un «must» à voir, pour tout fan de la chauve-souris!!!
Directeur : Eric Radomski, Bruce W. Timm, Kevin Altieri, Boyd Kirkland, Frank Paur, Dan Riba
Scénariste : Alan Burnett, Paul Dini, Martin Pasko,Michael Reaves
Acteur : Kevin Conroy, Dana Delany, Mark Hamil, Stacy Keach
Résumé : Deux expatriés américains, Jack et Sam, volent sans le vouloir l’argent d’un trafiquant de drogue lors d’une série de cambriolage en Asie du Sud, devenant ainsi les cibles de cette organisation criminelle. Mais lorsque Sam est tué, Jack se réfugie chez l’amour de sa vie, Avalon, et le couple devient une version moderne de Bonnie et Clyde en combattant cette organisation criminelle.
Critique :
Steven Seagal est de retour pour un nouveau long-métrage où il obtient un nouveau rôle secondaire, dans lequel il doit partager la vedette avec sa doublure. Cette fois-ci, l’acteur nous transporte en Thaïlande pour le dernier projet cinématographique de Daniel Zirilli, un réalisateur principalement connu pour des films d’action miteux mettant en vedette des stars des circuits de la MMA. Malheureusement pour nous, il s’agit d’un autre projet récent de Steven Seagal qu’il faut éviter à tout prix…
Jack et Sam sont des criminels de seconde zone qui décident de passer à une étape supérieure de leurs carrières de hors-la-loi en braquant une banque dans un pays voisin. Malheureusement, l’argent de cette banque appartient à un puissant criminel nommé Gan Sirankiri, qui envoie ses hommes à la recherche de ces deux bandits. Flairant la bonne affaire, Niran, un homme de main de Sirankiri, décide de forcer Jack et Sam à commettre des vols en échange d’une certaine forme de protection et en menaçant de tuer la petite-amie de Jack.
Il n’y a pas moins d’un mois, nous avons assisté à la sortie de l’un des plus mauvais films de la filmographie de Steven Seagal, avec Sniper: Special Ops . Avec peu de surprises (Il faut dire que nos attentes envers The Asian Connection étaient peu élevées…), The Asian Connection parvient à battre son aîné en termes de médiocrité avec une intrigue aucunement travaillée qui se focalise sur deux voleurs braquant des petites banques de campagne. Et le long-métrage tente d’en faire une histoire épique axée sur l’homme rebelle qui tente de satisfaire l’amour de son amoureuse en devenant un gentil criminel au grand cœur, alors que les destins de ces deux êtres enteront en collision avec un puissant criminel sanguinaire. C’est malheureusement tout ce que le long-métrage a à nous offrir en termes d’arc narratif.
The Asian Connection n’est qu’une idée sympathique qui est camouflée sous une montagne de scènes peu intéressantes et de dialogues peu luisants. Si l’on se concentre juste sur ces derniers, la première critique qui nous vient à l’esprit est le fait que les personnages parlent entre-eux sans être dans la même conversation, ce qui arrive souvent avec les deux personnages principaux. Même si ces hommes parlent du même sujet, nous avons souvent l’impression que John Edward Lee (Jack) et Byron Gibson (Sam) conversent avec deux versions différentes du scénario entre les mains, alors que leurs dialogues ont peu de cohérence en termes de ton et de logique. Certes, c’est le moindre des problèmes du long-métrage, mais cela est un pépin récurrent qui vient nous titiller à plusieurs reprises.
En effet puisque les véritables problèmes de The Asian Connection se trouvent ailleurs, comme avec le personnage de Steven Seagal qui est incroyablement stupide dans la mesure où un de ses lieutenants lui dit que l’argent est marqué et que lorsqu’un des deux bandits utiliseront lesdits billets de banque, l’organisation de Seagal en sera immédiatement informé. Sauf que lorsque la recherche des deux bandits piétine, le personnage de Seagal préfère menacer de tuer ses hommes plutôt que de penser à regarder si l’argent a été utilisé (À titre informatif, ses hommes ne sont guère plus intelligents…). Les protagonistes principaux ne sont guère plus intéressants alors que les deux braqueurs sont des abrutis incapables d’être le moindrement logique lorsqu’ils ouvrent la bouche (Comme lorsque Jack dispute Sam quand ce dernier utilise l’argent pour se payer une Mercedes usagée des années 90, dont la valeur devrait avoisiner les deux milles dollars, sous le prétexte que Sam est trop pauvre pour justifier une telle dépense…). Le personnage féminin de The Asian Connection n’est guère mieux. Elle narre le long-métrage comme si elle était dans un conte de fée en nous faisant la morale sur le fait qu’il ne faut absolument pas gagner de l’argent grâce à des actes criminels et / ou douteux, mais dès qu’elle en a l’opportunité d’avoir une relation sexuelle sur une montagne d’argent (En pointant un revolver dans toutes les directions…) ou de braquer une banque, elle est aussi excitée d’une gamine devant Justin Bieber…
Si au moins les scènes d’action pouvaient nous consoler. Malgré une certaine compétence de Daniel Zirilli (Locked Down), le réalisateur du film, aucune scène d’action de The Asian Connection n’est réaliste. La séquence d’ouverture de Seagal, digne d’un hommage à Nanarland, voit ce dernier combattre un rival jusqu’à la mort dans un duel au sabre (Gros couteaux…) où les deux hommes ne font que dessiner des X dans les airs, en pensant être «cools et virils»… L’autre gros moment d’action de Seagal voit ce dernier assommer deux combattants de MMA grâce à un seul coup de poing, sans aucunes raisons valables. Au niveau des fusillades, nous voyons une abondance d’effets numériques si ridicules que rien ne semble réel, ainsi que des personnages qui semblent tirer les yeux fermés. Et lorsqu’arrive enfin la grosse séquence d’action du long-métrage, nous éclatons de rire puisque nous assistons à une course poursuite où une personne à pied parvient à rattraper sans grande difficulté des voleurs à moto fuyant la police…
Également, sur le plan technique Daniel Zirilli peine à être crédible. Malgré des décors exotiques et une photographie sympathique, le réalisateur ne parvient pas à instaurer un véritable rythme au long-métrage au sombre assez rapidement sur le respirateur artificiel. Rien ne semble organique dans son approche. Certes, le budget du long-métrage n’aide pas sa cause (Comme le démontre le fait que la plupart des véhicules semble rouler au ralenti, pour ne pas les abimer…), mais ne c’est pas une excuse, surtout lorsque le réalisateur semble plus intéressé à filmer des paysages ou à piloter un drone. Et au niveau de la trame sonore nous sommes aussi en face d’une énorme déception puisque Ali Helnwein (Bad Roomies) nous offre une trame musicale assez générique qui est malheureusement enterrée par le montage sonore parfois douteux de The Asian Connection.
Dans les rôles titres, John Edward Lee (Un punk de Terminator Genisys et de The Twilight Saga: Breaking Dawn – Part 2) et Byron Gibson (Ony God Forgives) proposent un duo assez bipolaire alors que le premier offre une performance assez mauvaise et peu crédible, et que le seconde semble être le seul acteur véritablement investi de cette production. Pim Bubear (The Man with the Iron Fist 2) ne fait guère mieux en n’étant aussi fade qu’une fleur défraîchie. Pour sa part, Sahajak Boonthanakit (No Escape) semble être sur le pilote automatique, ce qui ne l’empêche toutefois pas de rendre de Niran le moindrement crédible. Et n’espérez rien des présences de Steven Seagal (Under Siege), qui n’apparaît que dans quelques scènes afin de toucher de façon grotesque et quasi-incestueuse une jeune asiatique, et de Michael Jai White qui, malgré le premier rôle au générique du film, n’est là que pour quelques secondes dans le rôle d’un trafiquant d’armes.
Si vous ne l’avez pas déjà deviné, The Asian Connection n’a pas une place très haute dans notre estime. Il est encore trop tôt pour affirmer qu’il est le plus mauvais film de l’année, mais il ne devrait avoir aucune difficulté à être l’un des pires projets de la filmographie de Seagal. Et pourtant, il y a de bonnes chances que vous et moi continuerons à suivre la carrière de Seagal jusqu’à la mort de l’acteur et que nous continuerons à être déçus de ses apparitions. The Asian Connection ne fait que confirmer que la carrière de l’acteur est définitivement sur une pente descendante, sans aucune possibilité d’une éventuelle remontée…
Réalisation : Daniel Zirilli
Scénario : D. Glase Lomond, Tom Sizemore, Daniel Zirilli
Avec : John Edward Lee, Byron Gibson, Pim Bubear, Sahajak Boonthanakit, Steven Seagal, Byron Bishop, Michael Jai White
Résumé : John Crenshaw, un ancien Navy Seal, accompagne sa copine qui part en forêt avec ses étudiants pour une expédition photographique. Ce qui devait être une fin de semaine éducative et plaisante se transforme en cauchemar lorsque le groupe devient la cible d’un mal terrifiant : une horde de mutants défigurés affamés de sang humain. Alors que la situation dégringole, Crenshaw devient la seule chance de survie de ce groupe d’étudiants…
Critique :
Avec la montée en puissance des adaptations de bandes-dessinées et de romans pour adultes, le cinéma hollywoodien a un manque cruel de films brutaux et très violents. Nous parlons ici de films comme Commando, Mad Max ou Rambo qui sont aujourd’hui devenus cultes. La présence de ce genre en salles diminue à chaque année et il faut maintenant se rabattre dans le monde du DVD et du VOD pour visionner des longs-métrages issus du même moule. Et dans ce monde parfois étrange, nous avons trouvé le film du jour, The Horde.
John Crenshaw avait prévu la fin de semaine parfaite pour demander à sa copine de l’épouser. Malheureusement, il avait oublié qu’à ce moment-là, sa future femme devait accompagner quelques étudiants dans une expédition photographique en pleine forêt, ce qui force Chrenshaw à improviser et à partir, lui-aussi, dans cette excursion. Malheureusement, le petit groupe est loin de se douter qu’ils seraient la cible d’un groupe de cannibales en besoin urgent de nourriture…
Si nous devons décrire sommairement The Horde, nous pourrions dire qu’il s’agit d’un curieux mélange entre Rambo et The Hills Have Eyes, avec un soupçon de Friday the 13th ici et là (Surtout en ce qui concerne le caméo étrange de Don « The Dragon » Wilson (Bloodfist)). Certes, ce n’est pas la première fois que nous assistons à un curieux mélange entre le cinéma d’action et le cinéma horrifique, mais les références qui servent de fondations au récit de The Horde, nous annonçaient la possibilité d’assister à quelque chose d’épique qui rend hommage au cinéma des années 80.
Concrètement, The Horde vogue sur la trame narrative de classiques du cinéma américain, comme From Dusk Till Dawn, avec une première moitié typique du cinéma d’horreur avant de livrer la marchandise avec le massacre mené par le personnage principal. En effet, la première partie se veut être une sorte d’hommage au cinéma horrifique, plus précisément les slashers, avec l’emploi de tous les codes du genre (Comme le groupe d’étudiants qui comprend un couple d’obsédés sexuels, le bon gars, la jeune vierge et un homosexuel.) mais dans un second degré que l’on pourrait comparer maladroitement à la saga Scream. Certes, le tout est grandement prévisible, car le scénario du long-métrage opte pour une structure narrative déjà vue et revue des milliers de fois, mais cela apporte du charme à The Horde, surtout grâce à l’écriture agréable de Paul Logan qui tient également le rôle titre du film et qui apporte plusieurs dialogues involontairement drôle à The Horde.
Malheureusement, la seconde partie n’a pas reçu le même effort scénaristique puisque une bonne partie de cette section démarre sur un problème scénaristique assez important. Car, le concept même de The Horde nous laisse sous-entendre que nous allons assister à un duel entre un clone de Rambo et une horde de mutants. Certes, nous sommes témoins de ce massacre, mais il est juste dommage que le chemin pour y arriver soit assez étrange, à un point tel que cela met en doute les actions du personnage principal. En effet au lieu de libérer, d’entrée de jeu, ses compagnons, John Crenshaw préfère prendre une éternité pour installer des pièges dans la forêt, et tuer quelques mutants au passage avant de finalement tenter de libérer ses compagnons de voyage.
Désolé du léger spoiler, mais tout ce temps passé à jouer au parfait campeur va causer des morts, des démembrements et des viols chez les prisonniers des mutants, des tragédies qui auraient pu être évitées si Crenshaw avait actuellement tenté de sauver sa femme et les étudiants. Pour justifier ce détour, le personnage principal raisonne à voix haute, le fait que ces mutants sont terriblement dangereux, ce qui est immédiatement contredit par le fait que Crenshaw n’a aucune difficulté à dégommer du mutant, à un point tel que nous avons l’impression d’assister à un combat entre un champion de l’UFC et les élèves d’une classe de la maternelle. Cela rend ainsi tout ce détour scénaristique assez douteux, puisqu’il ne sert qu’à faire du remplissage dans un long-métrage déjà assez faible au niveau de sa durée.
Derrière la caméra, Jared Cohn (Jailbait) parvient à créer un beau petit divertissement horrifique. À ce niveau, The Horde n’a rien à envier aux productions actuelle avec des images puissantes qui nous force à détourner du regard lors de quelques scènes. Cohn est même parvenu à créer une scène de viol dont l’atmosphère risque de choquer plusieurs spectateurs. Heureusement dans sa démarche, il est aidé par des maquillages plutôt convainquant, surtout pour une production de cette ampleur et par des effets sanglants assez crédibles. Malheureusement, à l’exception d’un combat entre Paul Logan et Matthew Willig, tout l’aspect action du long-métrage est assez bâclé puisque rien ne semble fluide et organique. Un peu comme si les scènes d’action du long-métrage avaient été oubliées lors de la post-production…
Cela est peut-être causé par le montage de The Horde qui est assez paresseux, car le travail de James Kondelik (Airplane vs. Volcano) est plus digne d’une production d’Asylum qu’autre chose, en venant retirer à plusieurs reprises de l’énergie du long-métrage. Même chose pour la direction photographique qui est assez déficiente… Sur un autre point, il est assez dommage que The Horde se résigne à utiliser à quelques occasions du sang numérique, dont l’aspect est digne d’un vomi de pixels. Notons également de la trame sonore de Michael John Mollo (Code of Honor) qui propose une musique correcte, sans plus, bien qu’elle finisse par être légèrement pénible à la longue.
Dans le rôle titre, Paul Logan (Mega Piranha) offre une performance honnête, démontrant ses aptitudes physiques et ses abdominaux à de nombreuses reprises. Les acteurs connus de cette production (Costas Mandylor, Matthew Willig, etc. ) offrent tous de bonnes prestations, malgré leurs rôles limités. Ceci étant dit, leurs présences viennent gâcher le seul revirement scénaristique de The Horde, puisqu’une bonne partie des acteurs vétérans ne sont pas là que pour faire de la figuration et lorsqu’ils disparaissent du film, dans le premier tiers, nous savons d’entrée de jeu qu’ils seront de retour dans l’affrontement final entre le soldat et les mutants. Le reste du casting est assez mauvais et n’est pas digne de mention, surtout les acteurs qui interprètent les élèves présents dans cette expédition forestière…
Certes, nous ne pensions pas que The Horde allait être le film de l’année, mais si on le compare à des longs-métrages mélangeant l’action et l’horreur (Aliens, Predator, From Dusk Till Dawn, Zombie Ninjas vs Black Ops…), il est incapable de rivaliser avec la compétition. Cette dernière a compris une chose que The Horde ignore : il ne suffit pas de copier les classiques du cinéma pour faire un bon long-métrage… Malgré-tout, The Horde parvient à offrir un divertissement honnête, surtout pour les spectateurs nostalgiques des classiques des années 80.
Réalisation : Jared Cohn
Scénario : Paul Logan
Avec : Paul Logan, Costas Mandylor, Matthew Willig, Bill Moseley, Vernon Wells, Nestor Serrano, Tiffany Brouwer, Sydney Sweeney, Nils Allen Stewart, Jonathan Erickson Eisley, Don « The Dragon » Wilson
Résumé : Des années après avoir atterri sur Terre, Clark Kent devient Superman, le premier super-héros de la planète, et croit combattre Spider Lady, son premier véritable adversaire.
Critique :
Alors la période des serials battait à son plein, le studio Columbia (Aujourd’hui nommé Columbia Pictures.) voyait son plus grand rival, Republic Pictures, connaître un certain succès avec ses adaptations cinématographiques d’héros populaires comme Dick Tracy, Zorro, Captain Marvel et Spy Smasher, sous la forme de serials. Columbia tenta alors de rattraper sa rivale en tentant de faire mieux avec moins de moyens. De cette rivalité est née les adaptations des comics de The Phantom, d’Hop Harrigan, de The Vigilante, de Batman, mais surtout de Superman, qui est considéré comme étant l’un des plus grands succès du studio…
Superman est envoyé sur Terre par ses parents qui veulent que leur jeune garçon échappe à la destruction de leur planète natale, Krypton. Accueilli par un couple de campagnards et renommé Clark Kent, Superman décide d’aller vivre à Metropolis et de devenir journaliste pour accomplir sa destinée et devenir le premier super-héros de la Terre, sans se douter que ses plans héroïques troubleront ceux de Spider Lady, une puissante criminelle terrorisant Metropolis…
Pour cette première apparition de Superman au cinéma, les scénaristes ont décidé de jouer avec prudence en racontant les origines du super-héros et de son arrivée à Metropolis. Nous pouvons même assister à la jeunesse de Clark Kent et à la destruction de Krypton, ce qui est assez remarquable si l’on tient compte de l’époque et des moyens visiblement limités du serial. Soyons francs, juste le fait que Superman offre un divertissement de qualité est un miracle en soi, tout comme le fait que le produit fini est d’une qualité technique assez honnête. Mais comme nous pouvions supposer, le serial utilise à outrance les mêmes plans de caméra et les mêmes effets spéciaux qui sont dessinés à la main.
Même le scénario du serial pue le manque de moyens. Dans cette histoire, Superman doit combattre Spider Lady, un combat qui n’est en réalité que technique, puisque les quinze chapitres du serial se composent de cette façon : Superman arrive à Metropolis, Spider Lady tente de construire un «rayon réducteur» (Une arme permettant d’exploser des objets à distance et qui ne réduit aucunement…), elle obtient son arme dans les cinq dernières minutes du serial et le serial se conclut. C’est extrêmement dommage qu’au lieu d’assister à un vrai affrontement entre cette vilaine et Superman, nous sommes obligés de regarder Superman assommer les mêmes hommes de main, encore, encore et encore. Le serial ne parvient pas à faire de Spider Lady une méchante convaincante. Tout que cette dernière veut faire c’est construire son arme et c’est seulement la possibilité d’une arme complétée qui fait avancer le récit. Évidemment, il faudra kidnapper des scientifiques ou voler des minéraux rares pour réaliser ce projet, mais son avancement se fait si lentement, grâce à Superman qui possède un certain talent pour assommer des hommes de main, que nous voulons simplement voir l’histoire avancer. Et puisque le serial dure quatre heures et quatre minutes, nous attendons littéralement quatre heures la construction d’une arme qui ne sera utilisé contre Superman que pour les quatre dernières minutes.
Évidement, le scénario de Superman a quelques défauts supplémentaires. Puisque cette production approche son 70e anniversaire, il est normal de constater que plusieurs dialogues ont mal vieilli. Et pourtant la pus grande hérésie provient au personnage de Loïs Lane. Alors que Superman met en scène un personnage féminin ayant une forte personnalité (Spider Lady), ce qui était assez audacieux pour l’époque, nous serions en droit que l’autre personnage féminin du serial subisse le même traitement scénaristique. Malheureusement ce n’est pas le cas puisque cette version de Lois Lane ressemble plus à une pauvre enfant gâtée qu’à une journaliste vedette du Daily Planet. Et à chaque fois que ce personnage ouvre la bouche nous savons qu’un désastre est sur le point de se produire. Heureusement, ces défauts ne boudent pas notre plaisir puisque ce serial reste divertissant dans son ensemble.
Derrière la caméra, nous avons un duo de réalisateurs assez compétents, un duo composé de Spencer Gordon Bennet (Batman and Robin) et de Thomas Carr (Qui réalisa par la suite plusieurs épisodes de la série Adventures of Superman.). Les deux hommes sont parvenus à créer un mise en scène plutôt jolie, usant plusieurs astuces pour rendre Superman plus grand que nature et dans l’ensemble ils font un travail sans fautes majeures. Par-contre, il est dommage de constater un certain manque de scènes d’action avec Superman. Sans faire de blagues, les personnages de Jimmy Olsen et de Perry White se battent plus souvent que le fils de Krypton…
Cela est peut-être causé par le manque de moyens puisque comme mentionné au début de l’article, plusieurs des pouvoirs de Superman sont dessinés à la main, comme un cartoon. Néanmoins, ces effets apportent un certain charme à l’oeuvre, contribuant même à l’aspect rétro du serial, même si l’on utilise et réutilise les mêmes animations dans tous les chapitres et même si les animations sont parfois mal insérées dans les scènes donnant un effet de dédoublement assez étrange.
C’est Mischa Bakaleinikoff (The Big Heat) qui s’occupe de la trame sonore de Superman. Le compositeur russe apporte une musique assez conventionnel à l’oeuvre, sans grands thèmes musicaux marquants ou chansons épiques. Par-contre, à plusieurs reprises il est possible d’entendre les notes musicales qui vont inspirer, consciemment ou non, la trame sonore légendaire de John Williams, qui signera la musique du Superman de 1978.
Dans le rôle titre, Kirk Alyn (Federal Agents vs. Underworld, Inc.) interprète avec brio Superman et Clark Kent, captant à merveille l’innocence et la grandeur associée au personnage de Superman dans les bandes-dessinées de cette époque. Il est grandement dommage que l’acteur fut condamné à rester dans l’ombre de George Reeves et de Christopher Reeve pour le restant de sa vie. Cependant, la véritable surprise de ce casting demeure Noel Neill qui est absolument parfaite dans le rôle de Lois Lane, malgré l’écriture assez faible de son personnage. Il est impossible de ne pas tomber sous le charme de Neill, qui joue pour la première fois le personnage le plus emblématique de sa carrière (Puisque Neill reprendra ce rôle dans la série télévisée Adventures of Superman lorsque Phyllis Coates, actrice interprétant Lois Lane, quitta la série.). Les deux acteurs sont entourés par Tommy Bond (Qui devint accessoiriste à la télévision par la suite.) et Pierre Watkin (Meet John Doe) qui jouent respectivement Jimmy Olsen et Perry White avec une certaine efficacité. Pour sa part, Spider Lady est jouée par Carol Forman (The Black Widow) qui fait un travail honnête sans plus, tout comme ses hommes de main qui ne font rien pour se différencier ou pour se démarquer.
Malgré plusieurs défauts, Superman parvient à offrir un divertissement convenable, qui est certes lent et assez redondant. Il faut subir pendant plusieurs la construction d’une arme indestructible pour ensuite parvenir au climax tant attendu, un climax qui en décevra plusieurs à cause de sa durée et de son dénouement final. Heureusement, Superman comporte certains charmes, surtout au niveau du casting, qui font en sorte que ce serial évite d’être un échec monumental…
Réalisation : Spencer Gordon Bennet, Thomas Carr
Scénario : Arthur Hoerl, Lewis Clay, Royal K. Cole, George H. Plympton, Joseph F. Poland
Avec : Kirk Alyn, Noel Neill, Tommy Bond, Carol Forman, George Meeker, Jack Ingram, Pierre Watkin, Terry Frost, Charles King, Charles Quigley, Herbert Rawlinson, Forrest Taylor, Stephen Carr, Rusty Wescoatt
Résumé : Un joueur est entraîné dans une vie de richesse et de pouvoir lorsqu’il a la chance de faire beaucoup d’argent, mais il réalise rapidement qu’il est un pion dans une machination pouvant lui coûter la vie.
Critique :
En général, le Québec parvient à obtenir les films de Steven Seagal (Under Siege) en simultané avec les États-Unis. Malheureusement, depuis quelques années, la tendance commence à changer alors que des films comme End of the Gun ou Contract to Kill débarque dans notre belle province avec quelques mois de retard. Des retards qui ne sont certes pas comparables avec ceux vécus en France, mais certains longs-métrages, comme Gutshot Straight, prennent plusieurs années pour traverser la frontière…
Jack est un joueur compulsif ayant une énorme dette envers un criminel local. Un jour, tandis qu’il croupit dans son casino préféré, il remarque une table de poker composée de joueurs riches, jouant pour plusieurs milliers de dollars. Assis à un bar, Jack est interpellé par Duffy, un de ces joueurs, qui lui fait une offre irrésistible : il rendra Jack riche à condition qu’il ait des relations sexuelles avec sa femme en sa présence. Jack refuse sans hésiter, mais lorsque son créancier le presse de lui rembourser son argent, Jack est forcé d’accepter cette offre sans se douter de la tournure que prendra ces événements.
Gutshot Straight est un oiseau assez unique dans la filmographie de Steven Seagal. Même si l’acteur n’est présent que pour deux minutes, le long-métrage n’est aucunement comparable aux films d’action typiques de la filmographie de l’acteur. Gutshot Straight est digne des thrillers noirs avec une histoire typique des films d’action de seconde zone des années 90 (les explosions et les scènes d’action en moins) et quelques acteurs populaires dans des rôles clés. Même que nous avons vaguement l’impression que le scénario du film fut écrit durant cette décennie, avant d’être remisé sur une tablette pendant deux décennies. Cela ne fait pas de Gutshot Straight un mauvais film en soi, mais les admirateurs du populaire acteur seront déçus dans ce divertissement.
Centré sur l’histoire de Jack, le film suit un cahier de charges bien précis avec un scénario assez prévisible qui se contente de recycler le même matériel que les téléfilms d’après-midi destinés au public féminin. Pire encore, si nous remplaçons la distribution de Gutshot Straight par quelques actrices américaines ratées, nous avons clairement un téléfilm entre les mains. Heureusement, le scénario de Jerry Rapp (Sand Trap) est suffisamment réussi pour maintenir le spectateur accroché à l’histoire d’un joueur compulsif quelconque. Néanmoins, une certaine lenteur est présente dans le premier acte de cette production, une lenteur qui risque d’en endormir certains.
Cette lenteur nous fait également remarquer que Gutshot Straight fait tout pour étirer sa durée, avec son rythme saccadé et avec de nombreux flashbacks qui ont une utilité assez faible, en recyclant constamment les précédentes scènes, pour refléter le cheminement psychologique de Jack. La seconde moitié tente de résoudre à ce problème en introduisant un nouveau personnage menaçant, afin de dynamiser le tout; une tentative dont le résultat est assez éphémère. L’arrivée d’un certain Lewis ne fait que mettre de l’emphase sur les problèmes de la première partie, tout en apportant quelques problèmes de continuité au passage.
De plus, Jerry Rapp est incapable de nous donner un seul personnage aimable. Malgré un duo de protagonistes qui vivent des événements terribles, Jack et la compagne de Duffy ne parviennent pas à conquérir le cœur des spectateurs, créant ainsi un vide entre leurs actions et notre perception. L’un nous parait comme un simple crétin et l’autre comme un cliché ambulant de la femme fatale. Les antagonistes souffrent également du même problème, et en plus, ils traînent avec eux des éléments d’intrigues non résolus. Le fait qu’ils connaissent Jack en est un bon exemple, dans la mesure où ce sont la première fois de leur vie qu’ils croisent la route de Jack. En fait, le seul personnage crédible et appréciable de cette production est étrangement celui de Steven Seagal, bien que ce dernier n’est présent que pour quelques minutes. Et pourtant, son rôle n’est aucunement original, alors que l’acteur reprend en quelques minutes un condensé de sa carrière, avec une prévisibilité évidente pour les admirateurs de Seagal.
Derrière la caméra, Justin Steele (Death and Cremation) nous livre un long-métrage typique de Las Vegas. Sa lentille est soignée et posée avec une direction photographique très jolie qui capture bien l’ambiance de cette ville. De plus, le réalisateur explore cette ville mythique durant le jour, nous faisant découvrir un côté qu’il est assez rare de retrouver à l’écran, sans pour autant sombrer dans les ruelles de CSI. De plus, Steele se paie même le luxe d’avoir un générique d’ouverture magnifique, qui n’a rien à envier aux nombreux volets de la franchise James Bond.
Par contre, il nous faut jeter quelques cailloux sur Steele dans la mesure où son long-métrage manque cruellement d’action. Gutshot Straight est un thriller assez verbeux, avec des dialogues qui ne permettent pas d’établir le sentiment d’urgence vécue par les personnages et qui laisse quelques éléments hors du champ de la caméra. De plus, Gutshot Straight n’hésite pas à nous montrer de la sensualité et de la sexualité dans un bar, mais Steele est incapable de reproduire cet effet durant une scène clé de l’oeuvre. La seule « vraie scène de sexe et d’érotisme » est un côté plastique et artificiel qui annule totalement les propos de cette séquence.
Dans le rôle-titre, George Eads livre une bonne performance, mais il est incapable de sortir de sa zone de confort, tandis que l’acteur rejoue essentiellement son personnage de la défunte série CSI. Pour lui donner la réplique, AnnaLynne McCord (90210) reste malheureusement de glace pour l’entièreté du long-métrage avec un jeu d’actrice fade et sans saveur. Stephen Lang (Don’t Breathe) et Ted Levine (Monk) sauvent la mise en interprétant deux antagonistes plus grands que nature, volant au passage chacune de leurs scènes avec des interprétations au-dessus de celles du reste de la distribution. Steven Seagal et Vinnie Jones (Escape Plan) sont également présents pour des caméos de luxe, en étant visibles que pour quelques minutes. Néanmoins, l’actrice culte Tia Carrere (True Lies) a un rôle assez étrange, puisque l’actrice a le rôle d’une figurante dans un bar de danseuses nues, rendant sa présence inutile au générique. Quitte à avoir une Carrere créditée parmi les premiers rôles, il faut au moins avoir la sagesse d’utiliser l’actrice pour autre chose que pour un rôle de cinq secondes…
Avec cette autre présence à mettre sur sa fiche IMDB, Steven Seagal ne plaira pas à ses admirateurs avec Gutshot Straight. Néanmoins, le long-métrage pourrait plaire aux habitués des téléfilms d’après-midi, grâce à son intrigue intéressante, mais prévisible. Certes, le film est une autre arnaque où les plus grosses vedettes de son n’apparaissent que pour quelques minutes, voire même pour quelques secondes. Cela n’empêche pas d’être diverti par Gutshot Straight, avec son offre cinématographique assez communie et peu originale.
Réalisation : Justin Steele
Scénario : Jerry Rapp
Avec : George Eads, AnnaLynne McCord, Stephen Lang, Ted Levine, Vinnie Jones, Steven Seagal, Tia Carrere, Fiona Dourif
Résumé : Les justiciers masqués doivent combattre The Wizard, un homme mystérieux possédant une machine permettant de contrôler tous les moyens de transport à distance.
Critique :
Après le succès de Batman (Serial de 1943), il a fallu attendre la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour qu’une suite soit mise en production. Batman and Robin débarqua donc durant l’année 1949 et présentait aux cinéphiles un nouveau Batman, un nouveau Robin et les premières apparitions en chair et en os de la journaliste Vicky Vale et du célèbre commissaire Gordon…
Un certain professeur Hammil a inventé un appareil permettant à son utilisateur de contrôler tous les véhicules à moteur dans son rayon d’action. Lorsque la machine est volée par The Wizard et son organisation criminelle, Batman et Robin doivent prévenir son activation par le vilain criminel qui recherche désespérément des diamants pour alimenter cette machine machiavélique.
Batman and Robin est un nouveau serial de quinze chapitres créé par Columbia Pictures (Aujourd’hui une division de Sony Pictures.). Cette fois-ci, Batman doit encore affronter un ennemi conçu exclusivement pour cette adaptation, The Wizard, un être masqué dirigeant la majorité de ses opérations de sa cave. Également, il nous faut noter que ce serial fut la première apparition de Vale et de Gordon, des apparitions qui se font au détriment d’Aflred, le majordome qui fut réinventé dans le serial de 1943 obtient ici un rôle de figurant, sauf pour un chapitre où il doit prendre le rôle de Batman.
The Wizard se révèle être un adversaire formidable pour Batman, alors que les deux hommes doivent d’affronter directement à de multiples reprises durant les 4H30 de cette aventure. Également, ce qui est bien avec cet adversaire, c’est que plus souvent qu’autrement The Wizard et ses hommes parviennent à battre totalement ou en partie Batman forçant ce dernier à jouer constamment avec quelques coups de retards. Ceci est notamment dû au personnage de Barry Brown, un journaliste de Gotham City dont la quête de l’exclusivité aide le dangereux criminel à planifier ses crimes et les agissements de nos deux héros.
Néanmoins, Batman and Robin manque cruellement de constance, surtout si on le compare au serial de 1943. Le méchant de cette épopée avait un objectif clair et précis; détruire les États-Unis avec une arme gigantesque et créer quelques zombies par la même occasion. Ici The Wizard n’a pas d’objectif global. Alors que son personnage aime tout planifier, il va dans toutes les directions possibles allant de l’état de siège de Gotham City, au cambriolage, en passant par la quête d’invisibilité.
Également, nous pouvons éprouver un certain malaise envers les scénaristes (George H. Plympton (Flash Gordon), Joseph F. Poland (Superman) et Royal K. Cole (Captain America)) qui se sont plantés royalement sur deux points. D’abord, ils ont tenté de reproduire la séquence de 1943 où Bruce Wayne infiltrait une organisation criminelle, en reprenant la même situation, sauf que cette fois-ci, Bruce Wayne se déguise avec un pansement en forme de tuque et que les criminels savent assez rapidement sa vraie identité. Ensuite, nous avons le personnage de Vicky Vale, un personnage tiré de la bande-dessinée qui est inutile (Puisque comme mentionné ci-haut, Batman and Robin a déjà un journaliste énervant dans son groupe de personnages principaux…), qui est incompétente et qui est le «Jar-Jar Binks» de ce serial…
Derrière la caméra, nous avons un certain Spencer Gordon Bennet. Un nom certes peu familier, mais qui fut le roi du serial, avec plus d’une centaine de projets, incluant les deux adaptations de Superman et de nombreuses adaptations de Zorro (Petite information en bonus : Spencer Gordon Bennet débuta sa carrière en tant que cascadeur sur un long-métrage de 1921 où il dut sauter du haut d’un ravin pour espérer atteindre l’eau sur le Hutson River, dans l’État de New York.). Spencer Gordon Bennet a définitivement un bon sens de la mise en scène parvenant à créer de bonnes scènes d’action, grâce à son passé de cascadeur, malgré un budget assez minime, comme le prouve les costumes de Batman, de Robin et de The Wizard qui sont assez ridicules. D’ailleurs à ce sujet, le costume de Batman offre quelques rires involontaires alors que le masque du super-héros ne permet pas à Robert Lowery de voir correctement devant lui sans regarder d’air hautain.
De plus, Batman and Robin se permet même quelques folies comme quelques cascades sur un train ou l’explosion d’une maison, des folies que le précédant serial faisait uniquement avec des miniatures. Néanmoins, cela veut également dire que l’accent de Batman and Robin ne fut pas de concevoir des miniatures réalistes, un détail qui vire au ridicule alors que l’on voit un jouet téléguidé (un sous-marin) à chaque épisode. Cette fois-ci, personne ne compose la trame sonore du serial (Malgré la présence de Mischa Bakaleinikoff (The Big Heat) à la direction musicale.). Dans une tactique radine, les producteurs ont choisi d’horribles morceaux de musique dont ils avaient probablement les droits d’exploitation. Malheureusement pour nous, il n’y a aucun moyen d’échapper à l’abomination sonore qui en résulte lorsqu’on écoute ce désastre musical…
Malheureusement les producteurs se sont également conduits de façon radine dans la gestion du casting. Robert Lowery (The Mark of Zorro) est un horrible Bruce Wayne / Batman; il est un bon acteur, mais il n’est aucunement capable d’interpréter de façon convaincante ce personnage mythique. Même chose pour Johnny Duncan, qui ne fut choisi pour le rôle de Robin pour une seule raison, sa petite taille. Il a le charisme d’une huître, il a les expressions faciales (Et l’accent…) de Sylvester Stallone, il semble aussi vieux que Robert Lowery (Ce qui est assez déroutant.) et le costumier de ce serial a décidé de l’habiller avec les habits stéréotypés d’un joueur de poker de Las Vegas… Jane Adams (House of Dracula) est également insupportable dans le rôle de Vicky Vale. Heureusement pour nous, Lyle Talbot (Plan 9 from Other Space) et William Fawcett ne sont jamais loin, alors que ces deux acteurs vétérans se démarquent dans les rôles de soutien du commissaire Gordon et du professeur Hammil. Et puisque l’identité de The Wizard demeure secrète jusqu’au dernier chapitre de ce serial (Grâce à quelques revirements de situations assez surprenants.), nous allons nous contenter de dire que l’interprète de ce personnage a fait de l’excellent boulot.
S’il n’a pas eu le même impact que son aîné, Batman and Robin demeure un serial supérieur qui a offert un divertissement de qualité aux milliers de personnes qui ont eu la chance d’aller le voir en salles. Même que c’est dommage qu’Hollywood ne tente pas de réimplanter ce concept dans les salles de cinéma de ce monde, histoire de forcer les gens à retourner voir un film sur un grand-écran et d’offrir aux éternelles publicités d’avant-séance.
Réalisation : Spencer Gordon Bennet
Scénario : George H. Plympton, Joseph F. Poland, Royal K. Cole
Avec : Robert Lowery, Johnny Duncan, Jane Adams, Lyle Talbot, William Fawcett, Leonard Penn, Rick Vallin, Eric Wilton
Résumé : Les passagers riches d’un avion transocéanique voient leur vol tourner au désastre.
Critique :
Décidément, il m’est impossible de critiquer deux bons longs-métrages de 2017 en ligne. Après l’excellent The Hollow Point qui, malgré d’énormes défauts, parvenait à offrir un solide divertissement, il a fallu que je tombe sur Lost in the Pacific. Si aux vues de sa bande-annonce, nous avions l’impression d’assister à une version chinoise d’Under Siege, la réalité est toute autre. Effectivement, Lost in the Pacific joue dans les platebandes des nanars du studio The Asylum, sans en comprendre le concept.
Gary Gao est le propriétaire d’Oceanic Airlines (Ou d’Ocean Airlines, puisque cela change au gré des scènes…). Alors qu’il est sur le point de lancer son dernier prototype d’avion de luxe, il organise un vol d’essai avec de nombreuses célébrités. Néanmoins, il y aura plusieurs imprévus, dont la présence de son fils qu’il a rarement vu et d’un curieux cuisinier américain. Et, c’est sans oublier une énorme tempête, des terroristes et une horde de chats géants…
En toute franchise, je n’ai rarement vu un film aussi ennuyeux que Lost in the Pacific. Il y a des téléfilms qui sont mieux conçus que ce long-métrage. Durant les 90 minutes de ce « divertissement », nous avons l’impression d’assister à une mauvaise copie d’un nanar européen. Pourtant, ce film ne donne pas l’impression, avec sa prémisse de base, d’être un si grand navet. En réalité, Lost in the Pacific semble être, selon les apparences, une copie chinoise d’Under Siege, avec de mauvais effets spéciaux. Pire encore, nous avons un ancien soldat d’élite devenu cuisinier comme personnage principal. Tandis que tous les signes semblent pointer vers un Under Siege, Lost in the Pacific choisit plutôt d’être un profond drame sentimental.
Mais le film n’a pas les fondations nécessaires pour que ses personnages ouvrent la bouche. Les dialogues sont corrosifs, incohérences, sexistes et ont la fluidité d’un film pornographique soufrant d’un mauvais doublage. Lost in the Pacific est un navet incapable de se rappeler de détails mineurs, comme le nom de la compagnie aérienne qui change constamment. Le scénario n’avance nulle part avec des personnages qui ne font que jacasser les mêmes stupidités encore, encore et encore. Comme la co-pilote de l’avion qui ne fait que répéter sans cesse le fait qu’elle est une femme forte qui n’est plus qu’un simple hôtesse de l’air; un fait que TOUS les autres personnages lui rappellent à chaque conversation. Un autre exemple est un jeune homme, qui est un gagnant de The Voice, un artiste populaire, le meilleur d’un riche homme d’affaires chinois, un gamin qui fut abandonné par son père, un gamin qui retrouve son durant le vol d’inauguration d’un avion expérimental… Pendant une bonne heure, l’intrigue tourne en rond avec ces personnages jusqu’au moment où Lost in the Pacific décide enfin de passer à autre chose.
C’est à ce moment là que des chats géants et des mercenaires débarquent. Oui car, qui dit Under Siege, dit également chats géants et mercenaires. Et oui, c’est avec un certain sarcasme que nous affirmons cela puisque la seule once de divertissement provient du massacre qu’engendre les créatures poilues. Non pas que Lost in the Pacific devient intéressant, il continue à être le plus mauvais film de 2017, mais le fait de visionner des chats manger et empoisonner de mauvais acteurs hors-champ représentait un revirement de situation inattendu. Même chose pour les dernières minutes de l’oeuvre qui se déroulent dans un porte-avion militaire sur le point de s’auto-détruire, ou pour le fait que nous avons ici une espèce de chats mutants fans de musique classique. Lost in the Pacific ne fait qu’accumuler les bourdes dans ce qui semblait être une prémisse simple, une prémisse si simple que Vincent Zhou et Peter Cameron (Co-scénaristes de Flight from Hell) sont incapables de respecter à cause de leur incompétence totale. Les deux hommes semblent manquer d’idées aux cinq minutes et ne font que répéter les traits caractéristiques des personnages à voix haute et nous lancer des chats à la figure jusqu’à ce que nous nous endormons d’ennui…
Sur le plan technique, Lost in the Pacific n’est guère mieux. Malheureusement, Vincent Zhou a un minimum de compétence et une certaine vision du septième art, ce qui rend impossible le fait de prendre ce long-métrage comme un nanar. La caméra n’est pas branlante, les deux séquences d’action ont un cadrage adéquat et Zhou tente désespérément d’instaurer un rythme au long-métrage. Ses efforts paraissent à l’écran et rendent le tout visuellement crédible, jusqu’à un certain point. Mais puisque le scénario est vomitif au plus haut point, le tout ne fait qu’accentuer la médiocrité du long-métrage car nous sommes incapables de prendre le tout avec un second degré humoristique.
Et pourtant, avec les moyens mis à sa disposition, Zhou nous offre plusieurs hilarités sur le plan technique. Les décors intérieurs de l’avion n’ont aucun sens sur le plan logistique et, en toute franchise, nous avons en plus l’impression que les acteurs tournent dans un conteneur ou dans un couloir lugubre. Et, dans leur ensemble, nous avons l’impression que l’avion est constitué de plastique bon marché. Une impression qui s’accentue avec les armes à feu sont réellement en plastique (Possiblement trouvées dans le rayon des jouets d’un magasin à escompte…). Et puisque Lost in the Pacific a bénéficié d’un budget confortable de 10 millions de dollars, nous ne pouvons pas passer à côté des effets par ordinateur qui sont sous le niveau de qualité qu’offre généralement des studios de bas de gamme comme The Asylum, un défaut que les cinéphiles avertis comprendront. Certes, nous savions que cet élément allait être problématique, mais pas à ce point, surtout avec les chats géants et avec l’avion en général, qui sont artificiellement hideux.
Concluons avec un mot sur le casting. Brandon Routh (Superman Returns) semble fatigué dans ce long-métrage. Malgré de bons efforts de l’acteur qui a, en théorie, un potentiel certain en tant que vedette d’action, Routh est distant, avec les yeux rouges, comme s’il n’avait pas dormi la veille. Malgré-tout, il est le meilleur acteur de ce casting et il est plus que compétent dans ses scènes d’action. Malheureusement, tout le reste du casting est à chier (Pardonnez mon juron…). Yuqi Zhang (The Mermaid) tente phonétiquement de parler en anglais, mais cela sonne extrêmement faux, avec un jeu d’actrice qui est tout aussi horrible. Russell Wong (Romeo Must Die) souffre du même problème que Routh, mais il ne semble définitivement pas intéressé par ce projet; pire encore nous avons l’impression qu’il semble être incapable de se souvenir de ses propres lignes. L’ancien de The Walking Dead, Vincent M. Ward, est également présent dans un rôle mineur. Il est également horrible dans une mauvaise parodie de Dennis Rodman, ancien joueur de la NBA…
Lost in the Pacific sera probablement le plus mauvais film de 2017. Malgré une réalisation légèrement compétente et un Brandon Routh sur le pilote automatique dans un rôle de soutien, il n’y a rien à sauver de ce navet. Le scénario est inexistant. Les personnages sont faits de carton. Les dix millions du budget ont servi à faire des décors de plastique. Les effets spéciaux ont une bonne vingtaine d’années de retard sur le cinéma contemporain. La trame sonore concorde difficilement avec les thèmes du film. La vaste majorité du casting est médiocre. En toute franchise, Lost in the Pacific est une insulte à tous les cinéphiles en général, un 90 minutes infernal que nous recommandons à personne…
Réalisation : Vincent Zhou
Scénario : Peter Cameron, Vincent Zhou
Avec : Brandon Routh, Yuqi Zhang, Russell Wong, Bernice Liu, Mengjie Jiang, Kaiwi Lyman-Mersereau, Vincent M. Ward, Tazito Garcia, Sunny Wang
Résumé : Prince Daka, un espion japonais, dirige une opération sous-couverture localisée dans Gotham City qui tourne les scientifiques américaines en zombies téléguidés.
Critique :
Dans les années 1910, alors que la télévision n’est que très peu présente dans les foyers américains, les génies d’Hollywood comprirent très rapidement que le format des longs-métrages ne permettaient pas aux scénaristes de raconter des longues épopées. C’est ainsi que fut créé les serials, un possédé consistant à diviser une épopée en plusieurs sections d’une quinzaine de minutes, chaque section étant diffusée en première partie du long-métrage de la semaine à votre cinéma local (Ce qui devint, après plusieurs décennies d’évolution le format télévisuel que l’on connaît aujourd’hui.). C’est dans ce contexte que Batman débarqua pour la première fois sur les écrans nord-américains en 1943…
Bruce Wayne et Dick Grayson, deux agents secrets du gouvernement des États-Unis qui combattent le crime à Gotham City, doivent combattre le Dr. Daka, un espion maléfique japonais dont la quête pour détruire les États-Unis affecte la vie de Linda Page, une bonne amie de monsieur Wayne.
Avant de jeter quelques tomates bien méritées à ce classique des années 40, il nous faut remercier cette mouture de Batman qui a profondément changer la vie du justicier masqué. C’est ce serial qui a inventé un concept de la Batcave (Qui était composé à l’époque d’un bureau au milieu d’une grotte remplie de chauves-souris.), qui a profondément modifié le personnage d’Alfred Pennyworth (Encore de nos jours, il est représenté sous les traits de William Austin, l’acteur interprétant Alfred dans ce serial.) et qui a accidentellement donné naissance au Batman d’Adam West (Les rediffusions populaires de ce serial auraient poussé ABC à produire cette émission de télévision.).
Revenons à ce serial qui est composé de quinze sections d’une quinzaine de minutes (Sauf pour le premier chapitre qui a le double de cette durée.). Chaque chapitre se compose d’une rétrospective de trois minutes du chapitre précédent, d’une courte intrigue d’une dizaine de minutes et d’une scène d’action mettant Batman entre la vie et la mort jusqu’au chapitre suivant (Comme un cliffhanger…). C’est un format qui a des limites, spécialement lorsque nous écoutons ce serial en rafale.
Globalement, l’intrigue du serial suit Batman et Robin alors qu’il combattent Daka, un méchant assez charismatique digne d’un roman de James Bond, même que nous pourrions comparer Daka à une sorte de moule prématuré de Biofield, le plus célèbre des méchants de James Bond. En fait, c’est un mensonge puisque nos deux héros masqués ne font que combattent les hommes de Daka (Qui sont totalement inefficaces dans leur boulot…) ce qui est plutôt dommage en soi puisque Daka avait le potentiel de devenir l’un des grands adversaires de Batman. Étrangement, les scénaristes ont attendu jusqu’au dernier chapitre pour que les deux hommes se rencontrent de façon formelle, reléguant ainsi Daka à un niveau secondaire.
D’ailleurs, le scénario comporte deux autres étrangetés assez notables. D’abord, puisque ce serial a été produit lors de la Deuxième Guerre Mondiale, en «réplique» à l’attaque de Pearl Harbor, nous pouvons sentir une certaine forme de racisme envers les japonais par l’attitude des écrivains et par celle de Batman. Et ensuite, le grand Daka a la capacité de créer des zombies à la force surhumaine, mais il n’utilise jamais ces derniers pour combattre Batman, ce qui est drôlement étrange, surtout que cela lui aurait permis de vaincre facilement les justiciers de Gotham et de détruire les États-Unis par la même occasion…
Techniquement ce Batman fait un peu pitié. Le budget mis à la disposition de ce serial est si minime qu’à l’occasion, il est possible de constater que les capes de Batman et de Robin sont des restants d’imperméables (Les poches des habits sont encore visibles…). Mais bon, cela apporte un certain charme à l’oeuvre, spécialement lors des phases d’infiltration, où Bruce Wayne se transforme en Chuck White, un petit gangster de la rue portant un faux nez. Même que nous pouvons affirmer que cette version de Batman ressemble à du théâtre d’été, ce qui est plutôt comique.
Ce qualificatif est surtout vrai lors des scènes d’action qui, malgré une certaine chorégraphie, ont des airs de bagarre entre gamins. Ces scènes sont également un bon prétexte pour vous parler des nombreuses erreurs de réalisation de Batman. Lors des scènes de combats, Robin, habituellement joué par un gamin, est souvent remplacé par un homme mur avec des jambes poilus et il arrive que la cape de Batman disparaisse sans raison. La réalisation de Lambert Hillyer (Dracula’s Daughter) montre également de nombreuses faiblesses alors que les différents plans de caméra sont filmés à différents moments de la journée (Certaines scènes déroulent durant le jour et durant la nuit à cause de cela…) et qu’il fait de nombreux faux-raccords sans raisons apparentes (Comme les mains de Bruce Wayne / Chuck White qui se déplacent constamment lors d’une séquence en prison.). Notons également l’utilisation de miniatures pour certaines séquences plus osées. Même si leurs utilisations sont assez visibles, on appréciera l’effort mis pour nous donner l’illusion que nous ne sommes pas en train de regarder des jouets.
C’est Lee Zahler (The Three Musketeers) qui signe la musique de Batman. Son travail n’arrive pas à la cheville de ceux qui vont le remplacer dans les adaptations modernes (Danny Elfman, Elliot Goldenthal et Hans Zimmer), mais Lee Zahler parvient quand même à capturer l’essence du personnage titre et à créer des musiques qui sont impossible à oublier, comme un ver d’oreille.
Lewis Wilson (Wild Women) joue Bruce Wayne / Batman avec beaucoup de conviction, alors qu’il s’éclate réellement à jouer Bruce Wayne. Malheureusement, son interprétation de Batman manque un peu de conviction. Douglas Croft (The Pride of the Yankees) joue Dick Grayson / Robin assez fadement, même chose pour Shirley Patterson (It! The Terror from Beyond Space) dont le rôle de Linda Page est assez inutile. J. Carrol Naish (Annie get your Gun) offre une performance remarquable en tant que le grand méchant de ce serial. Néanmoins, puisque Daka est supposément un Japonais, il est dommage que la production n’ait pas pensé à engager un acteur asiatique, puisque J. Carrol Naish, avec toute la bonne volonté du monde, est incapable de parler avec un accent japonais, se contenant de parler avec l’accent d’un italien congestionné. Pour sa part, William Austin (Alice in Wonderland) est délectable dans le rôle d’Aflred, changeant à jamais les traits d’un personnage notoire de la franchise Batman.
Batman est un mauvais divertissement, mais l’impact qu’il aura eu sur le personnage de Batman nous force d’avoir un peu de respect pour cette oeuvre. Surtout que lorsqu’on débute ce serial, on le dévore et il nous est impossible d’arrêter. C’est d’autant plus dommage que cette version de Batman reste assez méconnue par le public en général et par les «Batfans»…
Réalisation : Lambert Hillyer
Scénario : Victor McLeod, Leslie Swabacker, Harry L. Fraser
Avec : Lewis Wilson, Douglas Croft, J. Carrol Naish, Shirley Patterson, William Austin, George J. Lewis, Charles Middleton
Résumé : Ray Brookes devient un homme en quête de vengeance lorsque sa famille est tuée par des gangsters. Incapable de trouver la paix dans la justice policière, il devient un justicier et arpente les rues à la recherche de ceux qui lui ont volé son futur.
Critique :
Parfois, nous sommes déchirés entre notre cœur et notre cerveau. Cela se produit notamment lorsque nous sommes devant un mauvais long-métrage, qui nous force à dire de mauvaises choses de lui, même si nous sommes conscients de tous les efforts des artisans derrière ce projet. C’est un peu le cas de Kill Kane, un film d’action britannique qui est le sujet de cette critique…
Témoin d’une exécution, Ray Brookes, un enseignant britannique, décide de garder le silence et de ne rien dire à la police. Quelque temps plus tard, les gangsters concernés retrouvent ce témoin gênant et décident de forcer Ray à regarder sa famille mourir devant ses yeux, avant de le tuer lui-aussi. Ray survit à cette attaque et, après trois mois passés dans le coma, il décide d’exécuter sa propre forme de justice.
Même si cette critique sera plutôt sévère et peu positive, il me faut avouer que j’ai beaucoup de respect envers Kill Kane, un long-métrage qui fonctionne grâce à la passion de ses artisans, et ce malgré un budget relativement restreint et un tournage sur un période de neuf jours. Sous la gouverne d’un réalisateur lambada, Kill Kane aurait sûrement été un échec sur toute la ligne et grâce à une certaine forme de génie de la part du réalisateur, nous avons entre les mains un produit relativement potable.
Lorgnant largement du côté de Death Wish et de The Punisher, Kill Kane offre une histoire digne du film de vengeance, un sous-genre qui est associé en général au cinéma d’action et d’horreur. En théorie, Kill Kane ne réinvente pas la roue et offre une histoire typique : un innocent voit sa famille se faire tuer et décide de se faire une vengeance. Cependant, le long-métrage joue d’audace dans sa structure narrative en débutant dès que son personnage principal se réveille de son coma et qu’il doit apprendre la dure réalité de sa situation.
Par la suite, Kill Kane alterne entre le passé et le présent alors que nous suivons en paralèle les événements qui ont mené au coma de Ray Brookes et le désir de vengeance de ce dernier. Sur papier, cette idée était plutôt géniale, mais dans les faits, elle est pleine de défauts car elle brise constamment l’élan narratif du long-métrage, que l’on sent saccadé et irrégulier. De plus, le scénario d’Andrew Jones (The Last House on Cemetery Lane), Adam Stephen Kelly et Christian Sellers (More Brains! A Return to the Living Dead) a la fâcheuse idée de nous présenter le flashback de l’invasion du domicile du personnage principal avant chaque meurtre de ce dernier, plus spécifiquement le meurtre correspondant à la mort d’un membre de sa famille. Sa famille est composée de trois membres (Excluant Brookes bien sur!!), il y a trois criminels qui attaquent sa maison et Kill Kane utilise ce procédé à trois reprises. Il ne faut pas utiliser beaucoup de logique pour comprendre la facilité derrière ce mécanisme scénaristique.
De ces flashbacks, on retiendra surtout celui avec Kane qui nous offre une excellente scène de dialogue avec une tension très palpable et un face à face verbal plutôt grandiose. C’est également l’occasion de noter l’étrangeté relative du titre du film puisque Kane n’est pas le méchant principal du long-métrage, mais un de ses hommes de main. Il faut croire qu’aux yeux des producteurs, Kill Kane sonnait mieux que Kill Frank… Également, Kill Kane tente de placer une sorte de sous-intrigue en insérant un policier qui enquête sur les agissements de Ray Brookes et qui apparaît et disparaît mystérieusement dans le scénario du film. Les quelques scènes avec ce personnage sont plutôt déplacées dans le sens qu’elles semblent sortir de nulle part. Mais, il faut dire que la faible durée du long-métrage ne permet pas de construction réelle pour les personnages ou de laisser suffisamment de temps pour que l’intrigue se développe paisiblement, puisque Kill Kane ne dure que 65 minutes, une fois que l’on y retire le générique d’ouverture et le générique de fin…
Comme nous l’avions mentionné en début d’article, Adam Stephen Kelly est un pur génie, surtout que le réalisateur réalise ici son premier long-métrage. Néanmoins son génie n’est que théorique, dans la mesure que le réalisateur est capable de nous livrer un long-métrage qui fonctionne. Car dans la réalité, Adam Stephen Kelly ne fait que filmer de très près ses acteurs, apportant ainsi une confusion générale lors des scènes de dialogues et un manque d’énergie lors des scènes d’action. Parlant de ces dernières, nous restons un peu sur notre faim alors que le long-métrage se focalise essentiellement sur l’aspect dramatique du scénario, plutôt que sur l’aspect thriller d’action.
Heureusement, Kill Kane a quelques éléments réussis sur le plan technique comme la direction photographique de Jonathan McLaughlin (The Last House on Cemetery Lane) qui est un peu trop jaunâtre dans les flashbacks, mais qui est plutôt géniale lors des séquences se déroulant dans le présent. Cela se voit surtout lorsque le personnage de Vinnie Jones traque ceux qui ont tué sa famille, avec une gestion impeccable des ombres, des lumières et de la couleur qui font ressortir le côté ténébreux du visage de Jones. De plus, il nous faut souligner la trame sonore de Bobby Cole (Robert the Doll) qui offre une musique maîtrisée avec, principalement, des instruments à clavier (Comme un piano…). Grâce à cela, Cole rehausse considérablement la tension du long-métrage avec sa trame sonore terrifiante et angoissante qui emprunte beaucoup au cinéma horrifique des années 80 (Halloween, Friday the 13TH…) et qui fut le principal intérêt dans notre visionnement de Kill Kane…
Dans le rôle phare, Vinnie Jones (Snatch.) offre une performance assez géniale captant avec prévision toute la lourdeur du scénario et la détresse de son personnage principal. Avec Kill Kane, Jones nous donne envie de voir l’interprète plus souvent dans des rôles de premier plan, même si l’acteur est habituellement coincé dans des seconds rôles parfois miteux. Dan Richardson (London Hood) est également grandiose dans le rôle du méchant principal du film malgré sa faible présence (Trois ou quatre scènes seulement…). Même chose pour Sean Cronin (Mission: Impossible – Rogue Nation) qui interprète le bras droit du personnage de Richardson, ou si vous aimez mieux, le Kane de «Kill Kane»… Sebastian Street (Age of Heroes) joue le policier de service, un petit rôle qui est bien encadré par l’acteur. Le reste de la distribution est assez passable, surtout les membres de la famille de Ray Brookes qui sonnent faux avec une dynamique familiale forcée et artificielle…
Kill Kane n’est pas l’échec que tout le monde prétend, mais il n’est pas non plus la réussite que certains d’entre-nous attendaient avec impatience. Le long-métrage se situe quelque part entre les deux en n’étant pas assez bon pour marquer les esprits, mais en n’étant pas assez mauvais pour qu’on le détruise totalement. Kill Kane connaîtra certainement du succès auprès des fans de Vinnie Jones, c’est dommage car nous avions entre les mains les ingrédients d’un divertissement encore plus grandiose…
Réalisation : Adam Stephen Kelly
Scénario : Andrew Jones, Adam Stephen Kelly, Christian Sellers
Avec : Vinnie Jones, Sean Cronin, Sarah Alexandra Marks, Lee Bane, Sebastian Street, Dan Richardson, Nicole Faraday, Conor Boru, Mitchell Fisher
Résumé : Un policier nommé Jack Stone organise un braquage de banque afin d’être arrêter et de se faire jeter prison. Sauf que cette dernière a pour résident Balam, un criminel russe dirigeant la prison de l’intérieur en ayant les gardiens de prison sous son contrôle, un criminel russe qui a accessoirement tué de sang-froid la famille de Stone. Vivant paisiblement dans une section de la prison spécialement aménagée pour lui, il est loin de se douter que Stone vient de débarquer dans sa prison et que se dernier vient pour y assouvir sa vengeance…
Critique :
Pauvre Dolph Lundgren… 2015 aura été une année de peine et de misère pour l’acteur alors qu’il a débuté en force avec le sympathique Skin Trade, avant de sombrer dans la déchéance avec le très moyen War Pigs, l’horrible 4Got10 et l’encore plus mauvais Shark Lake. Mais, 2015 aura surtout été une année de diversification avec des personnages uniques et inédits pour l’acteur. 2016 semble poursuivre la nouvelle idéologie de l’interprète suédois, alors qu’il joue un détenu simple d’esprit (Ou handicapé…) dans Riot.
En quête de vengeance, Jack Stone est déterminé à enterrer la corruption de sa ville qui touche tous les niveaux de la politique locale. Pour y arriver, il décide de voler des documents compromettants dans un banque et de les remettre à une ambitieuse journaliste. Tandis que son plan se met en marche qu’il est condamné pour ce crime, Jack aura la chance d’être envoyé dans la même prison que Balam, le criminel responsable de ladite corruption et également responsable de la mort de la famille de Jack, afin de tenter de le tuer pour une bonne fois pour toute. Une fois derrière les barreaux, Jack découvrira avec stupéfaction qu’il aura de l’aide d’un allié inattendu…
Il ne faut pas se mentir : Riot ne remportera pas le prix de l’originalité. En fait, je me souviens même d’avoir critiqué l’année dernière Vendetta, un film avec Dean Cain (Lois & Clark: The New Adventures of Superman) qui avait le même scénario ou presque. Sauf qu’au lieu d’un énorme lutteur de la WWE, cette fois-ci, notre héros devra combattre un méchant russe avec l’aide de Dolph Lundgren. Et malgré quelques révélations en fin de parcours, l’étendue de Riot se limite essentiellement à un policier qui tabasse des hommes de main, jusqu’à ce qu’il arrive au vilain russe, un peu comme ces bons vieux films d’action simplets des années 80 et 90.
Ainsi, comme vous le devenez sûrement, l’histoire de Riot y gagne une conventionnalité avec des revirements déjà-vus depuis des lustres. Sauf que ce qui démarque vraiment Riot de la compétition, c’est une utilisation compétente de ses flackbacks qui aident vraiment à étendre et à approfondir l’histoire du long-métrage, en nous dévoilant les raisons qui font que Jack Stone se retrouve aujourd’hui en prison et les motivations derrière ce geste. Également, Riot se démarque avec le personnage de Dolph Lundgren. Ce dernier joue un autre prisonnier très simple d’esprit qui décide d’aider Stone pour des motifs inconnus, que nous n’allons pas élaborer dans cette critique, puisque vous dévoiler les buts véritables de ce personnage sympathique serait un peu comme vous dévoiler, dans une autre mesure, l’identité de Keyser Söze dans The Usual Suspects et vous gâcher la grosse surprise du long-métrage.
Par-contre, il y a un revirement qui peut déranger dans le dernier droit et qui concerne Balam, le méchant russe. Un autre revirement qu’il faut vous gâcher la surprise puisqu’il arrive comme un cheveu sur de la soupe. Riot n’avait pas besoin de cette scène qui sert essentiellement à développer le personnage de Balam, et nous ressortons de cette scène avec un peu de confusion, comme si les scénaristes de Riot avaient le besoin urgent de développer un personnage qui ne connaissait aucun développement, mis à part cette scène de dialogue étrange et mal-placée. Aussi, le long-métrage se tire un peu dans le pied avec sa courte durée qui force Riot à passer outre certains moments importants de scénario, nous laissant ainsi l’impression que nous allons manquer de temps en visionnant ce film. Et c’est exactement ce que nous ressentons lorsque le générique de fin débarque abruptement quelques secondes après la fin de son intrigue, afin de ne pas conclure l’épopée de son personnage principal. De plus, une durée plus longue aurait permis de développer le directeur de la prison et le personnage de Balam, ce qui aurait pu rendre la fameuse révélation du dernier tiers plus crédible et plus réaliste…
Derrière la caméra, John Lyde (Survivor) étonne avec une réalisation surprenante. Avec un budget anémique, le réalisateur est parvenu à nous offrir un long-métrage riche qui n’a aucunement l’air d’être fauché. Lyde a tourné ce long-métrage au quart de tour, en misant sur la compétence de sa caméra énergique et sur un montage efficace pour nous offrir un 90 minutes sans aucun temps mort. Néanmoins, nous pouvons noter quelques failles dans la réalisation de Lyde comme des faux-raccords involontairement drôles (Pensons à une camisole qui change subitement sur le corps du héros, un peu comme dans Die Hard…) et à une gestion empotée des figurants lors du dernier tiers.
En fait, le seul défaut véritable se trouve dans les opportunités manquées de Lyde, comme lors d’une scène d’action qu’il a clairement filmée comme un long plan séquence (Visiblement inspiré par Oldboy ou Daredevil…). Cette séquence franchement réussie est gâchée par une alternance entre les deux plans de caméra réussis de cette bataille, comme si le réalisateur avait senti le besoin dynamiser ce moment, au lieu de laisser parler librement la violence de ces images et la brutalité de ce moment d’action. Parlant des scènes d’action, nous sommes forcés de constater le talent incroyable des artisans derrière ce projet. Nous avons plusieurs bons moments à nous mettre sous la dent avec des combats très bien exécutés. Un peu trop même puisqu’ils manquent de fluidité, brisant légèrement l’illusion de ce spectacle. Pour sa part, James Schafer (Compositeur des volets 4 & 5 de la Mythica) offre une trame sonore efficace, compétente et sympathique qui supporte grandement le récit. Le seul hic repose sur la chanson interprétée par Matthew Reese dans le générique de fin qui est assez mauvaise…
Il faut dire que le long-métrage est également produit par cet acteur qui est efficace dans le rôle titre. Il a peut-être un charisme limité, mais il se défend plutôt bien lors des séquences de combat et il nous fait ressentir de l’empathie envers son personnage. Malheureusement, il se fait rapidement voler la vedette par Dolph Lundgren (Universal Soldier) qui a réellement du plaisir avec son personnage en nous offrant une performance exemplaire, possiblement la meilleure depuis quelques temps. Même chose pour Danielle Chuchran qui retrouve à nouveau Lyde, après leur collaboration fructueuse dans le sous-estimé Survivor, et qui en profite à nouveau pour nous épater avec ses talents d’actrice. Néanmoins, ce casting a deux problèmes. D’abord il y a Melaine Stone (La franchise Mythica) qui surjoue bizarrement une criminelle russe avec une importance relative à l’intrigue de Riot, et ensuite, Chuck Liddell (War Pigs) qui est incapable de jouer avec crédibilité un puissant criminel russe, surtout que l’acteur vacille constamment entre un mauvais accent russe et un accent latino comique. Notons également que Michael Flynn (Halloween 4: The Return of Michael Myers), Renny Grames (Vamp U), Eve Mauro (Zombies vs. Strippers) et D.L. Walker (The Christman Dragon) sont présents au générique du film.
Malgré des attentes élevées envers ce film, Riot livre la marchandise et nous offre l’une des nombreuses surprises de 2016. Certes le long-métrage n’est pas parfait, notamment à cause de son manque d’originalité flagrant, mais il nous offre un bon petit divertissement digne des films d’action des années 80. Et surtout, il nous propose un Dolph Lundgren plus en forme que jamais pour une année 2016 qui s’annonce grandement chargée pour l’acteur suédois…
Réalisation : John Lyde
Scénario : Spanky Dustin Ward, John Lyde
Avec : Matthew Reese, Dolph Lundgren, Danielle Chuchran, Chuck Liddell, Michael Flynn, Renny Grames, Eve Mauro, Melanie Stone, Michaela McAllister, Amy Sturdivant, D.L. Walker